Les mustélidés forment une famille de mammifères carnivores aux tailles, aux milieux et aux régimes alimentaires variés. Méconnus voire méprisés, ils forment une famille difficile à caractériser. Qu'ont-ils en commun ? Un corps allongé, des pattes courtes et des glandes qui peuvent dégager une forte odeur. Leur discrétion est sans doute leur principale particularité. Elle est liée à leurs mœurs souvent nocturnes.
Caractéristiques Générales des Mustélidés
Les mustélidés (Mustelidae) sont des mammifères carnivores aux tailles, aux milieux et aux régimes alimentaires variés. Les 56 espèces sont réparties en 22 genres, dont une petite dizaine d'espèces en France.
Des caractéristiques communes entre ces animaux sont un corps allongé et de petites pattes dotées de 5 doigts munis de griffes non rétractiles, un crâne allongé au museau court, et une longue queue. Ce sont des carnivores qui possèdent un excellent odorat et marquent leur territoire grâce à des glandes anales qui sécrètent un liquide huileux à l’odeur très forte. Dotés d’une fourrure douce et épaisse, ils sont souvent chassés ou élevés par l’homme pour cette raison.
Leurs points communs : discrets, plutôt nocturnes, un corps allongé, des pattes courtes et une odeur de défense désagréablement musquée, souvent exclusivement attribuée au putois, alors qu'elle caractérise aussi les autres espèces.
Importance Écologique des Mustélidés
Les mustélidés jouent un rôle important dans l'écosystème. Souvent qualifiés de nuisibles, ils sont aussi et surtout des prédateurs de petits mammifères, contrôlant efficacement les populations de rongeurs (campagnols, mulots…), souvent trop prolifiques et vecteurs de maladies. On peut aussi citer les renards dans ce domaine, mais certains mustélidés qui s'adaptent au milieu urbain sont un atout en ville.
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Du point de vue du monde paysan, ils pourraient être considérés comme de sacrés auxiliaires, capables de réguler efficacement la prolifération des rongeurs dans les secteurs agricoles, les vergers et les jardins. Dans les espaces boisés, ils participent du bon équilibre des écosystèmes, avec un régime varié et opportuniste, intervenant à différents niveaux de la chaîne alimentaire, des insectes aux petits oiseaux. Certains peuvent adopter, en cas de nécessité, un comportement de charognard, assurant ainsi une fonction d’importance : ils aident à décomposer la matière organique et à sa réintégration dans l’écosystème, en limitant la propagation de maladies. Ils mangent aussi des fruits comme des cynorrhodons, et en répandent les graines avec leurs laissées.
Par ailleurs les scientifiques, notamment via une étude publiée en 2017 par l’Université de Wageningen aux Pays-Bas, ont mis en évidence le rôle important des prédateurs tels que les mustélidés (et les renards) pour lutter contre les maladies véhiculées par les tiques, particulièrement la borréliose de Lyme.
Les Mustélidés de France : Aperçu des Espèces
En France, on retrouve une dizaine d'espèces de mustélidés, chacune ayant ses particularités et son rôle dans l'écosystème.
Belette et Hermine
La belette d’Europe (Mustela nivalis) : brune et ventre blanc, c'est le plus petit mammifère carnivore d'Europe, à raison de 18/20 cm de long, queue comprise ! Spécialisée dans la traque des micromammifères grâce à sa capacité à se faufiler dans des espaces de moins de 3 cm, la belette vit plutôt en milieu boisé.
La Belette est le plus petit mammifère carnivore européen. Elle possède un corps mince et allongé, des pattes courtes et des oreilles menues et arrondies. Le pelage, ras, présente une ligne de démarcation des couleurs très nette, mais irrégulière et sinueuse, entre le dos et le ventre. La queue, relativement courte, est de la même couleur que le dos. Le menton est parfois orné de taches roussâtres. Les individus du nord et de l’est de l’Europe blanchissent habituellement en hiver.
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- Taille (tête et corps) Mâle : 18 - 24 cm Femelle : 16 - 19 cm
- Poids Mâle : 75 à 140 g Femelle : 45 à 70 g
- Longévité 3 ans dans la nature
La Belette s’adapte pratiquement à tous les milieux où elle trouve gîte et nourriture. Très fréquente dans les régions bocagères, les prés, les haies, les bois, les éboulis rocheux ainsi que dans les dépendances des fermes, elle se rencontre aussi dans les villages et à la périphérie des villes. En montagne, elle s’élève jusqu’à la limite de la végétation.
