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Commerce d'ovocytes en Espagne : législation, pratiques et enjeux

Le commerce d'ovocytes en Espagne est un sujet complexe, encadré par une législation spécifique et soulevant des questions éthiques importantes. L'Espagne est devenue une destination privilégiée pour les femmes souhaitant recourir au don d'ovocytes, en raison de sa législation permissive et de la présence de nombreuses cliniques spécialisées. Cet article explore en détail la législation espagnole en matière de don d'ovocytes, les pratiques courantes, les motivations des donneuses et des receveuses, ainsi que les enjeux éthiques et économiques liés à ce commerce.

Introduction au don d'ovocytes en Espagne

Le don d'ovocytes est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui consiste à utiliser les ovocytes d'une donneuse pour féconder le sperme du conjoint de la receveuse, ou le sperme d'un donneur si nécessaire. Cette technique est souvent utilisée lorsque la femme ne peut pas produire ses propres ovocytes, en raison de problèmes d'ovulation, d'un vieillissement prématuré des ovaires, de traitements anticancéreux ou d'altérations génétiques.

En Espagne, le don d'ovocytes est légal et anonyme. Le pays est devenu un leader européen dans ce domaine, avec un grand nombre de cliniques de fertilité proposant cette technique aux patientes espagnoles et étrangères. Selon les données de la Société espagnole de fertilité (SEF), plus de 13 000 cycles de don d'ovocytes ont été réalisés en Espagne.

Cadre législatif du don d'ovocytes en Espagne

La législation espagnole en matière de procréation assistée est l'une des plus permissives d'Europe. La loi 14/2006 du 26 mai sur les techniques de reproduction humaine assistée encadre le don d'ovocytes et établit les principes suivants :

  • Anonymat du don : L'identité de la donneuse et de la receveuse est protégée. La donneuse ne peut pas connaître l'identité de l'enfant né de son don, et la receveuse ne peut pas connaître l'identité de la donneuse.
  • Altruisme du don : Le don d'ovocytes doit être un acte volontaire et altruiste. La loi interdit de faire du commerce avec le corps humain et ses cellules.
  • Compensation financière : Bien que le don d'ovocytes doive être altruiste, la loi autorise une compensation financière pour les donneuses afin de couvrir les dépenses et les désagréments liés au don. Le montant de cette compensation est fixé par chaque centre de fertilité, dans le respect des limites établies par la loi.
  • Âge des donneuses : Les donneuses d'ovocytes doivent être âgées de 18 à 35 ans.
  • Examens médicaux et psychologiques : Les donneuses sont soumises à des examens médicaux et psychologiques rigoureux afin de garantir leur santé et leur aptitude au don. Ces examens permettent de détecter d'éventuelles maladies génétiques ou infectieuses transmissibles à l'enfant.
  • Nombre maximal d'enfants par donneuse : La loi limite le nombre d'enfants pouvant naître des ovocytes d'une même donneuse, afin de limiter les risques de consanguinité. En Espagne, le nombre est limité à six.

Le processus de don d'ovocytes en Espagne

Le processus de don d'ovocytes en Espagne comprend plusieurs étapes :

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  1. Sélection de la donneuse : La receveuse fournit des informations sur ses caractéristiques physiques (taille, poids, couleur des yeux, des cheveux, etc.) et son groupe sanguin. La clinique sélectionne ensuite une donneuse qui correspond le mieux à ces caractéristiques. Certaines cliniques proposent également un "matching phénotypique" pour assurer une ressemblance physique entre la donneuse, la receveuse et le futur enfant.
  2. Stimulation ovarienne de la donneuse : La donneuse reçoit un traitement hormonal pour stimuler ses ovaires et produire plusieurs ovocytes matures.
  3. Prélèvement des ovocytes : Les ovocytes sont prélevés par ponction folliculaire, une intervention chirurgicale mineure réalisée sous anesthésie.
  4. Fécondation in vitro (FIV) : Les ovocytes de la donneuse sont fécondés avec le sperme du conjoint de la receveuse ou le sperme d'un donneur.
  5. Transfert embryonnaire : Les embryons obtenus sont cultivés en laboratoire pendant quelques jours, puis un ou deux embryons sont transférés dans l'utérus de la receveuse.
  6. Soutien de la phase lutéale : La receveuse reçoit un traitement hormonal pour soutenir la phase lutéale et favoriser l'implantation de l'embryon.
  7. Test de grossesse : Un test de grossesse est effectué environ deux semaines après le transfert embryonnaire.

