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Consultations d'urgence post-partum : Guide complet pour les nouvelles mamans

La période post-partum, s'étendant de l'accouchement jusqu'au retour de couches (environ 40 jours), est une phase de grands bouleversements physiques et psychologiques. Il est essentiel de connaître les motifs de consultation d'urgence pour assurer la santé et le bien-être de la mère. Cet article détaille les situations nécessitant une attention médicale immédiate et offre des conseils pour une récupération post-natale optimale.

Quand consulter en urgence pendant la grossesse ?

Il est crucial de savoir reconnaître les signes d'alerte pendant la grossesse nécessitant une consultation immédiate :

  • Trois premiers mois difficiles : Les 3 à 4 premiers mois de grossesse peuvent être pénibles en raison de nausées et/ou de vomissements.
  • Menace d'accouchement prématuré : En cas de contractions et/ou douleurs du bas ventre avant terme, il faut consulter un gynécologue pour vérifier qu'il ne s'agisse pas d'une menace d'accouchement prématuré.
  • Rupture de la poche des eaux : En cours ou en fin de grossesse, en cas de perte de liquide amniotique (rupture de la poche des eaux) ou si vous avez un doute sur la nature des pertes vaginales (liquide amniotique ou urine), une consultation en salle de naissance s'impose pour vérifier l'origine et la nature des pertes.
  • Diminution des mouvements fœtaux : Si pendant plusieurs heures, vous ne ressentez pas les mouvements de votre bébé, ou qu’ils sont nettement moins fréquents que d’habitude, essayez d’abord de le stimuler, de réveiller en lui parlant et en caressant votre ventre. Si cela ne change rien, consultez immédiatement.
  • Symptômes d'hypertension artérielle : Avec des symptômes inhabituels comme un mal de tête persistant, des troubles de la vue ou de l’audition, un gonflement brutal du visage, des doigts ou des jambes : ces symptômes peuvent être le signe d’une hypertension artérielle.

Les urgences post-partum : quand s'inquiéter ?

Après l'accouchement, certains symptômes nécessitent une consultation d'urgence :

Saignements anormaux

  • Saignements abondants persistants : Les saignements après l'accouchement, par voie vaginale ou par césarienne, peuvent durer plusieurs semaines, mais vont en diminuant progressivement. Des saignements abondants dans les 3 mois qui suivent l'accouchement, peuvent être en relation avec le retour de couches (celui-ci a lieu 4 à 6 semaines après l’accouchement en l’absence d’allaitement sinon dans les mêmes délais après la cessation de l’allaitement). Cependant, des saignements abondants et soudains doivent alerter.
  • Hémorragies secondaires : Les hémorragies secondaires surviennent entre 24 heures et 6 semaines après l’accouchement chez 0,5 à 2 % des femmes. Des saignements abondants imposent une hospitalisation. Une échographie pelvienne est indiquée, à la recherche d’une image évoquant une rétention placentaire.

Fièvre

  • Fièvre post-partum : De la fièvre (température >38°C) dans les deux semaines qui suivent un accouchement, par voie vaginale ou par césarienne, n'est pas normal.

Douleurs

  • Douleurs abdominales intenses : Il peut y avoir des douleurs, ressemblant à des contractions utérines de travail, dans les semaines qui suivent l'accouchement. Celles-ci peuvent être importantes notamment pendant l'allaitement. Cependant, des douleurs intenses et persistantes nécessitent une évaluation médicale.
  • Douleurs périnéales intenses : Des douleurs périnéales intenses (le plus souvent en post-partum immédiat) font suspecter un hématome puerpéral (ancien thrombus vaginal), dont la localisation est généralement paravaginale ou vulvaire (avec dans les formes sévères une possible extension sous-péritonéale). Son diagnostic est clinique, devant une tuméfaction vaginale expansive et douloureuse.
  • Douleurs mammaires sévères : Bien qu'une tension mammaire soit normale, des douleurs intenses, une chaleur locale, une tension mammaire, un œdème unilatéral, un érythème cutané systématisé de forme triangulaire, accompagnés parfois de frissons, myalgies et fièvre, doivent faire suspecter une mastite ou un abcès mammaire.

Signes d'infection

  • Endométrite aiguë : Le diagnostic d’endométrite aiguë est évoqué devant l’association douleurs pelviennes, hyperthermie et lochies fétides.
  • Infection de la cicatrice : Devant toute fièvre du post-partum, les cicatrices périnéales (de déchirures ou d’épisiotomie) ou abdominales (césarienne) doivent être inspectées avec minutie. Une infection est suspectée devant une cicatrice douloureuse et inflammatoire, associée à une fièvre souvent élevée et à un écoulement ou un suintement sérohématique ou franchement purulent.
  • Infections urinaires : Classiquement : douleurs hypogastriques, manifestations fonctionnelles urinaires telles que pollakiurie ou brûlures mictionnelles, leucocytes et nitrites à la bandelette, leucocyturie > 104/mL et bactériurie > 105/mL.

