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Manifeste pour une Périnatalité Bienveillante : Accompagner les Parents vers une Parentalité Épanouie

L'arrivée d'un enfant est un événement majeur, une transition profonde qui transforme non seulement la vie des parents, mais aussi leur identité et leur relation de couple. On a imaginé son bébé, on s’est projeté dans son rôle de parent, on a visualisé notre future famille. Et puis la réalité vient un jour bousculer l’imaginaire. Cette période, souvent idéalisée, est en réalité jalonnée de défis, d'interrogations et d'émotions parfois contradictoires. Trop souvent, les jeunes parents se retrouvent confrontés à un "tsunami" émotionnel et pratique auquel ils sont rarement préparés. Ce manifeste se veut un appel à une périnatalité plus humaine, plus empathique et plus respectueuse des besoins des parents et de l'enfant. Il s'agit de promouvoir une approche bienveillante qui reconnaisse la complexité de cette étape de vie et qui offre un soutien adapté à chaque famille.

Le Deuil du Bébé Imaginaire : Accepter la Réalité

Lors de l’annonce d’une grossesse, et souvent même bien avant, le futur parent projette ses attentes, ses désirs, ses peurs, sur son bébé à venir. Il imagine les qualités de son bébé, à qui il va ressembler, mais aussi quel parent il deviendra, comment sera son couple avec cet enfant. « Il aura mes yeux », « il aura ton humour », « quand je serai père/ mère je serai… ». Chaque parent rêve de son bébé idéal, c’est un processus normal. La grossesse est une période de projections, d'attentes et de rêves. Les futurs parents imaginent leur enfant, leur vie de famille, leur rôle parental. Cependant, la rencontre avec le bébé réel est parfois différente de ce qui avait été imaginé. Accueillir son bébé peut prendre du temps, on parle même de processus de deuil entre le bébé imaginaire et le bébé réel. C’est un sentiment tout à fait naturel. Si vous ressentez de la déception, laissez-vous quelques jours pour faire connaissance et découvrir ce petit être tel qu’il est réellement ! Il est essentiel de reconnaître et d'accepter ce décalage entre l'idéal et la réalité. Ce "deuil" du bébé imaginaire est une étape normale du processus d'attachement. Il est important de se donner le temps de connaître son enfant tel qu'il est, avec ses particularités et ses besoins propres.

La Matrescence : L'Adolescence de la Maternité

Avec l’arrivée d’un enfant, tout change. En 1973 l’anthropologue américaine Dana Raphael met un mot sur ce grand bouleversement : la matrescence. « L’accouchement entraîne une série de changements spectaculaires sur l’état physique de la nouvelle mère, son état émotionnel, ses relations aux autres et même dans son identité de femme. Je distingue cette période de transition des autres, en l’appelant matrescence pour mettre en avant la mère et se concentrer sur son nouveau mode de vie ». La matrescence, concept introduit par l'anthropologue Dana Raphael, décrit la transformation profonde que vit une femme lorsqu'elle devient mère. Pendant 9 mois toute l’attention est portée sur la femme enceinte. À la naissance, le bébé devient le centre des préoccupations, mettant souvent dans l’ombre la jeune mère, qui elle-même se concentre sur son bébé. Pourtant la femme qui devient mère a plus que jamais besoin de temps et d’attention, sans compter le grand chamboulement qu’elle subit à cause des hormones. Il est important de savoir que ce bouleversement est normal. Ce processus implique des changements physiques, hormonaux, émotionnels et identitaires. Il est crucial de reconnaître et de soutenir cette transition, en offrant aux mères un espace d'écoute, de compréhension et de soins adaptés. Il est important de se rappeler que la matrescence est une période de vulnérabilité, mais aussi de croissance et de découverte de soi.

L'Instinct Maternel : Un Mythe Déconstruit

Ce concept longtemps évoqué est aujourd’hui contesté par la psychanalyse : l’instinct maternel n’existe pas. On apprend à devenir parent jour après jour. Pour certains parents, l’amour éprouvé pour leur enfant se manifeste facilement, pour d’autres ce processus est plus long. Ne pas éprouver d’amour dès les premiers jours n’est pas anormal, ni irréversible. C’est une rencontre, donnez-vous un peu de temps. L'idée reçue d'un instinct maternel inné et universel est aujourd'hui remise en question. Devenir parent est un apprentissage, un processus qui se construit jour après jour. Il est important de déculpabiliser les parents qui ne ressentent pas immédiatement un amour inconditionnel pour leur enfant. Si vous avez la sensation de ne pas y arriver ? N’hésitez pas à en parler à votre conjoint, à un médecin, une sage-femme ou à un professionnel de la périnatalité. Être soutenue vous aidera à cheminer. Parlez-en aussi à votre bébé : dites-lui que vous êtes là, que vous avez besoin de temps pour vous découvrir, que vous apprenez vous aussi et que vous avancerez ensemble. L'attachement se développe avec le temps, grâce à l'interaction, aux soins et à l'affection.

