Moins connue que la varicelle ou la roséole, la « 5e maladie », dont le nom médical est en réalité mégalérythème épidermique ou érythème infectieux, fait pourtant partie des pathologies classiques de l’enfance. Elle est causée par un virus, le parvovirus B19. Elle connaît un pic de contagion chez les enfants âgés de quatre à quinze ans, mais les adultes peuvent aussi en être atteints. Bien que bénigne dans la plupart des cas, il est important de connaître ses symptômes, son mode de transmission et les mesures de prévention pour protéger les populations à risque.
Qu'est-ce que la cinquième maladie ?
La cinquième maladie, aussi appelée « maladie des joues giflées », est une infection virale bénigne causée par le parvovirus B19. On parle aussi de « cinquième maladie », puisque c’est la 5e maladie provoquant des éruptions chez l’enfant qui a été identifiée, après la rougeole, la rubéole, la varicelle et la roséole. On nomme l’érythème infectieux « cinquième maladie », du fait qu’elle est la cinquième maladie infantile infectieuse qui se caractérise par une éruption cutanée, après la varicelle, la rubéole, etc. C’est une infection virale bénigne dans la plupart des cas, mais très contagieuse, qui se propage généralement entre la fin de l’hiver et le début du printemps.
« On nomme cette pathologie "la 5e maladie" car elle était classée à cette place historiquement dans la liste des six maladies infantiles pouvant causer une éruption, explique le docteur Éric Sellam, pédiatre et vice-président du Syndicat national des pédiatres français (SNPF). C’est une maladie très fréquente, bénigne, et qui a toujours existé. Elle est méconnue du grand public notamment parce qu’elle est multiforme, bien moins stéréotypée que la varicelle, par exemple. »
Symptômes de la cinquième maladie
Pour un quart des enfants touchés, l’érythème infectieux ne provoque aucun symptôme. Les symptômes de la cinquième maladie peuvent varier et durent généralement entre une et trois semaines. Au départ banals, ils ressemblent à ceux d'un rhume : fièvre modérée, nez bouché, mal de tête.
Le symptôme le plus caractéristique reste toutefois une vive rougeur sur les joues, comme après un coup de soleil ou une gifle. C’est ce qui vaut d’ailleurs à l’érythème infectieux son autre surnom de « maladie des joues giflées ». « Ces rougeurs donnent un aspect souffloté au visage, comme si l’enfant avait été giflé », détaille le docteur Sellam.
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En plus des joues rouges, la maladie peut se manifester par :
- Une fièvre pouvant aller jusqu’à 38,9° ;
- Des maux de tête ;
- Un nez bouché et un écoulement nasal ;
- Des maux de ventre avec nausées et diarrhées ;
- Des éruptions dites « en dentelle », qui commencent généralement sur le bras, puis qui peuvent s’étendre au torse et aux jambes. Ensuite, l’éruption s’étend sur les deux bras et les deux jambes en prenant un aspect dit « dentelé » ou « déchiqueté ».
- Des démangeaisons provoquées par les éruptions.
Elle peut rester sur le corps pendant plusieurs semaines, sans pour autant forcément engendrer de démangeaisons. Chez l’adulte, l’érythème infectieux peut aussi entraîner des gonflements et douleurs articulaires.
« C’est cette éruption qui permet de poser un diagnostic sûr, qui rassure beaucoup les parents. Mais l’ennui, c’est que l’éruption n’apparaît pas toujours. On peut donc tout à fait passer au travers du diagnostic de cette maladie, croire qu’on a eu un rhume et penser, à l’âge adulte, qu’on ne l’a jamais eue. »
Au cours des semaines suivant la contamination, l’éruption peut réapparaître de façon ponctuelle après une exposition au soleil, ou en cas de fièvre, d’effort ou de stress. Généralement, on consulte parce que l’éruption provoquée par le virus est particulière, et donc elle inquiète. C’est la particularité de l’érythème infectieux : l’éruption peut varier en fonction de la température, c’est-à-dire que les joues vont être plus ou moins rouges si vous êtes dans une pièce où il fait chaud ou si au contraire vous êtes à l’extérieur où il fait plus frais. On peut avoir des éruptions plus fortes à certains endroits du corps, par exemple en « chaussettes ». Ce sont des éruptions que l’on voit plus chez des ados ou des adultes, qui se situent sur les pieds et les chevilles, avec un aspect rouge et purpurique.
