La grossesse est une période de changements et de découvertes pour la future maman. Au cours du 4ème mois, une nouvelle étape commence, souvent marquée par une diminution des symptômes désagréables du premier trimestre. Cependant, des inquiétudes peuvent surgir, notamment concernant les contractions. Cet article a pour but de vous informer sur les contractions qui peuvent survenir au cours du 4ème mois de grossesse, leurs causes, comment les distinguer des autres douleurs, les risques potentiels pour le bébé et les mesures à prendre pour assurer le bien-être de la mère et de l'enfant.
Reconnaître les contractions de grossesse
Avant de s'inquiéter, il est essentiel de savoir identifier une contraction. Généralement, une contraction se manifeste par une tension au niveau du ventre, qui augmente progressivement pendant quelques secondes avant de disparaître. Au moment culminant, l'abdomen se durcit et l'utérus se contracte.
Pour confirmer qu'il s'agit bien d'une contraction, observez votre ventre. Il doit se durcir et vous devez ressentir une gêne. Si vous êtes allongée les jambes repliées, il devient difficile d'enfoncer vos doigts dans votre ventre. La durée de la tension est également un indicateur important. Selon le Dr Michel Tournaire, gynécologue, une contraction dure généralement entre 30 et 40 secondes. Si la tension persiste pendant plusieurs minutes, il ne s'agit probablement pas d'une contraction, car l'utérus ne peut pas se contracter aussi longtemps sans pause.
Il est important de ne pas confondre les contractions de grossesse avec les mouvements du bébé. C'est pourquoi il est utile de savoir quand vous avez senti votre bébé bouger pour la première fois. En cas de contraction, c'est l'ensemble du ventre qui se durcit, et non une seule partie.
De plus, pendant la grossesse, vous pouvez ressentir des maux de ventre tels que des ballonnements ou des brûlures d'estomac. Ces maux sont différents des contractions et s'accompagnent souvent d'acidité et de problèmes digestifs.
Lire aussi: Conseils : Perte des eaux sans contractions
Il est également possible de confondre les contractions avec le syndrome douloureux pelvien de grossesse. Selon le Dr Michel Tournaire, ce syndrome se traduit par une douleur musculaire au niveau du bassin et des organes proches de l'utérus. Les femmes qui en souffrent décrivent souvent une douleur basse, proche de l'aine. Ces douleurs apparaissent généralement au début du deuxième trimestre, peuvent durer des heures et ont tendance à s'intensifier le soir avec la fatigue.
Les différents types de contractions
Il existe plusieurs types de contractions pendant la grossesse :
Contractions de Braxton Hicks : Ces premières contractions, également appelées contractions de Braxton Hicks, apparaissent vers le 4ème mois de grossesse et aident le bébé à se positionner la tête en bas dans l'utérus. Elles sont indolores pour le bébé et doivent l'être aussi pour la mère. Contrairement aux contractions de travail, elles ne font pas mal, sont rares, intermittentes et irrégulières.
Contractions de travail : Ces contractions surviennent à la fin du 9ème mois de grossesse, avant l'accouchement. Elles permettent d'effacer le col de l'utérus et aident le bébé à se diriger vers le bassin. Elles peuvent être douloureuses, avec une intensité variable d'une femme à l'autre. Elles sont régulières, souvent douloureuses, intenses et fréquentes. Les contractions de travail sont souvent appréhendées par la femme enceinte, qui redoute la douleur et se demande à quoi elle ressemble.
Les contractions au 4ème mois de grossesse
Bien qu'elles soient plus fréquentes au cours du dernier trimestre, il est possible de ressentir des contractions dès le 4ème mois de grossesse. Il s'agit généralement de contractions de Braxton-Hicks, dues au développement de l'utérus. Les fibres musculaires s'agrandissent et se durcissent, ce qui entraîne des contractions.
Lire aussi: Tout savoir sur les contractions
Ces contractions sont irrégulières et ne se font sentir qu'une dizaine de fois par jour. Elles ne sont pas des contractions de travail et la douleur qu'elles provoquent n'est pas comparable. Il s'agit plutôt d'une sensation ressemblant à celle des menstruations, mais moins douloureuse, et impliquant des spasmes. Elles peuvent parfois être associées à des douleurs lombaires.
En général, ces contractions sont normales et ne provoquent pas d'accouchement prématuré. Toutefois, il est conseillé de consulter un médecin en cas de signes anormaux tels que des douleurs vives et des pertes de sang.
