Le cancer de la peau est une maladie qui se développe lorsque des cellules anormales se multiplient de manière incontrôlable dans les différentes couches de la peau. Bien que plus fréquente chez les adultes, elle peut, dans de rares cas, toucher les enfants. Il est essentiel de connaître les différents types de cancers de la peau, leurs symptômes et les mesures de prévention, notamment chez les enfants, afin d'assurer un diagnostic précoce et une prise en charge efficace.
Types de cancers de la peau
On distingue principalement deux grands types de cancers de la peau : les carcinomes et les mélanomes.
Carcinomes
Les carcinomes sont les cancers de la peau les plus fréquents. Ils se développent à partir des kératinocytes, les cellules les plus profondes de l'épiderme. On distingue deux principaux types de carcinomes :
- Carcinome basocellulaire : C'est le cancer le plus fréquent. Son incidence est de 1 à 1,5 % dans la population européenne. Le facteur de risque prépondérant est le soleil, et en particulier l'exposition aux UV pendant l'enfance. Ainsi, les coups de soleil de l'enfance favoriseraient l'apparition de ce cancer. Le carcinome basocellulaire est un cancer particulier : d'une part, son pronostic est excellent s'il est pris en charge tôt ; d'autre part, il ne métastase que très rarement (<0,001 % des cas). Il se présente sous la forme d'une petite lésion en relief, de couleur rose-rouge, parfois de la même couleur que la peau adjacente ou pigmentée (marron-noir). Sa bordure est typiquement translucide, comme une perle posée sur la peau. La lésion siège le plus souvent sur les zones exposées au soleil : visage, cou, bras, jambes, dos. Les formes du visage sont plus dangereuses que les autres en raison de la proximité des orifices (œil, nez, bouche). Cette lésion n'est pas douloureuse et évolue lentement de façon insidieuse. Des formes creusantes ou d'évolution plus rapide sont parfois observées.
- Carcinome spinocellulaire ou épidermoïde : Il est moins fréquent que le précédent. Son incidence est estimée à 5 pour 1000. Le facteur de risque principal est aussi le soleil, mais avec des expositions plus prolongées et répétées au cours de la vie lors des activités professionnelles (travailleurs en extérieur) ou de loisirs. D'autres facteurs de risque sont connus pour ce type de cancer : les radiations ionisantes, certains produits chimiques cancérigènes (Arsenic, huiles de coupe). Il se présente le plus souvent sous la forme d'une croûte ne guérissant pas, parfois saignante, peu ou non douloureuse. Il siège sur les zones exposées aux UV : face (oreilles, nez, lèvres), dos des mains et des bras, cuir chevelu, jambes. Le carcinome épidermoïde est plus agressif que le précédent basocellulaire. En effet, il possède un potentiel de dissémination à distance vers, en premier les ganglions lymphatiques (« glandes » dans les aisselles, les aines et le cou), mais aussi à distance vers les poumons, et plus rarement d'autres organes.
Mélanomes
Le mélanome est un cancer cutané dont la fréquence est en constante augmentation depuis 50 ans. Cette tumeur représente le 9ème cancer en terme de fréquence au niveau national avec 7230 cas diagnostiqué en 2000. Le mélanome est devenu le cancer le plus fréquent de l'adulte jeune entre 25 et 50 ans dans la zone occidentale. Il se développe à partir des mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine, le pigment qui colore la peau. Bien que moins fréquents que les carcinomes, les mélanomes sont plus agressifs et peuvent se propager à d'autres parties du corps (métastases) s'ils ne sont pas traités rapidement.
Le mélanome est le type le plus fréquent des cancers de la peau chez les enfants et les adolescents. Il reste toutefois exceptionnel, représentant 1 à 2 % des cancers des moins de 21 ans. Dans plus de 90 % des cas, un mélanome se situe au niveau de la peau. Dans de rares cas, il peut se développer dans d’autres parties du corps où se trouvent aussi des mélanocytes (yeux, bouche, vagin, anus et dessous des ongles).
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Le mélanome se présente le plus souvent comme une tache brune soit récemment apparue soit avec une évolution récente. Cette notion d'évolution est très importante et regroupe les changements de forme, de taille, de couleur ou des bordures de la lésion. Le mélanome survient soit sur un "grain de beauté" (aussi nommé naevus) pré-existant, soit apparaître de novo. Il existe différents types de mélanomes : superficiel extensif, nodulaire, des extrémités, d'évolution lente de la face (nommé mélanome de Dubreuilh).
