Le diabète gestationnel, souvent appelé « diabète de grossesse », est une forme de diabète qui se manifeste pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement. Bien que temporaire, il nécessite une attention particulière en raison de ses implications potentielles pour la mère et l'enfant. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète du diabète gestationnel, en abordant ses causes, ses risques, son dépistage, sa gestion et les mesures préventives pour réduire le risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est un trouble de la régulation du glucose qui entraîne un excès de sucre dans le sang, une hyperglycémie, apparaissant pendant la grossesse. Pour la plupart des femmes, le pancréas réagit en augmentant la quantité d'insuline sécrétée pour compenser les changements hormonaux de la grossesse. Cependant, chez certaines femmes, cette compensation est insuffisante, ce qui entraîne un diabète gestationnel qui ne dure que le temps de la grossesse. En Europe, le diabète gestationnel touche environ une grossesse sur sept.
Pourquoi le diabète gestationnel se développe-t-il ?
La grossesse modifie profondément le métabolisme maternel. À partir du second trimestre, l’organisme devient naturellement insulinorésistant pour favoriser l’apport de nutriments au fœtus. Dans la majorité des cas, le pancréas s’adapte et augmente sa production d’insuline. Mais chez certaines femmes, cette compensation n’est pas suffisante. Le diabète gestationnel n’est donc pas provoqué par la grossesse : la grossesse révèle une fragilité déjà présente.
Facteurs de risque
Certaines femmes présentent davantage de facteurs prédisposant au diabète gestationnel. Selon le Pr Gautier, ce sont essentiellement celles qui cumulent des facteurs de risque cardiovasculaire : obésité, hypertension ou origines géographiques où le diabète est plus fréquent, comme le Maghreb, l’Afrique subsaharienne ou la péninsule ibérique. L’âge maternel joue également un rôle important : le risque augmente nettement après 35 ans. Les antécédents familiaux constituent un autre indicateur majeur. Des grossesses antérieures compliquées par un bébé macrosome, c’est-à-dire un nouveau-né dont le poids dépasse 4 000 g, ou un excès de poids à la naissance induisent également un risque plus élevé. Le mode de vie intervient aussi : tabagisme, sédentarité ou excès calorique augmentent les risques de développer ce trouble. À cela s’ajoutent les inégalités sociales.
Dépistage et diagnostic
Le dépistage du diabète gestationnel est aujourd’hui quasi systématique. La glycémie à jeun est d’abord mesurée. Vient ensuite, selon les cas, le test de charge en sucre, avec des seuils désormais plus stricts. Cette vigilance accrue permet d’identifier des diabètes gestationnels mais aussi, parfois, des diabètes de type 2 jusque-là passés inaperçus. L’HGPO consiste à boire une quantité standard de glucose, sous forme de sirop, équivalente à 75 grammes. Il suffit qu’une seule des valeurs de glycémie soit égale ou supérieure aux seuils définis pour établir le diagnostic de diabète gestationnel. En effet, le sang de la future maman et celui du bébé sont constamment reliés, via le placenta.
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Risques associés au diabète gestationnel
Le diabète gestationnel peut entraîner plusieurs complications, même si elles n’ont pas la même gravité que celles du diabète préexistant.
Risques pour la mère
- Prééclampsie : La complication maternelle la plus redoutée reste la prééclampsie, un syndrome grave associant hypertension, protéinurie et œdèmes, voire convulsions.
- Accouchement prématuré
- Césarienne : On observe également un risque plus élevé d’accouchement par césarienne.
Risques pour le bébé
- Macrosomie : Chez l’enfant, le risque principal du diabète gestationnel est de mettre au monde un bébé avec un poids de naissance élevé, c’est-à-dire qui pèse plus de 4 kg à la naissance (macrosomie). Le bébé ne sera alors pas beaucoup plus grand que la normale, mais il sera plus « adipeux », c’est-à-dire qu’il aura développé plus de graisse sous la peau.
- Hypoglycémie : Après la naissance, les nourrissons peuvent faire des hypoglycémies, leur organisme étant habitué à des taux de sucre in utero élevés.
- Risque accru de diabète de type 2 à long terme
- Difficultés lors de l'accouchement
Gestion du diabète gestationnel
Heureusement, ces complications sont tout à fait évitables pour la mère, comme pour l’enfant. La prise en charge du diabète gestationnel repose sur l’autosurveillance glycémique et les mesures hygiéno-diététiques.
Mesures hygiéno-diététiques
- Alimentation équilibrée : La diététique est un point important de la prise en charge. Un diététicien peut aider la future maman à adopter une alimentation équilibrée. Le régime alimentaire sera très peu restrictif en quantité. Par ailleurs, durant la grossesse, les besoins nutritionnels en vitamine B9, en calcium, en fer et en énergie augmentent.
- Activité physique régulière : L’activité physique régulière est conseillée chez la femme enceinte en l’absence de contre-indications. Côté exercice physique, il faudra se rapprocher du médecin traitant qui conseillera sur l’activité physique la plus adaptée à la grossesse.
- Autosurveillance glycémique : Enfin, le recours à l’autosurveillance glycémique, généralement effectuée à l’aide d’un lecteur de glycémie, est également indispensable.
Insulinothérapie
Dans le tiers des cas restant, il faudra également avoir recours à l’insulinothérapie, c’est-à-dire à l’administration d’insuline par stylo, seringue ou pompe à insuline. Lorsque cela ne suffit pas, l’insuline devient indispensable. Chez la femme enceinte, il n’y a pas d’autre traitement, la durée trop courte de la grossesse limitant l’usage des pompes.
Diabète gestationnel et risque de diabète de type 2
Le fait d’avoir eu un diabète gestationnel est un très gros facteur de risque de développer un diabète de type 2. Une étude française a montré que 35% des femmes atteintes de diabète gestationnel développent un « vrai » diabète de type 2 dans les 11 ans. Le risque d’évolution vers un diabète de type 2 atteint environ 50 % à dix ans. Un suivi annuel de la glycémie est donc indispensable.
Prévention du diabète de type 2 après un diabète gestationnel
Pour réduire le risque de développer un diabète de type 2, il est important de continuer après la grossesse à avoir une alimentation équilibrée, de contrôler son poids et de pratiquer une activité physique régulière. L’allaitement pourrait même améliorer la sensibilité à l’insuline.
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Suivi après l'accouchement
Durant le post-partum, la glycémie sera surveillée afin de vérifier que le diabète disparaît. Un dépistage du diabète de type 2 est fortement conseillé, lors de la consultation post-natale, puis tous les 1 à 3 ans, pendant au moins 25 ans. Ce dépistage peut être effectué avec une glycémie à jeun ou une HGPO (HyperGlycémie Provoquée par voie Orale).
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