La question de la retraite des chauffeurs routiers est un sujet complexe, influencé par divers facteurs tels que le statut (salarié ou indépendant), le type de transport effectué (marchandises, voyageurs, fonds), et les régimes de retraite auxquels ils sont affiliés. Cet article vise à éclaircir les différents aspects de la retraite des chauffeurs routiers en France, en abordant l'âge de départ, le calcul de la pension, les dispositifs spécifiques comme le Congé de Fin d'Activité (CFA), et les conditions pour en bénéficier.
Quel régime de retraite pour les chauffeurs routiers ?
La profession de chauffeur routier englobe différents secteurs d'activité, tels que le transport de biens, de fonds ou de voyageurs. Le régime de retraite auquel un chauffeur routier est affilié dépend de son statut professionnel.
Chauffeurs routiers salariés : Les chauffeurs routiers employés dans une entreprise de transport de marchandises, de personnes, de fonds ou de déménagement sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale pour leur retraite de base et à l'Agirc-Arrco pour leur retraite complémentaire. Leurs cotisations sont versées à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) pour la retraite de base et à l’Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire. La Convention collective nationale des transports routiers et des activités auxiliaires du transport s'applique à ces salariés.
Chauffeurs routiers indépendants : Certains chauffeurs routiers exercent en tant que travailleurs non-salariés, par exemple sous le statut de micro-entrepreneur. Dans ce cas, ils cotisent auprès de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), qui remplace le RSI. Pour leur retraite complémentaire, ils dépendent de la Retraite Complémentaire des Indépendants (RCI).
Chauffeurs routiers du secteur public : Les chauffeurs de la RATP, de la SNCF ou de la fonction publique dépendent de ces régimes respectifs, et bénéficient des conditions et des modes de calcul correspondants pour leur retraite. À noter qu'à compter du 1ᵉʳ septembre 2023, les nouveaux embauchés à la RATP rejoignent le régime général.
Lire aussi: Tout savoir sur le congé maternité
Âge de départ à la retraite : âge légal et âge à taux plein
Malgré leurs conditions de travail particulières, les chauffeurs routiers sont soumis au même âge de départ à la retraite que les autres actifs. Il faut néanmoins distinguer entre l’âge légal de départ à la retraite et l’âge de départ à taux plein.
L’âge légal, qui est l’âge à partir duquel l’assuré peut liquider ses droits à la retraite, est fixé à 64 ans. Cependant, l'âge légal de départ est de 62 ans pour les personnes nées avant 1968. Selon son année de naissance, un total de 167 à 172 trimestres est requis.
L’âge à taux plein correspond à l’âge auquel le taux plein est accordé automatiquement. L’assuré perçoit donc sa retraite sans décote (ou minoration), même s’il ne totalise pas le nombre de trimestres requis pour le taux plein. L'âge est de 67 ans, la retraite est perçue sans décote ou minoration, et ce même dans le cas où le nombre de trimestres nécessaires pour le taux plein ne sont pas atteints.
Il est important de noter que pour percevoir une retraite à taux plein, sans décote, les chauffeurs routiers salariés du privé doivent avoir validé entre 167 et 172 trimestres tous régimes confondus selon leur année de naissance.
Le Congé de Fin d'Activité (CFA) : un dispositif de départ anticipé
Sous certaines conditions, les chauffeurs routiers peuvent cependant cesser leur activité avant l’âge légal grâce au Congé de Fin d’Activité (CFA), un dispositif spécifique à leur profession. Le CFA est une mesure pour l’emploi. En effet, pour chaque salarié qui en bénéficie d’un départ anticipé, l’entreprise doit embaucher un chauffeur en CDI.
Lire aussi: Cappuccino pendant la grossesse
Conditions d'éligibilité au CFA : Pour bénéficier du Congé de Fin d’Activité (CFA), le chauffeur routier doit être employé par une entreprise adhérente de l’association FONGECFA-Transport ou AGECFA-Voyageurs. Ce dispositif permet au chauffeur routier de partir en retraite anticipée à partir de 59 ans (pour les générations nées en 1968 et après).
De plus, il doit totaliser au moins :
- 26 années de service en tant que chauffeur routier pour le transport de marchandises ou de déménagements.
- 20 ans pour les transporteurs de fonds.
- 30 ans dans le transport de voyageurs (dispositif géré par l’AGECFA-Voyageurs).
Un chauffeur routier qui souhaite bénéficier du CFA peut en faire la demande de sa propre initiative dès lors qu’il remplit les critères requis. Aucune autorisation préalable de l’employeur n’est donc nécessaire. La demande doit être effectuée en ligne ou par courrier, directement auprès de FONGECFA-Transport, 4 mois avant la date de départ envisagée. Le chauffeur routier ne doit en aucun cas démissionner avant d’avoir obtenu l’accord de FONGECA-Transport.
