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Ocytocine et Accouchement : Effets Secondaires et Considérations Essentielles

L'ocytocine, une hormone naturellement produite par le cerveau, joue un rôle crucial pendant l'accouchement et l'allaitement. En médecine, une forme synthétique de cette hormone est utilisée pour faciliter le travail et prévenir les complications post-partum. Cependant, son utilisation n'est pas sans risque et nécessite une surveillance médicale rigoureuse. Cet article explore en détail les effets secondaires potentiels de l'ocytocine administrée pendant l'accouchement, ainsi que les précautions à prendre pour garantir la sécurité de la mère et de l'enfant.

Ocytocine : Une Hormone Clé de l'Accouchement

L’ocytocine est une hormone produite par l’hypothalamus (région du cerveau) et sécrétée en particulier au moment de l’accouchement et au cours de l’allaitement. Issue d’une combinaison d’acides aminés, l’ocytocine est une hormone sécrétée naturellement par le cerveau. Sachez d’ailleurs que le mot "ocytocine" vient du grec ancien et signifie littéralement “accouchement rapide” ! En effet, quand le moment de l’accouchement approche, le taux d’ocytocine atteint son apogée : il peut être multiplié jusqu'à 200 par rapport à son niveau habituel. Après l’expulsion du bébé, l’ocytocine va faciliter l’éjection du placenta et aider l'utérus à retrouver progressivement sa forme initiale, en continuant de provoquer des contractions utérines. Elle agit principalement sur le muscle lisse de l’utérus en stimulant les contractions utérines, ce qui facilite la dilatation du col de l’utérus et l’expulsion du fœtus.

En médecine, l'oxytocine est une ocytocine de synthèse, de constitution et de propriétés pharmacologiques identiques à celles de l'hormone ocytocique post-hypophysaire naturelle. Elle permet, en usage médical, d'augmenter la fréquence et l'intensité des contractions utérines pendant l'accouchement.

Indications et Administration de l'Ocytocine de Synthèse

L'administration d'ocytocine pendant le 1er stade du travail est justifiée en cas de dystocie dynamique. En pratique, l’oxytocine est d’usage courant dans un grand nombre d’accouchements, pour raccourcir la durée du travail et donc limiter les complications fœtales et maternelles associées à un travail prolongé. L’ocytocine est un médicament fréquemment utilisé lors de l’accouchement pour favoriser la dilatation du col de l’utérus et accélérer le travail.

« Dans certains cas, par exemple, pour un déclenchement ou lorsque la dilatation du col ne progresse pas, on administre par voie intraveineuse une dose légère d’ocytocine dans sa forme synthétique. « Dans le cas d’un déclenchement d’accouchement, cette injection aura lieu si le col est favorable et donc que la maman est « mûre » pour l’accouchement. À noter : l'ocytocine de synthèse est également utilisée si le travail stagne. À faible dose, elle permet de rapprocher les contractions et de les intensifier. Mais l’ocytocine de synthèse s’utilise également au moment de la délivrance pour prévenir le risque d’hémorragie après l’accouchement. « L’injection d’une dose mesurée d’ocytocine favorise la délivrance du placenta », souligne Dr Ariane Zaique-Thouveny.

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L'oxytocine (ocytocine de synthèse) est utilisée par voie injectable dans la prise en charge des atonies utérines consécutives à une hémorragie de la délivrance (post-partum), pour induire une rétractation utérine après une chirurgie obstétricale (césarienne, interruption de grossesse) ou en cas d'insuffisance de contractions utérines en début ou en cours de travail.

Pour la perfusion, il est recommandé d'ajouter 5 UI (8,3 microgrammes) d'oxytocine à 500 ml d'une solution physiologique d'électrolytes (telle que le chlorure de sodium à 0,9 %). Pour les patients chez qui la perfusion de chlorure de sodium doit être évitée, une solution de dextrose à 5 % peut être utilisée comme diluant (voir rubrique 4.4). La vitesse de perfusion initiale doit être de 1 à 4 mUI/min (2 à 8 gouttes/min ou 0,1 à 0,4 ml/min). Elle peut être augmentée progressivement par intervalles de 20 minutes minimum et par paliers de 1 à 2 mUI/min jusqu'à ce qu'un schéma de contraction similaire à celui d'un travail normal soit établi (3 à 5 contractions/10 min). 5 à 10 UI par perfusion IV (5 UI diluées dans une solution physiologique d'électrolytes et administrées en perfusion IV ou, de préférence, au moyen d'une pompe à perfusion à vitesse variable pendant 5 minutes) suivi d’une perfusion d’entretien de 5 à 10 UI/h pendant 2 heures. Le recours à la voie IM est également possible. La dose cumulée de 40 UI ne devrait pas être dépassée. L’injection aura lieu au dégagement de l’épaule ou immédiatement après la naissance ou après la délivrance du placenta (si non effectué) en cas d’accouchement par voie basse. L’injection aura lieu immédiatement après la naissance de l’enfant en cas de césarienne.