Devenir Parent : Un Couple à Redéfinir

Devenir parent est un processus, un apprentissage dans le temps, dès la grossesse puis avec son enfant. Françoise Dolto le dit : « on ne naît pas parent, on le devient ». Devenir parent c’est se découvrir soit même parent, et découvrir son conjoint en tant que père ou mère. Cela signifie aussi changer de statut aux yeux de la société, de votre famille, de votre couple, de vos amis, à votre travail. Devenir parent signifie changer de rythme, d’habitudes. Cela peut être éprouvant. Et c’est normal : trouver un nouvel équilibre prend du temps ! L'arrivée d'un enfant bouleverse l'équilibre du couple. Il est nécessaire d’en parler en couple dès la grossesse, que chacun puisse exprimer ses inquiétudes, ses besoins, ses attentes. Certains parents planifient une soirée par semaine pour se ressourcer seul ou à deux. À chaque couple d’imaginer ses astuces pour trouver le bon équilibre et vivre en douceur cette transition. Les rôles, les responsabilités et les priorités sont redéfinis. La communication, l'écoute et le soutien mutuel sont essentiels pour traverser cette période de transition. Il est important de préserver des moments d'intimité et de complicité, afin de maintenir le lien amoureux et de nourrir la relation de couple.

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Faire Face aux Injonctions : Écouter son Intuition

Nombreux sont les jeunes parents déstabilisés devant les réflexions de leur entourage, les injonctions de la société ou celles induites par les réseaux sociaux. Si certains conseils vous seront précieux, néanmoins personne n’a à vous dire si ce que vous faites est bien ou non. Vous êtes parents, vous seuls décidez pour votre enfant ! La parentalité est un terrain fertile pour les injonctions et les conseils, souvent contradictoires. Il n’est pas évident de dire stop à son entourage, mais il est important de mettre des limites. D’autre part, il est bon de se rappeler qu’en matière de puériculture et de parentalité les choses ont changé ces dernières années : on connaît mieux les besoins et le développement du tout-petit. Ce qui était recommandé il y a trente ans ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Il est important de faire confiance à son intuition, d'écouter ses besoins et ceux de son enfant, et de se détacher des pressions extérieures. Chaque famille est unique, et il n'y a pas de modèle parental idéal.

Préparer le Post-Partum : Anticiper pour Mieux Vivre

La grossesse, l’accouchement, les premières semaines de vie et les premiers mois qui suivent engendrent de la fatigue. La chute hormonale et le stress peuvent renforcer cet épuisement. Le post-partum se prépare en amont de la naissance : en effet, durant cette période unique et précieuse, la priorité sera de prendre soin de vous et de votre bébé. L’idée est donc de vous décharger au maximum de l’organisation de la maison pour éviter de vous fatiguer ou de vous sentir stressée. La période qui suit la naissance est souvent marquée par la fatigue, les douleurs et les bouleversements émotionnels. Il est essentiel de se préparer en amont, en anticipant les besoins pratiques et en organisant un réseau de soutien.

Voici quelques propositions pour vous y aider, à prévoir avant la naissance :

  • Vous pouvez vous entourer de personnes de confiance pour vous décharger des tâches du quotidien les jours suivants la naissance (ménage, lessives, courses, repas) et établir un planning à l’avance.
  • Vous pouvez prévoir en avance vos repas pour votre retour de la maternité.
  • Vous pouvez établir une liste de personnes ressources : un médecin, un kiné, un ostéopathe, une consultante en périnatalité, la PMI, une consultante en allaitement si vous allaitez. N’hésitez pas à prendre contact avec eux en amont.
  • Il est important d’organiser votre cocon pour votre retour : un plaid bien chaud, une bouillotte, un thermos, des vêtements confortables, un bon fauteuil pour allaiter, des lumières douces pour la nuit, une table roulante avec tout votre petit matériel utile que vous pouvez déplacer d’une pièce à l’autre.
  • Certains couples organisent aussi un tour de rôle pour gérer les nuits, que chacun puisse dormir quelques heures. Parlez-en ensemble en amont, cela permet dès le début de trouver votre routine. Ce n’est pas toujours simple à faire, mais dormir quand votre bébé dormira sera bénéfique. Les tâches de la maison attendront…

Les jeunes parents n’osent pas toujours demander de l’aide : autorisez-vous à le faire dans cette période si précieuse ! Il est important de s'accorder du temps pour se reposer, se ressourcer et prendre soin de soi.

