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Douleur à l'adducteur chez l'enfant : causes et traitements

La douleur à l'adducteur, bien que souvent associée aux adultes et aux sportifs, peut également affecter les enfants. Comprendre les causes potentielles et les options de traitement est essentiel pour assurer une prise en charge appropriée et favoriser un rétablissement rapide.

Anatomie des adducteurs

Avant d'explorer les causes et les traitements, il est utile de comprendre l'anatomie des adducteurs. On désigne sous le nom d’adducteurs les muscles permettant de rapprocher un membre de l’axe central de notre corps. On trouve des muscles adducteurs dans nos mains, nos pieds, nos épaules… Nous nous intéresserons ici uniquement aux muscles permettant de rapprocher nos genoux l’un de l’autre. Ce sont les plus connus et les plus puissants des muscles adducteurs. Les adducteurs de la cuisse sont des muscles puissants qui peuvent nous gâcher le quotidien lorsqu’ils deviennent douloureux. 5 muscles participent à l’adduction de la cuisse : le pectiné, le gracile ou droit interne, le court, le long et le grand adducteur. Ils relient le pubis à l’intérieur de la cuisse. En cas de lésion, ils peuvent provoquer des douleurs tout le long de leur trajet. Le muscle long adducteur est celui qui est le plus souvent à l’origine des douleurs, il représente 62 à 90% des blessures des adducteurs. Les adducteurs permettent donc l’adduction de la cuisse, mais aussi la stabilisation du bassin et du membre inférieur. Certains de ces muscles interviennent aussi dans d’autres mouvements de la hanche : flexion, extension et rotation.

Causes possibles de la douleur à l'adducteur chez l'enfant

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la douleur à l'adducteur chez les enfants :

  • Surmenage musculaire : Les enfants actifs qui pratiquent des sports impliquant des mouvements de course, de saut ou de changement de direction rapides peuvent surcharger leurs adducteurs. Les entraînements constants et abusifs associés à un calendrier de matches surchargé impliquent auprès des footballeurs un surmenage.
  • Traumatisme : Les chutes, les coups directs ou les mouvements brusques peuvent entraîner des blessures aux adducteurs, telles que des élongations, des claquages ou des déchirures musculaires. Elongations, ruptures, claquages, les adducteurs sont souvent exposés à divers traumatismes.
  • Croissance rapide : Pendant les périodes de croissance rapide, les os, les muscles et les tendons peuvent ne pas se développer au même rythme, ce qui peut rendre les muscles adducteurs plus vulnérables aux blessures.
  • Manque d'échauffement : Un échauffement insuffisant avant l'activité physique peut augmenter le risque de blessure musculaire, y compris aux adducteurs. Un échauffement insuffisant ou une augmentation brutale de la charge d’entraînement sont souvent en cause pour les douleurs d’apparition progressive comme la tendinopathie.
  • Flexibilité limitée : Un manque de flexibilité dans les muscles adducteurs et les muscles environnants peut exercer une pression excessive sur les adducteurs pendant l'activité physique.
  • Déséquilibres musculaires : Les déséquilibres musculaires entre les adducteurs et les autres groupes musculaires de la jambe et du bassin peuvent contribuer à la douleur à l'adducteur. Certaines études montrent que les douleurs aux adducteurs sont prédisposées par un déséquilibre des forces entre les adducteurs et les abdominaux (souvent déficitaires). De même, un déséquilibre entre les muscles adducteurs et abducteurs (ceux écartant les jambes) augmente considérablement le risque de lésion.
  • Problèmes de posture : Une mauvaise posture ou des problèmes d'alignement peuvent entraîner une surcharge des muscles adducteurs. Une inégalité de longueur des membres inférieurs, des pieds plats ou des troubles posturaux favorisent un tonus musculaire asymétrique et une surcharge mécanique de la région.
  • Pubalgie : Bien que plus fréquente chez les adultes, la pubalgie peut également survenir chez les enfants, en particulier ceux qui pratiquent des sports de haut niveau. La pubalgie, qui signifie littéralement "douleur du pubis", provoque des douleurs du bas ventre pouvant irradier sur l’intérieur des cuisses, les organes génitaux et le pli de l’aine. L’atteinte peut être unilatérale ou bilatérale. Elle concerne les sportifs. La pubalgie est souvent une conséquence de plusieurs de ces lésions.
  • Syndrome pubien inguinal : « Syndrome pubien inguinal, du sportif, d’origine le plus souvent microtraumatique et en rapport avec une souffrance du canal inguinal. » J.-B. La pubalgie est une douleur d’apparition progressive dont le siège est le bas-ventre, le pubis, voire les adducteurs. En effet, c’est une technopathie sportive avec inflammation de la symphyse pubienne, qui est une articulation pratiquement immobile en avant du bassin en regard de la vessie.

