Connue du public depuis le début des années 2000 comme l'hormone star de l'anti-âge, la DHEA (déhydroépiandrostérone) suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions. Bien que des études aient démontré certains effets bénéfiques, elle ne constitue pas une panacée contre le vieillissement. Cet article examine en profondeur le rôle de la DHEA, son impact sur l'ovulation et la fertilité, ainsi que les considérations importantes à prendre en compte avant d'envisager une supplémentation.
Qu'est-ce que la DHEA ?
La DHEA est une hormone stéroïde produite naturellement par le corps, principalement dans les glandes surrénales. On a longtemps cru qu'elle servait uniquement de précurseur aux hormones sexuelles telles que la testostérone et l'œstradiol. Cependant, le Pr Étienne Beaulieu a démontré que la DHEA possède également sa propre action hormonale, bien que ses effets soient modérés. Plusieurs études ont confirmé l'existence de récepteurs cellulaires spécifiques à la DHEA.
DHEA et Vieillissement : Que disent les études ?
L'étude "DHEAge" a mis en évidence des effets intéressants de la DHEA, en particulier chez les femmes de plus de 70 ans, notamment une augmentation de la densité osseuse, une amélioration de la libido et de l'état de la peau, ainsi qu'une meilleure qualité de vie. Chez les hommes, la DHEA pourrait avoir une action légère contre les troubles de l'érection.
Comme beaucoup d'hormones, la production de DHEA diminue avec l'âge, mais cette baisse est très variable d'une personne à l'autre. Les symptômes d'une carence en DHEA ne sont pas spécifiques et correspondent généralement à un manque d'activité des hormones sexuelles issues de la DHEA.
DHEA et Cancer : Quels sont les risques ?
Les données concernant le lien entre la DHEA et les cancers hormono-dépendants sont moins abondantes et moins concluantes que celles concernant les traitements hormonaux substitutifs (oestro-progestatifs). Certaines études suggèrent une association positive entre des niveaux élevés de DHEA et un risque accru de cancers hormono-dépendants.
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Il est important de noter que les études ont été menées avec des prises quotidiennes de DHEA pendant deux ans et qu'aucun effet secondaire sérieux n'a été rapporté dans la littérature mondiale. Cependant, il est toujours conseillé de prendre la dose la plus faible possible pour obtenir un résultat sur le ressenti et le terrain hormonal.
DHEA et Fertilité : Quel est le lien ?
Des chercheurs de l'Université d'Édimbourg ont identifié que l'hormone DHEA joue un rôle essentiel "en début de grossesse quand un ovule fécondé s'attache à la muqueuse de l'utérus". Lors de chaque cycle féminin, des hormones préparent la muqueuse utérine en vue d'une éventuelle nidation, mais les circonstances idéales d'implantation sont encore mal connues. Lors de cette étude, les chercheurs ont traité la paroi utérine à l'aide de l'hormone DHEA et ils ont pu constater le doublement de certaines protéines jouant un rôle clé dans la qualité de la muqueuse. Le traitement DHEA a aussi augmenté notablement le taux d'androgènes, laissant supposer qu'ils jouent peut-être aussi un rôle.
En PMA, les compléments alimentaires peuvent jouer un rôle crucial dans l’amélioration des résultats en optimisant la qualité des ovocytes et en favorisant un environnement favorable à la conception. La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone produite par les glandes surrénales et les ovaires, qui diminue avec l’âge. Des recherches indiquent que la supplémentation en DHEA peut améliorer la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes, en particulier chez les femmes ayant une faible réponse ovarienne.
La DHEA ou déhydroépiandrostérone est une hormone stéroïde, synthétisée de façon physiologique par les cellules de la thèque ovarienne. Cet androgène est connu comme étant une pro hormone indispensable pour la croissance folliculaire au sein de l'ovaire. Plusieurs études ont montré que cette hormone était impliquée dans la qualité ovocytaire et embryonnaire lors des fécondations in vitro classiques ou ICSI.