Le Rôle Essentiel des Doulas : Un Soutien Non Médical

De plus en plus de parents font appel à une accompagnante périnatale non médicale, dite aussi ‘’doula’’. Pas un bruit dans l’appartement. À peine entend-on des chuchotements s’échapper de la chambre. Là, sur un vaste lit éclairé par la lumière de l’après-midi, reposent une mère et son bébé. Assise à ses côtés, une femme lui prodigue des conseils sur l’allaitement. Comment mieux positionner l’enfant, ou pourquoi il est important de donner le même sein pendant la tétée. Une profonde intimité se dessine dans leur échange. Le père lit dans un fauteuil à côté. Il attend que son fils se réveille pour le changer. Les doulas sont des accompagnantes non médicales qui offrent un soutien émotionnel, pratique et informationnel aux parents pendant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale.

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Doula signifie “esclave/servante” en grec ancien. Les doulas modernes ont repris ce terme pour indiquer qu’elles sont au service des mères. Elles assurent un accompagnement non médical pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. Dans ce tableau magnifique, les protagonistes forment un lien invisible autour de ce nouveau-né de 10 jours. Il se prénomme Dào. Ses parents, Anne-Sophie et Éric. Elle les accompagne lors de cette période appellée le ‘’Mois d’Or’’, une tradition chinoise qui veut que l’on prenne soin de la jeune accouchée. Cette dernière reste alitée pendant que les femmes de son entourage la dorlotent et s’occupent de l’intendance durant 40 jours. C’est le temps préconisé pour qu’une femme récupère de sa grossesse et de son accouchement. Le temps également de son retour de couches (premières règles après l’accouchement), si elle n’allaite pas. Elles sont une présence continue, une source de réconfort et d'encouragement. En France, cette pratique a décliné à la fin des années 1970. Cette étape des ‘’relevailles’’ remonte pourtant à l’Antiquité. Elle est mentionnée dans la Bible pour indiquer que la mère était en convalescence après son accouchement. Cette tradition ancestrale s’est peu à peu perdue dans notre culture, notamment en raison de l’éloignement géographique de la famille élargie. Les nouvelles grand-mères vivent parfois loin et/ou travaillent encore. La base d’une bonne nourriture pour les jeunes mamans ? Cette situation, relativement récente et courante, peut avoir des effets sur la mère - fatigue extrême, anxiété, voire épisode dépressif (dit aussi dépression post-partum dans le jargon médical). En effet, en vivant mal cette période de relevailles, la nouvelle accouchée peut rencontrer des difficultés à tisser un lien d’attachement stable et sécurisant avec son enfant. Elles aident les parents à prendre des décisions éclairées, à trouver leurs propres solutions et à vivre pleinement leur expérience de la parentalité. La doula se révèle être un soutien sans faille avant la naissance. Surtout pour les femmes ayant déjà vécu un accouchement traumatique, la naissance d’un bébé prématuré, un deuil périnatal, une IVG, une dépression post-partum. Mais aussi celles qui vivent une grossesse compliquée, multiple, ayant eu recours à la PMA. De plus en plus de maternités acceptent les doulas pendant l’accouchement. La doula est dans une écoute active avec les mères, bienveillante et sans jugement, les rassure et les aide dans l’organisation du quotidien. Mais elle balaie, à elle seule, toutes les problématiques non médicales liées à la périnatalité. Longtemps décrié par certaines professions médicales, ce métier est aujourd’hui reconnu comme un complément essentiel. Il est d’autant plus pertinent en postnatal que les nouveaux parents peuvent se sentir livrés à eux-mêmes. « On est bien suivi avant la naissance mais pas après. Elle cite la sage-femme à ses côtés qui l’a bien préparée tout au long de sa grossesse, de l’haptonomie qui lui a permis, avec son conjoint, d’entrer davantage en contact avec son bébé in utero. Et de son accouchement naturel à la maternité la Casa de naissance à Aubagne, hélas terminé par une péridurale après un long travail. La seule émotion négative qu’elle abordera peut-être avec Gita quand elle se « décantera ». Anne-Sophie a entendu parler des doulas par une amie. Elle a beaucoup hésité, jugeant que c’était un luxe (voir tarif bonus). Mais cette metteuse en scène a été conquise par le profil de Gita Saraswati et puis, c’est vrai, elle avait « un petit peu peur d’être débordée ». Dans la cuisine à côté, Gita concocte une tisane à base d’ortie et de cumin, un plat avec les légumes frais de saison à la vapeur, des épices, des lentilles corail, du riz avec des pruneaux et une sauce gingembre pour réconforter le corps. C’est la raison pour laquelle, pour sa deuxième grossesse, elle a suivi la formation avec l’école de Yoga Doula. Devenue doula après 40 heures de bénévolat dans les familles, Gita accompagne les parents dès le début de la conception. Cette professionnelle discrète travaille avec la chartre Doulas De France, fait partie du réseau Né Sens qui réunit des professionnels de la périnatalité. Le jour de notre venue, elle prodigue à Anne-Sophie des massages, « pour que le corps se sente soutenu ». Elle explique comment garder son lait en vue de la reprise du travail. Et l’intègre dans un groupe privé de parents pour trouver une assistante maternelle. Selon Anne-Sophie, Gita est « une petite fée, une grande sœur ». Chaque Doula a sa sensibilité, ses expériences et sa spécialité, comme la naturopathie, la sophrologie ou les bols tibétains. Le fait de s’occuper de certaines tâches du quotidien permet d’alléger le second parent. Il peut ainsi davantage se consacrer à son bébé mais aussi à son couple. L’intérêt également de la doula est que sa présence est neutre, à la différence de celle d’une mère ou belle-mère qui peut générer des crispations. Pour Éric, qui s’offre également un Mois d’Or dans son métier de chorégraphe, la doula comble ses attentes au-delà de ses espérances. Elle offre un cocon, conseille de nombreuses petites techniques, joue un rôle de transmission - « nous qui sommes déconnectés de nos familles ». Surtout, elle lui permet une « rencontre unique » avec son fils. Histoire de la doula. La doula était une femme domestique qui s’occupait de prendre soin de la maîtresse de maison dans l’antiquité, notamment lors de ses grossesses, accouchements, et suite de couches. Galanthis fut la première doula.