Fonctionnement du CFA : Concrètement, dans le cadre du CFA, le chauffeur démissionne tout en continuant à percevoir une partie de son salaire. Le CFA est financé par des cotisations, ainsi que par une subvention de l’État. Le taux de cotisation pour le CFA est fixé à 2,75% de la masse salariale brute du personnel concerné, hors frais professionnels (1,65 % à la charge des entreprises). Une répartition de la cotisation a lieu entre les salariés (40%) et l’employeur (60%).
Montant de l'allocation CFA : Le montant de l'allocation CFA dépend du type de transport et de l'âge du chauffeur au moment du départ :
Lire aussi: Avis médical : piscine et post-accouchement
Transport de voyageurs : L’allocation CFA s’élève à 75 % du salaire brut moyen perçu au cours des 60 derniers mois.
Transport de marchandises : L’allocation CFA s’élève à un certain pourcentage de votre salaire brut perçu sur les 12 derniers mois :
- 70 % si vous partez à 59 ans ;
- 75 % si vous partez entre 60 et 61 ans inclus ;
- 80 % si vous partez à compter de 62 ans.
Le montant de l'allocation ne peut pas dépasser le plafond annuel de la Sécurité sociale (46 368 € en 2024, soit 3 864 € par mois).
Durée de versement de l'allocation CFA : Le chauffeur qui perçoit l’allocation CFA n’est pas retraité. Il n’est plus salarié de l’entreprise, mais il continue à valider des trimestres pour la retraite et à accumuler des points de retraite complémentaire. S’il reprend une activité, qu’elle soit salariée ou non, le versement de l’allocation est interrompu. L’allocation cesse d’être versée lorsque le chauffeur atteint l’âge de 64 ans.
Calcul de la pension de retraite
Le montant de la retraite d'un chauffeur routier dépend de plusieurs paramètres. En effet, le mode de calcul n’est pas le même pour un chauffeur salarié que pour un indépendant.
Chauffeurs salariés : La pension de base est calculée sur la base de 50 % de la moyenne de leurs 25 meilleures années de salaire.
Chauffeurs indépendants : La retraite à taux plein correspond à 50% de la rémunération moyenne perçue pendant les 25 meilleures années.
Dans les deux cas, la retraite à taux plein correspond toutefois à 50% de la rémunération moyenne perçue pendant les 25 meilleures années. Par conséquent, il est difficile d’estimer précisément le montant de la retraite d’un chauffeur routier. Cependant, un routier expérimenté gagne en moyenne 28 500 € par an, hors frais de route. Ces derniers ne sont pas pris en compte dans le calcul de la retraite. Ils peuvent pourtant s’élever à près de 850 € par mois pour les chauffeurs « grands routiers ». Finalement, en moyenne, la retraite d'un chauffeur routier évite les 1180€ par mois.
Il est intéressant d'investir dans un PER (Plan Épargne Retraite) pour se constituer une retraite supplémentaire.
Comment liquider ses droits à la retraite ?
Pour liquider ses droits à la retraite, le chauffeur routier doit en faire la demande 6 mois avant la date souhaitée de départ. Cette démarche peut être effectuée en ligne depuis le portail lassuranceretraite.fr. Depuis son espace sécurisé, l’assuré a la possibilité de compléter son dossier et de déposer les pièces justificatives nécessaires. Il peut ensuite suivre l’avancement de sa demande depuis la rubrique « Suivre ma demande en cours ». Cette procédure permettra de liquider les droits au régime de base et les droits au régime complémentaire.
La pension de réversion
En cas de décès, la veuve ou le veuf d’un chauffeur routier a droit au versement d’une pension de réversion. Celle-ci correspond à une partie de la pension que le conjoint décédé percevait ou aurait perçu une fois à la retraite.
Conditions d'éligibilité :
- Le couple devait être marié. Le concubinage ou le PACS ne donnent pas droit à une pension de réversion.
- Le conjoint survivant doit avoir 55 ans au moins.
- Le montant des ressources du conjoint survivant ne doit pas dépasser certaines limites. En 2025, le plafond est ainsi fixé à 24 710,40 € pour une personne seule et 39 536,64 € pour un couple.
Dans le régime de base, la pension de réversion correspond à 54 % de la pension de retraite de l’assuré décédé. En 2025, son montant annuel doit être compris entre 3 983,29 € et 12 717 €. La pension de réversion n’est cependant versée que dans la limite du plafond de revenus applicable au conjoint décédé. Son montant peut donc être ajusté selon les fluctuations de revenus du conjoint survivant.
Le versement de la pension de réversion n’est pas automatique. Une demande doit être effectuée sur le site info-retraite.fr dans la rubrique « Demander ma réversion ».
tags: #combien #de #trimestres #retraite #chauffeur #routier