La clarithromycine est un antibiotique de la famille des macrolides, utilisé pour traiter diverses infections bactériennes. Cet article se concentre sur l'utilisation de la clarithromycine injectable en pédiatrie, en abordant la posologie, les indications, les précautions d'emploi et les interactions médicamenteuses.
Indications et Utilisation de la Clarithromycine
La clarithromycine est efficace pour combattre les infections dues aux bactéries, mais elle est inefficace contre les infections dues aux virus. Les indications de la clarithromycine tiennent compte de l’activité antibactérienne et des caractéristiques pharmacocinétiques de ce médicament, ainsi que de sa place dans l’éventail des produits antibactériens disponibles.
Il est important de noter que la prescription d'antibiotiques doit être prudente. Par exemple, il est déconseillé de prescrire un antibiotique pour une fièvre nue sans point d’appel clinique. De même, une angine aiguë chez un enfant de moins de 3 ans n’a généralement pas besoin d’être traitée par antibiotique.
Posologie en Pédiatrie
Les essais cliniques utilisant la suspension pédiatrique de clarithromycine ont été conduits chez des enfants âgés de 6 mois à 12 ans. La posologie doit être adaptée en fonction du poids de l'enfant et de la sévérité de l'infection. Il est préférable de prendre la suspension reconstituée au cours des repas. La dose se lit directement sur les graduations de la seringue pour administration orale.
Chez l'insuffisant rénal avec une clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/min/1,73 m², la posologie de clarithromycine doit être réduite de moitié.
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Reconstitution et Administration
Pour la suspension injectable, il est nécessaire d'ajouter aux granulés une quantité suffisante d’eau dans le flacon puis agiter. La solution initiale après reconstitution (500 mg dans 10 ml d'eau p.p.i.) a une stabilité physico-chimique démontrée pendant 24 heures entre 2 et 8°C (au réfrigérateur). D'un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement, sauf si la méthode d'ouverture et de reconstitution prévient tout risque de contamination microbienne. La solution finale après dilution (500 mg dans 250 ml) a une stabilité physico-chimique démontrée pendant 24 heures entre 2 et 8°C (au réfrigérateur) ou 6 heures à une température inférieure à 25°C. D'un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement, sauf si la méthode de dilution prévient tout risque de contamination microbienne.
Lors des études avec la clarithromycine IV chez le volontaire sain, des doses de 75, 125, 250 et 500 mg dans 100 ml ont été perfusées pendant 30 minutes et des doses de 500, 750 et 1000 mg dans 250 ml pendant 60 minutes.
Précautions d'Emploi et Contre-Indications
Compte tenu du risque d’allongement de l’intervalle QT, la clarithromycine ne doit pas être utilisée en cas d’allongement congénital ou acquis de l’intervalle QT, d’antécédent de troubles du rythme ventriculaire ou d’hypokaliémie. La clarithromycine est principalement excrétée par le foie. En cas d’insuffisance hépatique sévère, l’administration de la clarithromycine n’est pas recommandée. Toutefois, une surveillance régulière des tests hépatiques est recommandée si l’administration de l’antibiotique est jugée nécessaire.
L’association de la clarithromycine avec la simvastatine est contre-indiquée en raison du risque de myopathie et de rhabdomyolyse. L’association de la clarithromycine avec les autres statines métabolisées par le CYP3A4 (atorvastatine) doit être évitée dans la mesure du possible.
Il conviendra d’être prudent lors de l’administration de clarithromycine à des patients ayant une insuffisance rénale modérée à sévère (clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/minute).
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Interactions Médicamenteuses
La clarithromycine possède la capacité d’inhiber fortement le cytochrome P450-3A4 (CYP3A4), une enzyme qui intervient dans le métabolisme de nombreux médicaments. Lorsque l’activité de cette enzyme est inhibée, elle n’est plus en mesure de métaboliser le médicament, ce qui peut entraîner une accumulation de ce dernier dans l'organisme.
Médicaments dont l'utilisation concomitante est déconseillée ou nécessite une surveillance:
- Colchicine: Augmentation des effets indésirables de la colchicine, avec des conséquences potentiellement fatales.
- Bédaquiline: Augmentation des concentrations plasmatiques de bédaquiline par diminution de son métabolisme hépatique.
- Disopyramide: Risque de majoration des effets indésirables du disopyramide : hypoglycémies sévères, allongement de l’intervalle QT et troubles du rythme ventriculaires graves.
- Immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus): Augmentation très importante des concentrations sanguines de l’immunosuppresseur par inhibition de son métabolisme hépatique.
- Irinotécan: Risque de majoration des effets indésirables de l’irinotécan par augmentation des concentrations plasmatiques de son métabolite actif.
- Oxycodone: Augmentation des concentrations plasmatiques de l’oxycodone.
- Antivitamines K (warfarine, rivaroxaban, apixaban): Augmentation de l’effet de l’antivitamine K et du risque hémorragique. Contrôle plus fréquent de l’INR.
- Hypocholestérolémiants (statines): Risque majoré d’effets indésirables (concentration-dépendants) à type de rhabdomyolyse par diminution du métabolisme hépatique de l’hypocholestérolémiant. Utiliser des doses plus faibles d’hypocholestérolémiant.
- Bortézomib et Cabazitaxel: Risque de majoration des effets indésirables, notamment neurologiques, du bortézomib et des effets dose-dépendants du cabazitaxel.
- Carbamazépine: Augmentation des concentrations plasmatiques de carbamazépine avec signes de surdosage.
- Digoxine: Elévation de la digoxinémie par augmentation de l’absorption de la digoxine. Surveillance clinique et éventuellement de la digoxinémie.
- Docétaxel: Risque de majoration de la toxicité du docétaxel par diminution de son métabolisme hépatique.
- Inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil, tadalafil): Augmentation des concentrations plasmatiques de l’inhibiteur de la PDE5, avec risque d’hypotension.
- Répaglinide: Risque d'hypoglycémie par augmentation des concentrations plasmatiques du répaglinide.
- Antidiabétiques: Risque d’hypoglycémie par augmentation de l’absorption et des concentrations plasmatiques de l’antidiabétique.
- Inhibiteurs de tyrosine kinases: Risque de majoration des effets indésirables des inhibiteurs de tyrosine kinases métabolisés par le CYP 3A.
- Midazolam et Triazolam: Augmentation des concentrations plasmatiques avec majoration de la sédation.
- Quinidine: Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
Médicaments pouvant diminuer les concentrations de clarithromycine:
- Inducteurs du CYP3A (rifampicine, phénytoïne, carbamazépine, phénobarbital, millepertuis): Risque de diminution des concentrations plasmatiques de clarithromycine, pouvant conduire à une efficacité réduite.
- Efavirenz, névirapine, rifabutine, rifapentine: Accélèrent le métabolisme de la clarithromycine, diminuant ses concentrations plasmatiques.
Il est crucial de prendre en compte ces interactions lors de la prescription de clarithromycine, et d'ajuster les doses ou de choisir des alternatives thérapeutiques si nécessaire.
Effets Indésirables
Les effets indésirables les plus fréquents liés au traitement par la clarithromycine chez l'adulte comme chez l'enfant sont les douleurs abdominales, la diarrhée, les nausées, les vomissements et les dysgueusies. Des cas de colites pseudo-membraneuses ont été observés avec presque tous les agents anti-bactériens dont les macrolides, y compris la clarithromycine. Un allongement de la repolarisation cardiaque et de l’intervalle QT, entraînant un risque de développer de l’arythmie cardiaque et des torsades de pointes, ont été observés avec un traitement par macrolides, notamment la clarithromycine.
En cas de réactions d’hypersensibilité aiguë sévères, le traitement par la clarithromycine doit être immédiatement arrêté et un traitement approprié doit être instauré en urgence.
Grossesse et Allaitement
La sécurité de l'utilisation de la clarithromycine au cours de la grossesse n'a pas été établie. Compte tenu de résultats variables obtenus lors d'études chez l'animal, et des données cliniques disponibles chez l'homme, la possibilité d'effets indésirables sur le développement embryofoetal ne peut être exclue. La clarithromycine est excrétée dans le lait maternel en petites quantités. L’allaitement est possible en cas de prise de clarithromycine, toutefois, interrompre l’allaitement (ou le médicament) en cas de survenue de troubles digestifs chez le nouveau-né.
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Résistance Bactérienne
Les bactéries ont la capacité de survivre ou de se reproduire malgré l'action d'un antibiotique. Ce phénomène est appelé résistance : il rend certains traitements antibiotiques inactifs. La résistance s’accroît par l’usage abusif ou inapproprié des antibiotiques. Il est donc crucial de n'utiliser un antibiotique que lorsque le médecin l'a prescrit, de respecter strictement l'ordonnance, de ne pas réutiliser un antibiotique sans prescription médicale et de ne jamais donner son antibiotique à une autre personne.
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