Transmission de la cinquième maladie
Comme la plupart des maladies virales, l’érythème infectieux se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires expulsées lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Mais la 5e maladie peut aussi être contractée en touchant les mains d’une personne infectée ou un objet qu’elle a manipulé, puis en se touchant les yeux, le nez ou la bouche. La maladie se transmet par contamination dans l’air lorsque le malade tousse, éternue ou postillonne, ou par contact avec des objets souillés par la personne infectée. Le virus peut également être transmis par transfusion sanguine ou par voie placentaire de la mère à l’enfant pendant la grossesse.
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Après une infection par parvovirus B19, la période d’incubation peut aller de 4 à 21 jours. La maladie se transmet par contamination dans l’air lorsque le malade tousse, éternue ou postillonne, ou par contact avec des objets souillés par la personne infectée. Le virus peut également être transmis par transfusion sanguine ou par voie placentaire de la mère à l’enfant pendant la grossesse. C’est à ce moment que l’érythème infectieux est le plus contagieux.
« Elle se répand par petites épidémies, plus fréquemment au printemps, comme beaucoup de virus, souligne le docteur Sellam. La maladie se transmet lorsqu’une personne atteinte tousse ou lorsqu’elle se mouche. Les particules projetées ou qui sont sur ses mains peuvent contaminer un autre individu ».
Particularité de cette pathologie, elle est très contagieuse avant que les boutons apparaissent. « Une fois que les boutons sont sur le corps, l’enfant n’est plus contagieux, il peut même retourner à l’école avec ses boutons ! ».
Diagnostic de la cinquième maladie
Un simple examen clinique permet généralement de poser le diagnostic. Le médecin observe majoritairement les symptômes que présente l’enfant et notamment, l’avancée de l’éruption rouge sur la peau. Toutefois, lorsque cela concerne une personne à risque de complications comme les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées (atteints par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) par exemple) ou souffrant d’anémie, une prise de sang est nécessaire pour confirmer le diagnostic. D’autres examens complémentaires peuvent être demandés dans le cas où les symptômes sont sévères. Le médecin peut notamment prescrire une prise de sang en laboratoire puisque le virus de l’érythème est détectable dans le sang.
Traitement de la cinquième maladie
Il n’existe pas de traitement spécifique actuellement pour soigner la 5e maladie, ni de médicaments pour le soigner. Le traitement se limite souvent à soulager les symptômes et non à soigner cette maladie virale. Du paracétamol peut être prescrit en cas de fièvre, et parfois des antihistaminiques si les boutons grattent un peu. Il peut prescrire du paracétamol pour réduire la fièvre et les céphalées et des anti-inflammatoires non-stéroïdiens pour soulager les douleurs articulaires. Des antihistaminiques peuvent également être prescrits pour calmer les démangeaisons si elles sont intenses.
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« Il suffit d’attendre. C’est là tout l’importance de notre rôle de médecin, souligne le docteur Sellam. Nous devons prendre le temps d’expliquer aux parents qu’il n’y a pas de traitement spécifique, que c’est une maladie bénigne de l’enfance. Et que ça va passer tout seul.
La prise en charge est uniquement symptomatique : paracétamol, voire AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien). Le soleil exacerbe les lésions de l’éruption cutanée due à la cinquième maladie. Il faut donc éviter toute exposition au soleil pour les enfants contaminés pendant la durée de la maladie. Le traitement consiste principalement en du repos et une bonne hydratation. En premier lieu, il faut s’assurer que l’enfant se repose suffisamment, mais aussi qu’il boive aussi beaucoup d’eau. Cela permet de prévenir la déshydratation provoquée par la fièvre et la maladie. Pour soulager les potentielles démangeaisons provoquées par l’éruption cutanée, il est possible d’appliquer des compresses fraîches sur la peau de votre enfant. Mettez votre enfant dans des vêtements amples et confortables pour qu’ils ne frottent pas l’éruption cutanée et pour que la peau puisse bien respirer. Surveillez les symptômes de votre enfant et n’hésitez pas à consulter si vous remarquez des potentielles complications. Contactez l’école ou la crèche de votre enfant pour prévenir des risques de contamination envers les autres enfants.