En perfusion intraveineuse continue, aux doses appropriées, la réponse utérine est progressive et atteint un plateau en 20 à 40 minutes. Les taux plasmatiques d'oxytocine sont comparables à ceux observés au cours de la première période du travail spontané. L'oxytocine possède une demi-vie courte (de 3 à 17 minutes) ce qui permet le contrôle aisé de l'effet utérotonique par perfusion I.V. La liaison aux protéines plasmatiques est faible. L'élimination est essentiellement hépatique et rénale. Moins de 1 % de la dose administrée est excrété sous forme inchangée dans les urines. Le délai d'action de l'ocytocine est très rapide (30 secondes à 5 minutes) et sa durée d'action est relativement brève (20 minutes à 3 heures), et elle est rapidement éliminée par les reins.

Effets Secondaires Potentiels de l'Ocytocine

Malgré ses avantages, l'administration d'ocytocine peut entraîner divers effets secondaires, tant pour la mère que pour le fœtus. Il est crucial de connaître ces risques et de surveiller attentivement les patientes pendant l'administration.

  • Effets sur l'utérus : L’administration d’oxytocine pendant le 1er stade du travail trop précoce ou dans un délai de moins d’une heure suivant une amniotomie, augmente le risque de césarienne. Pendant le déclenchement ou le renforcement du travail, l’administration d’oxytocine à des doses excessives ou l’augmentation des doses de manière trop rapprochée ou importante peuvent conduire à une hyperstimulation utérine qui peut provoquer une détresse fœtale, une asphyxie voir la mort du fœtus, ou peut conduire à une hypertonie, des contractions tétaniques ou une rupture de l'utérus. Un surdosage en oxytocine peut être responsable d’une hyperactivité utérine voire une rupture utérine, aboutissant à une souffrance fœtale.

    Lire aussi: Les effets secondaires de l'ocytocine

  • Effets cardiovasculaires : Une hypotension immédiate transitoire avec flush et tachycardie réflexe peut être observée. Une perfusion IV trop rapide expose également à une hypotension transitoire avec flush et tachycardie. L’hypotension est liée en partie à l’effet vasodilatateur direct de l’ocytocine sur la fibre musculaire lisse vasculaire avec libération de NO au niveau de l’endothélium. Afin d'éviter des modifications importantes de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, OXYTOCINE EVER PHARMA doit être utilisé avec prudence chez les patients prédisposés à l'ischémie myocardique en raison d'une maladie cardiovasculaire préexistante (telle qu'une cardiomyopathie hypertrophique, une valvulopathie et/ou une cardiopathie ischémique, y compris des vasospasmes de l'artère coronaire).

  • Effets métaboliques : OXYTOCINE EVER PHARMA peut provoquer une hyponatrémie en raison de ses effets antidiurétiques. Les premiers signes d'hyponatrémie peuvent être des céphalées, des nausées, une léthargie, une anorexie et une apathie. Très rarement, un effet antidiurétique qui se manifeste par une intoxication par l'eau transitoire avec céphalées et nausées. Une hyponatrémie est également possible chez le nouveau-né. SYNTOCINON peut provoquer une hyponatrémie (diminution de la concentration de sel dans le sang) en raison de ses effets antidiurétiques. Les premiers signes d'hyponatrémie peuvent être des céphalées, des nausées, une léthargie, une anorexie et une apathie. Une rétention d’eau avec des taux bas de certains composants du sang (hyponatrémie) peut se produire avec des conséquences parfois graves voir fatales.

