Les contractions nerveuses involontaires, souvent déroutantes et parfois inquiétantes, sont des phénomènes courants qui peuvent se manifester de différentes manières. Cet article explore les causes potentielles de ces contractions, leurs diverses manifestations et les approches pour les gérer.
Introduction aux contractions musculaires involontaires
Un muscle peut se contracter de façon brusque et involontaire, entraînant des contractions prolongées. Ces spasmes, différents des crampes par leur durée, peuvent toucher diverses zones du corps. Les spasmes ou contractions musculaires involontaires sont très fréquents et peuvent se produire dans tous les muscles squelettiques. Scientifiquement, on appelle ces contractions involontaires des fasciculations. Elles se produisent le plus souvent dans les muscles des membres, les paupières, et parfois dans le dos.
Spasmes Hypniques : Sursauts au moment de l'endormissement
Vous êtes sur le point de vous endormir quand soudain, votre jambe ou tout votre corps sursaute comme si vous tombiez dans le vide ? Vous venez probablement de vivre un spasme hypnique, un phénomène aussi étonnant que fréquent. Le spasme hypnique, également appelé myoclonie d’endormissement, désigne une contraction musculaire brutale, brève et involontaire qui se produit au moment où l’on s’endort. Il s’agit d’un phénomène physiologique survenant à la frontière entre l’état de veille et le sommeil léger, plus précisément pendant la phase hypnagogique.
Causes des spasmes hypniques
L’explication la plus répandue est liée à la manière dont le cerveau interprète le relâchement musculaire qui précède l’endormissement. Quand les muscles commencent à se détendre rapidement, le cerveau, encore partiellement éveillé, pourrait percevoir ce relâchement comme un signal de chute. Il déclenche alors un réflexe de sursaut pour « corriger » ce danger perçu, même s’il n’existe pas réellement. Ce réflexe de contraction musculaire, semblable à celui qui nous fait sursauter lorsqu’on est surpris ou déséquilibré, est censé protéger le corps. Il s’agirait d’un vestige de mécanismes archaïques de survie, datant de l’époque où nos ancêtres dormaient dans les arbres et devaient éviter les chutes accidentelles.
Les spasmes hypniques sont plus fréquents en période de grande fatigue, de stress ou de privation de sommeil. En effet, un système nerveux sursollicité ou épuisé est plus susceptible de réagir de manière désordonnée pendant la transition vers le sommeil. Par ailleurs, la consommation de caféine, de nicotine ou de certains médicaments stimulant le système nerveux central peut également favoriser l’apparition de ces sursauts. De même, pratiquer une activité physique intense trop tard dans la journée peut retarder l’endormissement et rendre le sommeil plus instable, augmentant la probabilité de spasmes.
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Quand s'inquiéter des spasmes hypniques ?
Dans l’immense majorité des cas, les spasmes hypniques sont inoffensifs. Ils font partie des phénomènes physiologiques normaux associés à l’endormissement, et n’ont pas de conséquence sur la santé. Cependant, lorsqu’ils deviennent trop fréquents ou trop intenses, ils peuvent perturber la qualité du sommeil. Chez certaines personnes, ils entraînent une véritable appréhension de l’endormissement, un cercle vicieux où la peur de sursauter empêche de s’endormir, et où la fatigue accumulée augmente les spasmes.
Dans des cas plus rares, les spasmes peuvent être confondus avec d’autres troubles neurologiques comme :
- Les myoclonies nocturnes pathologiques
- Le syndrome des jambes sans repos
- Certaines formes d’épilepsie nocturne
Si les secousses sont très fréquentes, douloureuses, s’accompagnent d’hallucinations ou interfèrent sérieusement avec le sommeil, une consultation chez un médecin du sommeil ou un neurologue est recommandée.
Comment limiter les spasmes hypniques ?
Il est souvent possible de réduire l’intensité ou la fréquence des spasmes hypniques avec des gestes simples et une meilleure hygiène de sommeil :
- Adopter une routine de coucher régulière
- Dormir dans un environnement calme, sombre, bien ventilé
- Éviter les écrans au moins 1 heure avant de dormir
- Pratiquer des techniques de relaxation : cohérence cardiaque, respiration lente, méditation, sophrologie
- Créer une transition douce vers le sommeil : lumière tamisée, musique relaxante
- Supprimer café, thé, cola ou chocolat à partir de la fin d’après-midi
- Limiter l’alcool et la nicotine, qui perturbent le cycle veille-sommeil
- Pratiquer du sport en journée, mais éviter l’effort physique intense après 19h
Fasciculations : Contractions Bénignes
Tu es assis(e) au restaurant avec des ami(e)s et d’un seul coup ta paupière gauche s’agite de façon incontrôlable. Tu te demandes si quelqu’un la remarqué et pourquoi cela arrive. Les spasmes ou contractions musculaires involontaires sont très fréquents et peuvent se produire dans tous les muscles squelettiques. Ils impliquent la plupart du temps une seule unité motrice, qui est constituée d’un nerf moteur (nerf qui transporte l’information à partir du cerveau) et des fibres musculaires dans lesquelles il se connecte. Une contraction musculaire volontaire peut impliquer des milliers d’unités motrices en fonction de la quantité de force appliquée. Scientifiquement, on appelle ces contractions involontaires des fasciculations. Elles se produisent le plus souvent dans les muscles des membres, les paupières, et parfois dans le dos.
