Les règles abondantes, médicalement appelées ménorragies, sont un problème courant qui affecte de nombreuses femmes. Elles peuvent entraîner de la fatigue, de l'anémie et avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Cet article vise à explorer en profondeur les causes des règles abondantes, leurs conséquences sur la santé et les différentes options de traitement disponibles.
Définition des règles abondantes
On parle de règles abondantes lorsque la quantité de sang perdu pendant les menstruations est excessive. Normalement, les règles correspondent à un volume de sang de 30 à 40 ml à chaque cycle, durant en moyenne 3 à 6 jours pour un cycle menstruel de 21 à 35 jours, avec un flux plus important pendant les 2 premiers jours. Les ménorragies se définissent par une perte de sang supérieure à 80 ml par cycle ou des règles qui durent plus de 7 jours.
Étant donné qu’il est difficile de mesurer précisément la quantité de sang perdu, d’autres indicateurs peuvent aider à identifier l’abondance des règles :
- Un besoin de changer de protection (tampon ou serviette) toutes les deux heures au minimum.
- Un besoin de doubler les protections hygiéniques.
- Un besoin de changer de protection la nuit.
- La présence de caillots de sang de taille supérieure à celle d’une pièce de monnaie de 50 centimes.
Si vous présentez au moins deux fois des règles excessivement abondantes ou hémorragiques, il est conseillé d’en parler rapidement à votre médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
Causes des règles abondantes
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de règles abondantes. Les causes sont le plus souvent bénignes. Il est important de les identifier pour mettre en place un traitement adapté.
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- Déséquilibre hormonal : Un déséquilibre entre les œstrogènes et la progestérone peut entraîner un épaississement de la muqueuse utérine (endomètre), ce qui provoque des saignements plus abondants lors des règles. Ce déséquilibre est fréquent à la puberté et durant la préménopause, périodes où l'ovulation peut être irrégulière.
- Anovulation : Au moment de la puberté, les règles peuvent être plus abondantes car pendant les premiers cycles, il n’y a parfois pas d’ovulation (anovulation), ce qui limite la production de progestérone qui agit sur la muqueuse de l’utérus (endomètre). Les œstrogènes provoquent alors une croissance excessive de l’endomètre qui se détache de façon abondante, irrégulière et prolongée.
- Dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre : Le DIU en cuivre, sans hormone, peut provoquer une inflammation de l’utérus et donc de l’endomètre, qui croit excessivement. Cela peut entraîner des règles hémorragiques, surtout dans les premiers mois qui suivent la pose.
- Fibromes utérins : Les fibromes sont des excroissances non cancéreuses qui se développent dans l'utérus. Ils peuvent provoquer des saignements abondants, ainsi que des douleurs et des envies fréquentes d'uriner. Un quart des femmes de plus de 40 ans auraient des fibromes.
- Polypes utérins : Les polypes sont des excroissances sur la paroi de l'utérus qui peuvent également provoquer des saignements abondants.
- Adénomyose : L'adénomyose est une condition dans laquelle le tissu de la muqueuse utérine (endomètre) se développe dans la paroi musculaire de l'utérus. Cela peut entraîner des règles abondantes et douloureuses.
- Troubles de la coagulation : Dans de rares cas, les règles abondantes peuvent être dues à un trouble de la coagulation sanguine.
- Médicaments : La prise de certains médicaments peut influencer le flux menstruel.
- Complications de grossesse : Les saignements en dehors des règles suivis d’une absence de menstruation peuvent être liés à une grossesse. Il arrive parfois d’être enceinte et d’avoir des règles à la date prévue s’il n’y avait pas eu de grossesse. Ces saignements surnommés « règles anniversaire » ne sont pas des règles.
Conséquences des règles abondantes
Les règles abondantes peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie des femmes qui en souffrent.
- Anémie ferriprive : La perte excessive de sang peut entraîner une carence en fer, appelée anémie ferriprive. Le fer constitue une partie de l’hémoglobine, une protéine qui se trouve à l’intérieur des globules rouges permettant le transport de l’oxygène des poumons vers tous les organes du corps. La perte de fer liée aux règles est de l’ordre de 0.5 à 2 mg par jour en moyenne. Elle est normalement compensée par l’alimentation. Toutefois, si les règles sont abondantes, la perte de fer est plutôt de l’ordre de 2 à 4 mg/jour, soit deux fois plus que pour les règles non abondantes et dans ce cas, elle risque de ne pas être compensée par l’alimentation. Dans ce cas, peut apparaitre une anémie par carence en fer.
