Introduction
Le diabète, une maladie chronique qui touche plus de 4 millions de personnes en France, et dont la prévalence est appelée à croître dans les années à venir, affecte non seulement l’organisme, mais aussi le bien-être de celles et ceux qui en souffrent. Le diabète gestationnel, une forme spécifique de cette maladie qui se manifeste pendant la grossesse, n'est pas une exception. Cette condition, caractérisée par une hausse de la concentration de glucose dans le sang (hyperglycémie), nécessite une surveillance attentive pour éviter des complications pendant et après l'accouchement. Au-delà des aspects physiques, le diabète gestationnel peut avoir un impact psychologique significatif sur les femmes enceintes.
Prévalence des Troubles de Bien-Être Chez les Personnes Atteintes de Diabète
Une étude de Roche Diabetes Care France, menée par OpinionWay sur un échantillon de 500 personnes atteintes de diabète (de type 1 - DT1 - ou de type 2 - DT2), révèle que 94 % des personnes interrogées rencontrent au moins un problème de bien-être. Ces problèmes incluent des troubles du sommeil ou de l’alimentation, la déprime, le stress et l’anxiété. Les femmes sont particulièrement touchées, avec 30 % se sentant souvent déprimées, contre 14 % des hommes. De plus, 40 % des femmes se sentent anxieuses, contre 25 % des hommes, et 54 % souffrent de troubles du sommeil, contre 34 % des hommes.
Impact Psychologique du Diabète de Type 1
Les personnes atteintes de diabète de type 1 (DT1) sont particulièrement exposées aux problèmes de santé mentale. En effet, 42 % des DT1 se sentent souvent ou très souvent anxieux, soit 11 points de plus que les DT2. Cette vulnérabilité accrue peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment le traitement systématique par insuline plusieurs fois par jour, la peur des hypoglycémies, et la survenue précoce de la maladie.
Les Causes de la Dépression Chez les Personnes Diabétiques
Vivre avec le diabète, une maladie qu'on soigne mais qu'on ne guérit pas, n'est pas facile tous les jours. Il y a des « hauts et des bas » comme disent beaucoup de diabétiques. Le diabète, c'est « tous les jours et pour toujours ! ». Il existe de nombreuses raisons de déprimer, allant de l'annonce du diagnostic à la pression sociale, en passant par l'attitude des soignants. Le Pr Grimaldi a constaté que les patients diabétiques sont deux fois plus déprimés que les non-diabétiques. Pour accepter sa maladie et lutter contre la dépression, la personne atteinte de diabète doit mener un combat sur plusieurs fronts :
- Contre elle-même, lorsqu’elle se dévalorise et « se rend malade d’être malade ».
- Vis-à-vis de la société, lorsqu’elle veut la réduire à sa maladie.
- À l’égard des soignants qui, par excès de bienfaisance, lui fixent parfois des objectifs inatteignables.
Le Diabète Gestationnel : Un Facteur de Risque pour les Maladies Psychologiques
Une personne diagnostiquée diabétique peut ressentir une multitude de sentiments, dont la peur de la maladie et des conséquences qui y sont liées, ce qui peut déclencher plusieurs troubles psychologiques ou augmenter ceux déjà présents chez le patient. Une grande partie des diabétiques présenteraient alors des maladies psychiatriques, telles que :
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- L’anxiété: Souvent liée à l’angoisse de souffrir d’hypoglycémie ou des douleurs provoquées par la maladie, le diabète est souvent synonyme d’angoisse et de stress.
- La dysphorie: Cette maladie se manifeste sous forme de sentiment d’insatisfaction, de perte de motivation ou de tristesse de façon temporaire ou sur le long terme, ce qui peut amener à une dépression.
- L’irritabilité: L’humeur d’une personne diabétique peut varier selon son taux de glycémie (exemple : impatience, irritabilité, mauvaise humeur, …). De plus, les traitements médicamenteux liés au diabète peuvent être source d’exaspération.
Troubles Psychiatriques : Facteurs de Diabète
À l’inverse, les troubles psychiatriques peuvent entraîner l’apparition ou des complications du diabète. La maladie demande en effet une alimentation saine, de l’exercice physique et une prise en charge surveillée. Un trouble mental, comme une forte dépression ou la schizophrénie, pourrait alors empêcher le patient de suivre correctement son traitement. Les données scientifiques ont démontré que la dépression avait un fort impact négatif sur la vie d’un patient diabétique. À savoir que les risques de déclencher une dépression sont trois fois plus élevés chez les diabètes de type 1 et deux fois plus élevé chez les diabètes de type 2 que chez la population non diabétique. De plus, la schizophrénie est également une maladie souvent associée au diabète. Une mauvaise hygiène de vie additionnée à une prise en charge difficile à mettre en place du fait d’une instabilité mentale peut entraîner d’autres pathologies comme le diabète, d’autant plus difficile à traiter ce qui amène à de multiples complications. L’espérance de vie se réduit alors chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Les maladies en elles-mêmes favorisent cette surmortalité mais aussi les pathologies qui en découlent comme l’obésité ou le diabète. À cause de tous ces troubles, le patient risque de développer un “épuisement diabétique” qui le plonge dans un cercle vicieux de démotivation et de complications.
