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Collaboration Diététicien et Auxiliaire de Puériculture : Rôle et Bénéfices

Introduction

La collaboration entre le diététicien et l'auxiliaire de puériculture est un élément essentiel pour assurer le bien-être, le développement optimal et la santé des enfants, en particulier dans les établissements et services d'accueil de la petite enfance. Leurs compétences complémentaires permettent d'aborder l'alimentation infantile sous différents angles, en tenant compte des besoins nutritionnels, des aspects éducatifs et du contexte familial.

Rôle de l'Auxiliaire de Puériculture

Le Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture est enregistré au niveau 4 au Registre National des Certifications Professionnelles. L’auxiliaire de puériculture exerce sous la responsabilité de l’infirmier diplômé d’État ou de l’infirmière puéricultrice diplômée d’État, dans le cadre de l’article R. L’auxiliaire de puériculture réalise des activités d’éveil et des soins adaptés à l’évolution de l’état clinique visant au bien-être, à l’autonomie et au développement de l’enfant. Son rôle s’inscrit dans une approche globale de l’enfant et prend en compte la dimension relationnelle des soins ainsi que la communication avec la famille dans le cadre du soutien à la parentalité, les autres professionnels, les apprenants et les aidants. L’auxiliaire de puériculture participe à l’accueil et à l’intégration sociale d’enfants porteurs de handicap, atteints de pathologies chroniques ou en situation de risque d’exclusion ou de maltraitance. Les soins ont pour but de répondre aux besoins fondamentaux de l’être humain. L'auxiliaire de puériculture réalise les soins sous le contrôle de l'infirmier ou de l'infirmière puéricultrice. Les soins courants doivent permettre d'assurer la continuité de la vie dans une situation d'autonomie partielle et dans le cadre d'un état de santé stable, c'est-à-dire qui n'est pas sujet à des fluctuations, et constants, c'est-à-dire durable, qui ne varie ni ne s'interrompt. L'auxiliaire de puériculture collabore avec l'infirmier ou de l'infirmière puéricultrice, à leur réalisation.

L’auxiliaire de puériculture peut travailler en établissement sanitaire, social, médico-social ou dans des structures d’accueil d’enfants de moins de six ans, en maternité où il donne les soins d’hygiène aux nouveau-nés, à la halte-garderie où il assure les activités éducatives. En crèche, il change les petits, les nourrit, les éveille par diverses activités (jeux, chansons, dessins…), leur apprend à marcher et à parler. L’auxiliaire de puériculture peut donc exercer en secteur extra-hospitalier tel que des crèches, des multi accueils, des haltes garderie, le secteur médico-social et en milieu hospitalier public ou privé. Pour exercer ce métier, aimer les enfants ne suffit pas, même si c’est indispensable. Être doux et compréhensif même lorsqu’un enfant pleure, vous tape, vous cris dessus. Dextérité et goût pour les activités manuelles : l’auxiliaire doit être à l’aise pour animer des activités : peinture, pâte à sel, marionnettes. Être responsable : veiller à offrir un environnement sécurisant, expliquer les règles de sécurité aux parents. Patience : il est souvent nécessaire de répéter plusieurs fois par jour les consignes, les règles et les gestes aux enfants mais aussi aux parents. Esprit d’équipe : ne pas se contredire devant les enfants (et les parents) et adopter une même ligne de conduite. Il faut savoir déléguer, quand on arrive plus à gérer un enfant, la bonne attitude et de demander de l’aide à ses collègues. Toujours en équipeEn fonction de la structure sanitaire ou sociale qui l’emploie, les missions de l’auxiliaire peuvent varier, mais il travaille toujours en équipe. Ce dernier est généralement composé d’un personnel médical et de travailleurs sociaux. Des horaires variablesÀ l’hôpital, ce professionnel suit les roulements d’équipes et de services. Il peut donc travailler de jour comme de nuit, assurer des gardes le week-end et les jours fériés. En crèche ou en halte-garderie, ses horaires sont réguliers mais décalés (de 7 h à 19 h) pour s’adapter à l’emploi du temps des parents.

L'Alimentation : Un Temps Fort dans le Rôle de l'Auxiliaire de Puériculture

Source de plaisir, de découverte et d’apprentissage, les repas sont des temps forts de la journée de l’enfant, d’où l’importance du rôle de l’auxiliaire de puériculture qui l’accompagne durant ce temps. Au cours du repas, l’auxiliaire de puériculture s’installe à la hauteur de l’enfant pour faciliter la communication, propose les aliments en les nommant pour susciter sa curiosité, verbalise le plaisir ou le déplaisir, encourage sa participation active en fonction de son développement psychomoteur, respecte son rythme et ses choix.