Diagnostic

Pour établir le diagnostic, il faut consulter un médecin du sport. Le diagnostic commence toujours par un examen clinique de la zone douloureuse, qui permet au médecin de mieux comprendre votre douleur, mais aussi d’évaluer les adducteurs lors de l’étirement et de la contraction. "Celui-ci va effectuer un examen comparatif avec l'autre côté qui souvent ne fait pas mal. Le médecin demandera au footballeur de lui décrire sa douleur pendant les tests. Pour cela, il utilisera la méthode du testing contrarié de l’ensemble des muscles palpés afin d’étudier la bilatéralité de la plainte. L’imagerie permet d’apporter des éléments complémentaires au diagnostic. Cela concerne principalement la radiographie du bassin de face, debout, pieds nus et en appui sur un pied. L’on recherche ici une instabilité symphysaire. Les radiographies qui confirment la pubalgie sont celles que l’on retrouve typiquement lors d’une tendinite des adducteurs, avec irrégularité floue microgéode du rebord inférieur du pubis. Une échographie voir l’IRM permet de connaître exactement la nature de la lésion avec sa taille et sa gravité. Cette information permet au kinésithérapeute d’orienter ses soins et de déterminer la durée de la rééducation.

Traitements possibles

Le traitement de la douleur à l'adducteur chez l'enfant dépend de la cause sous-jacente et de la gravité de la blessure. Voici quelques options de traitement courantes :

