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Fibromes et Grossesse par Césarienne : Comprendre les Risques et les Options

La présence de fibromes utérins, également appelés myomes ou fibromyomes, est une condition courante chez les femmes en âge de procréer. Ces tumeurs bénignes se développent sur la paroi de l'utérus et peuvent varier considérablement en taille. Bien que la plupart des fibromes n'affectent pas la fertilité, leur taille, leur emplacement et leur nombre peuvent parfois compliquer la grossesse et augmenter le risque de césarienne.

Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?

Un fibrome utérin est une tumeur non cancéreuse qui se développe à partir des cellules musculaires lisses et du tissu fibreux de l'utérus. On estime que de 20 % à 40 % des femmes caucasiennes et jusqu'à 50 % des femmes afro-américaines de plus de 35 ans ont des fibromes utérins. Après 50 ans, cette proportion passe à 70 % chez les femmes caucasiennes et à 80 % chez celles d’origine africaine.

Les fibromes peuvent être classés en fonction de leur emplacement :

  • Fibromes interstitiels ou intramuraux : Ils se forment dans la couche musculaire de la paroi de l’utérus. Ils représentent 70 % des fibromes.
  • Fibromes sous-séreux : Ils croissent vers l’extérieur de l’utérus et y sont parfois rattachés par un pédicule.
  • Fibromes sous-muqueux ou endocavitaires : Ces fibromes occupent de l’espace dans la cavité utérine, parce qu’ils se forment sous la muqueuse de l’utérus.

La cause exacte des fibromes est mal connue, mais il semble qu'ils proviennent d'une seule cellule de la paroi utérine qui subit une mutation génétique. L'hérédité et les hormones, en particulier les œstrogènes, jouent également un rôle dans leur développement. Un taux élevé d’œstrogènes dans l’organisme accélère la croissance des fibromes. Le fait d’être enceinte, de prendre des contraceptifs oraux ou de suivre une hormonothérapie augmente la présence d’œstrogènes dans l’organisme.

Impact des fibromes sur la fertilité et la grossesse

Dans la majorité des cas, la présence de fibromes n’a aucun retentissement sur la fertilité. Toutefois, en fonction de leur taille, de leur emplacement et de leur nombre, ils peuvent rendre une grossesse difficile en empêchant la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde.

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Les femmes enceintes qui ont des fibromes courent davantage de risques de :

  • Fausse couche : Les femmes atteintes de fibromes sont beaucoup plus susceptibles de faire une fausse couche en début de grossesse que les femmes qui n’en ont pas.
  • Accouchement prématuré : Une charge importante de fibromes peut exercer un stress sur l’utérus, entraînant des contractions prématurées ou une rupture prématurée des membranes et un accouchement ultérieur.
  • Décollement du placenta : Des études en cours semblent montrer que les femmes enceintes atteintes de fibromes ont un risque beaucoup plus élevé de décollement du placenta que les femmes sans fibromes.
  • Placenta anormal : Les fibromes ont été associés au placenta praevia (implantation du placenta sur le col de l’utérus) et au décollement du placenta (séparation prématurée du placenta de l’utérus).
  • Saignements et douleurs : Dans une étude portant sur plus de 4 500 femmes, les chercheurs ont constaté que 11 % des femmes qui avaient des fibromes devaient également saigner, et que 59 % n’avaient que des douleurs.
  • Compression des organes voisins : Si le fibrome est volumineux, il peut comprimer la vessie, le rectum ou les uretères, qui sont les canaux qui relient les reins à la vessie.
  • Troubles au moment de l’accouchement ou de la délivrance (expulsion du placenta).
  • Position de la culasse: Si vos fibromes limitent l’espace dans l’utérus, votre bébé peut se présenter par le siège, c’est-à-dire par le bas au lieu de la tête.

Il est important de noter que la plupart des fibromes ne se développent pas pendant la grossesse, mais si cela se produit, ce sera très probablement au cours des trois premiers mois (premier trimestre).

Fibromes et risque de césarienne

Ainsi, les femmes atteintes de fibromes utérins accouchent plus par césarienne que la moyenne. De nombreuses études montrent que la présence de fibromes utérins augmente les risques de césarienne. Cela pourrait être dû au fait que les fibromes empêchent l’utérus de se contracter et qu’ils peuvent également bloquer le canal de naissance, ralentissant ainsi la progression du travail. La naissance par le siège est un autre problème potentiel.