On distingue plusieurs types de mélanomes :
- Mélanome superficiel extensif : Il est le plus fréquent des mélanomes (de 70 à 80 % des cas). Il est principalement lié à des coups de soleil survenus pendant l’enfance, en particulier chez les personnes à peau claire. Le mélanome superficiel extensif se traduit par une tache irrégulière brune ou noire sur le cou, le torse ou les jambes.
- Mélanome de Dubreuil : Responsable de 5 à 10 % des mélanomes, le mélanome de Dubreuil est plutôt observé chez les personnes de plus de 50 ans, chez lesquelles il forme une tache brune sur le visage, le cou ou le dos des mains. Comme le mélanome superficiel extensif, il croît d’abord en surface avant d’envahir les couches profondes de la peau.
- Mélanome acrolentigineux : Il est plus fréquemment observé chez les personnes à peau très brune ou noire (60 % des cas de mélanomes chez ces personnes, contre 5 % chez les personnes à peau plus claire). Sous la forme d’une tache ou d’un nodule, il se développe plutôt sur les paumes des mains, la plante des pieds ou sous les ongles.
- Mélanome nodulaire : Il est à l’origine de 4 à 18 % des mélanomes. Il se présente sous la forme d’une lésion surélevée par rapport au reste de la peau, de coloration normale ou foncée, sur la tête, le cuir chevelu, le cou ou le tronc (mais il peut apparaître à tout endroit de la peau, même protégé du soleil).
Facteurs de risque
Différents facteurs peuvent accroître les risques de cancer de la peau. Parmi eux, l’exposition aux rayons du soleil est particulièrement significative. On estime, en effet, qu’environ deux tiers des cancers de la peau sont imputables aux UV, qu’ils soient naturels (soleil) ou artificiels (cabine de bronzage). Des coups de soleil intenses pendant l’enfance, même sporadiques, sont considérés comme d’importants facteurs favorisants. De même, une exposition régulière et prolongée au soleil (sans qu’il y ait forcément de coups de soleil) est également un facteur de risque.
Les facteurs de risque des mélanomes chez l’enfant et l’adolescent sont identiques à ceux qui prévalent chez l’adulte :
- peaux claires plus sensibles au soleil ;
- affections cutanées ;
- antécédents familiaux de mélanome et/ou de grains de beauté inhabituels ;
- antécédents d'exposition au soleil ou de coups de soleil.
D’autres facteurs individuels sont également à prendre en considération. Le type de peau et de cheveux entre en ligne de compte, les personnes aux cheveux sombres et à la peau claire étant considérées comme plus à risque. La présence de nombreux grains de beauté ou d’affections cutanées chroniques est aussi un facteur de risque. Enfin, les antécédents familiaux et médicaux de chaque personne peuvent impacter ses risques de développer un jour un cancer de la peau.
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Symptômes
La détection précoce du cancer de la peau joue un rôle significatif dans son pronostic. Aussi, il est important de ne pas baisser sa garde et de ne pas négliger le potentiel létal de cette maladie au regard de ses statistiques de survie - au demeurant très encourageantes. Sans paniquer outre mesure à la moindre anomalie, il est important d’examiner régulièrement sa peau à l’affût de tout symptôme de cancer cutané, surtout après l’âge 50 ans. Une consultation annuelle chez le dermatologue est recommandée afin de surveiller et dépister au plus tôt une anomalie cutanée.
Les signes de mélanome incluent les modifications de la peau, notamment :
- un grain de beauté ou une bosse qui grossit ou change de forme ;
- un grain de beauté de forme irrégulière ou de grande taille ;
- une bosse de couleur pâle ou rouge sur la peau (nodule) ;
- un grain de beauté ou une bosse qui provoque des démangeaisons ou qui saigne.
Le mélanome est plus souvent localisé sur le cou, la tête, le visage, l’extrémité des membres chez les jeunes enfants et sur le tronc chez les adolescents.
Une petite plaie qui ne guérit pas, un nodule rosé, une croûte, une plaque luisante, une tâche brune ou rosée, un grain de beauté qui semble se transformer, ou une sensation de brûlure et/ou de démangeaison, même sans lésion visible, sont autant de symptômes qui doivent vous interpeller. En cas d’anomalie ou d’évolution, il est important de consulter un dermatologue qui recherchera la cause du phénomène et sera à même de détecter une éventuelle pathologie cancéreuse.