Douleurs ligamentaires au 4ème mois
Au cours du 4ème mois de grossesse, les douleurs ligamentaires sont fréquentes et tout à fait naturelles. Elles sont dues à la pression exercée sur les ligaments qui retiennent l'utérus aux os du bassin, lorsque celui-ci prend du volume pour accueillir le bébé. Sous le poids du bébé, les ligaments sont énormément sollicités et s'étirent, provoquant des douleurs ligamentaires.
Ces douleurs se traduisent par des picotements ou, parfois, des décharges électriques. L'effet de tiraillement, localisé vers le pubis et le périnée, peut descendre le long des cuisses, voire des fesses. Les douleurs ligamentaires sont normales et ne présentent aucun danger pour le bébé.
Si vous craignez qu'elles ne soient liées à des contractions, gardez en mémoire qu'elles n'apparaissent en général qu'au lever ou en fin de journée, contrairement aux contractions qui peuvent apparaître à n'importe quel moment.
Lire aussi: Déclenchement naturel : le décollement des membranes
Pour soulager les douleurs ligamentaires, vous pouvez détendre vos ligaments en appliquant une bouillotte sur le bas-ventre (en veillant à ce qu'elle ne soit pas trop chaude) ou en massant les zones douloureuses (aine, cuisses, etc.). Le yoga, si cela vous est permis, peut également vous soulager grâce à certaines postures comme les ailes de papillon. Le repos est également votre meilleur allié, car rester allongée diminuera la sensation des douleurs ligamentaires.
Quand s'inquiéter et consulter ?
Il est important de distinguer les douleurs normales de grossesse des signes qui nécessitent une consultation médicale. Un mal de ventre prononcé à tout moment de la grossesse doit vous inciter à contacter votre gynécologue, qui pourra vérifier l'état de votre col et s'assurer qu'il ne s'ouvre pas.
Avant l'approche du terme et la naissance du bébé, notamment pendant le septième ou huitième mois de grossesse, les contractions douloureuses ne sont pas normales. Si les contractions sont fréquentes, c'est-à-dire avec un intervalle d'environ dix minutes, ou si elles s'accompagnent de douleurs même au repos, il est important de prendre le problème très au sérieux. En fonction du stade de la grossesse, vous pouvez consulter votre gynécologue ou vous rendre directement à la maternité pour être examinée par une sage-femme et un gynécologue obstétricien. Le risque est alors d'avoir un accouchement prématuré.
Il est également important de connaître les signes d'une fausse couche ou d'un accouchement prématuré :
Fausse couche : Elle provoque des douleurs pelviennes, pouvant s'apparenter aux menstruations, accompagnées de saignements vaginaux et du rejet de matières brunâtres et de caillots de sang.
Accouchement prématuré : Les contractions deviennent brusquement intenses et fréquentes. Les signes d'un accouchement prématuré sont des douleurs vives dans le bas-ventre, de la fièvre, une vision trouble, un mal de tête intense parfois accompagné de vomissements, et un gonflement des mains, des pieds ou du visage.
En cas de saignement, il est impératif de se rendre d'urgence à la maternité, car celui-ci peut parfois être abondant.
Facteurs favorisant les contractions
Votre rythme de vie peut favoriser le nombre de contractions, surtout si vous êtes trop active, que votre corps n'arrive plus à suivre, que vous êtes stressée et soumise à de nombreuses pressions.
Pour éviter les contractions, il est important de se reposer, surtout en fin de journée, en s'allongeant. Il est également conseillé de s'abstenir de porter de lourdes charges, d'éviter les situations de stress et de boire au moins 1,5 litre d'eau par jour, car l'utérus est un muscle qui, s'il est déshydraté, se contracte.
Que faire en cas de contractions ?
La meilleure chose à faire en cas de contractions est de se reposer. Vous êtes enceinte et c'est le moment de vous ménager. Personne ne vous reprochera de vous accorder quelques heures de sieste.
Faites également attention aux chaussures que vous portez ; celles-ci doivent être confortables, souples et ne pas avoir de trop hauts talons. Les contractions peuvent être soulagées en vous allongeant et en vous installant sur le côté avec un oreiller calé entre vos jambes.
Si les contractions sont douloureuses, vous pouvez appliquer une bouillotte sur le bas-ventre ou prendre un bain chaud.
Dans certains cas, le médecin ou la sage-femme pourra prescrire un antispasmodique pour calmer les contractions. En complément, l'homéopathie peut traiter les causes de ces contractions grâce à un traitement personnalisé en fonction de la situation. Il est toutefois recommandé de demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien pour obtenir le traitement sur mesure pour la maman et son bébé.
