La clarithromycine est un antibiotique de la famille des macrolides, utilisé pour traiter diverses infections bactériennes. Cet article examine les informations importantes concernant l'utilisation de la clarithromycine pendant l'allaitement, en tenant compte des indications thérapeutiques, des précautions d'emploi et des interactions médicamenteuses potentielles.
Indications thérapeutiques de la clarithromycine
La clarithromycine est indiquée dans le traitement de diverses infections bactériennes, notamment les sinusites aiguës. Son activité antibactérienne et ses propriétés pharmacocinétiques en font un choix thérapeutique pertinent dans de nombreux cas.
Clarithromycine et Allaitement : Ce Qu'il Faut Savoir
Bien qu'il n'y ait pas de données spécifiques sur le passage de la clarithromycine dans le lait maternel, il est établi que d'autres macrolides sont excrétés dans le lait. Par conséquent, la possibilité que la clarithromycine passe dans le lait maternel ne peut être exclue.
L'allaitement est généralement considéré comme possible pendant la prise de clarithromycine. Cependant, la prudence est de mise et il est recommandé d'interrompre l'allaitement (ou le médicament) si le nouveau-né présente des troubles digestifs.
Précautions d'emploi et mises en garde
Plusieurs précautions doivent être prises en compte lors de l'utilisation de la clarithromycine :
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- Grossesse : Par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser la clarithromycine pendant la grossesse, bien que les données cliniques soient limitées et rassurantes. Des études chez la souris ont révélé un effet malformatif (fentes palatines) à des doses élevées.
- Troubles auditifs : Prévenir immédiatement le médecin en cas de baisse de l'audition ou de survenue de bruits perçus par les oreilles (sifflements, bourdonnements) qui ne correspondent à aucun son extérieur.
- Colites pseudomembraneuses : Des colites pseudomembraneuses ont été observées avec pratiquement tous les agents anti-infectieux, y compris les macrolides. Il est important de surveiller l'apparition de diarrhées persistantes pendant et après le traitement.
- Insuffisance hépatique sévère : L'administration de clarithromycine n'est pas recommandée en cas d'insuffisance hépatique sévère.
Interactions médicamenteuses
La clarithromycine peut interagir avec de nombreux médicaments, ce qui nécessite une attention particulière lors de sa prescription.
Contre-indications absolues
L'utilisation de la clarithromycine est strictement contre-indiquée en association avec les substances actives suivantes en raison du risque d'interactions médicamenteuses sévères :
- Cisapride, pimozide, astémizole, dompéridone et terfénadine
- Ergotamine/dihydroergotamine
- Colchicine
- Midazolam (par voie orale)
- Inhibiteurs de la HMG-CoA réductase (statines) : lovastatine et simvastatine
Interactions nécessitant des précautions
La clarithromycine peut interagir avec de nombreux autres médicaments, nécessitant des ajustements posologiques ou une surveillance étroite :
- Inducteurs du CYP3A4 : Rifampicine, phénytoïne, carbamazépine, phénobarbital, millepertuis peuvent diminuer l'efficacité de la clarithromycine.
- Efavirenz, névirapine, rifabutine, rifapentine : Peuvent modifier les concentrations de clarithromycine et de son métabolite actif.
- Etravirine : Diminue l'exposition à la clarithromycine, mais augmente les concentrations du métabolite actif.
- Fluconazole : Augmente les concentrations de clarithromycine.
- Anticoagulants oraux : Warfarine, rivaroxaban, apixaban peuvent voir leur activité augmentée, nécessitant une surveillance de l'INR.
- Ritonavir : Augmente considérablement les concentrations de clarithromycine. Une réduction de la posologie peut être nécessaire en cas d'insuffisance rénale.
- Médicaments métabolisés par le CYP3A : Alprazolam, carbamazépine, cilostazol, ciclosporine, disopyramide, alcaloïdes de l'ergot, méthylprednisolone, midazolam, oméprazole, quinidine, rifabutine, sildénafil, simvastatine, tacrolimus, terfénadine, triazolam, vinblastine.
- Anticoagulants oraux directs (AOD) : Dabigatran, édoxaban, rivaroxaban, apixaban.
- Hypoglycémiants oraux/insuline : Risque d'hypoglycémie.
- Antiarythmiques : Quinidine, disopyramide.
- Sildénafil, tadalafil, vardénafil : Augmentation de l'exposition à ces inhibiteurs de phosphodiestérase.
- Théophylline, carbamazépine : Augmentation des taux circulants.
- Toltérodine : Augmentation des concentrations plasmatiques chez les métaboliseurs faibles par CYP2D6.
Interactions à surveiller
D'autres interactions médicamenteuses potentielles nécessitent une surveillance clinique et biologique :
- Augmentation des concentrations plasmatiques de bédaquiline.
- Risque majoré d’effets indésirables du disopyramide.
- Augmentation des concentrations sanguines de l’immunosuppresseur.