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  • Repos : La première étape consiste à réduire ou à éviter les activités qui aggravent la douleur. Le traitement dépend de la cause, mais que ce soit dans le cas d'une simple tendinite ou d'une élongation, l'arrêt temporaire de l'activité sportive pratiquée est obligatoire. Face à une douleur des adducteurs, la première chose à faire, quelle que soit l’atteinte, est de se reposer. Il ne faut pas traîner pour prendre cette décision, l’atteinte des adducteurs ayant tendance à s’aggraver et à devenir chronique. Le repos total et la prise d'anti-inflammatoires suffisent en général à faire disparaître les douleurs.
  • Glace : L'application de glace sur la zone touchée plusieurs fois par jour peut aider à réduire la douleur et l'inflammation. hydratez-vous ! les douleurs sont parfois soulagées par l’application de froid sur la zone pendant 10 minutes. Vous pouvez renouveler l’application. Vous vous êtes blessé aux adducteurs pendant une session de sport ? La première chose à faire est de soulager vos symptômes, grâce à quelques principes simples : du repos, de la glace (à appliquer sur la zone douloureuses plusieurs fois par jour pendant les premiers jours).
  • Compression : L'utilisation d'un bandage de compression peut aider à réduire l'enflure et à soutenir les muscles adducteurs.
  • Élévation : Élever la jambe touchée peut également aider à réduire l'enflure.
  • Médicaments : Dans certains cas, des analgésiques en vente libre, comme l'ibuprofène ou le paracétamol, peuvent être utilisés pour soulager la douleur. Pour les cas plus graves, une infiltration du tendon des adducteurs peut vous soulager.
  • Physiothérapie : La physiothérapie peut jouer un rôle essentiel dans la rééducation des blessures aux adducteurs. Le kinésithérapeute va permettre de rétablir les déséquilibres musculaires par des exercices de renforcement des abdominaux et des adducteurs. Il vous fera travailler la stabilisation du bassin. Enfin, il vous apprendra à vous étirer correctement pour limiter de nouvelles blessures. Son intervention est importante pour éviter les récidives. En cas de tendinopathie un protocole isométrique est recommandé avec ensuite une remise en contrainte par des exercices avec des mouvements lents et des charges lourdes tous les deux jours. L’étape suivante est la reprise des sauts et des changements d’appui. On travaille plus à cette étape sur l’élasticité. Pour les lésions musculaires, le but est d’intervenir le plus vite possible avant de favoriser la cicatrisation. Les soins de kinésithérapie seront de la physiothérapie avec la tecarthérapie par exemple, mais aussi un travail musculaire spécifique en excentrique et des étirements. Le principe de l’excentrique est de produire une contraction du muscle tout en l’allongeant (étirer). C’est ce mode de contraction qui va permettre d’optimiser la cicatrisation de la lésion musculaire de l’adducteur. Une fois la cicatrisation bien avancée, une échographie doit être faite de nouveau afin de garantir l’état du muscle. La reprise du sport se fait uniquement après cette échographie même si la douleur n’est plus présente. Après ces semaines de repos complet, obligatoires pour un rétablissement optimal, la phase de traitement peut débuter. On utilisera des techniques à visée antalgique au début, puis des techniques de rééquilibrage et de renforcement musculaire. Enfin, puisqu’un déficit de condition physique amène à une surcharge de travail, on conseillera un entraînement physique généralisé pour amener le sportif à posséder un niveau d’endurance supérieur à la moyenne. La reprise du football n’interviendra que si le résultat est satisfaisant avec une réadaptation progressive à l’effort et une récupération de la condition physique, et seulement par la suite le sport avec ballon, conduite de balle et véritable jeu du football.
  • Exercices d'étirement et de renforcement : Un physiothérapeute peut recommander des exercices spécifiques pour étirer et renforcer les muscles adducteurs, ainsi que les muscles environnants. En cas de tendinite, la rééducation peut démarrer dès que la phase aiguë est terminée, et que les douleurs ont diminué. Des étirements, ainsi que des exercices de renforcement des adducteurs, seront pratiqués de manière progressive. Le renforcement musculaire inclut aussi un travail des groupes musculaires voisins, à savoir les abdominaux, les transverses et les obliques.
  • Ultrasonothérapie : L’ultrasonothérapie est vivement recommandée pour ce genre d’affections. Les vibrations générées par les ultrasons mettent en mouvement les molécules atteintes pour créer des mouvements similaires à des micro-massages. Ces derniers sont essentiels pour détendre et assouplir les tissus musculaires. L’ultrasonothérapie est simple à réaliser et permet de traiter de nombreuses pathologies et ce sur différentes parties du corps. Pour ce faire, il est indispensable de se munir d’un appareil à ultrasons. En effet, ces derniers possèdent des programmes personnalisables adaptés au traitement de la pubalgie. Tout d’abord, il est primordial de se procurer un appareil possédant une fonction d’émission pulsée et continue pour un traitement complet. Ensuite, la puissance doit être suffisante pour garantir un soin efficace et rapide. 3 W/cm2 est un signe de qualité. La tête à ultrason doit impérativement être étanche afin de pouvoir utiliser du gel à ultrasons lors de certaines sessions. Un appareil à ultrasons comporte des programmes personnalisables en nombre variable et de différents types, selon les pathologies. Il est pratique d’acquérir un modèle possédant déjà les programmes à utiliser et ayant une mémoire suffisante dans le cas où l’on voudrait en créer de nouveaux. Puis, une option appelée « contrôle de contacte » est très utile, permettant de vérifier la bonne transmission des ultrasons directement vers la zone en question. Les appareils à ultrasons sont également indiqués pour le traitement d’autres pathologies telles que : les claquages, les entorses, la rupture du tendon d’Achille, l’arthrose, les contusions et bien d’autres. Par ses multiples usages, ce matériel médical est très apprécié. Toutefois, il faut être vigilant concernant l’utilisation des appareils à ultrasons. Il n’est pas possible de les utiliser dans certains cas, comme chez les femmes enceintes, les personnes ayant reçu une greffe récente, souffrant de pathologies cancérigènes, de réflexes émoussés, de nécroses, nodules et autres lésions tuberculaires évolutives ou ne percevant pas correctement la chaleur.
  • Thérapies manuelles : L’ostéopathe contrôle la bonne mobilité de vos différentes articulations : bassin, pieds, genoux, rachis… Comme nous l’avons vu, des restrictions de mobilité articulaires ou des tensions musculaires vont favoriser les blessures. Votre thérapeute peut également travailler au niveau de votre ventre. Son approche est complémentaire de celle du kinésithérapeute et du podologue. Il est intéressant de le consulter avant de les voir.
  • Chirurgie : Dans de rares cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour traiter les blessures graves aux adducteurs, telles que les ruptures complètes. Le recours à la chirurgie est rare. La chirurgie est utile uniquement pour les cas rebelles ou les ruptures totales. De nombreuses méthodes ont été proposées mais c’est le Docteur NESOVIC qui, dès les années 80, a proposé une intervention ayant comme base de rééquilibrer ou de stabiliser la symphyse pubienne. Capitale pour obtenir un résultat parfait et une reprise du football post chirurgicale.

