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Don d'Ovules et de Sperme : Risques, Limites et Âge

Le don d'ovules et de sperme, combiné aux techniques de fécondation in vitro (FIV), offre une solution pour les couples ou les individus confrontés à des problèmes de fertilité. Cependant, cette option soulève des questions importantes concernant les risques, les limites, l'âge des donneurs et des receveurs, ainsi que les considérations éthiques et légales. Cet article explore ces aspects en détail.

Qu'est-ce que la FIV-DO ?

La FIV avec don d’ovocyte (FIV-DO) est un traitement de procréation médicalement assistée (PMA) dans lequel les ovocytes d’une donneuse sont fécondés avec le sperme du partenaire receveur.

La FIV-DO est le traitement idéal lorsque vous avez des problèmes aux ovaires et qu’il est nécessaire d’avoir recours aux ovocytes d’une donneuse. Il se peut que vos ovaires ne produisent pas d’ovules ou que les ovules n’aient pas la qualité adéquate. Elle est également conseillée si vous avez une maladie génétique, une anomalie chromosomique ou si vous souffrez d’une maladie pour laquelle la stimulation ovarienne est contre-indiquée.

Déroulement d'une FIV-DO

Voici les étapes clés d'un traitement de FIV-DO :

  1. Diagnostic personnalisé : Réalisation d’un diagnostic personnalisé lors de votre première visite.
  2. Préparation de l'endomètre : Préparation de l’endomètre et suivi.
  3. Fécondation : Isolation des spermatozoïdes de votre partenaire pour féconder, dans le laboratoire, les ovules de la donneuse grâce à la technique FIV-ICSI.
  4. Test de grossesse et échographie : Réalisation du test de grossesse et l’échographie de contrôle.
  5. Sélection de la donneuse : Nous sélectionnons la donneuse et réalisons une étude clinique et génétique afin d’exclure des pathologies importantes, ainsi qu’un matching physique pour obtenir la plus grande ressemblance possible entre les caractéristiques physiques (phénotype) de la donneuse, les vôtres et celle de votre partenaire.
  6. Stimulation ovarienne de la donneuse : Les donneuses doivent suivre un traitement de stimulation ovarienne pendant 15 jours. Des injections sous-cutanées d’hormones leur seront administrées. Un suivi sera réalisé grâce à des échographies et des prises de sang. Les ovules seront prélevés par le biais d’une ponction réalisée sous sédation.
  7. Fécondation in vitro et transfert d'embryon : Les ovules de la donneuse seront prélevés, ils seront cultivés durant quelques heures et les spermatozoïdes de votre partenaire seront isolés. Les pré-embryons seront introduits dans un cathéter et placés dans l’utérus. Aucune anesthésie n’est requise.
  8. Cryoconservation : Les pré-embryons non transférés sont cryopréservés par le biais de la vitrification et conservés dans de la vapeur d’azote dans la banque d’embryons.

Réglementation et Anonymat

Selon les pays, la réglementation en vigueur pour les femmes souhaitant se lancer dans une FIV-DO n’est pas la même.

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En Espagne, le don d’ovocytes est réglementé depuis 1988 et la législation espagnole actuelle est considérée comme étant l’une des plus avancées d’Europe. C’est pourquoi l’Espagne est le pays européen qui réalise le plus de traitements de don d’ovocytes. Selon la législation espagnole, le don d’ovocytes est anonyme, de sorte que la donneuse ne pourra jamais connaître l’identité de la receveuse et vice versa. En Espagne, le nombre de dons d’ovocytes qu’une femme peut réaliser est limité à 6 cycles. Par ailleurs, le système SIRHA du ministère de la santé espagnol enregistre les naissances de bébés issus de traitements avec don de gamètes.

Au Portugal, en revanche, depuis 2018, le don de gamètes est non anonyme, c’est également l’une des lois les plus progressistes en Europe. En revanche, au Portugal, le don de gamètes n’est pas anonyme.

