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Douleur dorsale chez l'enfant : causes, diagnostic et solutions

En Europe, un enfant sur trois souffre de douleurs dorsales. Si la moitié d'entre eux ne connaissent qu'un seul épisode de douleur, l'autre moitié vit des épisodes douloureux répétés, et un faible pourcentage souffre fréquemment de maux de dos. La douleur étant subjective, certains enfants souffrant ne s'en plaignent pas. Il existe une corrélation entre l'âge de l'enfant et la douleur : plus l'enfant est âgé, plus la douleur est fréquente. Selon Federico Canavese, orthopédiste au CHU de Clermont-Ferrand, ces douleurs sont probablement liées à la poussée pubertaire.

Causes potentielles de la douleur dorsale chez l'enfant

Le mal de dos chez l’enfant peut être d’origine osseuse, ligamentaire, discale ou musculaire. Il peut avoir de nombreuses causes : contracture, infection, tumeur, hypercyphose (dos rond), spondylolisthésis, spondylolyse (glissement de la 5e vertèbre lombaire), ou des pathologies traumatiques. La scoliose est rarement douloureuse et n'est donc généralement pas une cause de mal de dos.

La lyse isthmique, une fracture de stress des isthmes vertébraux, débute souvent dans l'enfance, parfois dès l'âge de 6 ans. Elle touche 5 à 7 % de la population, un chiffre probablement sous-estimé car l'atteinte est souvent asymptomatique.

Des sports asymétriques avec hyperlordose et rotation du tronc, comme le golf, la gymnastique, la danse, le patinage, les sports de combat avec lancée de jambe, la plongée, peuvent aussi être en cause.

Idées reçues sur le mal de dos chez l'enfant

Contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas de corrélation directe entre les douleurs dorsales et le poids du cartable, le moyen de transport utilisé ou l'environnement socio-éducatif. Cependant, certains sports pratiqués intensivement, comme le rugby ou la gymnastique, peuvent être à l'origine de maux de dos.

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Quand s'inquiéter et consulter ?

Federico Canavese insiste sur l'importance de ne pas sous-estimer le mal de dos chez l'enfant. Il est conseillé de consulter un pédiatre, qui pourra orienter vers un orthopédiste si nécessaire. Le spécialiste éliminera progressivement les causes graves afin d'identifier l'origine de la douleur et de la traiter correctement.

Il faut évoquer le diagnostic de lyse isthmique chez tout enfant présentant des douleurs dorsales chroniques et/ou répétées, et examiner systématiquement le dos des enfants.

Diagnostic du mal de dos chez l'enfant

L’interrogatoire et l’examen clinique sont très importants dans le diagnostic du mal de dos chez l'enfant et doivent avant tout éliminer la présence de troubles neurologiques.

L'interrogatoire permet de préciser l’âge d’acquisition de la marche, les antécédents familiaux, d’apprécier la qualité de la supplémentation vitamino-calcique, de retrouver la notion de douleurs.

L'examen clinique est essentiel. Le déclenchement, lors de la palpation de haut en bas, des différentes épineuses, d’une douleur au niveau de L4 ou L5 est un signe évocateur d’une lyse isthmique. Le doigt de l’examinateur maintenu sur l’épineuse, la douleur augmente en lordose forcée, lors de l’inclinaison latérale droite et gauche et lors de la flexion du tronc en avant. Il est aussi possible de tester en rotation et en rotation-inclinaison.

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En cas de forte suspicion de lyse isthmique, un scanner peut être demandé pour mettre en évidence la fracture isthmique et préciser son caractère uni- ou bilatéral. Une IRM lombaire peut visualiser les structures ligamentaires, musculo-tendineuses et discales adjacentes et surtout la présence d’un œdème osseux évocateur de fracture pédiculaire, lié aux microtraumatismes.

Les radiographies permettent de faire le diagnostic des fractures.

Traitements et solutions

Si des contractures sont à l'origine des douleurs, le médecin peut prescrire des assouplissements, du renforcement musculaire et/ou des séances de kinésithérapie. En cas d'infection, des médicaments seront nécessaires. Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

La prise en charge de la lyse isthmique dépend du stade de la lésion, de son caractère uni ou bilatéral, du type et de l’intensité du sport pratiqué, reposant principalement sur le port d’un corset et la kinésithérapie. En cas de lyse isthmique bilatérale de stade 1 (glissement de moins de 25 % de la vertèbre), le recours à un corset est également quasi systématique en raison du risque d’aggravation du glissement vertébral vers l’avant et de compression médullaire. La rééducation est indispensable, au début hypopressive avec travail des muscles transverses ainsi qu’un travail progressif sur la musculature axiale au plus près de la vertèbre sans pression sur cette dernière. Chez un sportif de haut niveau, la durée de port du corset est de deux mois nuit et jour, puis uniquement en journée le troisième mois.