- Fatigue : C’est cette anémie qui peut être responsable d’une fatigue importante et persistante à tout moment de la journée.
- Essoufflement, vertiges, maux de tête : L’anémie peut également provoquer un essoufflement, des vertiges, des maux de tête et une pâleur.
- Impact sur la vie quotidienne : Les règles abondantes peuvent perturber la vie quotidienne, en obligeant les femmes à adapter leurs activités en fonction de leurs règles. 92% des femmes ayant un flux abondant craignent les accidents liés aux saignements, et 83% disent éviter des activités sociales et planifier leurs vêtements lorsqu’elles ont leurs règles.
- Impact psychologique : Les règles abondantes peuvent également avoir un impact psychologique, en entraînant de l'anxiété, de la dépression et une baisse de l'estime de soi.
Diagnostic des règles abondantes
Si vous pensez avoir des règles abondantes, il est important de consulter un médecin ou un gynécologue. Celui-ci vous posera des questions sur vos antécédents médicaux, vos cycles menstruels et vos symptômes. Il pourra également vous prescrire des examens complémentaires, tels qu'une analyse de sang pour vérifier votre taux de fer, une échographie pour visualiser votre utérus et vos ovaires, ou une hystéroscopie pour examiner l'intérieur de votre utérus.
Avant de consulter un médecin, pensez à recueillir des informations sur vos menstruations afin de pouvoir répondre à ses questions plus précisément, et qu’il puisse orienter plus facilement le diagnostic. Il est utile d’observer et de documenter votre cycle menstruel ainsi que la durée et l’intensité des saignements. Pour le médecin, il est utile d’avoir un aperçu de l’intensité du flux des règles en fonction du nombre de produits hygiéniques utilisés, tels que les tampons ou les serviettes. Il convient de documenter votre cycle menstruel, qui peut fournir des informations sur d’éventuelles maladies. Pour tout type de trouble menstruel, il est également bénéfique de tenir une sorte de journal de son cycle.
Traitements des règles abondantes
Les traitements des règles hémorragiques sont variés et adaptés en fonction de leur cause, de la gravité des saignements, ainsi que des préférences et de la situation de la patiente.
Traitements médicamenteux
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont souvent le premier choix pour traiter les règles hémorragiques. Ces médicaments réduisent le flux menstruel et les douleurs associées en diminuant la production de prostaglandines, responsables de l'inflammation et des contractions utérines. Les AINS ne doivent jamais être pris en auto-médication.
- Antifibrinolytiques : Les antifibrinolytiques sont également efficaces pour contrôler les saignements abondants. Ces médicaments favorisent la coagulation, limitant ainsi la perte de sang pendant les menstruations.
- Contraceptifs hormonaux : Les contraceptifs hormonaux, tels que les pilules contraceptives ou les stérilets hormonaux (SIU), sont très efficaces pour réguler les saignements menstruels. Ces traitements rétablissent l'équilibre hormonal, ce qui réduit le flux menstruel. Si vous avez un DIU en cuivre, il peut être remplacé par un SIU (système intra-utérin) aux hormones qui diffuse un progestatif. Ce type de contraceptif est assez efficace contre les règles hémorragiques tout en évitant la plupart des effets secondaires liés à la pilule.
- Autres traitements : D’autres traitements, type Danazol° ou Cyclomen°, peuvent être administrés si les autres solutions proposées ne fonctionnent pas.
Traitements chirurgicaux
Lorsque les traitements médicamenteux sont insuffisants ou si une anomalie utérine est à l'origine des règles hémorragiques, des solutions chirurgicales peuvent être envisagées.
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- Hystéroscopie : L'hystéroscopie est une procédure permettant de diagnostiquer et de traiter les anomalies intra-utérines, comme les polypes et les fibromes. Elle peut consister en l'ablation de ces lésions ou une résection de l'endomètre pour réduire les saignements.