Don d'Ovocytes en France

En France, le don d'ovocytes est encadré par des règles précises :

  • Conditions pour la donneuse : Si vous avez entre 18 et 37 ans, vous pouvez donner vos ovules (ou ovocytes) à des femmes en couple ou célibataires qui notamment ne peuvent pas avoir d'enfant (par exemple, la femme n'a pas naturellement d'ovules). Le don est réalisé dans un établissement hospitalier. Il est gratuit et anonyme. Vous devez remplir les 2 conditions suivantes : Avoir plus de 18 ans et moins de 38 ans. Être en bonne santé. Des examens médicaux sont réalisés avant le don. Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà eu un enfant pour faire un don d’ovocyte. À noter Une mineure émancipée ne peut pas être donneuse.
  • Démarche : La démarche s’effectue dans un centre hospitalier universitaire (CHU) au sein d'un centre de don d'ovocytes. Vous choisissez le centre le plus proche de chez vous (en saisissant votre code postal ou votre ville). Ensuite, vous validez le formulaire pour demander un rendez-vous. Enfin, le centre vous recontacte pour entamer la démarche vers le don.
  • Entretiens préalables : Un ou plusieurs entretiens préalables au don sont organisés entre l'équipe médicale et la donneuse. Au cours de cet entretien, le médecin collecte les informations suivantes : Identité de la donneuse, Données identifiables de la donneuse : Âge, État général au moment du don, Caractéristiques physiques, Situation familiale et professionnelle, Pays de naissance, Motivations écrites concernant ce don. Les données concernant l'identité et les données non identifiables de la donneuse sont collectées dans un formulaire-type.
  • Informations transmises à la donneuse : Au cours de l'entretien préalable, le médecin vérifie que la donneuse remplit les conditions prévues pour faire le don. L'entretien préalable permet aussi de l'informer : De la réglementation liée au don de gamètes et notamment de l'impossibilité pour la receveuse et vous de connaître les identités respectives, Des conséquences de ce don par rapport à la filiation : aucune filiation légale ne pourra être établie entre vous et la personne issue du don, Qu'une information préalable de la faisabilité du don sera faite par l'équipe médicale, Des règles concernant l'accès des personnes conçues par AMP avec tiers donneur à vos données non identifiantes et votre identité et de la nécessité de consentir à la communication de ces données pour réaliser le don, Que le dossier médical anonyme, faisant état notamment des antécédents médicaux, du nombre d'enfants issus du don, de la date des prélèvements, du consentement écrit, sera conservé pendant 40 ans minimum, Des conditions de la stimulation ovarienne et du prélèvement d'ovocytes, ainsi que des risques et des contraintes liés à ces techniques.
  • Consentement : Après les entretiens, l'équipe médicale recueille par écrit votre consentement. Vous donnez votre accord, pour chaque don, à la transmission de : Vos données non identifiantes (exemples : âge, caractère physique), Votre identité. Ces données pourront uniquement être communiquées aux personnes nées de ce don à leur majorité, si elles en font la demande. À noter Lorsque le don a été fait avant le 1er septembre 2022, votre identité et vos données non identifiantes ne sont pas communiquées aux personnes issues de ce don qui ont fait une demande d'accès. Votre accord est nécessaire. Toutefois, vous pouvez donner spontanément son accord à la communication de votre identité et de vos données non identifiantes en vous adressant à la Commission d'accès des personnes nées d'une assistance médicale à la procréation (CAPADD). Votre accord à la communication de votre identité et de vos données non identifiantes est recueilli dans un formulaire-type. Ce formulaire est conservé par l'établissement de santé. Votre consentement est libre et peut être retiré à tout moment, jusqu'à utilisation des ovocytes. Une étude de suivi vous est proposée. Vous devez l'accepter par écrit.
  • Prélèvement des ovocytes : Le prélèvement des ovocytes a lieu : Pendant la journée à l'hôpital, Sous échographie par voie vaginale, avec une analgésie simple ou une anesthésie générale de courte durée. Après le prélèvement, les ovocytes sont confiés au laboratoire jusqu'à leur attribution à des personnes receveuses pour une assistance médicale à la procréation.
  • Anonymat et attribution : Non. Il n'est pas possible de faire un don à un membre de son entourage. La personne donneuse ne peut pas choisir à qui son don sera attribué.
  • Rémunération : Non, le don d'ovocytes n'est pas rémunéré. Les frais médicaux relatifs au don sont entièrement pris en charge par l'Assurance maladie. Les frais non médicaux (hébergement, transport…) peuvent être pris en charge par l'hôpital sur présentation des justificatifs.

Taux de Réussite et Facteurs Déterminants

Lorsque les ovocytes de la patiente sont utilisés pour une FIV, le taux moyen de réussite varie entre 35 et 43%. Le taux de réussite d’une FIV-DO correspond au taux de grossesse cliniquement validées. Chez les femmes de moins de 45 ans, il atteint 69%. Outre l’âge, il existe un autre facteur de réussite déterminant : le nombre de tentatives. La probabilité certifiée de grossesse lors d’un traitement de FIV-DO peut atteindre 98 % lors de trois cycles complets avec un embryon au stade blastocyste. Cela signifie qu’il s’agit d’un traitement qui offre la majeure probabilité de réussite à partir de certains âges ou dans certaines situations médicales.