Diagnostic et surveillance

La plupart des fibromes utérins passent inaperçus et n’ont pas de conséquences sur la santé. Du fait que la plupart des fibromes utérins n’entraînent pas de symptômes (ils sont dits « asymptomatiques »), les médecins proposent souvent une « observation vigilante » de l’évolution du fibrome.

Les fibromes sont souvent découverts lors d’un bilan d’infertilité ou d’un examen de routine. Votre gynécologue peut vérifier la taille de vos fibromes par échographie pour surveiller les changements et évaluer la croissance de votre bébé. À l’aide d’une échographie et d’un examen physique, nous surveillons la position du bébé à mesure que vous vous rapprochez de la date prévue.

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Options de traitement

Si vous souhaitez tomber enceinte et que vous avez des fibromes, il est important d’en parler avec votre gynécologue. La plupart du temps, une grossesse est tout à fait compatible avec des fibromes mais lorsqu’ils sont gros ou mal placés, une intervention chirurgicale peut être réalisée pour les enlever. Lorsqu’un traitement est nécessaire, la décision d’en choisir un plutôt qu’un autre dépend de divers facteurs : la gravité des symptômes, le désir d’avoir ou non des enfants, l’âge, les préférences personnelles, etc.

Plusieurs options de traitement sont disponibles :

  • Myomectomie : Cette opération consiste à retirer le ou les fibromes tout en préservant l’utérus. L’objectif est de faciliter une grossesse ultérieure. La myomectomie peut être pratiquée par hystéroscopie, cœlioscopie ou laparotomie (chirurgie traditionnelle à ventre ouvert). Il faut savoir que la myomectomie ne constitue pas toujours une solution définitive. Lorsque les fibromes sont sous-muqueux, la myomectomie peut être pratiquée par hystéroscopie. Une autre technique, la cœlioscopie permet d’insérer l’instrument chirurgical par une petite incision pratiquée dans l’ombilic et le bas-ventre. Très important: La myomectomie fragilise l’utérus. Lors de l’accouchement, les femmes qui ont subi une myomectomie présentent un risque accru de rupture de l’utérus. L’intervention comporte une incision de la paroi de l’utérus, l’ablation du (ou des) fibrome(s) et la fermeture de la paroi de l’utérus. L’utérus étant laissé en place, les règles sont conservées ainsi que la possibilité de grossesse. Cependant, il est souhaitable de respecter un délai de cicatrisation entre l’intervention et une éventuelle grossesse.
  • Embolisation des fibromes : Cette technique permet d’assécher les fibromes sans les enlever. Le médecin installe un cathéter dans une artère qui irrigue l’utérus afin d’injecter des microparticules synthétiques ayant pour effet de bloquer l’artère qui nourrit le fibrome. Cependant, cette technique ne peut être utilisée pour tous les fibromes.
  • Ligature des artères utérines : Cette méthode est réalisable par cœlioscopie.
  • Ablation ou destruction de l’endomètre : Cette option peut convenir aux femmes qui ne veulent plus d’enfant afin de réduire les saignements abondants. Lorsque l’endomètre est enlevé par chirurgie, les saignements menstruels disparaissent dans la majorité des cas, mais il n’est plus possible de devenir enceinte.
  • Hystérectomie : L’hystérectomie, ou ablation de l’utérus, est réservée aux cas où les techniques précédentes sont impossibles, et aux femmes qui ne souhaitent plus avoir d’enfants. Elle peut être partielle (conservation du col de l’utérus) ou complète. L’hystérectomie se réalise le plus souvent par voie vaginale, sans qu’aucune ouverture abdominale ne soit effectuée, ou encore par cœlioscopie lorsque la taille du fibrome le permet.
  • Analogues de Ln-RH : Cette hormone permet de réduire le taux d’œstrogènes jusqu’au même niveau que celui d’une femme ménopausée ; ainsi, ce traitement peut diminuer la taille des fibromes de 30 % à 90 %. Ce médicament provoque une ménopause temporaire et s’accompagne de symptômes, comme des bouffées de chaleur et une baisse de la densité osseuse. Ses effets indésirables sont nombreux, ce qui limite son usage à long terme.
  • Ulipristal ou Esmya* : En France, Esmya a obtenu deux AMM (autorisations de mise sur le marché) qui conditionnement son utilisation. Depuis 2012, Esmya est, d’abord, utilisé en traitement « pré-opératoire » de 3 mois.