Menace d'accouchement prématuré
La menace d'accouchement prématuré est une situation faisant craindre un accouchement avant terme. Les nouveau-nés prématurés doivent bénéficier d'une surveillance médicale accrue du fait de leur plus grande fragilité à la naissance et des conséquences possibles à long terme.
Devant les symptômes suivants, il est nécessaire de contacter rapidement votre médecin ou votre sage-femme :
- des maux de ventre ou dans les reins : vous pouvez ressentir comme un poids, une pression dans le bas du ventre et/ou dans les reins. Une douleur sourde plus ou moins continue, qui peut aussi vous envahir par vague, et remonter vers le haut du corps.
- une perte de liquide évoquant une rupture de la poche des eaux.
L'échographie, réalisée par voie vaginale, permet d'observer et de mesurer la longueur du col de l'utérus et de s'assurer de l'absence de protrusion de la poche des eaux à l'orifice interne. Lorsque vous consultez pour des contractions utérines et que l'examen clinique ainsi que l'échographie ne montrent aucune modification du col, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. On peut néanmoins vous conseiller de vous ménager, et en particulier de vous arrêter de travailler si celui-ci est pénible ou si vous devez faire beaucoup de voiture (ou tout au moins passer en mi-temps thérapeutique).
Si votre médecin estime que le traitement et la surveillance à domicile ne sont pas suffisants, il peut prendre la décision de vous transférer vers une unité de soins qui possède un service de néonatologie (Maternité niveau II ou III en fonction de votre terme).
Vivre une situation de menace d'accouchement prématuré est angoissant. Il est important de ne pas rester seule, de se faire aider, de consulter si besoin une psychologue et/ou de partager ses états d'âme sur un blog.
Placenta bas inséré et saignements
Normalement, le placenta se fixe au fond de la cavité utérine. Un placenta bas inséré est un placenta implanté sur la partie inférieure de l'utérus. On parle de placenta prævia lorsqu'il recouvre en partie ou en intégralité le col de l'utérus.
On retrouve plus souvent un placenta bas inséré après une césarienne, ou un curetage, ou en cas de grossesse gemellaire ; les fibromes peuvent également avoir une influence sur le positionnement du placenta.
Un placenta bas inséré en début de grossesse est assez commun. Ainsi, si à votre première échographie, votre placenta semble partiellement ou totalement recouvrir le col de l'utérus, ne vous alarmez pas. Il y a de grandes chances pour qu'il remonte dans l'utérus au fil des semaines.
Lorsque le placenta est inséré près du col, les contractions utérines risquent de déclencher un décollement du placenta plus ou moins important et donc un saignement plus ou moins abondant selon l'âge de la grossesse. Il faudra donc limiter au maximum les situations capables de déclencher des contractions utérines.
La grande majorité des saignements qui surviennent en début de grossesse sont la conséquence d'un placenta bas inséré. A l'inverse, très peu de placenta bas inséré occasionnent des saignements.
En cas de saignement, il est impératif de se rendre d'urgence à la maternité, car celui-ci peut parfois être abondant.
Si le placenta est recouvrant, c'est une indication de césarienne. Si le placenta est positionné latéralement, l'équipe médicale attendra le début naturel du travail. Il est possible qu'il y ait un début de saignement, mais le fait de percer la poche des eaux permettra de stopper cette perte de sang.
Rupture de la poche des eaux
La rupture prématurée des membranes (rupture avant le début du travail) concerne 5 à 10% des grossesses. Ses facteurs de risque sont les mêmes que ceux de la prématurité spontanée à membranes intactes.
La rupture des membranes provoque la perte de liquide amniotique et donc un oligoamnios (manque de liquide). L'absence totale de liquide amniotique est appelée anamnios. Le liquide amniotique participe au développement du fœtus.
Avant terme (≤ 36 semaines d'aménorrhée), en l'absence d'infection, un traitement associant antibiotiques, corticoïdes pour accélérer la maturation des poumons du bébé et médicament destiné à stopper les contractions utérines est administré.
Activité physique et contractions
Tout sport qui sollicite les abdominaux ou qui a un impact sur le périnée est déconseillé, les abdominaux ayant besoin de se distendre pour faire de la place à l'utérus. A partir de quatorze semaines de grossesse, il faut choisir une activité physique adaptée, comme la piscine (la nage ne sollicite aucun appui pelvien) ou le yoga de façon encadrée.
tags: #contractions #grossesse #4 #mois #risque #bebe