Introduction
La Protection Maternelle et Infantile (PMI) est un domaine crucial de la santé publique, axé sur la santé des femmes enceintes et des enfants. Son histoire est riche et complexe, marquée par des évolutions significatives dans les approches et les acteurs impliqués. Cet article explore l'histoire de la PMI, en mettant en lumière son évolution au fil des décennies, les défis rencontrés et les perspectives d'avenir.
Les Premiers Pas de la PMI : Une Affaire d'État
Dans les années 1920, plusieurs centres de PMI ont été inaugurés, doublant les établissements hospitaliers existants tels que la maternité et l'hôpital pédiatrique. Ces centres étaient situés dans différentes villes et marquaient une expansion significative de la PMI. L'histoire de ces institutions révèle que la PMI était un domaine en pleine croissance dans l'entre-deux-guerres, principalement sous l'égide du gouvernement.
Initialement, la PMI était considérée comme une "affaire d'État", un domaine réservé aux pouvoirs publics. Cependant, à partir des années 1940, l'État colonial a commencé à déléguer une partie de ce travail à d'autres acteurs, tels que les missionnaires et les institutions caritatives comme la Croix-Rouge. Cette délégation s'est accompagnée d'une certaine raréfaction des documents administratifs, car les agents de la PMI ne relevaient plus tous du Medical Department.
De la Mortalité Infantile à la Santé Maternelle : Un Changement de Priorité
L'expression "Protection Maternelle et Infantile" ne rend qu'imparfaitement compte des préoccupations initiales des autorités, qui s'intéressaient davantage à la mortalité infantile qu'à la mortalité maternelle. Bien que les deux questions soient étroitement liées, les efforts se sont d'abord concentrés sur la réduction de la mortalité infantile, perçue comme une menace plus immédiate pour le développement démographique.
Ce n'est que progressivement que des efforts ont été consentis pour réduire les décès post-partum, afin de préserver les capacités reproductives des femmes et d'assurer ainsi la croissance de la population. À partir de 1932, le Département médical a demandé aux services de l'état civil de prévoir une rubrique spécifique pour les morts maternelles, afin de suivre plus précisément leur évolution.
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Le Rôle des Missionnaires : Des Pionniers de la PMI
Comme souvent, les premiers pas de la PMI ont été effectués par des missionnaires. Jessie Beveridge, l'épouse d'un missionnaire de la Mission presbytérienne écossaise, a installé une "clinique" à Osu, un quartier d'Accra, en janvier 1921. Elle y examinait les écoliers et ouvrait sa consultation aux mères qui souhaitaient lui amener leurs enfants.
Cette initiative a été appréciée par le gouvernement, qui a apporté un soutien financier à la clinique du Dr Beveridge sous forme de médicaments gratuits et d'une subvention couvrant le salaire d'un interprète. Cette coopération entre le gouvernement et les missions allait connaître quelques développements ultérieurs.
La PMI Publique : Une Exception en Afrique
La principale caractéristique des établissements destinés à la santé des mères et des enfants qui ont fleuri dans les années 1920 est qu'ils étaient, à une exception près, tous publics et placés directement sous l'égide du Medical Department. En 1926, les autorités avaient envisagé de laisser la PMI aux mains des missions chrétiennes, mais après le rapport d'un comité ad hoc, il a été décidé de conserver le contrôle de ce secteur.
Cette approche contrastait avec la grande majorité des colonies britanniques en Afrique, où la médecine préventive pour femmes et enfants était entièrement dévolue aux missionnaires. La situation se distinguait nettement des colonies britanniques et du Congo belge.
La raison de ce choix résidait sans doute dans le fait que le gouvernement s'était saisi très tôt de la question de la mortalité infantile. L'enquête de 1917, mandatée par le gouverneur, était chapeautée par les responsables du Medical Department, et la réduction de la mortalité infantile (et maternelle) était affichée comme une priorité des autorités publiques.
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Les Centres de PMI : Des Lieux de Consultation et d'Éducation
Les premiers centres publics de Protection infantile ont ouvert dans les principales villes dans la première moitié des années 1920. Il s'agissait de petits établissements, généralement dépourvus de lits, conçus uniquement pour des consultations. Ils étaient destinés aux femmes enceintes (pour le suivi de grossesse) et aux enfants en bonne santé.
Les médecins examinaient les enfants, suivaient l'évolution de leur taille et de leur poids, et les centres servaient également à la pesée des bébés jusqu'à l'âge d'un an au moins. En cas de maladie diagnostiquée, le patient était réorienté vers un établissement hospitalier ou un praticien libéral. Les médecins de PMI donnaient également des recommandations aux mères en matière d'hygiène, d'alimentation et de soins aux nourrissons et aux jeunes enfants.
Les femmes qui fréquentaient ces centres recevaient une carte avec un numéro correspondant à l'enfant qu'elles accompagnaient. Ces centres étaient l'une des grandes fiertés du Département médical.
