L'accouchement est un moment unique dans la vie d'une femme, et il est important de comprendre les différents termes et processus qui y sont associés. Parmi ces termes, on retrouve "accouchement eutocique" et "accouchement dystocique". Mais que signifient-ils réellement ? Cet article a pour but de définir l'accouchement eutocique, d'expliquer ses étapes et de le différencier de l'accouchement dystocique.
Définition de l'Accouchement Eutocique
Le terme "eutocique" vient du grec, où "eu" signifie "normal, vrai, bien" et "tokos" signifie "accouchement". Ainsi, un accouchement eutocique est défini comme un accouchement physiologique, normal, qui se déroule sans complications majeures. C'est un accouchement où toutes les étapes se passent bien, permettant la sortie du fœtus et de ses annexes hors des voies génitales maternelles, à partir du moment où la femme a atteint le terme théorique de 6 mois de grossesse (soit 28 semaines d’aménorrhée).
En d'autres termes, lors d'un accouchement eutocique :
- Le déclenchement de l’accouchement est spontané, soit par rupture de la poche des eaux, soit par des contractions rapprochées et efficaces.
- Les contractions utérines sont efficaces, assez intenses et rapprochées pour agir sur le col de l’utérus, qui arrive à dilatation complète.
- Le bébé s’engage bien dans le bassin et le traverse sans difficulté.
- L’expulsion du bébé ne nécessite pas d’intervention instrumentale.
Il est important de noter qu'un accouchement peut être eutocique même sous péridurale.
Accouchement Eutocique vs. Accouchement Dystocique
Par définition, un accouchement qui n'est pas eutocique est dit dystocique. Le terme "dystocique" vient également du grec, où "dys" signifie "difficulté". Un accouchement dystocique est donc un accouchement qui comporte des complications empêchant un déroulement entièrement physiologique.
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Ces complications peuvent être de différents types :
- Dystocie dynamique : L'utérus ne se contracte pas suffisamment, ce qui entraîne un travail qui débute trop lentement ou des contractions utérines pas assez intenses pour enclencher le travail.
- Dystocie mécanique : Le passage du bébé vers l'extérieur est impossible, par exemple, en raison d'une mauvaise position du bébé (présentation en siège ou transversale) ou d'un bassin maternel trop étroit.
Il est crucial de souligner qu'un accouchement dystocique n'est pas nécessairement dangereux. Les complications peuvent être gérées par le corps médical grâce à des interventions extérieures pour mener à bien la naissance.
Les Étapes d'un Accouchement Eutocique
Un accouchement eutocique se déroule généralement en plusieurs étapes clés :
Le travail : Cette phase commence avec des contractions utérines régulières, devenant douloureuses, croissantes en intensité et en fréquence (toutes les 5 à 10 minutes au début, puis toutes les 3 à 5 minutes). Ces contractions entraînent des modifications cervicales : le col se centre, s’efface et se dilate. L’effacement du col correspond à une réduction progressive de sa longueur (d'environ 3 cm à 0 cm). La courbe de Friedman évalue la cinétique de dilatation. La phase de latence peut prendre jusqu’à 20h chez la primipare. La phase active se poursuit jusqu’à dilatation complète = 10 cm.
- Si la poche des eaux est rompue en dehors du travail, on parle de rupture prématurée des membranes (RPM). Cela impose une hospitalisation pour prévenir une infection fœtale. La patiente doit rester allongée afin d’éviter une procidence du cordon. Il faut vérifier le terme, la vitalité fœtale, et la présentation du fœtus.
L'expulsion : C'est l'ensemble des mécanismes aboutissant à la sortie du fœtus. Ils comprennent :
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- L’engagement : Passage du plus grand diamètre de la tête ou du siège à travers le détroit supérieur du bassin. Définition : franchissement du détroit supérieur (DS) par le plus grand diamètre de présentation foetale.
- La descente : Passage du plus grand diamètre de la tête ou du siège à travers le détroit moyen du bassin.
