Le fibrome utérin est une tumeur bénigne fréquente chez les femmes, qui peut parfois entraîner des complications, notamment en cas de désir de grossesse. Cet article explore en détail les aspects du fibrome utérin, en particulier le fibrome sous-muqueux et son lien potentiel avec les fausses couches.
Le fibrome utérin : qu'est-ce que c'est ?
Le fibrome utérin, également appelé myome utérin ou léiomyome utérin, est une tumeur bénigne qui se développe dans la paroi de l'utérus. Il se présente sous forme de "boules" de tissus non cancéreuses. Cette tumeur touche environ 3 à 4 femmes sur 10. Dans la majorité des cas, il n'est pas douloureux, mais peut devenir très gênant. Les fibromes utérins sont découverts lors d'un examen clinique réalisé par le gynécologue ou lors d'une échographie.
Le fibrome utérin est un muscle formant une poche de la taille d’une petite boîte d’allumettes. Les fibromes sont des tumeurs bénignes qui se développent dans la paroi de l’utérus, c’est-à-dire dans le muscle. Dans la majorité des cas, les fibromes n’entraînent aucune gène, aucun symptôme.
Les fibromes utérins présentent des caractéristiques différentes selon les situations :
- Leur nombre : un seul fibrome peut être présent dans l’utérus, mais ils peuvent être bien plus nombreux (plusieurs dizaines).
- Leur taille : certains mesurent quelques millimètres, mais peuvent aller jusqu’à 20 ou 30 cm et peser plus de 1 kg.
- Leur localisation.
Il existe 3 types de fibromes utérins selon leur position au sein de la paroi utérine :
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- Les fibromes utérins sous-séreux : ils sont situés sur la partie la plus externe de la paroi utérine et déforment l’aspect de l’utérus.
- Les fibromes utérins sous-muqueux : situés sur la partie la plus interne de la paroi utérine, ils agrandissent la cavité utérine tout en la déformant. Ils peuvent affecter la fertilité de la femme.
- Les fibromes utérins interstitiels ou trans-muraux : ces derniers sont situés au milieu de la paroi utérine et peuvent déformer l’aspect de l’utérus et sa cavité.
Certaines femmes peuvent combiner différents types de fibromes.
D’où provient le fibrome utérin ?
L’origine du fibrome utérin reste incertaine. Sa provenance semble être directement ou indirectement liée à la production de progestérone et d’œstrogènes. Il est tout de même plus fréquent chez certaines femmes :
- Les femmes âgées de plus de 40 ans : il touche 1 femme sur 4 entre 40 et 50 ans et 1 femme sur 2 après 50 ans.
- Les femmes d’origine africaine sont touchées à un âge plus précoce et présentent des taux de récidive plus élevés que la moyenne.
- Le risque est supérieur à 40 % pour les femmes dont les ascendantes ou les sœurs ont déclaré un fibrome.
- Les femmes qui ont eu des premières règles précoces (avant 12 ans).
- Les femmes sans enfant.
- Les femmes en surpoids.
Des études plus larges sont nécessaires pour confirmer les bénéfices de la prévention des fibromes, mais il est noté que ces changements de mode de vie « sont également bénéfiques pour les maladies cardiovasculaires et autres. »
Quels sont les symptômes d’un fibrome utérin ?
Chaque type de fibrome utérin provoque des effets particuliers comme :
- Des douleurs pelviennes.
- Des règles hémorragiques.
- Des saignements et des caillots en dehors des règles.
- Des ballonnements abdominaux.
- Une pesanteur dans le bas-ventre.
- Une dyspareunie (douleurs pelviennes pendant les rapports sexuels).
- Des envies fréquentes d’uriner.
- Une constipation.
- Des hémorroïdes.
- Une anémie causée par les saignements massifs (carence en fer, grande fatigue, essoufflement, perte de cheveux).
- Des douleurs lors de la défécation.
- Une nécrobiose aseptique ou un infarctus du fibrome (l’arrêt brutal de la circulation sanguine dans le fibrome en cas de torsion).
À savoir : les fibromes utérins peuvent aussi être asymptomatiques.
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Fibrome sous-muqueux et fertilité : quel lien ?
Les myomes, également connus comme fibromes ou léiomyomes, sont des tumeurs bénignes du muscle lisse de la paroi de l’utérus, qui peuvent apparaître au cours de l’époque de reproduction d’une femme dans 30% des cas. La taille et l’emplacement sont très variés. En raison d’un effet mécanique, ils peuvent déformer la cavité où niche l’embryon, entraver l’entrée des spermatozoïdes par le col de l’utérus et même obstruer la sortie des trompes de Fallope.