La Féminisation de la PMI : Une Conviction Profonde
La médecine préventive est traditionnellement un volet moins noble, moins prestigieux et moins prisé que la médecine curative. Elle est moins valorisante pour le médecin, qui se "contente" de préserver la santé publique plutôt que de déployer son savoir et d'être dans l'action. Il n'est donc pas fortuit que la médecine préventive soit longtemps perçue comme "féminine", relevant plus du care que du cure.
Ceci est encore plus vrai quand il s'agit de santé maternelle et infantile, deux domaines relevant des rôles féminins traditionnels que sont la reproduction et le soin des enfants. La PMI serait donc "féminine" à double titre : parce que préventive d'une part et parce que tournée vers la santé reproductive et les plus jeunes d'autre part. L'aspect éducatif de la PMI, dans le cadre de laquelle les médecins ont pour mission d'instruire les mères dans les règles d'hygiène, de puériculture et d'alimentation, ajoute encore au caractère "féminin" de cette branche médicale.
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Cette conviction était si forte qu'elle semblait partagée par tous les responsables médicaux ou administratifs et qu'aucun document n'en donnait les raisons. Que la PMI soit un travail de femme semblait relever de l'évidence, du sens commun. Cette certitude se passait d'explication.
Cette conviction était puissamment relayée par l'influente Fédération des femmes médecins britanniques, qui faisait alors figure de groupe de pression féministe dans la profession médicale. Dans les années 1930, la Fédération s'efforçait de promouvoir les carrières coloniales de femmes médecins et affirmait que les taux de mortalité maternelle et infantile baisseraient si davantage de doctoresses étaient envoyées en Afrique.
Avant leur départ, la quasi-totalité des femmes médecins recrutées avaient signé un contrat stipulant que l'essentiel de leur travail relèverait de la protection maternelle et infantile et qu'à ce titre, elles dépendraient de la branche sanitaire du Département médical. Toutes ces doctoresses portaient le titre de Woman Medical Officer (WMO) ou de Lady Medical Officer (LMO).
Les Défis et les Remises en Question
Le premier accroc à cette logique survient de façon presque anecdotique en 1927. Sans protester officiellement contre le travail qu'on lui a confié, le Dr Kathleen O'Halloran, WMO au centre de PMI de Sekondi, fait preuve de si peu d'enthousiasme qu'elle ébranle la conviction de son supérieur sur l'inclination naturelle des femmes pour cette spécialité. Le Dr Quin prend note de son manque d'intérêt pour le travail au centre de PMI et ne cache pas sa contrariété quand, l'ayant encouragée à participer à des visites à domicile prénatales et postnatales, il se voit adresser un refus catégorique.
Cependant, le cas individuel de Kathleen O'Halloran était insuffisant pour remettre en cause la profonde conviction selon laquelle les doctoresses étaient naturellement prédisposées pour la PMI. Elle pouvait après tout constituer l'exception qui confirme la règle.
L'Évolution des Consultations Prénatales et des Examens de Laboratoire
Les consultations prénatales sont un élément essentiel du suivi de la grossesse. Elles sont prévues au nombre de sept, la première ayant lieu durant le premier trimestre et les suivantes à partir du quatrième mois. Ces consultations sont effectuées auprès d'un médecin ou d'une sage-femme.
Des examens de laboratoire sont prescrits tout au long de la grossesse afin de surveiller la santé de la mère et du fœtus. Dans certaines situations, des examens complémentaires peuvent être pratiqués, sur des éléments précis. La déclaration de grossesse est établie pendant le premier trimestre lors d'une consultation auprès d'un médecin ou d'une sage-femme.
La Reconnaissance Anticipée et les Documents Importants
Si les parents ne sont pas mariés et que le conjoint souhaite reconnaître l'enfant, il est conseillé d'établir un document de reconnaissance anticipée auprès de la mairie du domicile ou à la mairie de Chalon-sur-Saône. Il est également important de veiller à mettre à jour la Carte Vitale et de conserver avec soi la carte de groupe sanguin, ainsi que les résultats d'examens de laboratoire et les clichés d'échographie.
La Gestion de la Douleur et les Soins au Nouveau-Né
Un traitement de la douleur est proposé pendant l'accouchement, tel que l'analgésie péridurale ou la rachi-anesthésie, ou des morphiniques. En l'absence de toute contre-indication, l'enfant reste avec sa mère, en peau à peau si elle le souhaite, jusqu'au retour dans la chambre. Un pédiatre est présent en cas de nécessité. Le bloc obstétrical comprend une salle équipée pour la réanimation néonatale, et un pédiatre est de garde sur place 365 jours par an.
Les professionnels de santé sont là pour accompagner les parents dans la découverte de leur bébé et leur assurer sécurité et confort.
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