Aucun traitement médical ne permet de faire disparaître définitivement les fibromes.

Témoignage

Joelle découvre qu’elle a un fibrome utérin en 2013. Les gynécologues aux avis contraires ne parvenant pas à la rassurer, elle se tourne vers la médecine douce, puis une intervention par ultrasons qui réduit son fibrome de 60%. Lors de sa césarienne, ce dernier sera incisé accidentellement.

“Alors que je souffrais de douleurs dans le bas ventre depuis plusieurs jours, j'ai fait des recherches sur Internet pour en identifier la cause. J’ai trouvé des informations horribles et j'étais affolée… J’ai pris la décision de consulter un gynécologue aux urgences qui, après une échographie, m’annonce que j’ai un fibrome utérin très volumineux de 8 centimètres de diamètre. Je ne savais pas ce que c’était et l’interne n’a pas réussi à me rassurer, notamment sur un futur projet de grossesse. Je ne pouvais pas imaginer que la suite serait pire…”

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Fibrome de l’utérus : “J’ai consulté 6 médecins aux avis différents”

“Lorsque j’ai consulté le premier gynécologue après l’annonce du fibrome utérin, il a tenté de me rassurer et m’a dit que je pouvais attendre un an pour voir si je parvenais à une grossesse naturellement. Je n’étais pas satisfaite de cette consultation vu mon âge (35 ans). Le second gynécologue a eu un discours beaucoup plus alarmiste en m'annonçant qu’il y avait des risques que le fibrome utérin m’empêche de tomber enceinte et qu’il y avait des risques de fausses couches et de complications pendant la grossesse. J’étais effondrée par ces informations et par le fait qu’on ne me proposait pas de réelle solution. J’ai consulté 5 médecins à la Réunion et 1 médecin au Kremlin Bicêtre sans trouver de réponse adaptée à la situation. Je me suis donc tournée vers les médecines douces en pratiquant le Reiki et en faisant de la méditation.”

Traitement du fibrome utérin : “mon fibrome a diminué de 60%”"Étant toujours suivi par un gynécologue, il a été stupéfait de constater que mon fibrome avait diminué de volume sans traitement médicamenteux. Malgré tout, j’ai continué mes recherches et j’ai trouvé une clinique à Bordeaux qui proposait de réaliser une intervention par ultrasons pour traiter le fibrome. J’ai envoyé mon dossier médical et j’ai reçu une réponse favorable. Mon fibrome utérin a diminué de 60% grâce à cette intervention mini-invasive. Les médecins m’avaient conseillé d’attendre au moins 6 mois avant de tomber enceinte. Cela faisait 5 ans que je ne prenais plus de contraception et je suis tombée enciente seulement 3 mois après l’opération.”

Fibrome et grossesse : “J’ai été très suivie”“Dès l’annonce de ma grossesse, ma gynécologue a mis en place un suivi très régulier, environ toutes les trois semaines et elle était confiante pour la suite. Malheureusement au cours du 7ème mois de grossesse, mon bébé faisait de la bradycardie. Malgré des examens rassurants sur une potentielle malformation cardiaque, l’équipe médicale a pratiqué une césarienne d'urgence. Cette dernière s’est très mal passée et le chirurgien a incisé mon fibrome pendant l’intervention. J’ai perdu 3,7 litres de sang et j’ai dû subir une transfusion sanguine. Par chance, le chirurgien a réussi à suturer mon utérus pour que je puisse le conserver. Les jours suivants ont été difficiles et j’étais très surveillée à cause de nombreux risques de complications. Dès que j’ai pu voir ma fille, nous avons pratiqué un peau à peau et son rythme cardiaque s’est normalisé.”

Accouchement : “J’en ai voulu au corps médical”“Si j’ai finalement pu sortir après 15 jours d’hospitalisation et ma fille après 1 mois et 1 semaine en service de néonatalogie, j’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre. J’en veux au corps médical, j’ai l’impression qu’on m’a volé mon accouchement. J’ai le sentiment de ne pas avoir été écoutée, que mon avis ne comptait pas. Aujourd'hui, je m’en suis remise mais cela m’a pris beaucoup de temps. On ne m’a pas proposé un accompagnement psychologique et je n’ai pas réussi à lâcher prise sur cet accouchement. Cela m’a poussée à m’engager auprès des femmes atteintes de fibrome utérin à travers l’association Fibrome Info France auprès de laquelle j'avais trouvé écoute et soutien.

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