Une étude observationnelle prospective a donc été réalisée afin de déterminer unecorrélation entre le dosage plasmatique et le dosage folliculaire de DHEA et étudier l'influence de la DHEA plasmatique et folliculaire sur la qualité ovocytaire et embryonnaire. Les résultats ont montré que la concentration plasmatique moyenne de DHEA le jour de la ponction ovocytaire était de 13,4 nmol/L, alors que la concentration folliculaire moyenne de DHEA était de 19,4 nmol/L. Il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les niveaux de DHEA dans le liquide folliculaire et le plasma. Les concentrations de DHEA plasmatiques semblaient être inversement corrélées avec le taux de fécondation en FIV classique ou ICSI (Intra-Cytoplasmic Sperm Injection).
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Chaque mois lors d’un cycle menstruel sans contraception médicale, des hormones envoient des signaux chimiques à l’endomètre, le tissu qui tapisse la paroi de l’utérus, afin que celle-ci se développe pour être capable d’accueillir un embryon. La DHEA, dont la présence dans l’organisme survient pendant l’enfance, est sécrétée par les glandes surrénales. En travaillant sur des échantillons d’endomètre en laboratoire, les scientifiques ont constaté que la DHEA doublait le niveau de protéines clés associées à une implantation réussie dans l’endomètre. “Un ovule fécondé ne s'implante que si les conditions sont bonnes, et nous étions ravis de voir que la DHEA et les androgènes pourraient aider à améliorer cet environnement”, a indiqué le Dr Douglas Gibson, auteur principale de l’étude, parue dans la revue Fertility and Sterility.
DHEA : Recommandations et Précautions
En France, les autorités ont jugé que la DHEA, même si elle ne présente pas de critères de dangerosité, a des effets très modérés sur les troubles de l'âge. Aux États-Unis, elle est en vente libre, classée comme complément alimentaire.
Prendre systématiquement de la DHEA en vieillissant ne semble pas justifié. Cependant, il peut être intéressant d'essayer, notamment en cas de faiblesse des glandes surrénales, pour profiter des améliorations qu'elle peut apporter à certains sur les troubles liés au vieillissement.
Une mesure des taux sanguins préalable est nécessaire à une bonne évaluation des doses à prendre (plusieurs mesures au même moment de la journée seront plus précises car les taux de DHEA peuvent facilement varier). Un avis médical est largement souhaitable. En pratique les valeurs précises ont peu d'intérêt. Il faut les corréler à la constitution de chaque personne et à son état de santé. Elles donnent une idée de l'imprégnation globale de DHEA et surtout, elles permettent de faire un suivi dans le temps, et d'éviter de traiter sans savoir. En médecine anti-âge, on cherche souvent à rester dans des normes équivalent à l'âge de 40 ans.
Les doses standards prescrites sont généralement de 25 mg par jour pour les femmes et de 50 mg pour les hommes. Il est préférable de prendre la DHEA le matin (quand la production par le corps est normalement plus intense) et de moduler la dose en fonction de chaque cas et de l'évolution dans le temps.
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DHEA et Ménopause : Une Alternative ?
Dyspareunie, sécheresse vaginale ou encore atrophie vulvo-vaginale ou syndrome génito-urinaire, ces symptômes post-ménopause ont peut-être « retrouvé » une alternative aux traitements classiques. Cet essai de phase III semble marquer un pas de plus vers l'approbation de l'hormone dans le traitement des symptômes de la ménopause. Pour de nombreuses femmes, la ménopause entraîne une atrophie des tissus vaginaux, une sécheresse vaginale et un « milieu » vaginal plus alcalin moins propice à la sexualité et plus sensible aux infections vaginales et urinaires.
Dans cet essai clinique, 84% des femmes présentent ainsi une sécheresse vaginale modérée à sévère. L‘étude, menée chez plus de 480 femmes, ménopausées, a testé chez 325 d'entre elles des ovules quotidiens à 0,5% de DHEA, soit 6,5 mg/ovule. Ces participantes traitées présentent des améliorations significatives après 12 semaines de traitement, vs placebo.
Si la DHEA reste un médicament hormonal, son mécanisme est décrit ici comme local avec des effets secondaires minimes. La DHEA se transforme en œstrogènes dans les cellules parabasales, incitant le processus de maturation qui les transforme finalement en cellules superficielles. Son action semble être cantonnée à ces cellules sans diffusion au-delà dans la circulation. Cela suggère que délivrée localement sous forme d'ovules intravaginale, la DHEA évite les risques associés à des niveaux d'hormones élevés. Déjà « réputée » pour ses effets antivieillissement, la DHEA en ovules intravaginales fait ses preuves dans le traitement des symptômes associés à la ménopause.