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Causes des fasciculations
La théorie la plus largement acceptée est que ces contractions involontaires sont dues à une irritation du nerf, mais on ne sait pas vraiment dans quelle zone l’irritation se produit. Ces fasciculations ont tendance à apparaître après l’entraînement, quand on est stressé, fatigué ou lorsque l’on a des carences alimentaires (manque de nutriments et/ou micronutriments dans l’alimentation). Peuvent également causer des fasciculations une consommation excessive d’alcool, la caféine et le tabagisme. Encore une fois, les mécanismes qui provoquent « ces secousses » sont mal connus parce qu’ils sont difficilement prévisibles, très courts et disparaissent sans la prise de médicament.
Quand s'inquiéter des fasciculations ?
Il faut savoir que les contractions musculaires involontaires sont un des symptômes d’une maladie appelée sclérose en plaques (SEP) et aussi de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Si elles se produisent souvent, par exemple tous les jours sur une longue période, une consultation médicale pourrait être envisagée. Si une contraction musculaire est violente, cela peut être une fibrillation et non une fasciculation. Cette contraction très forte peut être un signe de myopathie (maladie du tissu musculaire).
Spasmes Musculaires : Origines Multiples
Les spasmes musculaires ont des origines multiples, souvent bénignes (sursollicitation, stress, posture) et sont la plupart du temps idiopathiques (sans lien avec une maladie). Toutefois, ils peuvent également être liés à un trouble métabolique ou neurologique.
Fatigue, sursollicitation et postures prolongées
Lors d'une activité intensive, le muscle consomme ses réserves d'énergie, ses fibres s’épuisent et accumulent des déchets métaboliques. Moins de glycogène et plus de métabolites perturbent la jonction neuromusculaire, favorisant crampes et spasmes. Les sports d’endurance, le travail physique soutenu, ou un entraînement brutal sans échauffement sont souvent en cause. Les postures prolongées (travail sur écran, position assise ou debout statique) entraînent une tension des muscles de faible intensité mais continue, susceptible de générer des raideurs et des spasmes au niveau de la nuque, du dos, des épaules ou des mâchoires. Une position statique prolongée crée une ischémie relative (diminution de l'apport de sang), favorisant les contractions réflexes.
Stress, système nerveux et tension musculaire
Le système nerveux central est intimement lié à notre musculature. En cas d'anxiété, le cerveau maintient un niveau de vigilance élevé, augmentant le tonus musculaire, y compris au repos. Certaines conditions de travail peuvent également favoriser ces atteintes musculo-squelettiques (tension accrue, forces d’appui, temps de récupération insuffisant). Le stress amplifie la perception de la douleur et altère le processus de réparation des microtraumatismes des tissus mous.
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Causes médicales des spasmes musculaires
Plus rarement, certaines pathologies sous-jacentes peuvent aussi être à l’origine de myoclonies, notamment :
- Les déséquilibres du métabolisme : hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie ou hyponatrémie (sodium), dérèglements hormonaux (hypo- ou hyperthyroïdie), carences vitaminiques, affections hépatiques (cirrhose) ou rénales.
- Les maladies neurologiques peuvent induire des spasmes ou des crampes en raison d’une hyperexcitabilité motoneuronale, de lésions nerveuses ou de dysfonctionnements réflexes (diabète, alcoolisme, maladie de Parkinson, maladie de Creutzfeldt-Jakob, séquelles d’AVC, sclérose en plaques).
- Certains traitements (chimiothérapie ou médicaments affectant les canaux ioniques) peuvent induire des dysfonctionnements nerveux et des spasmes secondaires.
Myoclonies : Mouvements Anormaux et Involontaires
Une myoclonie n’est pas une pathologie, mais un signe clinique qui, lorsqu’il est pathologique, constitue l’un des symptômes d’une maladie. Une myoclonie correspond à un mouvement anormal, involontaire, soudain et brusque. Ses origines peuvent être nombreuses : médicamenteuses, neurodégénératives, génétiques, métaboliques, etc. Son diagnostic est clinique et complété par un bilan sanguin ou des examens d’imagerie médicale.
Types de myoclonies
- Myoclonies épileptiques: Elles peuvent s'inscrire dans le cadre d'une crise d'épilepsie généralisée, ou dans le cadre des crises d'épilepsie partielles motrices. Dans ce dernier cas, elles peuvent atteindre un hémicorps ou uniquement un hémiface.
- Myoclonies du voile du palais: Très rares, elles résultent d'une lésion de fibres réunissant l'olive bulbaire et le noyau dentelé du cervelet.