Prévention de la cinquième maladie
Aucun vaccin n’est actuellement disponible contre le parvovirus B19. La prévention repose principalement sur le respect des mesures d’hygiène de base pour limiter la propagation du virus. Comme pour toute infection virale, la prévention de l’érythème infectieux passe avant tout par une bonne hygiène des mains. Pensez donc à vous les laver soigneusement et régulièrement. En cas de contamination, essayez aussi d’éviter au maximum les contacts avec la personne infectée et désinfectez les objets qu’elle a pu toucher.
Voici les mesures d’hygiène recommandées :
- Se laver les mains avec du savon après avoir été en contact avec une personne infectée, ou après avoir manipulé un objet contaminé. De manière globale, il est important de se laver les mains après avoir été dans des lieux publics.
- Apprendre à son enfant à se laver les mains, à tousser, à éternuer dans un mouchoir, ou encore à se moucher, lorsque c’est possible.
- Nettoyer soigneusement les poignées, les robinets, les surfaces, ou encore les jouets.
Groupes à risque et complications potentielles
Si la 5e maladie est considérée comme une maladie bénigne, y compris chez l’adulte, elle peut néanmoins être grave dans quelques cas exceptionnels.
- Patients atteints d’anémie chronique : « On porte une attention particulière aux patients atteints d’anémie chronique (drépanocytose, sphérocytose), une affection héréditaire des hématies », indique le docteur Éric Sellam. « Les patients qui en sont atteints ont été prévenus par l’hématologue. La 5e maladie peut être dangereuse chez eux car elle peut entraîner une anémie aiguë ». Le nombre de globules rouges peut donc chuter brutalement et causer des problèmes d’oxygénation de l’organisme. « Ces patients peuvent souffrir de symptômes importants et leur prise en charge peut conduire à une transfusion de sang. »
- Femmes enceintes : La 5e maladie peut également être dangereuse pour le fœtus chez les femmes enceintes. « Là encore, le problème est l’anémie, car elle peut entraîner une défaillance cardiaque avec œdèmes femto placentaires et donc générer une souffrance chez le fœtus, voire sa perte. » Des risques importants, mais qui sont à relativiser, la très grande majorité des femmes ayant contracté la 5e maladie dans l’enfance. L’infection du fœtus par le parvovirus B19 est possible à travers le placenta, et plus particulièrement pendant la première moitié de la grossesse. La maladie peut alors entraîner des complications graves, comme une anémie fœtale sévère, voire un risque de mort fœtale. La contamination est toutefois rare, mais pour éviter ces risques, la prévention de l’érythème infectieux chez les femmes enceintes reste importante. Le risque pour le bébé est plus important durant la première moitié de la grossesse. L'infection par le parvovirus B19 peut affecter le développement du fœtus et entraîner divers problèmes, tels que l'anémie fœtale, l'hydrops fœtal (accumulation de liquide chez le fœtus), des malformations congénitales, ou même la mort fœtale in utero. Un suivi médical étroit est nécessaire pour surveiller la santé du fœtus et prendre des mesures en cas de complications.
- Personnes immunodéprimées : Enfin, les personnes immunodéprimées doivent, comme pour tout virus, essayer de se protéger au maximum d’une contamination éventuelle par la 5e maladie.
« Ces cas exceptionnels sont dangereux, certes, mais les patients concernés sont suivis par des professionnels formés pour répondre à ces risques, donc pas de panique ! »
Cinquième Maladie et Grossesse
Chez la femme enceinte, la cinquième maladie peut être grave pour le fœtus. C’est pourquoi il est important de prévenir et de diagnostiquer cette maladie au plus vite. Si une femme enceinte est infectée par le parvovirus B19, il existe un risque de transmission de l'infection au fœtus. Le virus peut traverser le placenta et infecter le bébé, ce qui peut entraîner diverses complications. Le risque de complications pour le fœtus dépend souvent du moment de l'infection au cours de la grossesse. Les risques sont plus élevés lorsqu'une femme contracte l'infection au cours du premier trimestre.
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