La belette d’Europe est un animal de la famille des mustélidés. Reconnaissable à sa robe brun roux, c’est le plus petit carnivore du Vieux continent. Très dynamique, ce petit animal actif et courageux souffre d’une mauvaise réputation injuste. Néanmoins, dans certains cas, elle peut s’en prendre aux volatiles pour se défendre. Quoi qu’il en soit, il suffit de bien fermer son poulailler pour protéger ses pensionnaires et vivre en bonne harmonie avec la belette, qui est très utile grâce à son rôle de premier plan dans la régulation des populations de campagnols et autres rongeurs ravageurs de cultures.
La belette d’Europe (Mustela nivalis) est le plus petit carnivore du continent. Elle appartient à la famille des Mustélidés, comme le blaireau, la fouine, l’hermine ou le putois, pour ne citer qu’eux. Également nommée petite belette ou belette pygmée, elle est reconnaissable à sa jolie robe brun roux, blanche sur le ventre et le cou. Souvent confondue avec l’hermine, pourtant plus grande qu’elle, la belette d’Europe est dotée d’une fourrure qui évolue peu au cours de l’hiver. On note une nette différence entre le mâle et la femelle, le premier étant bien plus grand. À l’âge adulte, il peut mesurer 26 cm à 27 cm pour 125 grammes tout au plus. La femelle ne dépasse pas 19 cm, quant à elle, et pèse entre 65 grammes et 85 grammes. Le corps fuselé et long de la belette lui permet de se faufiler partout.
La belette d’Europe vit généralement dans les territoires où elle peut aisément trouver ses proies, comme toute espèce. On peut ainsi la croiser aussi bien dans les bois que dans les champs, les prairies et les jardins. Active de jour comme de nuit, la belette est un chasseur hors pair et elle est dotée d’une vue très fine adaptée à la vision diurne et nocturne et d’une ouïe très développée. Elle peut dévorer aussi bien les petits rongeurs comme les mulots, les souris et les campagnols, que les petits lapins, les oiseaux, les insectes, les lézards, les mollusques, les amphibiens, voire même les œufs. Dans de plus rares cas, elle peut ingérer une musaraigne ou une taupe. Elle évolue dans les territoires où ses proies sont nombreuses et elle ne se gêne pas pour occuper leur terrier une fois qu’elle les a dévorées ! Néanmoins, cette grande amatrice de rongeurs contribue à la régulation de la population des campagnols des champs, qui peuvent faire quelques dégâts dans les étendues céréalières. Très dynamique, la belette n’hiberne pas. Elle doit en effet manger tous les jours pour survivre. C’est également un animal très courageux. Pour exemple, la femelle veille férocement sur ses petits et n’hésite pas à s’attaquer à quiconque les menace, y compris un animal plus gros qu’elle, ou même un humain !
Chez la belette, la reproduction a lieu entre les mois de mars et de juin/juillet. Pendant cette période longue de plusieurs mois, la femelle peut avoir deux portées. La future maman aménage un nid douillet pour sa progéniture à l’aide de feuilles, de foin et de mousse. Nous l’avons dit, elle peut tout à fait se nicher dans un terrier déjà fait, notamment dans ceux des campagnols dont elle s’est nourrie. La gestation dure 5 à 6 semaines et les bébés belettes (qui n’ont pas de nom spécifique) naissent nus et aveugles. La maman belette est toute dévouée à ses petits. Elle les élève de manière à les préparer efficacement à la dure vie qui les attend. En effet, elle les sèvre très tôt pour leur permettre d’être autonomes dès l’âge de 2 mois et demi. Ils quittent alors le nid. Mais auparavant, elle leur apprend à chasser pour qu’ils soient en mesure de survivre plus facilement.
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On compte généralement 2 portées par an, de 4 à 9 petits chacune. L’accouplement a lieu en mars et en juillet-août. La gestation est de 35 jours environ. Les jeunes naissent aveugles et nus. Ils sont allaités pendant 2 mois environ et acquièrent leur indépendance vers 3 ou 4 mois.