En cas de lyse isthmique unilatérale, donc avec une vertèbre stable, le traitement est le même que pour n’importe quelle autre fracture.

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Importance de l'hygiène de vie

Il est essentiel de surveiller l'hygiène de vie de l'enfant : sport, alimentation, sommeil. Un enfant en pleine croissance a besoin d'un mode de vie sain pour un développement optimal. Il est important de veiller à ce qu'il dorme suffisamment longtemps (environ 11 heures pour un enfant de 6 ans, et 8 à 9 heures pour un adolescent).

L'activité physique est indispensable : athlétisme, natation, vélo ou marche rapide. Cependant, il faut rester mesuré, car une activité trop intense peut entraîner des traumatismes et des maladies de croissance.

Il est également important de limiter le temps passé devant la télévision, les jeux vidéo et les réseaux sociaux. La sédentarité n'est pas réservée aux adultes.

Le cartable : un facteur à surveiller

Sans être la cause de la scoliose, le cartable trop lourd peut être responsable de douleurs du dos. C’est un vrai problème. Un enfant en 6ème, devrait porter 10% du poids de son corps. Et pourtant, le plus souvent, le cartable pèse bien davantage ! Dans une étude portant sur des élèves français de 6ème, le poids moyen du cartable était de 9.6 kg, soit 19,2% du poids de l’enfant! La moitié (49%) des enfants portaient un cartable représentant plus de 20% de leur propre poids. Certains enfants portaient jusqu’à 40% de leur poids ! Dans cette même étude, les auteurs montrent qu’un cartable supérieur à 20% du poids du corps est un facteur de risque de lombalgie. Il semble que non seulement le poids du cartable mais la durée du port de celui-ci dans la journée soit un facteur favorisant pour l’apparition de douleurs.

Il est à noter qu’au collège le poids du cartable reste constant de la 6ème à la 3ème sans tenir compte du poids de l’enfant. Ainsi un même cartable sera plus «traumatisant» pour un élève de 6ème que pour un de 3ème. La manière de porter un cartable peut influencer sur la survenue de rachialgies. Les cartables portés sur une épaule ou mal positionnés peuvent influer sur la posture et la marche.

Scoliose : ce qu'il faut savoir

La scoliose est une déformation du rachis dans les trois plans de l’espace ; elle associe une déviation frontale, une modification des courbures de profil et une rotation des corps vertébraux. Il existe de multiples formes de scolioses selon l’âge (nourrisson, enfant, adolescent ou adulte) selon les étiologies (idiopathiques c’est-à-dire sans cause connue, musculaires, malformatives, neurologiques, etc.) et selon la localisation (dorsale, lombaire, dorsolombaire ou double majeure: dorsale et lombaire).

Le plus souvent la scoliose est découverte par le pédiatre, le médecin traitant ou le médecin scolaire, très rarement par les parents.

L’enfant est mesuré debout et assis. La taille assise donne une idée de la croissance résiduelle sur le rachis. L’enfant est vu de dos debout. Sont recherchés un déséquilibre des épaules (scoliose dorsale) et/ou une asymétrie des plis de la taille (scoliose lombaire). Un fil à plomb mis sur C7 (la dernière vertèbre cervicale) permet de mesurer l’équilibre de la scoliose. En cas d’équilibre, le fil à plomb passe par le pli inter-fessier. On demande ensuite à l’enfant de se pencher en avant pour rechercher une gibbosité, (une bosse ou voussure) située à côté de la colonne vertébrale lorsque l’on regarde le dos se « plier ». La gibbosité signe la rotation des corps vertébraux et donc la scoliose. Il n’y a pas de scoliose sans gibbosité et toute gibbosité est synonyme de scoliose.

L’attitude « scoliotique » à ne pas confondre avec la scoliose, est une mauvaise position de l’enfant qui se tient mal. Beaucoup plus fréquente et moins grave, l’attitude scoliotique est une simple déviation de la colonne vertébrale sans torsion des vertèbres et sans véritable déformation du tronc.

La scoliose peut survenir à tout âge, jusqu’à la fin de l’adolescence (scoliose juvénile entre trois ans et la puberté). Dans 70% des cas, elle se développe chez des enfants en pleine santé, sans cause connue. On en ignore encore très souvent la cause, son origine est probablement multifactorielle avec des facteurs héréditaires.

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