L'Importance de l'Acceptation et du Soutien Psychologique
Le travail d’acceptation de la maladie et des contraintes thérapeutiques est comme un travail de deuil avec ses différentes phases. Après la sidération initiale (sorte de choc et d'anéantissement psychologique), suivie d'une phase de révolte, vous devez peu à peu apprendre à « faire avec », en réduisant psychologiquement les contraintes du traitement au temps qu’elles prennent. Cette acceptation passe en général par une phase dépressive temporaire où vous êtes résigné mais vous espérez vous en sortir. Toutefois, certains patients, terrassés par le choc de la maladie, ont du mal à supporter cette santé diminuée. Ils vivent avec une sorte d’aigreur dépressive et affirment bien souvent avec rancoeur : « Le diabète a pourri ma vie ! » À l’inverse, de peur d’être assimilés à leur maladie et de perdre leur identité, certains choisissent délibérément la dénégation : « Je suis diabétique soit, cela ne changera rien à ma vie. » Diabétiques « clandestins », ils font le minimum pour éviter les comas mais restent en hyperglycémie permanente et courent le risque de complications graves 15 à 20 ans plus tard. Cette peur d’être réduit à la maladie dépend bien sûr de la capacité de chacun à affronter l’adversité, en fonction de sa confiance en soi et dans les autres, en particulier dans les membres de la famille et de l’entourage.
Il est crucial de parler de son mal-être avec son médecin, qui peut orienter le patient vers un psychologue ou prescrire un traitement antidépresseur. Il est également important de se rappeler que l'on n'est pas seul face au diabète et de prendre contact avec une association locale pour échanger avec d’autres patients diabétiques.
L'Étude Satisfy DG : Évaluation de l'Éducation Thérapeutique
Une étude prospective, descriptive et monocentrique réalisée au CHU de Caen par l'intermédiaire du protocole Satisfy DG a évalué l'impact du programme d'éducation thérapeutique (ETP) sur le vécu de la pathologie et de la prise en charge chez des patientes présentant un diabète gestationnel (DG). Les résultats montrent que les patientes comprennent les informations données sur le DG et sa surveillance et se sentent intégrées dans leur prise en charge, ce qui facilite la communication avec les professionnels de santé. Cependant, elles n'arrivent pas toujours à exprimer leurs émotions vis-à-vis du DG, ce qui peut entraîner un stress supplémentaire ou de la culpabilité. Les patientes sous-estiment également le risque de développer un DG lors d'une grossesse ultérieure et de développer un diabète de type 2 à long terme.
L'étude conclut que les patientes sont globalement satisfaites de leur prise en charge en ETP, mais qu'une prise en charge psychologique pourrait être proposée pour améliorer le programme. Il semble également important de divulguer les avantages de combiner l'alimentation avec une activité physique régulière et d'insister sur les risques à long terme en post-partum.
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Stratégies de Relaxation et de Gestion du Stress
Pour évacuer l’anxiété liée à la maladie et pouvant entraîner des complications psychologiques, il est nécessaire de trouver des solutions pour aider l’organisme à libérer les hormones en cause notamment du stress chronique, et pouvant augmenter le risque de maladies psychiatriques.
Techniques de Respiration
Les techniques de respiration sont de très bonnes méthodes pour diminuer le stress. La respiration profonde, par exemple, est une technique facile et rapide à pratiquer pour évacuer l’anxiété. Elle va permettre de libérer l’esprit et de donner un rythme apaisant et régulier à l’organisme. Pour pratiquer la respiration, il faut :
- Trouver une surface plate.
- Éviter de croiser vos membres et de vous recroqueviller.
- Respirer lentement.
- Exhaler profondément.
- Reproduire l’exercice pendant une vingtaine de minutes.
Méditation
La méditation est également un excellent exercice pour se détendre et faire le point sur soi. Le travail du corps et de l’esprit pourra aider à canaliser les peurs et les angoisses chez les patients. Cet exercice doit être pratiqué quotidiennement durant 10 à 20 minutes, et il existe plusieurs formes de méditation avec différents niveaux de maîtrise.
Flottaison en Isolation Sensorielle
La flottaison en isolation sensorielle est une pratique aujourd’hui reconnue pour ses bienfaits anti-stress. Le patient s’installe alors dans un caisson d’isolation sensorielle, qui permet d’entrer dans un instant de calme et de sérénité absolue.
Le Rôle de Roche Diabetes Care France
Consciente des freins et difficultés que peut engendrer cette maladie chronique, Roche Diabetes Care France s'engage à sensibiliser largement aux impacts du diabète sur la vie quotidienne. Depuis avril 2024, Roche Diabetes Care France propose une collection de supports d'informations dédiés aux personnes diabétiques sous le label « Bien Vivre mon diabète ». Elle rassemble des ressources personnalisées et gratuites pour aider les patients diabétiques (DT2 et diabète gestationnel) à vivre plus sereinement.
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