Son alimentation se constitue de rongeurs jusqu’à la taille du rat, d’oiseaux ou leurs œufs, de reptiles, d’amphibiens et parfois d’insectes. Sa petite taille lui permet de pénétrer dans les galeries étroites des rongeurs.
La Belette peut être active à toute heure du jour et de la nuit. Grâce à sa sveltesse, elle est capable de se faufiler dans la moindre galerie de campagnol. Vive, agile et souple, elle grimpe et nage bien. A terre, elle trottine avec rapidité et fait volontiers le « chandelier » : assise sur ses pattes postérieures, elle se dresse pour inspecter les environs. Elle vit le plus souvent seule, parfois en groupe familial.
Il est possible qu'une Belette s'invite dans votre poulailler pour y trouver sa nourriture. Dans ce cas, pas d'inquiétude !
Toutefois, il arrive qu’elles fassent des dégâts parmi les poules ou les oiseaux. La belette n’attaque véritablement que si elle se sent menacée. Le problème, c’est que la belette est si fine, qu’elle s’immisce dans les trous les plus petits. En outre, on pense à bien fermer la maison des poules chaque soir et à obstruer toutes les ouvertures. Dans ce cas, pas de risque ! Vous pouvez également déposer des vêtements qui portent votre odeur dans le poulailler pour l’éloigner. Il est également à noter que la belette peut s’installer dans les combles des vieux bâtiments. Malgré ce portrait quelque peu teinté de négatif, la belette est surtout un animal utile. Elle contribue en effet largement à réguler les populations de rongeurs qui nuisent aux cultures potagères. Injustement classée parmi les nuisibles, elle est davantage une alliée qu’un danger.
Les populations de belettes fluctuent selon des cycles pluriannuels, calés sur ceux des rongeurs dont elle dépend. Lorsque la densité de rongeurs est importante, la densité des belettes est forte et inversement. Pour s'adapter à un accroissement des populations de rongeurs, le nombre de femelles reproductrices et le nombre de portées augmentent. Une femelle peut faire jusqu'à 3 portées par an.
Dans la nature, les prédateurs de la Belette sont notamment la Vipère, les rapaces et le Sanglier. En France, la Belette ne semble pas menacée, même si elle souffre de la fragmentation et de la disparition de ses habitats, de la diminution de ses ressources alimentaires, due notamment à l'intensification agricole et à l'empoisonnement de ces proies, et de la prédation des chats domestiques.
La belette est souvent décriée, considérée comme une ennemie des jardiniers. En effet, les propriétaires de poulaillers redoutent ces petits carnivores. Ce qui les attire, ce sont essentiellement les œufs, mais uniquement pour s’en délecter, ou les rats qui en sont également friands.
Une espèce chassable qui peut être tuée en nombre illimité par tout détenteur d’un permis sur l’ensemble du territoire entre les dates officielles d’ouverture et de fermeture de la chasse, soit entre début septembre et fin février.
Ce mammifère sauvage est encore classé ESOD (Espèce susceptible d’occasionner des dégâts) dans 1 seul département, le Pas-de-Calais. Cela signifie qu’il peut y faire l’objet d’actes de destruction toute l'année par les particuliers ou à la demande du maire ou du préfet par battues administratives. C’est le préfet de chaque département qui détermine les espèces qui peuvent être classées nuisibles localement.
Par son alimentation, la Belette joue un rôle essentiel dans la régulation des rongeurs, et notamment des campagnols, des mulots et des souris.
L'hermine d’Europe (Mustela erminea) : deux fois plus grosse que la belette, avec une queue plus longue et plumeuse au bout, également brune et blanche, elle a la particularité de changer de couleur en hiver, pour devenir entièrement blanche, sauf le bout de la queue qui reste foncé, un vrai atout pour se cacher dans la neige ! Active de nuit principalement, elle habite des milieux divers et se nourrit de rongeurs, parfois d'oiseaux, de grenouilles et d'insectes.
Martre et Fouine
La martre d’Europe ou martre des pins (Martes martes) : brun grisâtre et plastron roux, longue queue, larges pattes et corps plus trapu, la martre, discrète et méfiante, vit plutôt en forêt, loin des hommes. Elle se nourrit de petits mammifères et oiseaux, d'insectes et de fruits. Elle est également connue pour sa chasse à l'écureuil.