Prévention

La prévention est possible à l'aide d'entraînements adaptés et d'un échauffement complet avant chaque match ou entraînement. "Les étirements sont, eux aussi, d'une importance primordiale, ainsi qu'une bonne hydratation avant, pendant et après l'effort. La prévention reste l’arme la plus efficace pour ne plus souffrir de douleurs aux adducteurs. Pour minimiser le risque de douleur à l'adducteur chez les enfants, les mesures suivantes peuvent être prises :

  • Échauffement adéquat : S'assurer que les enfants s'échauffent correctement avant l'activité physique, en incluant des étirements dynamiques des muscles adducteurs.
  • Étirements réguliers : Encourager les enfants à étirer régulièrement leurs muscles adducteurs, ainsi que les muscles environnants, pour améliorer la flexibilité et la mobilité. étirez-vous régulièrement, complétez votre activité sportive par d’autres pour éviter de solliciter toujours les mêmes muscles.
  • Renforcement musculaire : Intégrer des exercices de renforcement musculaire pour les adducteurs et les autres groupes musculaires de la jambe et du bassin.
  • Progression graduelle : Augmenter progressivement l'intensité et la durée de l'activité physique pour éviter la surcharge musculaire. une augmentation de l’activité sportive trop brutale qui entraîne une surcharge mécanique de la région du bassin et une fatigue musculaire.
  • Équipement approprié : S'assurer que les enfants utilisent un équipement approprié, y compris des chaussures de sport bien ajustées. des chaussures inadaptées : trop anciennes ou avec une correction inadaptée, par exemple, pour la course à pied.
  • Hydratation : Encourager les enfants à boire suffisamment d'eau pour maintenir une bonne hydratation musculaire.

Autres considérations

Il est important de noter que d'autres affections peuvent provoquer des douleurs dans la région de l'aine et de l'intérieur de la cuisse, telles que des problèmes de hanche, des hernies ou des affections gynécologiques ou urinaires. Si la douleur à l'adducteur est persistante, sévère ou accompagnée d'autres symptômes, il est essentiel de consulter un médecin pour un diagnostic précis et un traitement approprié. Attention, d’autres lésions peuvent provoquer des douleurs au niveau du pubis, de l’aine et de l’intérieur de la cuisse. Ces douleurs peuvent aussi être la conséquence de troubles gynécologiques ou des voies urinaires.

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