Habituellement, les fibromes utérins ne provoquent aucun dérangement chez la femme et ne nécessitent aucune prise en charge chirurgicale ou médicale. Une simple surveillance clinique suffit. Néanmoins, pour certaines femmes en âge de procréer désirant avoir un enfant, le fibrome utérin peut s’avérer être un facteur de risque. L’impact des fibromes utérins sur la fertilité et la grossesse dépend du nombre de fibromes, de leur taille ou encore de leur localisation.
La présence de fibromes peut aussi compliquer le déroulement de la grossesse et constitue un facteur de risque au moment de l’accouchement. Le souhait - ou non - d’une grossesse future est particulièrement important dans le choix du parcours thérapeutique de la patiente. En effet, ce choix peut influencer le déroulement d’une grossesse et de l’accouchement.
Fibrome utérin et grossesse : quel impact ?
Le fibrome utérin peut entraîner des complications lors d’une grossesse, telles que :
- Un échec d’implantation : les fibromes utérins peuvent avoir une conséquence sur la fertilité en empêchant la fécondation puis la nidation de l’œuf dans l’utérus.
- Des fausses couches lors du premier trimestre.
- Un accouchement prématuré.
- Un retard de croissance in utéro.
Lors des deux premiers trimestres de grossesse, la taille des fibromes augmente puis elle diminue au dernier trimestre.
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En cas de présence de fibrome utérin lors d’une grossesse, l’accouchement par voie basse peut être contre-indiqué à cause d’un risque d’hémorragie trop important. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas et les fibromes utérins n’impliquent pas systématiquement un accouchement par césarienne. Chaque situation doit faire l’objet d’une consultation avec le gynécologue en charge de la grossesse.
Les symptômes dépendront de leur taille, de l’emplacement et du nombre. La taille des myomes peut parfois augmenter pendant la grossesse. Dans la plupart des cas, ils ne représentent pas un problème et le comportement est expectant, avec un contrôle échographique annuel.
Quel traitement en cas de fibrome utérin ?
Durant la grossesse, les traitements contre le fibrome utérin sont limités. En effet, ils représentent un risque pour le fœtus. Ainsi, chaque décision est discutée au cas par cas. Le médecin prescrit généralement du repos et une bonne hydratation à la femme enceinte. Au besoin, il pourra y ajouter un traitement contre la douleur. Les techniques chirurgicales peu invasives sont privilégiées en première intention.
En cas de présence de fibromes utérins, l’embolisation peut être une solution proposée par votre médecin pour vous aider à tomber enceinte. Il est donc tout à fait possible de tomber enceinte et donner naissance à un bébé en bonne santé malgré la présence d’un ou plusieurs fibromes utérins. Cependant, chaque situation est unique.
Lorsqu’un traitement est nécessaire, la décision de choisir un traitement dépend de nombreux facteurs : l’importance des symptômes, le nombre et la localisation des fibromes, le désir de grossesse, l’âge, les préférences personnelles. Aucun traitement médical ne permet de faire disparaître définitivement les fibromes.
Ainsi, si la myomectomie est choisie pour les patientes souhaitant conserver leur fertilité, il est préférable d’attendre la cicatrisation de l’utérus (environ 6-12 mois) après l’intervention avant d’entamer une grossesse. La littérature ne permet pas de recommander ou de proscrire l’embolisation artérielle du fibrome pour les patientes ayant un souhait de future grossesse.
Voici quelques options de traitement disponibles :
- Embolisation des fibromes utérins (EFU) : Une technique non chirurgicale de radiologie interventionnelle qui consiste à injecter des particules dans les vaisseaux nourriciers du fibrome pour le détruire. Bien que les recherches soient peu concluantes, l'EFU n'est généralement pas recommandée pour les personnes souhaitant préserver leur fertilité.
- Myomectomie : Réalisée par cœlioscopie ou laparotomie (chirurgie traditionnelle à ventre ouvert), elle permet l’ablation des fibromes développés à l’extérieur de l’utérus (fibromes sous-séreux) et dans le muscle utérin (fibromes intra-muraux). Le chirurgien pratique une incision horizontale en bas du ventre comme pour une césarienne. L’intervention comporte une incision de la paroi de l’utérus, l’ablation du (ou des) fibrome(s) et la fermeture de la paroi de l’utérus. L’utérus étant laissé en place, les règles sont conservées ainsi que la possibilité de grossesse. Cependant, il est souhaitable de respecter un délai de cicatrisation entre l’intervention et une éventuelle grossesse.
- Ablation par radio-fréquences : Une intervention qui utilise la chaleur pour faire rétrécir les fibromes. L'ablation par radio-fréquences est la meilleure intervention possible pour les femmes atteintes de plus de cinq fibromes intra-muros de taille moyenne causant des douleurs pelviennes et/ou des saignements abondants.
- Hystérectomie : Le seul traitement définitif, qui retire les fibromes et l'utérus qui les héberge.
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