La fouine (Martes foina) : son plastron est blanc et s’étend de la gorge jusqu'au-dessus des pattes avant. Elle vit plus près des villages et est connue pour faire de véritables massacres dans les poulaillers. Opportuniste, elle mange petits mammifères, oiseaux, œufs, fruits, déchets. Jabot blanc bilobé : pas de doute, voilà la fouine !
Les Visons
Le vison d'Europe (Mustela lutreola) : brun foncé et blanc sur le museau, nocturne et semi-aquatique, c'est une espèce menacée, presque complètement disparue du territoire français.
Le vison d'Amérique est brun avec du blanc seulement sur le menton, plus gros, avec un très fort caractère colonisateur, au détriment d'autres espèces, à commencer par le vison d'Europe.
Putois et Furet
Le putois d’Europe (Mustela putorius putorius) : brun roux, plus foncé sur les pattes et la queue, tête noire et blanche, habitant des milieux ouverts et zones humides, il est nocturne et chasse lapins, rats, grenouilles, oiseaux ; il mange aussi des fruits et des œufs. Il ressemble au vison avec plus de blanc sur la face, ce qui donne l'impression qu'il porte un masque.
Quant au furet, c'est en effet un mustélidé, mais domestique, qui n'existe pas à l'état sauvage : aucune confusion possible.
L'élevage du furet est très ancien ; il a d'abord été utilisé pour la chasse, puis la production de fourrures ou comme animal de laboratoire. Depuis quelques dizaines d'années, il a été adopté comme animal de compagnie. La plupart des furets vivent en semi-liberté, la cage étant utilisée lorsqu'il ne peut être surveillé. Elle doit être suffisamment grande pour contenir un coin repos, une aire de jeu et un coin pour faire ses déjections. La maturité sexuelle intervient au printemps, vers l'âge de 9 à 12 mois. La période de reproduction s'étend de mars à août ; la gestation dure environ 42 jours et la furette donne naissance à 6-8 furetons aveugles, sourds et nus. Le furet possède deux sacs anaux situés de part et d'autre de l'anus. Leur contenu nauséabond peut se vider en cas de stress important ou de forte excitation.
- pelage et peau : les mues ont lieu au printemps et à l'automne. Une ingestion importante de poils chez les sujets à poils long peut conduire à une obstruction du transit.
- griffes : le furet possède des griffes non rétractiles qui dans la nature s'usent naturellement. Ça n'est pas toujours le cas en captivité et il est parfois nécessaire de les raccourcir.
- les furets doivent être traités régulièrement contre les parasites externes, mais aussi contre les parasites internes.
- la vaccination du furet contre la maladie de Carré est vivement conseillée : cette maladie rencontrée également chez le chien est devenue rare, mais elle est toujours mortelle.
Commençons par le mal aimé, le putois (Mustela putorius). Pourquoi mal aimé ? Parce qu’il a la réputation de sentir mauvais -lorsqu’il se sent menacé, il libère le contenu de ses glandes anales-, et de s’en prendre aux poulaillers ainsi qu’aux couvées d’oiseaux sauvages ou au petit gibier, faisant concurrence aux chasseurs. « L’accusation est infondée quand on connaît le régime alimentaire de l’animal. Les études à ce sujet sont pléthoriques et vont toutes dans le même sens : les putois mangent essentiellement des petits rongeurs (mulots, campagnols, rats…). Suite à une décision du Conseil d’État, dans l’arrêté du 3 août 2023, le putois a été retiré de la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD), autrefois qualifiées de « nuisibles » et qui peuvent être chassées toute l’année. Une demande appuyée par le comité français de l’UICN, l’organisme ayant classé comme « quasi menacée » cette espèce auparavant seulement en « préoccupation mineure ».
