L'omentectomie est une intervention chirurgicale consistant en l'ablation de l'épiploon, également appelé omentum. Cette zone anatomique correspond à un repli du péritoine, la membrane protectrice des organes abdominaux, et contient une quantité variable de graisse. L'omentectomie est le plus souvent pratiquée dans un contexte de cancer, mais peut également avoir d'autres indications plus rares.
Qu'est-ce que l'épiploon (omentum) ?
L'épiploon, souvent appelé omentum, est une membrane graisseuse tapissant les organes de l'abdomen. On distingue deux parties principales :
- Le grand épiploon : un repli du péritoine reliant la grande courbure de l'estomac au côlon transverse.
- Le petit épiploon (ou petit omentum) : reliant la petite courbure de l'estomac et la partie proche du duodénum au foie.
L'omentum contient des ganglions lymphatiques, des vaisseaux lymphatiques et sanguins, ainsi que des nerfs.
Définition de l'omentectomie
Une omentectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer l’épiploon. L'omentectomie peut être partielle, lorsque seule une partie de l'omentum est retirée. La décision de pratiquer une omentectomie est prise en concertation pluridisciplinaire, en fonction de la pathologie du patient et de son état de santé.
Indications de l'omentectomie
L'omentectomie est principalement réalisée chez les patients atteints de cancer.
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- Cancers gynécologiques : notamment les cancers de l'ovaire et de l'utérus. Dans le cancer de l'ovaire débutant, l'épiploon est parfois analysé pour déterminer le stade de la maladie. Dans les stades avancés, l'omentectomie permet de retirer les tumeurs présentes sur l'épiploon.
- Cancers digestifs : cancers de l'intestin, de l'estomac, ou du péritoine (carcinose péritonéale). En cas de cancer digestif, des nodules cancéreux peuvent se déposer sur le péritoine, l'intestin grêle ou l'épiploon.
- Prévention de la propagation du cancer : L'omentectomie est parfois pratiquée de manière préventive pour éviter la propagation d'un cancer. En effet, l'épiploon étant en contact avec d'autres tissus et plusieurs organes viscéraux environnants, les tumeurs peuvent s'y propager.
Il existe des indications beaucoup moins fréquentes :
- Traitement auxiliaire du diabète de type 2 : En visant à réduire la quantité de tissu graisseux viscéral, l'omentectomie pourrait contribuer à une réduction de la production de résistine, protéine qui stimule la résistance à l'insuline.
- Péritonite : L'omentectomie peut être envisagée dans certains cas de péritonite.
Techniques opératoires et déroulement de l'intervention
Avant une omentectomie, le patient rencontre l'équipe soignante impliquée dans la chirurgie, notamment le médecin anesthésiste, et réalise un certain nombre d’examens : ECG, prise de sang, échographie, parfois IRM.
L'ablation de l’épiploon est réalisée sous anesthésie générale. Il existe deux techniques opératoires :
Laparotomie
L'abdomen est ouvert par une incision large. Selon le Pr Jean-Marc Classe, "cette chirurgie est encore plus facile à réaliser pour un chirurgien qui connaît bien la chirurgie viscérale. Quand l'omentectomie fait partie d'une chirurgie plus complète, multiviscérale, alors on réalise une ouverture médiane, qui va du sternum jusqu'au pubis". Cette technique nécessite une hospitalisation de 7 à 10 jours, qui peut être plus ou moins longue selon les autres procédures réalisées en même temps que l’omentectomie.
Cœlioscopie (laparoscopie)
Le chirurgien introduit une caméra et 3 à 4 instruments, au travers de petites incisions. Cette seconde option est moins lourde et présente moins de risques de complications. Le patient ne reste hospitalisé que 2 ou 3 jours. Par coelioscopie, le chirurgien réalise 4 incisions (petites ouvertures) dans l'abdomen afin de passer une caméra et ses instruments, pour intervenir sur l'épiploon. "L'épiploon est très mou et son ablation est un acte chirurgical faisant partie des gestes les plus simples que l'on enseigne aux internes. L'épiploon, une fois détaché, est placé dans un sac stérile qui se déploie lorsqu'il est lâché dans l'abdomen. Ce sac permet d'éviter que l'épiploon n'entre en contact avec la peau.
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Que ce soit par laparotomie ou par cœlioscopie, l’intervention est la même. Le chirurgien clampe les vaisseaux sanguins dans l'épiploon et celui-ci est ensuite détaché du péritoine puis retiré.
Interventions associées
L'omentectomie est généralement pratiquée en même temps que d'autres actes chirurgicaux. Par exemple, en cas de cancer gynécologique, elle peut s'accompagner d'un retrait des ovaires, des trompes utérines, de l'utérus (hystérectomie). Elle peut également inclure l'ablation des ganglions lymphatiques.
En cas de cancer de l’endomètre de stade I, un traitement chirurgical conservateur peut constituer une option pour les cancers localisés de stade I bien différenciés chez une femme en âge de procréer (5 % des cas de cancer) désirant un enfant. Dans ce cas le traitement conservateur associé à une hormonothérapie (progestatif) implique un suivi précis incluant des curetages répétés de vérification. Cette technique est associée avec le même taux de guérison que le traitement chirurgical. l’hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale reste l’opération de référence.
Complications potentielles de l'omentectomie
Bien que lourde, l'omentectomie est une procédure qui présente peu de complications. Outre les risques inhérents à n’importe quelle intervention chirurgicale (risque infectieux, risque lié à l’anesthésie : risque de réaction allergique au produit utilisé), des complications spécifiques à l’ablation de l’épiploon peuvent toutefois survenir.
- Lymphoedème : accumulation de liquide causée par le blocage des vaisseaux lymphatiques.
- Iléus paralytique : une baisse de la motricité intestinale pouvant aller jusqu’à un blocage total du transit intestinal.
- Lésions nerveuses ou des structures/organes environnants : Ces lésions sont possibles, mais rares.
Suites de l'intervention
Le traitement et le suivi après l'intervention dépendent de l’indication de l’omentectomie. Chez un patient atteint d’un cancer, elle pourra être suivie d’un traitement par chimiothérapie et/ou par radiothérapie pour optimiser les chances de guérison. Une chimiothérapie intraveineuse séquentielle doit être discutée.
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La durée d'hospitalisation varie selon la technique utilisée :
- Cœlioscopie : Hospitalisation de 2 à 3 jours. La chirurgie peut même avoir lieu en ambulatoire.
- Laparotomie : Hospitalisation de 7 à 10 jours. L'hospitalisation est plus longue en cas de chirurgie par laparotomie. Si un autre organe a dû être retiré (comme la rate, le rectum), si le patient est fatigué, alors la convalescence peut être également plus longue.
Vie après une omentectomie
"Une fois l'épiploon retiré, le patient peut vivre normalement. Nous ne connaissons pas précisément son rôle, mais nous savons qu'il n'existe pas de risque majeur de vivre sans épiploon", indique le Pr Jean-Marc Classe.
Récidive et guérison
Dans le cas du cancer de l’endomètre, à un stade précoce, l’objectif du traitement est de vous guérir. Le risque de récidive est, à ce stade, très faible, de moins de 4 %. A un stade plus avancé, l’objectif du traitement est de vous guérir ou de très bien contrôler votre maladie. C’est pourquoi à ce stade le bilan pré-thérapeutique est très important.
Le cancer de l’endomètre peut récidiver localement (récidive vaginales) ou à distance, dans d’autres organes. Dans le cas de cancer récidivant, des guérisons sont encore possibles lorsque la récidive est limitée.
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