Qui sont les donneuses d'ovocytes en Espagne ?

Les donneuses d'ovocytes en Espagne sont généralement des jeunes femmes âgées de 18 à 35 ans. Elles sont soumises à des examens médicaux et psychologiques rigoureux pour garantir leur santé et leur aptitude au don.

Les motivations des donneuses sont diverses. Certaines donnent par altruisme, pour aider les femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants. D'autres sont motivées par la compensation financière offerte par les cliniques, qui peut atteindre environ 1 000 euros par don. Cette compensation peut être une source de revenus importante pour les étudiantes ou les jeunes femmes en situation de précarité économique.

Qui sont les receveuses d'ovocytes en Espagne ?

Les receveuses d'ovocytes en Espagne sont des femmes qui ne peuvent pas produire leurs propres ovocytes, en raison de problèmes d'ovulation, d'un vieillissement prématuré des ovaires, de traitements anticancéreux ou d'altérations génétiques. Elles peuvent également être des femmes célibataires ou des couples de lesbiennes souhaitant avoir un enfant.

De nombreuses receveuses viennent de l'étranger, notamment de France, où la législation sur la PMA est plus restrictive. L'Espagne est devenue une destination privilégiée pour le "tourisme procréatif", en raison de sa législation permissive, de la présence de nombreuses cliniques spécialisées et de l'absence de listes d'attente.

Enjeux éthiques et économiques du don d'ovocytes en Espagne

Le don d'ovocytes en Espagne soulève plusieurs enjeux éthiques et économiques :

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  • Anonymat du don : L'anonymat du don est un principe fondamental de la législation espagnole. Cependant, certaines voix s'élèvent pour demander la levée de l'anonymat, afin de permettre aux enfants nés d'un don de connaître leurs origines.
  • Commercialisation du corps humain : La compensation financière offerte aux donneuses soulève la question de la commercialisation du corps humain. Certains considèrent que cette compensation transforme le don d'ovocytes en une activité lucrative, ce qui est contraire à l'éthique.
  • Exploitation des femmes : La compensation financière peut inciter des jeunes femmes en situation de précarité économique à donner leurs ovocytes, ce qui soulève des questions d'exploitation.
  • Tourisme procréatif : Le tourisme procréatif peut entraîner des inégalités d'accès à la PMA, car seules les femmes ayant les moyens financiers de se déplacer à l'étranger peuvent bénéficier de ces techniques.
  • Qualité des soins : La présence de nombreuses cliniques de fertilité en Espagne peut entraîner une concurrence accrue et une baisse de la qualité des soins. Il est important de choisir une clinique réputée et de s'assurer que les donneuses sont correctement informées et suivies.

Alternatives au don d'ovocytes

Il existe plusieurs alternatives au don d'ovocytes, en fonction de la situation de la femme :

  • FIV avec les propres ovocytes de la femme : Si la femme produit encore des ovocytes, même en faible quantité, une FIV avec ses propres ovocytes peut être envisagée.
  • Adoption d'embryons : L'adoption d'embryons consiste à implanter dans l'utérus de la receveuse un embryon issu d'un autre couple ayant suivi une FIV.
  • Adoption : L'adoption est une autre alternative pour les femmes ou les couples souhaitant avoir un enfant.

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tags: #commerce #ovocytes #espagne #législation

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