Rôle du Diététicien

Le diététicien est un professionnel de santé expert en nutrition. Son rôle est d'évaluer les besoins nutritionnels des individus, de planifier et de mettre en œuvre des interventions diététiques personnalisées pour améliorer leur santé. Dans le contexte de la petite enfance, le diététicien joue un rôle crucial dans :

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  • L'élaboration des menus : Il veille à ce que les menus soient équilibrés, variés et adaptés aux besoins spécifiques des enfants en fonction de leur âge, de leur état de santé et de leurs éventuelles allergies ou intolérances alimentaires. Pour répondre aux besoins nutritionnels de l’enfant, le repas de midi sera composé d’une crudité, d’une cuidité, d’une portion de viande-Poisson-Œuf, d’un féculent et d’un produit laitier. Le goûter quant à lui sera composé d’un fruit, d’un féculent et d’un produit laitier.
  • La diversification alimentaire : Il conseille et accompagne les parents et les professionnels de la petite enfance dans l'introduction progressive des aliments solides, en tenant compte des recommandations actuelles et des spécificités de chaque enfant. La diversification alimentaire correspond au passage d'une alimentation exclusivement lactée à une alimentation variée. Selon les recommandations actuelles, les aliments sont introduits entre 4 et 6 mois (même les aliments allergènes) afin de réduire le risque de développer des allergies. Durant cette période appelée « fenêtre d’opportunité », la tolérance immunitaire est maximale ; ainsi, l’enfant a moins de risque de réagir à une substance nouvelle. Vers 4 mois, l’apport de fibres des légumes et des fruits va enrichir son microbiote intestinal, acteur clé de l’immunité de l’enfant. Pour préserver ses reins encore immatures, aucun sel n’est ajouté et l’apport en protéines animales est contrôlé. La quantité de viande et de poisson ne dépassera pas 10 g au moment de son introduction (vers 6 mois), 20 g entre 1 et 2 ans et à partir de 3 ans 10 g par année d’âge. Concernant les matières grasses, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation) déplore des apports insuffisants dans les repas proposés au bébé. Les matières grasses végétales riches en Acides Gras essentiels (huiles de colza et de tournesol) sont nécessaires au bon développement de son cerveau. Lors de la diversification alimentaire, les aliments nouveaux sont introduits progressivement et successivement en petites quantités puis augmentés régulièrement, en veillant à toujours respecter un apport d’au moins 500 ml de lait par jour, pour satisfaire les besoins en calcium.
  • La gestion des allergies et intolérances alimentaires : Il identifie les aliments à risque, met en place des protocoles d'éviction et propose des alternatives nutritionnelles adaptées. En cas d’intolérance au gluten (protéine du blé), le Seigle, l’Avoine, le Blé et l’Orge seront exclus de l’alimentation de l’enfant. Quant à la prévention, l’éviction alimentaire reste le moyen incontournable pour éviter toute réaction de l’organisme.
  • L'éducation nutritionnelle : Il sensibilise les enfants, les parents et les professionnels aux bonnes habitudes alimentaires, en utilisant des supports pédagogiques adaptés.
  • Le suivi des enfants ayant des besoins spécifiques : Il assure un suivi nutritionnel personnalisé pour les enfants présentant un retard de croissance, une obésité, une pathologie chronique ou un handicap.

Bénéfices de la Collaboration

La collaboration entre le diététicien et l'auxiliaire de puériculture offre de nombreux avantages :

  • Amélioration de la qualité de l'alimentation des enfants : En combinant leurs compétences, ils peuvent proposer des menus équilibrés, adaptés aux besoins de chaque enfant et tenant compte de leurs préférences alimentaires.
  • Prévention des carences et des excès nutritionnels : Le diététicien peut identifier les risques de carences ou d'excès et proposer des mesures correctives, tandis que l'auxiliaire de puériculture peut veiller à ce que les enfants consomment les quantités appropriées de chaque aliment.
  • Dépistage précoce des troubles alimentaires : L'auxiliaire de puériculture, grâce à sa proximité avec les enfants, peut détecter les premiers signes de troubles alimentaires tels que l'anorexie ou la boulimie et alerter le diététicien.
  • Accompagnement personnalisé des familles : Le diététicien et l'auxiliaire de puériculture peuvent travailler ensemble pour aider les familles à adopter de bonnes habitudes alimentaires à la maison, en tenant compte de leurs contraintes et de leurs préférences.
  • Création d'un environnement favorable à l'apprentissage du goût : En proposant des activités ludiques et éducatives autour de l'alimentation, ils peuvent aider les enfants à développer leur goût et à apprécier une variété d'aliments.
  • Optimisation de la prise en charge des enfants ayant des besoins spécifiques : Pour les enfants présentant des allergies, des intolérances ou des pathologies chroniques, la collaboration entre le diététicien et l'auxiliaire de puériculture permet de mettre en place un plan d'alimentation personnalisé et adapté à leurs besoins.
  • Professionnels accompagnés et donc plus sereins, un accueil plus inclusif, une prévention santé renforcée, des parents mieux conseillés ; une évolution des orientations précoces.