- Le dégagement ou l’expulsion : Passage du plus grand diamètre de la tête ou du siège à travers le détroit inférieur du bassin osseux et musculaire. La rotation de restitution de la tête permet le dégagement de l’épaule. L’épaule antérieure se dégage la première, suivie de l’épaule postérieure.
L'épisiotomie, une incision du périnée, peut être réalisée au début de l’ampliation du périnée pour prévenir sa déchirure complète et protéger le sphincter anal lors de l’expulsion. Elle peut être pratiquée de façon médio-latérale ou médiane. Epaules et tronc : mêmes temps que la tête.
La délivrance : C'est l’expulsion des annexes (placenta et membranes) hors des voies génitales, généralement dans les 30 minutes suivant l’expulsion. Elle est spontanée lorsqu’elle est réalisée grâce aux efforts expulsifs de la mère. Elle est dirigée lorsqu’il y a eu injection d’ocytociques lors du dégagement des épaules du fœtus. Il est indispensable de s’assurer de l’intégrité du placenta et des membranes expulsés. En cas de rétention, une révision utérine préviendra la survenue d’une hémorragie de la délivrance. 3 étapes physiologiques :
- Décollement : par rétraction puis CU
- Expulsion : migration en présentant sa face foetale ++ (mode Baudelocque) ou sa face maternelle (mode Duncan)
- Hémostase : par rétraction (ligature vivante) + thrombose par facteurs de coagulation.
Les premiers soins au nouveau-né : Les premiers soins dispensés au nouveau-né visent la prévention de l’hypothermie : il faut l’essuyer et le sécher avant de le mettre sur le ventre de la mère, recouvert d’un lange sec.
La surveillance post-partum immédiate : La durée minimale de surveillance de l’accouchée en salle de naissance est de 2 heures après l’accouchement avant qu’elle ne puisse regagner sa chambre. Elle consiste en une surveillance des constantes (pouls, TA, température), de la coloration de la patiente, de la diurèse, de la rétraction utérine et des saignements vulvaires qui doivent rester inférieurs à 500 ml.
Suites de couches normales
Les suites de couches sont la période qui suit l'accouchement. Elles sont caractérisées par plusieurs phénomènes physiologiques :
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- Involution utérine : Elle est rapide les 2 premières semaines, puis beaucoup plus lente pour se terminer au bout de 2 mois environ. Elle s’effectue grâce aux contractions utérines, qui sont plus douloureuses et nombreuses chez les multipares et lorsque la mère allaite : ce sont les tranchées.
- Lochies : Elles correspondent à un écoulement sanglant, séro-sanglant puis séreux et durent 3 à 4 semaines. En cas d’hyperthermie avec des lochies fétides, il faut suspecter une endométrite.
- Cicatrisation périnéale : Celle des muscles superficiels du périnée dépend de la façon dont s’est déroulé l’accouchement, de la présence ou non d’une épisiotomie ou de lésions périnéales.
- Autres problèmes courants : Une rétention urinaire, constipation, montée laiteuse (due à la chute brutale du taux de progestérone après la délivrance, ce qui entraîne une montée en flèche de la prolactine et une production abondante de lait), baby blues (fréquent vers le troisième jour du post-partum et souvent contemporain de la montée laiteuse, cet état dépressif est transitoire).
Une consultation post-natale est recommandée dans le courant du 2ème mois suivant l’accouchement.
Facteurs Favorisant un Accouchement Eutocique
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de contrôler le déroulement d'un accouchement, certaines mesures peuvent aider à favoriser un accouchement eutocique :
- Pendant la grossesse : Adopter une alimentation saine et équilibrée, pratiquer une activité physique régulière adaptée, et suivre les recommandations de son médecin ou de sa sage-femme.
- Avant et au début du travail : Se renseigner sur les différentes positions qui peuvent aider bébé à descendre, utiliser les accessoires proposés dans les salles d'accouchement physiologique (ballons, cordes, coussins), et demander des conseils à la sage-femme.
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