Troubles psychiques

  • Dépression post-partum : Il ne faut pas la confondre avec le baby blues, épisode transitoire non pathologique. Le début des symptômes peut faire suite à une dépression anténatale (dans un tiers des cas), venir compliquer un baby blues sévère, ou alors être plus insidieux après une période d’euthymie.

Autres symptômes

  • Choc abdominal

Complications liées à l'allaitement

L'allaitement peut être source de complications nécessitant une consultation :

  • Pathologies des mamelons : rougeurs, irritations, crevasses ou fissures très douloureuses.
  • Engorgement mammaire : Gonflement généralisé des seins, douleurs, œdème diffus, rougeur cutanée, peau parfois luisante, diminution du débit de lait ou légère élévation de la température (< 38,4 °C).
  • Mastite : Douleurs, chaleur locale, tension mammaire, œdème unilatéral, érythème cutané systématisé de forme triangulaire, accompagnés parfois de frissons, myalgies et fièvre.
  • Abcès mammaire : Douleurs intenses souvent pulsatiles et insomniantes, fièvre et placard rouge de la peau du sein, qui est gonflé et tendu.
  • Agalactie : Défaut organique de production de lait dû à une masse glandulaire insuffisante constitutionnellement, ou après pathologie maternelle, traitement chirurgical ou médical.

Examens et suivi post-partum

Surveillance clinique à la maternité

Lors du séjour à la maternité, la surveillance clinique est au moins quotidienne : pression artérielle, fréquence cardiaque, douleurs, signes de phlébite, saignements, mictions spontanées, température, reprise du transit, involution utérine.

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Consultation post-natale

Dans les 6 à 8 semaines suivant l’accouchement, la consultation post-natale est réalisée par un médecin gynécologue obstétricien ou non, un généraliste ou une sage-femme en cas de grossesse normale et d’accouchement eutocique. S’il y a eu complication obstétricale, elle est assurée par un gynécologue-obstétricien.

  • Entretien post-natal précoce : cet entretien obligatoire doit avoir lieu entre la 4ème et la 8ème semaine après l’accouchement. On le réalise avec notre médecin traitant, une sage-femme ou un gynécologue. Cet entretien permet de faire le point sur ce qu’on ressent depuis la naissance. Il permet au professionnel de repérer les éventuels premiers signes d’une dépression post-partum.
  • Consultation médicale post-natale : cette consultation obligatoire doit avoir lieu entre la 6ème et la 8ème semaine après l’accouchement. On la réalise avec notre médecin traitant, une sage-femme ou un gynécologue.

Examens complémentaires

Certains examens peuvent être prescrits en fonction des antécédents et des symptômes :

  • Échographie pelvienne : En cas de saignements abondants, à la recherche d’une image évoquant une rétention placentaire.
  • Prélèvements bactériologiques : En cas d'endométrite ou d'infection de la cicatrice.
  • Bilan inflammatoire (CRP, hémogramme) : En cas d'endométrite ou d'infection.
  • ECBU : En cas de suspicion d'infection urinaire.
  • NFS : En cas de saignements abondants au cours de l’accouchement ou devant des signes évocateurs (pâleur, tachycardie ou malaises).

Conseils pour une bonne récupération post-partum

  • Repos : Pour récupérer de la grossesse et de l’accouchement, et de tous les chamboulements qui vont avec l’arrivée d’un bébé, toutes les mamans ont surtout besoin de repos et de soutien. Si on en ressent le besoin, on fait des siestes dès que cela est possible, par exemple pendant que bébé dort.
  • Soutien : On ne doit pas hésiter à demander de l’aide aux personnes qui nous entourent de près ou de loin.
  • Alimentation : La perte de poids doit être encouragée. Objectif : retour au poids préconceptionnel dans les 6 mois.
  • Arrêt des toxiques : L’arrêt des toxiques (tabac, alcool, drogues) est conseillé, favorisé par le soutien d’un professionnel.
  • Contraception : La contraception doit être discutée. En cas de grossesses rapprochées (< 6 mois), le risque d’accouchement prématuré et d’autres complications (malformations fœtales, retard de croissance intra-utérin, mort fœtale in utero ou pathologie psychiatrique de l’enfant) est majoré.
  • Rééducation périnéale : La rééducation périnéale est indiquée en cas d’incontinence anale ou urinaire persistant à 3 mois.
  • Accompagnement à l'allaitement : Un accompagnement approprié par les professionnels de santé est essentiel. L’application préventive de lanoline et de lait maternel aurait un intérêt. Les topiques à base d’essence de menthe seraient utiles pour réduire la survenue de fissures.

Quand se rendre aux urgences de la maternité ?

L’accès aux urgences est possible 24h/24 et 7j/7. Voici les situations nécessitant une consultation immédiate :

  • Contractions utérines répétées et douloureuses quel que soit le terme de votre grossesse
  • Perte de liquide amniotique
  • Perte de sang
  • Baisse des mouvements du bébé
  • Choc abdominal

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