Risques et Limites

Le recours à un don d’ovocytes n’obéit pas toujours à une indication véritablement médicale. L’idée d’une grossesse au-delà de la période de fertilité naturelle ne doit pas être rejetée a priori. Tout est affaire de juste mesure.

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Grossesses Tardives : Exemples et Considérations

Plusieurs cas de grossesses tardives ont suscité des débats éthiques et médicaux. Voici quelques exemples :

  • Italie : En juillet 1994, une Italienne, Rosanna Délia Corte, avait perdu un fils de 16 ans prénommé Ricardo dans un accident de voiture.
  • Roumanie : En janvier 2005, une Roumaine, Adriana Iliescu, donna naissance à une petite fille à l’âge de 66 ans. Elle avait fait une FIV double don.
  • Inde : En juillet 2008, une femme de 70 ans donna naissance à des jumeaux dans l’Etat d’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde. Son mari, fermier retraité, a lui 77 ans. Le couple avait déjà deux filles de plus de 40 ans et sept petits-enfants, mais désespérait d’avoir un fils capable de reprendre la ferme et pouvant recevoir une dot lors de son mariage. Le retraité a donc vendu son troupeau, hypothéqué sa terre, rassemblé les économies de toute une vie et fait un emprunt bancaire pour financer une FIV.
  • France :
    • Septembre 2008, une femme de 44 ans se trouvait dans le coma depuis plusieurs mois après avoir accouché de triplés au CHU d’Angers. A son retour de Grèce, les gynécologues lui avaient proposé une réduction embryonnaire qu’elle avait refusée.
    • Septembre 2008, une Française d’origine vietnamienne de 59 ans, enceinte de triplés, venait d’accoucher à la maternité de Port-Royal à Paris. Cette femme avait bénéficié d’une FIV DO au Vietnam, dans un établissement peu regardant puisque la loi vietnamienne interdit de pratiquer une FIV sur une femme âgée de plus de 45 ans.

Risques Médicaux

Le docteur Philippe Descamps déclarait alors : « Pour une grossesse normale, le débit cardiaque augmente de 20 %. A 45 ans, c’est plus difficile de le supporter qu’à 20 ou à 30 ans. C’est comme si vous demandiez à un homme de 45 ans de faire du vélo de façon aussi performante qu’un jeune homme de 18 ans […]. Si une femme de 43 ans veut faire un enfant avec son conjoint de façon naturelle, on ne va pas l’en empêcher. Et on l’informe des risques. On est plus amer lorsque, comme pour cette patiente, des médecins interviennent pour lui permettre d’être enceinte.

Ainsi, le docteur Jean Thévenot déclara : « C’est une histoire qui se termine bien, tant mieux. Mais il ne faut surtout pas que les femmes imaginent que l’issue sera toujours aussi heureuse. Les risques de mortalité croissent fortement avec l’âge de la mère et sont multipliés en cas de grossesse multiple. Ne mettons pas cela en avant comme un exploit !

Considérations Éthiques et Personnelles

Comme l’écrit le professeur François Olivennes : « Les indications de convenance concernent les femmes de plus de 40 ans. Il ne s’agit pas d’un jugement péjoratif ; je trouve que le don est une méthode alternative tout à fait acceptable après 40 ans, si on ne dépasse pas un âge maximum raisonnable dont la valeur reste difficile à définir.

Dans ses commentaires relatifs à ces nouveaux usages de la FIV, Liza Mundy émet une réserve pleine de bon sens. Or, sa propre expérience lui a montré qu’il n’y a jamais un moment idéal pour avoir des enfants. Contrairement à ce que les jeunes femmes peuvent s’imaginer, la vie devient de plus en plus complexe au fur et à mesure que l’on vieillit : « L’idée qu’ il y aurait un moment adéquat pour commencer à fonder une famille, et que ce moment se matérialisera plus tard, semble être un concept bien hasardeux à avancer. Le monde dans lequel beaucoup d’entre nous vivent offre rarement un tel moment idéal. Cette mise en garde semble judicieuse. Cependant, outre le fait que tel n’est pas nécessairement le cas pour toutes les femmes, une question cruciale demeure : qui peut le mieux en juger si ce n’est les personnes concernées ?

Lire aussi: La fabrication des ovules chez la femme

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