Le Blaireau
Le blaireau eurasien (Meles meles) : c'est le plus grand et le plus pataud (en apparence). Impossible de le confondre avec les autres mustélidés, d'aucune façon que ce soit ! Plus considéré comme nuisible depuis les années 80, il reste malheureusement encore souvent chassé, dans des conditions parfois barbares. Belle bête d’environ 20 kg, il est rayé noir et blanc sur la tête, gris le reste du corps. C'est un animal territorial et social. Il creuse des galeries profondes de plusieurs dizaines de mètres, en réseau, organisées avec des chambres, des celliers…. Ce réseau se transmet de génération en génération. Le blaireau sort principalement la nuit et se nourrit de vers de terre, d'insectes, de batraciens, de petits mammifères et de végétaux.
Le blaireau est le plus grand des mustélidés de France. Les mâles, à l'orée de l'hiver, peuvent peser jusqu'à 20 kg. Le maquillage noir et blanc de sa tête le rend facilement reconnaissable, encore faut-il le rencontrer ! Son mode de vie nocturne le rend discret à nos yeux. Il passe une grande partie de sa vie dans des terriers, faits de galeries profondes et complexes, qu'il creuse avec ses griffes. Ses sorties nocturnes sont dévolues à la recherche de nourriture. C'est un opportuniste : il se nourrit d'invertébrés (insectes, vers de terre…), de batraciens, de petits mammifères et de beaucoup de végétaux (fruits, céréales, légumes). Le blaireau peut vivre seul ou en groupe et accepte de partager ses galeries avec des renards ou des lapins. Le blaireau a connu des périodes difficiles notamment lorsque les terriers étaient gazés pour lutter contre la propagation de la rage. Il semble que les populations se soient aujourd'hui reconstituées. En France, il n'est plus classé parmi les espèces nuisibles depuis 1988 mais reste chassable.
La Loutre
La loutre d’Eurasie (Lutra lutra) : la loutre est un grand mustélidé d'eau, semi-aquatique, d'1 m minimum, aux pattes palmées et au poil hydrofuge, brun sur le dos, blanc dans le cou et gris sur le ventre.
Corps fuselé, souple et musclé, poil hydrofuge, oreilles courtes, pattes palmées… L'adaptation de la loutre à la vie aquatique est idéale. Ce prédateur nocturne et discret ne trahit souvent sa présence qu'à travers quelques indices de repas ou de passage. Elle se plait dans toutes sortes de milieux aquatiques : rivières, lacs, marais, bords de mer… Cette championne de plongée peut obturer ses oreilles et ses narines sous l'eau. Sa nourriture favorite, le poisson, fut la raison de sa destruction. Le « loutrier », métier aujourd'hui disparu, se chargeait de la besogne. Autrefois très commune partout, elle subsiste dans la partie Ouest de la France et tend à reconquérir ses anciens territoires, remontant les cours d'eau. Elle a été capturée en 1950 dans le Valgaudemar, jusque dans les années 1940 dans le Guillestrois, et encore observée avant l'édification du barrage de Serre-Ponçon. De fait, mais aussi grâce à l'interdiction du PCB, elle a fait son retour dans certaines parties de l'arc alpin. En France, le plan national d'actions pour la loutre 2011-2014 vise à améliorer sa conservation. "La dynamique de population est plutôt positive" résume Sandrine Ruette (ONCFS). "Elle est présente dans l'Isère et l'Ain mais elle n'a jamais été très abondante en montagne en raison de l'altitude.
Menaces et Conservation des Mustélidés
Quelle que soit leur espèce, la plus grande menace qui pèse sur les mustélidés est la perte, la dégradation et la fragmentation de leur habitat.
Le putois, qui aime les bois peu denses, les lisières et les zones humides, fréquente des paysages en mosaïque, parfois très anthropisés. Dans un rapport publié en 2017 (« Protéger le putois »), la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) estime qu’il fait partie des mammifères les plus touchés par la mortalité routière.
Le vison d’Europe, quant à lui, a énormément souffert de la destruction des zones humides et de la pollution des eaux. Il est, de plus, concurrencé par son cousin d’Amérique, échappé des fermes d’élevage, considéré comme une espèce invasive et qui figure à ce titre sur la liste des ESOD, susceptibles d’être chassées toute l’année. Et comme il n’est pas, au premier coup d’œil, facile de les différencier, les erreurs d’appréciation ne sont pas rares…
Outre les causes cynégétiques, les tirs et surtout le piégeage, la pollution joue un rôle dans l’érosion des populations de mustélidés.
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