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Grève des gynécologues, IVG, et Faute Professionnelle : Un Droit des Femmes Menacé ?

L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental des femmes, garanti par la loi. Cependant, ce droit est régulièrement remis en question, notamment par certaines organisations professionnelles de gynécologues. Des actions telles que les menaces de grève, le chantage et les fautes professionnelles de certains médecins suscitent de vives inquiétudes quant à la pérennité de ce droit.

Les Gynécologues et l'IVG : Un Contexte Tendu

Les relations entre certains gynécologues et le droit à l'IVG sont souvent marquées par des tensions. En septembre dernier, Bertrand de Rochambeau, alors président du SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France), avait comparé l'avortement à un homicide. Cette déclaration, parmi d'autres, révèle une position idéologique défavorable à l'IVG au sein d'une partie de la profession.

Plus récemment, Jean Marty, dans un courriel interne adressé aux 1 600 adhérents du SYNGOF, évoquait un problème d'assurance professionnelle au coût "trop élevé" qui menacerait la profession. Cette situation a soulevé des inquiétudes quant à une possible grève des IVG, une menace qui avait déjà été brandie par le syndicat il y a une dizaine d'années, en 2004 ou 2006.

Menace sur l'IVG : Grève et Chantage

La perspective d'une grève des IVG a suscité de vives réactions, notamment de la part du Conseil National de l'Ordre des Médecins. Pour cette instance, "menacer de priver des femmes de l'accès à l'IVG est totalement contraire à la déontologie médicale" et "aucun conflit avec les autorités ne saurait le justifier".

Face à ces critiques, Jean Marty a rétorqué : "Le Conseil peut nous critiquer mais il ne fait pas grand-chose alors son avis… Quant aux pouvoirs publics, ils mentent allègrement et ont de belles paroles qui ne se traduisent jamais en actes." Il a justifié sa position en ajoutant : "Nous sommes un peu comme les Gilets jaunes, nous n’avons pas d’autre solution que la provocation."

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L'ex-président du SYNGOF assume totalement de prendre les femmes en otage pour être entendu: “Vous voyez, aujourd’hui, vous m’appelez suite à cette provocation. Si nous n’avions pas brandi une telle menace, vous n’auriez pas parlé du sujet.” Menacer un droit fondamental des femmes semble donc être, pour le premier syndicat des gynécologues de France, un simple outil de communication syndicale.

Cette stratégie de "provocation" est vivement critiquée par les défenseurs des droits des femmes. Marie-Hélène Lahaye, militante féministe, estime qu'il ne faut pas croire à la stratégie du "bad buzz" évoquée par le SYNGOF pour se justifier. Elle souligne que le syndicat est coutumier des attaques au droit à l'IVG : Bertrand de Rochambeau déclarait récemment que l'IVG est un homicide. Avant ça, Élisabeth Paganelli voulait refuser les arrêts-maladie suite à une IVG et invitait les femmes à avorter les jours fériés.

Faute Professionnelle et Atteinte aux Droits des Femmes

La question de la faute professionnelle est également soulevée dans ce contexte. Marie-Hélène Lahaye interroge : "Comment [les femmes] peuvent-elles comprendre que des médecins portent atteinte à leurs droits et les poussent aux avortements clandestins dangereux pour défendre la situation de 15 médecins condamnés par la justice pour faute grave ou négligence ?"

Les gynécologues responsables de cet appel commettent une infraction notoire au code de déontologie. En mettant en danger la santé des femmes et en compromettant leur accès à l'IVG, ils manquent à leurs obligations professionnelles et éthiques.

La Commission Stasi : Un Parallèle Pertinent

Il est intéressant de noter un parallèle avec la commission Stasi, mise en place en 2003 par le président Jacques Chirac pour réfléchir sur la laïcité. Cette commission, censée garantir les principes républicains, s'est appuyée sur des "exemples" et des "cas" pour justifier ses choix, notamment concernant le port du voile à l'école.

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De la même manière, certains gynécologues semblent utiliser des cas individuels de problèmes d'assurance ou de difficultés professionnelles pour justifier une remise en question du droit à l'IVG, un droit pourtant fondamental et garanti par la loi.

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