Le choix d'un prénom pour un enfant est une décision importante et complexe pour les parents. En France, la loi de 1993 a accordé une plus grande liberté aux parents dans le choix des prénoms, ce qui a conduit à une augmentation de la diversité et de l'originalité des prénoms. Cependant, cette liberté s'accompagne également de certaines craintes et considérations, notamment la pression sociale et le désir d'éviter le ridicule.
L'Évolution de la Législation et la Liberté de Choix
La loi de 1993 sur l'état civil (article 57, modifié Cc) a marqué un tournant en France en instituant « la liberté complète de choix par les parents sous réserve d’un contrôle a posteriori résultant d’une faculté d’opposition ouverte au procureur de la République dans l’intérêt de l’enfant ». Cette modification législative a permis aux parents d'inventer ou de créer des prénoms, en s'inspirant de leurs expériences personnelles, de leurs goûts, de leurs voyages ou de leurs origines familiales.
Cette tendance à l'individuation dans le choix des prénoms a créé un paradoxe. D'une part, les parents souhaitent choisir un prénom original et unique pour leur enfant. D'autre part, ils veulent éviter un prénom trop banal ou, à l'inverse, un prénom trop excentrique qui pourrait attirer les moqueries. Un informateur explique : « Il faut un prénom original et en même temps pas trop ».
La Pression Sociale et le Jugement d'Autrui
Malgré la liberté de choix accordée par la loi, les parents restent sensibles à la pression sociale et au jugement de leur entourage. Nos enquêtes révèlent que la loi adoptée en 1993 est souvent jugée “trop” permissive puisqu’elle institue une liberté de choix quasi totale pour les parents. Ainsi la maman de Léoline explique : « On a voulu donner un prénom qui sorte à la fois des sentiers battus mais sans choquer, qui, à l’oreille, passe comme un autre prénom […] Léoline ça peut être la contraction de deux noms : Léopoldine et Caroline, Léon et Line… ».
Le choix du prénom doit donc trouver un équilibre entre l'individuation et la conformité sociale. Les parents doivent tenir compte de leurs propres références et de leur histoire familiale, tout en évitant de choisir un prénom qui pourrait être mal perçu par la société. La crainte de tomber dans le ridicule affleure sans cesse dans les témoignages de ceux qui souhaitent sortir des chemins balisés des prénoms canoniques. Comment ne pas faire de son enfant la risée des cours de récréation par un choix trop singulier ?
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Les Stratégies d'Évitement et les "Faux" Noms
Pour éviter les jugements et les critiques, certains parents adoptent des stratégies d'évitement. Une piste intéressante est donnée sur les prénoms improbables (importables à un moment donné) lorsque les parents livrent de “faux” noms, par plaisanterie, aux curieux avant la naissance de l’enfant : « Cunégonde c’est un peu difficile à porter » dit le père de Martin. Il dit aussi : « Évidemment, il y avait des questions chaque semaine : ‘Alors vous avez décidé d’un prénom ?’ On disait : ‘Si c’est une fille, elle s’appellera Hildegarde et si c’est un garçon, il s’appellera Dalbert… ’ Enfin bon, on éludait la question et on gardait vraiment le secret ».
Ces "faux" noms permettent aux parents de détourner l'attention et de préserver leur intimité, tout en testant les réactions de leur entourage face à des prénoms plus originaux.
Les Prénoms "Monstrueux" et les Tabous
Certains prénoms sont jugés “monstrueux”. Ce sont ceux que l’Histoire ou l’actualité ont déqualifiés pour une durée indéterminée. C’est le cas de Adolphe sur lequel, selon P. Besnard et G. Desplanques, pèse un véritable tabou à cause de Hitler. Grégory subit le même sort depuis “l’affaire Villemin” : l’assassinat d’un petit garçon en 1984 qui fit la “Une” de l’actualité pendant des années et qui reste inexpliqué à ce jour.
Ces prénoms sont perçus comme porteurs de malheur ou associés à des événements tragiques, ce qui les rend inacceptables pour la plupart des parents. Le jugement dépréciatif s’exerce aussi sur certains prénoms étrangers. C’est le cas des prénoms anglo-américains qui, pensent certains, sont vulgaires parce qu’ils sont empruntés à des séries télévisées.
La Mode et l'Imitation
Le choix d'un prénom est également influencé par la mode et les tendances. L’idée commune est de dire qu’un prénom est “dans l’air” à un moment donné ; la doxa a tôt fait de traduire cette situation paradoxale en l’intitulant “phénomène de mode”.
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Les prénoms de célébrités, de personnages de films ou de séries télévisées peuvent ainsi connaître un regain de popularité. Cependant, cette popularité peut être éphémère et conduire à une banalisation du prénom, ce qui peut décevoir les parents qui recherchaient l'originalité.
Le Désir d'Unicité et la Peur de la Copie
Paradoxalement, de nombreux parents souhaitent choisir un prénom rare et unique pour leur enfant, tout en craignant que ce prénom ne devienne à la mode et ne soit copié par d'autres.
Ainsi, saisie sur le vif, voici la preuve qu’une fois le prénom donné, il devient la proie des imitateurs. La mésaventure du prénom qui “devient à la mode” aussitôt qu’il a été choisi, nous a été racontée tant de fois qu’il ne peut s’agir d’un simple mécanisme de défense. Chaque informateur est persuadé d’être la proie d’un “copieur” sans imagination, même si lui-même a choisi un prénom déjà entendu : une personne rencontrée autrefois, un beau bébé, etc.
Cette peur de la copie peut conduire les parents à choisir des prénoms encore plus originaux, voire à inventer des prénoms de toutes pièces.
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