Diagnostic différentiel des mouvements involontaires
Il existe de nombreux mouvements involontaires, variés et parfois associés entre eux, souvent dus à des médicaments. Il n'est pas rare qu'un mouvement involontaire soit de diagnostic difficile. Il est important de distinguer les myoclonies d'autres mouvements involontaires tels que :
- Tremblements: Tremblement de repos (parkinsonien), tremblement d'attitude, tremblement d'action ou intentionnel (cérébelleux).
- Dystonies: Contraction musculaire prolongée ou prise de posture anormale.
- Tics: Mouvement ou vocalisation involontaire, soudain, bref, stéréotypé.
- Hémiballisme: Mouvement involontaire brusque et rapide, de très grande amplitude et rotatoire.
- Chorées et dyskinésies: Mouvements involontaires brusques, brefs, variables dans leur distribution, fréquence et intensité.
- Syndrome des jambes sans repos: Sensations pénibles survenant au repos, obligeant à marcher pour les soulager.
Dystonie et Syndrome d'Ehlers-Danlos (SED)
La dystonie est un trouble du mouvement induit par un dysfonctionnement du système nerveux central, c’est-à-dire un trouble du tonus musculaire lié à un mauvais signal envoyé par le cerveau. Notre cerveau décide de chaque geste. La dystonie n’est ni un toc ni un tic, ni une maladie de Parkinson, ni une tumeur cérébrale, ni de l’épilepsie, ni une maladie psychiatrique.
75 % des patients atteints de SED présenteraient une dystonie selon Hamonet et al. 4/4 : 7% des patients. Cette dystonie n’est absolument pas abordée dans les articles du consortium international publiés en 2017, à part pour indiquer que les rapports à ce sujet sont « anecdotiques » et qu’aucune étude publiée ne permet de déterminer que la dystonie est une comorbidité du SED.
Manifestations de la dystonie dans le SED
Des crises toniques de l’ensemble d’un hémicorps ou de la totalité du corps avec, parfois, des attitudes en opisthotonos et la possibilité de blessures ou d’hématomes facilités par la finesse de la peau et la grande fragilité des vaisseaux. La sévérité de la dystonie est variable. Ces contractions dystoniques peuvent provoquer des luxations d’épaule, doigts, hanche, rotule ou de la mâchoire. La durée de ces manifestations de dystonie est habituellement brève mais elles peuvent se prolonger plusieurs jours, semaines, mois ou, très exceptionnellement, années comme cela a été observé dans quelques cas. La dystonie est volontiers associée à l’accentuation d’autres manifestations du syndrome. Il s’agit de douleurs qui peuvent être très intenses et diffuser au-delà de la partie du corps concerné par la dystonie.
Diagnostic et traitement de la dystonie dans le SED
Le diagnostic de syndrome d’Ehlers-Danlos doit être évoqué devant des manifestations dystoniques et faire rechercher les autres symptômes du syndrome. Malgré l’absence de déficit en L-Dopa confirmée par datscanns, le Professeur Césaro, neurologue spécialiste de la maladie de Parkinson, a conseillé la prescription d’amantadine, molécule provoquant la libération de dopamine au niveau du striatum. L’utilisation de L-Dopa ou levodopa peut également être tentée.
Les prescriptions recommandées par le Pr Hamonet et le Pr Césaro sont donc : “ Mantadix 100mg/jour pendant une semaine, 200 mg/j pendant une semaine, 300 mg/j pendant une semaine, 400mg/j. Choisir la dose minimale efficace. “
Spasmes Musculaires : Quand consulter et quels traitements ?
Si les spasmes musculaires sont fréquents ou perturbent votre vie quotidienne, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant. "Au besoin, celui ci vous orientera vers un médecin de médecine physique et de réadaptation ou un neurologue ", précise le Dr.
Diagnostic des spasmes musculaires
La pose du diagnostic est facilitée car les symptômes sont évocateurs. Lors de l'examen clinique, le médecin retrouvera un muscle dur, contracté et souvent encore douloureux. Celle-ci sera d'ailleurs amplifiée lorsque le médecin cherchera à étirer le muscle concerné. La plupart du temps, des examens complémentaires ne sont pas nécessaires. Mais si les spasmes concernent la zone abdominale ou s'ils sont particulièrement intenses, il pourra prescrire une échographie ou une IRM.
Traitements possibles
- Médicaments: "Il s'agit principalement de myorelaxants musculaires comme : Miorel thiocolchicoside ou Lumirelax. Des injections de toxine botulique peuvent aussi être recommandées pour empêcher la contraction musculaire ", indique le Dr.
- Soins à domicile: En cas de spasmes, massez la zone douloureuse avec des pommades réchauffantes à base de camphre.
- Aromathérapie: L'huile essentielle de lavandin super possède des vertus myorelaxantes et antalgiques qui soulagent vite et bien les contractures musculaires bénignes. Diluez 20 gouttes de cette huile essentielle dans 50 ml d'huile végétale (olive, tournesol, macadamia…) et appliquez cette préparation sur le membre douloureux.
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