La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne qui a suscité un intérêt considérable dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA), en particulier en ce qui concerne son impact sur la fécondation in vitro (FIV). Bien que la DHEA soit naturellement produite par l'organisme et qu'elle soit disponible en France sous certaines conditions, son utilisation dans le contexte de la FIV soulève des questions importantes concernant ses effets secondaires potentiels et son efficacité réelle.
Qu'est-ce que la DHEA ?
La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne produite naturellement par le corps, principalement par les glandes surrénales situées au-dessus des reins. De petites quantités sont également fabriquées localement dans le cerveau, les ovaires et les testicules. Elle sert de précurseur à la synthèse des hormones sexuelles, la testostérone et les œstrogènes.
La DHEA est l’une des hormones les plus abondantes chez l’adulte jeune, atteignant un pic de concentration vers la vingtaine, puis diminuant progressivement avec l’âge. À 60 ans, on n’en retrouve plus que 10 à 20 % du niveau mesuré à 20 ans. Cette baisse a été corrélée à certains effets du vieillissement, tels que la baisse d’énergie, les troubles de l’humeur et la diminution de la masse musculaire maigre.
DHEA et FIV : Un Espoir pour Améliorer les Résultats ?
Des études à l’étranger ont suggéré qu’une prise de DHEA, d’une durée minimale de 8 à 10 semaines, pourrait augmenter le taux de grossesse et de naissance suite à une FIV. Certaines femmes ont rapporté que la DHEA avait amélioré leur réponse aux traitements de fertilité, en particulier en ce qui concerne le taux de fécondation et la maturité des ovocytes.
Dans certains protocoles de PMA, les médecins ont expérimenté la DHEA à fortes doses chez des femmes autour de 35-40 ans présentant une diminution de la réserve ovarienne. Quelques études suggèrent que la prise de 75 mg de DHEA par jour pendant plusieurs mois pourrait augmenter le nombre de follicules recrutés par les ovaires et améliorer légèrement les taux de succès de FIV chez ces patientes en insuffisance ovarienne prématurée. Toutefois, ces données restent préliminaires et controversées.
Lire aussi: FIV : Le rôle de la DHEA et de la testostérone
Une étude de cohorte historique unicentrique a inclus des femmes présentant une diminution de la réserve ovarienne traitées par DHEA (75mg/j). Les résultats ont montré que 21,3% des femmes ont obtenu une grossesse spontanée. La probabilité d’obtenir une grossesse était respectivement de 13.2%, 21.3% et 38.8% à 6, 12 et 24 mois. Cette probabilité était plus faible en cas de FIV réalisée auparavant.
Effets Secondaires Potentiels de la DHEA
Bien que certaines femmes aient rapporté peu d'effets secondaires notoires liés à la prise de DHEA, il est important de noter que les risques à long terme sont mal connus, car cette hormone est trop récente pour pouvoir mesurer pleinement ses bénéfices et ses risques à long terme.
La prise de DHEA peut s’accompagner d’effets indésirables tels que fatigue, hypertension artérielle, maux de ventre, diabète, baisse du taux sanguin de cholestérol HDL (le « bon cholestérol ») ou acné.
De plus, comme la DHEA est un précurseur des hormones sexuelles, il est probable que son administration provoque une augmentation de leur taux sanguin. Pour cette raison, la prise de DHEA est contre-indiquée chez les femmes enceintes, celles qui allaitent et chez les enfants.
Statut Légal et Disponibilité de la DHEA en France
En France, la DHEA n’a pas d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), ce qui signifie qu’elle n’est pas reconnue comme médicament. Cependant, elle peut être vendue en pharmacie sous forme de préparations magistrales, c’est-à-dire sous forme de DHEA élaborée artisanalement dans les officines, à partir de la poudre fournie par les distributeurs. Il est important de noter qu'une ordonnance est nécessaire pour obtenir de la DHEA en France.
Lire aussi: Tout savoir sur DHEA et Ovulation
L'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) considère que les preuves d'efficacité de la DHEA sur le traitement des effets liés à l'âge sont insuffisantes et déconseille son usage au vu des effets indésirables potentiels.
Hyperandrogénie et DHEA
Toutes les femmes, notamment à un âge reproductif, produisent de façon physiologique une faible concentration d’hormones sexuelles masculines, ou androgènes. L’hyperandrogénie est l’excès d’androgènes ou d’hormones sexuelles masculines dans le sang d’une femme. Les androgènes chez la femme se produisent principalement dans deux organes : les ovaires et les glandes surrénales. L’hyperandrogénie surrénalienne tend à avoir du DHEA ou SDHEA élevé.
La principale cause d’hyperandrogénie (70% des cas) est le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK). Ces patientes consultent normalement pour des cycles menstruels irréguliers ou absents en raison de troubles ovulatoires, associés à l’acné, l’hirsutisme, l’alopécie, etc.
Il est important de diagnostiquer la cause de l’hyperandrogénie et de la traiter si possible. Chez des patientes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques, la cause principale de la stérilité est une absence d’ovulation maintenue.
Que Faire Face aux Refus des Médecins ?
Face au refus des médecins de prescrire de la DHEA, la tentation est grande d’aller se servir sur Internet au mépris du contrôle de la qualité du produit acheté et des quantités prises. Il est crucial de consulter un professionnel de santé qualifié avant de prendre toute décision concernant la supplémentation en DHEA, afin d'évaluer les risques et les bénéfices potentiels dans votre situation spécifique.
Lire aussi: FIV en Australie : Le Rôle de la DHEA
tags: #dhea #effets #secondaires #fiv