  • Autres effets indésirables: Les effets indésirables les plus fréquents de l'ocytocine sont des maux de tête, une accélération ou une diminution du rythme cardiaque, des nausées et des vomissements. En cas d’administration concomitante ou successive d’oxytocine et de prostaglandines, il est difficile de contrôler la contractilité utérine (risque d’hyperstimulation). Des cas de réactions anaphylactiques ont été signalés suite à l’administration d’oxytocine chez des femmes présentant une allergie connue au latex.

  • Risque de Coagulation Intravasculaire Disséminée (CIVD) : Dans de très rares cas, l'induction pharmacologique du travail à l'aide d'agents utérotoniques, y compris l'oxytocine, augmente le risque de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) post-partum. C'est l'induction pharmacologique elle-même, et non un agent particulier, qui est liée à ce risque. Ce risque augmente en particulier si la femme présente des facteurs de risque supplémentaires de CIVD, tels que l'âge de 35 ans ou plus, des complications pendant la grossesse et un âge gestationnel supérieur à 40 semaines.

Précautions d'Emploi et Contre-Indications

L'ocytocine ne doit être administrée que dans des conditions hospitalières et sous la surveillance d’un médecin qualifiée. Il est essentiel de surveiller attentivement le rythme cardiaque du fœtus et la motilité utérine (fréquence, force et durée des contractions), afin d'adapter la posologie à la réponse individuelle.

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L'oxytocine est contre-indiquée en cas d'hypersensibilité à l'oxytocine ou à l'un des composants présents dans le médicament, en cas de dystocie (excès de volume fœtal ou mauvais positionnement du fœtus), de fragilité ou de distension excessive de l'utérus, d'hypertonie utérine ou de souffrance fœtale quand l'accouchement n'est pas imminent, de troubles cardiovasculaires, de toxémie gravidique sévère, de prédisposition à l'embolie amniotique (mort fœtale in utero, hématome rétro placentaire) ou encore en cas de placenta prævia (implantation du placenta dans la partie inférieure de l'utérus, au-dessus de l'ouverture du col de l'utérus). De plus, une extrême prudence s'impose chez les femmes ayant une prédisposition à l'ischémie myocardique, un syndrome du QT long ou présentant des facteurs de risque de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) en post-partum.

La prise hydrique par voie orale doit être limitée et l’équilibre hydrique surveillé.

Interactions Médicamenteuses

Les prostaglandines peuvent renforcer l'effet de l'oxytocine et vice versa. Par conséquent, si l'utilisation de l'oxytocine est nécessaire après l'administration de prostaglandines, l'administration séquentielle doit être effectuée avec prudence. Si après avoir administré des prostaglandines, l’utilisation de l’oxytocine s’avère nécessaire, l’administration séquentielle doit être réalisée avec prudence.

L'utilisation d'un médicament torsadogène avec un autre médicament torsadogène est contre-indiquée en règle générale. En cas d’administration concomitante ou successive d’oxytocine et de prostaglandines, il est difficile de contrôler la contractilité utérine (risque d’hyperstimulation). L’association entre l’oxytocine et les médicaments suivant est à prendre en compte du fait du risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Pendant ou après une anesthésie péridurale, l'oxytocine peut potentialiser l'effet vasoconstricteur des sympathomimétiques. Les anesthésiques volatils halogénés (tels que le cyclopropane, l’halothane, le sévoflurane, ou le desflurane, ) peuvent aggraver l’effet hypotenseur de l’oxytocine et réduire son action utérotonique.

Alternatives à l'Ocytocine de Synthèse

Vous aimeriez éviter l'injection d'ocytocine et essayer des méthodes naturelles pour accélérer le travail ? L'exercice physique : en fin de grossesse, une activité physique, même de faible intensité, comme la marche à pied par exemple, permet au bébé de descendre doucement dans le bassin de sa maman. L'alimentation : des études récentes ont établi un lien entre la consommation de dattes et le déclenchement du travail. L’ananas favoriserait aussi l’ouverture du col à en croire des expériences réalisées en éprouvette. Manger épicé serait aussi bénéfique pour stimuler l’arrivée de bébé, même si aucune étude ne le confirme. Les relations sexuelles : l'orgasme provoque la production d'ocytocine qui, comme nous l'avons vu, joue un rôle important dans l'accélération du travail et de l'accouchement en lui-même.

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