- Augmentation des concentrations plasmatiques de l’oxycodone.
- Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire.
- Augmentation des concentrations plasmatiques de midazolam.
- Risque majoré des effets indésirables de la quinine.
- Bradycardie et/ou troubles de la conduction auriculo-ventriculaire.
- Risque de majoration de la toxicité de l’antimitotique.
- Augmentation des concentrations plasmatiques de triazolam.
- Augmentation des concentrations plasmatiques de l’inhibiteur de la PDE5.
- Augmentation de la concentration plasmatique de la pravastatine.
- Risque d’augmentation des effets indésirables de la rifabutine.
- Risque d'hypoglycémie par augmentation des concentrations plasmatiques du répaglinide.
- Augmentation des concentrations plasmatiques de clarithromycine et de son métabolite actif par diminution de son métabolisme hépatique par le ritonavir.
- Risque d’hypoglycémie par augmentation de l’absorption et des concentrations plasmatiques de l’antidiabétique.
- Risque de majoration des effets indésirables des inhibiteurs de tyrosine kinases.
Pharmacocinétique
La clarithromycine est rapidement absorbée après administration orale, avec une biodisponibilité d'environ 55 %. L'antibiotique est retrouvé dans le sérum dès la 60ème minute. Après une prise unique de 250 mg, le pic sérique est atteint vers 1,7 heure pour la clarithromycine et 2,2 heures pour son métabolite 14-hydroxylé.
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En administration répétée, à la 12ème heure, les concentrations résiduelles sont d'environ 0,2 µg/ml après 250 mg et 0,7 µg/ml après 500 mg. À la dose de 250 mg, la demi-vie d'élimination de la clarithromycine est de 3,8 heures et celle de la 14-hydroxy-clarithromycine de 5,8 heures.
Le volume de distribution est d'environ 2 à 4 L/kg. La clarithromycine et son métabolite actif se concentrent dans la salive, le tissu gingival et l'os alvéolaire. Les macrolides pénètrent et s'accumulent dans les phagocytes.
La clarithromycine est biotransformée en trois métabolites : la descladinosyl-clarithromycine, la N-déméthyl-clarithromycine et le dérivé 14-hydroxylé, ce dernier étant le plus actif.
Après une dose unique de 250 mg par voie orale, 37,9 % de la dose sont excrétés dans les urines, dont 18,4 % sous forme de clarithromycine et 13,7 % sous forme de dérivé 14-hydroxylé. L'élimination fécale d'une dose unique de 250 mg est de 40,2 %, la molécule-mère représentant 4,4 % de la dose.
En cas d'insuffisance rénale, l'excrétion de la clarithromycine et surtout de la 14-OH clarithromycine est diminuée, avec une élévation des concentrations maximales, des concentrations résiduelles, des surfaces sous courbes et de la quantité de 14-OH clarithromycine formée. En cas d'insuffisance hépatique, la formation de 14-OH clarithromycine est diminuée et ses concentrations sériques et ses surfaces sous courbes réduites.
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Chez le sujet âgé (65 ans), il existe une augmentation des Cmax et des concentrations résiduelles liée à un allongement de la demi-vie de la clarithromycine (7,7 h) et surtout du métabolite 14-hydroxylé (14 h).
Posologie et administration
La posologie de la clarithromycine dépend du type et de la gravité de l'infection. Chez l'adulte, la dose habituelle est de 500 mg à 1000 mg par jour, en une ou deux prises. En cas d'ulcères gastro-duodénaux dus à une infection par H. pylori, la clarithromycine est administrée à une posologie de 500 mg deux fois par jour dans le cadre de la première ligne de la triple thérapie.
En cas d'insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min), une adaptation posologique est nécessaire. Pour des valeurs de la clairance de la créatinine < 30 ml/min, il peut être recommandé de réduire la posologie de moitié.
Résistance aux antibiotiques
Les antibiotiques sont efficaces pour combattre les infections dues aux bactéries, mais pas contre les infections dues aux virus. L'utilisation abusive ou inappropriée des antibiotiques favorise la résistance bactérienne, rendant certains traitements inactifs. Il est donc important d'utiliser les antibiotiques de manière judicieuse et de suivre les recommandations médicales.
Clarithromycine et grossesse
La sécurité de l'utilisation de la clarithromycine au cours de la grossesse n'a pas été établie. Compte tenu de résultats variables obtenus lors d'études chez l'animal et des données cliniques disponibles chez l'homme, la possibilité d'effets indésirables sur le développement embryofoetal ne peut être exclue. Certaines études observationnelles évaluant l'exposition à la clarithromycine pendant le premier et le deuxième trimestre ont rapporté un risque accru de fausse couche comparativement à la non-utilisation d'antibiotiques ou à l'utilisation d'autres antibiotiques pendant la même période. Il est préférable, par mesure de précaution, de ne pas utiliser la clarithromycine au cours de la grossesse.
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