L'Importance d'un Attachement Sécure

Les études scientifiques le montrent. Un “attachement sécure” - c’est-à-dire dans un lien apaisé et confiant à un adulte - a de nombreux bienfaits. Elle repose sur 4 piliers : la protection, l’attention, le réconfort et la confiance. Un attachement sécure, basé sur la confiance et la sécurité, est essentiel pour le développement émotionnel et social de l'enfant. Il est important de créer un environnement stable et prévisible, où l'enfant se sent aimé, protégé et compris.

Reconnaître et Soutenir la Santé Mentale des Parents

La période périnatale est une période vulnérabilisante pour tous les parents sur le plan psychique, loin des représentations idéalisées par la société. Même s’il y a des facteurs de risque, les troubles psychiques périnataux peuvent arriver à tous les âges, dans tous les milieux sociaux. Par conséquent, les parents qui traversent des difficultés psychiques peuvent ne pas se sentir légitimes ou ressentir de la culpabilité et de la honte. Ouvrir un espace de parole bienveillant en initiant une conversation sur leur santé mentale peut tout changer. Il est crucial de sensibiliser aux troubles psychiques périnataux, tels que la dépression post-partum, l'anxiété ou le baby blues. Il est important d'offrir un soutien psychologique adapté aux parents qui en ont besoin, et de briser le tabou autour de ces difficultés.

Que l’on soit proche aidant ou professionnel, il est préférable pour amorcer une conversation d’utiliser des questions courtes et aussi ouvertes que possible, qui commencent par “comment, où, quand, quoi” et directes. Au préalable, il est nécessaire de poser un cadre sécurisant et non-jugeant à la discussion “Vous pouvez tout dire, vous êtes en sécurité, je peux entendre ce que vous avez à partager” “je suis disponible pour vous écouter” Il est important de se rendre disponible (téléphone coupé, temps dédié quitte à redonner un rendez-vous à un moment où on ne sera pas parasité…). Sans nier les difficultés, il peut être aidant de mettre en avant les points positifs que la personne n’est plus capable de voir.

