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Zoophilie: Définition, Législation et Implications

La zoophilie, un sujet souvent tu, ignoré ou traité avec dégoût, est une réalité complexe qui mérite une analyse approfondie. Cet article vise à définir la zoophilie, à explorer son cadre juridique en France, et à examiner ses conséquences sur les animaux.

Définition et Terminologie

Le terme "zoophilie" a évolué au fil du temps. Au XIXe siècle, il désignait l'amour et la protection des animaux. Cependant, au XXe siècle, il a été assimilé à la bestialité et aux rapports sexuels avec des animaux, notamment dans le lexique des affixes.

Dans le langage courant et juridique actuel, la zoophilie fait référence aux actes sexuels entre un être humain et un animal. Il est important de distinguer la zoophilie de la simple affection pour les animaux, qui est une émotion positive et saine.

L'élément "-phile", d'origine grecque (ς "ami"), est utilisé pour construire des mots qui qualifient une attirance ou une affinité. En psychiatrie et en psychologie, "-phile" désigne souvent un goût ou une attirance pervers ou pathologique. Ainsi, la zoophilie est définie comme un amour excessif et parfois pathologique pour les animaux.

Cadre Législatif en France

La France a été l'un des premiers pays à légiférer contre la zoophilie. La loi Perben n° 2004-204 du 9 mars 2004, issue du plaidoyer de la Fondation Droit Animal Éthique et Sciences, a introduit l'article 521-1 du code pénal, qui sanctionne les "sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité".

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Évolution Législative

La loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, issue d'une proposition de loi des députés Loïc Dombreval, Dimitri Houbron et Laëtitia Romeiro Dias, a renforcé les sanctions contre la maltraitance animale, y compris la zoophilie et la zoopornographie. Le chapitre 2 de cette loi, intitulé "renforcement des sanctions dans la lutte contre la maltraitance à l'encontre des animaux domestiques", sanctionne plus fortement la zoophilie et la zoopornographie.

Définition Légale de la Zoophilie

L'article 521-1-1 du code pénal définit la zoophilie comme les "atteintes sexuelles perpétrées sur un animal domestique, apprivoisé ou détenu en captivité". Cette définition est large et englobe toute forme de pratiques sexuelles sur l'animal, sans qu'un acte de pénétration soit nécessaire. L'élément constitutif de l'infraction est le contact avec l'animal.

Sanctions Pénales

Les atteintes sexuelles sur un animal sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. La sanction peut être portée à quatre ans et à 60 000 euros d'amende dans les cas de zoophilie réalisée "en réunion, en présence d'un mineur ou par le propriétaire ou le gardien de l'animal".

Le législateur ne s'est pas limité à la seule sanction des personnes physiques. En cas de condamnation du propriétaire de l'animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal statue sur le sort de l'animal. Le tribunal peut prononcer la confiscation de l'animal et prévoir qu'il sera remis à une fondation ou à une association de protection animale reconnue d'utilité publique ou déclarée, qui pourra librement en disposer.

Les personnes physiques coupables des infractions prévues à l'article 521-1-1 encourent également les peines complémentaires d'interdiction, à titre définitif, de détenir un animal et d'exercer une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction. Cette interdiction n'est toutefois pas applicable à l'exercice d'un mandat électif ou de responsabilités syndicales.

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Exceptions

L'alinéa 2 de l'article 521-1-1 du code pénal précise que les soins médicaux déployés par les professionnels de santé ne sont pas constitutifs d'atteintes sexuelles. De même, les soins médicaux et d'hygiène nécessaires ainsi que les actes nécessaires à l'insémination artificielle ne peuvent être considérés comme des atteintes sexuelles.

Zoopornographie

L'article 521-1-2 du code pénal définit l'acte de zoopornographie comme le fait de "diffuser sur internet l'enregistrement des sévices graves, actes de cruauté ou atteintes sexuelles" infligés à l'animal. L'auteur de l'infraction, ainsi que son complice, encourent deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.

Se constitue complice d'une atteinte sexuelle sur l'animal toute personne qui, depuis son emplacement (domicile ou lieu de travail), diffuse une vidéo ou visualise une vidéo contenant les actes susvisés.

Limites de la Législation

La loi actuelle présente certaines limites. Elle ne s'applique qu'aux animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité, excluant ainsi les animaux sauvages en liberté. De plus, les sanctions pénales prononcées dans les affaires de zoophilie atteignent rarement les peines maximales prévues.

Conséquences pour les Animaux

Les conséquences de la zoophilie pour les animaux sont multiples et peuvent être graves.

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Lésions Physiques

Marjolaine Baron, docteure vétérinaire, a consacré une thèse à la zoophilie, distinguée par un accessit de l'Ordre national des vétérinaires. Selon elle, "les lésions sont essentiellement physiques et anatomiques, sur les parties anales ou vaginales". Elle ajoute que "l'on peut aussi avoir des oreilles fibrosées, car ces parties servent parfois de poignées, ou bien des hématomes, car l'animal se débat". Dans certains cas, les incompatibilités anatomiques entraînent la mort de l'animal.

Absence de Lésions Visibles

Marjolaine Baron souligne également que "l'on a aussi beaucoup de cas où il n'y a aucune lésion. Cela rend le diagnostic difficile à poser". Elle regrette de n'avoir jamais été sensibilisée à ces maltraitances lors de ses études.

Zoosadisme

Les actes de zoophilie s'accompagnent parfois de zoosadisme, avec une volonté de torturer l'animal.

Préjudices Psychiques

En définitive, qu'il soit question de zoophilie, de zoopornographie et ou de "zooproxénétisme", ces pratiques causent des préjudices physique et psychique à l'animal.

La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal

La Déclaration universelle des droits de l’animal du 15 octobre 1978, révisée en 1989, mentionne le droit à la vie de l’animal, auquel pourrait être annexé le « droit à une vie sexuelle saine compatible avec les êtres de son espèce ».

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