Exemples de Collaboration Concrète

Voici quelques exemples de situations où la collaboration entre le diététicien et l'auxiliaire de puériculture peut être particulièrement bénéfique :

  • En crèche : Le diététicien élabore les menus en collaboration avec l'équipe de la crèche, en tenant compte des besoins nutritionnels des enfants et des contraintes budgétaires. L'auxiliaire de puériculture veille à ce que les repas soient servis dans de bonnes conditions et encourage les enfants à goûter de nouveaux aliments.
  • À l'hôpital : Le diététicien assure le suivi nutritionnel des enfants hospitalisés, en collaboration avec les médecins et les infirmières. L'auxiliaire de puériculture aide à nourrir les enfants qui ont des difficultés à manger et veille à ce qu'ils reçoivent une alimentation adaptée à leur état de santé.
  • Dans un centre de PMI : Le diététicien anime des ateliers d'éducation nutritionnelle pour les parents, tandis que l'auxiliaire de puériculture assure des consultations individuelles pour répondre aux questions des parents et les conseiller sur l'alimentation de leur enfant.

L'importance de l'Alimentation Lactée

Jusqu’à 4-6 mois le lait est le seul aliment de l’enfant étant donné l’immaturité de ses fonctions digestives, métaboliques et immunologiques. La composition du lait maternel est nutritionnellement adaptée aux besoins physiologiques du nourrisson. Elle évolue au fil du temps pour s’ajuster à sa croissance et à son développement, permet de le protéger contre les infections grâce à ses anticorps, diminue les risques d’allergies et abaisse la prévalence de l’obésité infantile en diminuant la prise de poids dans les premières années de vie, puis adulte. Sans oublier ses avantages psycho-affectifs. Lors du transport, il convient d'éviter toute rupture de la chaîne du froid. Ainsi, le lait maternel réfrigéré ou congelé est transporté dans une glacière ou dans un sac isotherme. En structure d’accueil, le lait identifié (nom et prénom de l’enfant et date) est conservé au réfrigérateur à 4° C pour la journée.

Les connaissances plus affinées de la composition qualitative du lait de femme et du lait de vache ont permis depuis une à deux décennies de proposer, expérimenter et fabriquer des produits dérivés du lait de vache adaptés aux besoins de l’enfant. Ces laits ont pour ambition de se rapprocher au plus près du lait de femme. Ainsi, pour une meilleure digestion, les protéines du lait de vache ont été réduites et modifiées, les glucides ont été sélectionnés. Pour assurer la croissance du cerveau et favoriser son développement les lipides d’origine animale ont été supplémentées en acides gras essentiels (oméga 3 et oméga 6), et les glucides enrichis en galactose (sucre du lait). Enfin, pour veiller au bon fonctionnement du système immunitaire, des vitamines (vitamine C et D) et oligo- éléments (fer) ont été ajoutés.

Avant l’âge de 5 mois, la ration de lait sur 24 h se calcule selon la règle d'Appert. Lorsque l’enfant a atteint le poids de 6 kg (vers l’âge de 5 mois), il est recommandé un minimum de 500 ml de lait par jour sous forme de préparation de suite (lait 2ème âge) jusqu’à l’âge d’un an puis des laits dits de croissance.

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Troubles Gastro-Intestinaux

Il arrive parfois que l’enfant présente des troubles gastro-intestinaux tels que la diarrhée. La diarrhée correspond à une émission d’au moins 3 selles liquides par jour. Lorsqu’elle est le symptôme d’une infection intestinale, elle se révèle très contagieuse d’où des mesures d’hygiène rigoureuses. Dans l’attente d’un avis médical le lait est remplacé par un soluté de réhydratation et, selon l’âge, un régime anti-diarrhéique est proposé à l’enfant (riz, pommes râpées ou en compote, bananes, gelée ou compote de coing, aliments riches en pectines…). La diarrhée provoque une perte d’eau et d’électrolytes pouvant entrainer une déshydratation. L’auxiliaire de puériculture repère les signes de déshydratation (teint gris, soif intense, fontanelle creusée…), en évalue la gravité puis en réfère à l’infirmière puéricultrice.

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