Voici quelques exemples de formulation pour amorcer une discussion :

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  • Amorcer la question en posant le fait que ça peut être difficile :« Je sais que la période de l’arrivée d’un bébé peut être très compliquée à vivre, comment vous sentez-vous depuis que vous êtes maman/papa ? »« Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile dans votre quotidien ? Qu’est ce qui serait le plus urgent à régler pour vous aujourd’hui ? » « Comment se sont passés votre grossesse/ accouchement/ les premiers jours avec votre bébé? ” / quel est votre vécu de votre grossesse/ accouchement/ les premiers jours avec votre bébé? »« Avez-vous des inquiétudes sur la santé ou le comportement de votre bébé ? Vous sentez vous écouté.e dans ces questionnements ? »
  • Interroger sur les symptômes possibles en utilisant des questions ouvertes :« Comment se passent les nuits ? »« Comment décririez-vous votre sommeil ? »« Comment décririez-vous votre état émotionnel en ce moment (irritable, triste, défaitiste, etc.) / Votre état émotionnel lorsque vous être en interaction avec votre bébé (désespéré, dépassé, en colère…) ? »« Que pouvez-vous me dire sur votre sommeil ? » « Comment vivez-vous le manque de sommeil ? »« Quand avez-vous le temps de manger/de prendre soin de vous comme vous le souhaiteriez ? »« Comment décririez-vous votre état émotionnel en ce moment (irritable, triste, défaitiste, etc.) / Votre état émotionnel lorsque vous être en interaction avec votre bébé (désespéré, dépassé, en colère…) ? »« Est-ce qu’il y a des activités ou des moments de la journée qui vous procurent du plaisir ? Si oui pourriez-vous me les décrire ? »
  • Interroger la relation avec le bébé« Avez-vous eu l’impression de profiter pleinement des débuts avec votre bébé ? »« Comment vous sentez vous quand vous vous occupez de votre bébé ? »« Comment investissez-vous votre rôle de père / mère ? »« Quel est votre relation avec votre bébé ? »« Vous sentez-vous parfois désemparé.e pour répondre aux besoins de votre bébé »« Vous arrive-t-il d’avoir le sentiment de ne plus pouvoir supporter votre bébé ? Si oui, pourriez-vous m’en dire plus »
  • Aborder la question des étayages et des ressources« Au niveau de votre entourage, quelles sont vos ressources ? »« Quelle(s) aide(s) supplémentaire(s) pourrai(en)t vous être utile(s) ? »« De quoi auriez-vous besoin comme aide au quotidien ? »« Sur quoi pourriez-vous vous appuyer ? »« Avez-vous la possibilité de trouver du répit ou du relais quand c’est nécessaire ? Si oui laquelle ? »
  • Débloquer le dialogue si on sent que c’est nécessaire :« Y a t’il des sujets que vous aimeriez aborder sans pour autant oser le faire? Si oui, lesquels ? »« J’ai l’impression que vous évitez de parler de quelque chose, qu’est-ce que cela pourrait être ? »

Il est aussi intéressant de pouvoir remercier la personne de s’être confiée à vous, de sa confiance, que l’on a conscience que cela peut être difficile pour elle de se confier

PROFESSIONNELS, POUR ALLER PLUS LOIN :

Les questions de Whooley sont deux questions qui ont démontré leur efficacité dans le dépistage de la dépression sous forme d’auto-questionnaire. Elles peuvent être utilisées par les équipes soignantes.« Est-ce que, durant le mois qui a précédé, vous vous êtes senti(e) triste, déprimé(e), désespéré(e) ? »« Durant le mois qui a précédé, avez-vous ressenti un manque d’intérêt et de plaisir dans la plupart des activités que d’habitude vous appréciez ? »Un exemple de pratiques : l’auto-questionnaire “bien Naitre” diffusé en dépistage systématique dans les maternités du réseau périnatal de Nouvelle Aquitaine

Parler des Idées Suicidaires : Briser le Tabou

Contrairement aux idées reçues, Parler des idées suicidaires ne va pas en induire. Au contraire, pouvoir bénéficier d’une relation de confiance et d’un environnement sécurisant est un facteur de protection contre le passage à l’acte. Faire verbaliser les idées suicidaires permet ensuite à la personne de bénéficier de l’aide dont elle aura besoin. Il est essentiel de briser le tabou autour des idées suicidaires et d'offrir un espace d'écoute et de soutien aux parents qui en souffrent. Pouvoir aborder ces sujets en tant que proche ou professionnel peut être difficile. N’hésitez pas à vous faire aider par des professionnels de la santé mentale 3114.fr

  • « Parfois, des personnes ont des pensées suicidaires. Est-ce quelque chose qui vous est déjà arrivé ? en avez-vous actuellement ? »
  • “Souffrez-vous au point d’avoir des idées de suicide ? »
  • « Avez-vous pensé à un moyen de vous suicider ? »
  • « Avez-vous l’intention de passer à l’acte ? »
  • « Avez-vous pensé à quand le faire ? »
  • « Etes-vous déjà ou avez-vous failli passer à l’acte récemment ? »
  • «Souffrez-vous au point de vouloir vous tuer ?

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