- Thermocoagulation ou résection de l'endomètre : La thermocoagulation de l'endomètre ou la résection de l'endomètre par hystéroscopie opératoire sont des interventions visant à diminuer l'épaisseur de la paroi interne de l'utérus, afin de réduire les saignements. Il est toutefois à noter que ces procédures peuvent avoir un impact sur la fertilité.
- Hystérectomie : En dernier recours, et principalement chez les femmes sans projet de grossesse, une hystérectomie (ablation de l'utérus) peut être proposée. Cette solution est définitive et élimine tout risque de récidive.
Traitement des complications associées
Les règles hémorragiques peuvent entraîner des complications, telles que l'anémie ferriprive due à la perte chronique de sang. Une supplémentation en fer par voie orale est souvent nécessaire pour corriger la carence en fer et réduire les symptômes associés, comme la fatigue, la pâleur, les vertiges et l'essoufflement.
Prévention de l’anémie
Il existe des moyens de limiter le risque d’anémie. Le plus souvent, il est recommandé de consommer des aliments riches en fer comme :
- La viande rouge
- Les abats
- Le foie
- Les fruits de mer (palourdes, moules)
- Les légumineuses (lentilles, haricots blancs, pois chiches)
- Le poisson
- Les noix
- Les céréales
- Le jaune d’oeuf
Il est également recommandé de consommer des aliments contenant de la vitamine C qui favorise l’absorption du fer par l’organisme comme :
- La goyave
- Le kiwi
- Le brocoli
- Le poivron
- Les fraises
- Etc.
Une supplémentation sous la forme de compléments alimentaires peut aussi être recommandée. Il est conseillé de se tourner vers son gynécologue ou son médecin pour savoir si l’utilisation de ce type de compléments est nécessaire pour contrer l’anémie des règles, soit le manque de fer.
Autres conseils
Si vous souffrez de ménorragies, il est conseillé de se reposer, de manger sainement et surtout de faire de l’exercice régulièrement pour réduire les douleurs. Les traitements à base de plantes ou les remèdes de grand-mère ne fonctionnent pas réellement contre les ménorragies.
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Dans ce contexte, le choix de protections périodiques adéquates se présente non seulement comme une question de confort, mais également comme un enjeu de santé publique. Des protections menstruelles saines peuvent contribuer significativement à améliorer la qualité de vie pendant les règles. En effet, l’utilisation de serviettes ou de tampons bio, respectueux du corps et de l’environnement peut aider à réduire les risques d’irritations et d’autres complications, tout en soutenant les efforts de prévention de l’anémie.
Il n’y a pas de réponse universelle : serviettes, tampons, cup, culotte menstruelle… Essaie plusieurs options et vois ce qui te convient le mieux en termes de confort et de sécurité contre les fuites.
Note la date de début et de fin de tes règles, la quantité approximative de sang perdu (nombre de protections utilisées, fréquence de changement), et tes éventuels symptômes (douleurs, fatigue, maux de tête…). Cela t’aidera à repérer une évolution anormale dans le temps et à partager des infos précises avec ton médecin si besoin. En plus, ça te permettra de mieux anticiper la période où tu risques d’être le plus fatigué(e) ou d’avoir un flux très fort.
Alimentation : privilégie les aliments riches en fer (lentilles, épinards, viande rouge, poisson, etc.), notamment pendant la période des règles.
Gestion du stress : les périodes d’examens ou de fatigue nerveuse peuvent parfois amplifier la sensation d’inconfort.
Sexualité : une approche bienveillante et une sexualité positive peut également contribuer au bien-être physique et émotionnel.
En présence d’un fibrome volumineux, de polypes ou d’une autre anomalie de l’utérus, une chirurgie peut être envisagée (hystéroscopie opératoire, par exemple).
Pour certaines personnes, avoir des règles abondantes est un simple désagrément mensuel, tandis que pour d’autres, c’est un vrai défi physique et psychologique. La première étape, c’est de différencier un flux un peu plus fort de règles vraiment hémorragiques qui te fatiguent ou t’empêchent de mener ta vie normale. En parallèle, pense à adopter des réflexes simples (bonne hygiène de vie, protections adaptées, suivi médical régulier) pour vivre tes règles plus sereinement.
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