Une lésion susceptible d’être un mélanome est une lésion pigmentée de la peau :
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- asymétrique
- avec des bords irréguliers
- de couleur inhomogène
- de diamètre > 6 mm
- évolutive dans sa taille (la lésion s’élargit), sa couleur ou son épaisseur
Le mélanome, comme tout cancer, évolue relativement rapidement. Aussi, une lésion cutanée, quel que soit son aspect, qui grossit et/ou change de quelque façon que ce soit doit vous pousser à consulter sans attendre. Le mélanome apparaît et se développe sur un laps de temps relativement court. Sa présence sur la peau est donc anormale, inhabituelle, au contraire d’autres lésions dont l’apparence peut être étonnante, mais qui seraient présentes depuis toujours. Ainsi, une lésion (kyste, grain de beauté, etc.) qui n’évolue pas ou peu au fil des années ne doit pas être considérée comme anormale, même si son apparence n’est pas « normée ». Il demeure prudent de faire vérifier régulièrement toute lésion, même normale et non évolutive, par un dermatologue.
Diagnostic
Le diagnostic débute habituellement par une visite à ton médecin. Si nécessaire, ce dernier te dirigera vers un spécialiste. Le diagnostic du cancer de la peau se fait habituellement à la suite d’une consultation chez un dermatologue, motivée par la présence d’une anomalie suspecte. Le praticien, un dermatologue, procède à un examen visuel cutané complet à l’aide d’un dermatoscope devant toute lésion potentiellement suspecte, et à un questionnaire cherchant à recueillir des indices sur le potentiel malin de l’anomalie.
Plusieurs tests sont utilisés pour diagnostiquer un mélanome. Notamment :
- un examen précis de la peau par un spécialiste ;
- une biopsie du tissu cutané permettant de poser un diagnostic.
Habituellement, une biopsie est pratiquée au moindre doute. Pour cause, les cancers de la peau étant localisés sur des tissus superficiels de l’organisme, la biopsie, qui consiste à prélever des cellules de la lésion suspecte, est relativement facile à pratiquer et sans danger pour le patient. Au cours de la biopsie, un petit morceau de peau est prélevé pour être envoyé en laboratoire, où il est soumis à un examen anatomopathologique. Un spécialiste, l’anatomopathologiste, va ensuite examiner les cellules prélevées au microscope. En fonction de leur anatomie, il peut déterminer si elles sont cancéreuses, mais également en apprendre davantage sur le type de cancer en cause et le meilleur moyen de le prendre en charge.
En cas de suspicion de propagation du mélanome, des tests supplémentaires peuvent s'avérer nécessaires. Notamment :
- des examens sanguins ;
- une biopsie des ganglions lymphatiques voisins ;
- des tests d'imagerie pour identifier la propagation du mélanome à d'autres parties du corps (IRM, TDM, PET-scan). Aux stades avancés de la maladie, des examens d’imagerie médicale peuvent être mobilisés pour rechercher des métastases, cellules tumorales disséminées dans l’organisme. C’est le bilan d’extension.
Traitement
Le traitement du mélanome dépend du stade de la maladie. Une intervention chirurgicale est pratiquée afin de retirer le cancer, c’est le traitement principal du mélanome. Le traitement du mélanome de la peau est habituellement chirurgical. La chirurgie oncologique consiste à ôter la tumeur, ainsi qu’une marge de tissus sains autour de cette dernière afin de réduire les risques de récidive. Cette chirurgie large permet d’éviter de laisser de petites cellules tumorales indétectables, qui se seraient éloignées de leur site de développement initial.
Si le mélanome s'est propagé aux ganglions lymphatiques ou à d'autres parties du corps, des traitements supplémentaires sont nécessaires, notamment l'immunothérapie et/ou la chimiothérapie. Lorsque le mélanome a déjà atteint un stade métastatique au moment de son diagnostic, une immunothérapie ou une chimiothérapie ou des thérapies ciblées peuvent être utilisées. La radiothérapie stéréotaxique est souvent utilisée pour le traitement des métastases.
Le traitement recommandé à un stade localisé est la chirurgie. Le mélanome est un cancer agressif. Il peut ainsi disséminer dans le corps au niveau de la peau, des ganglions lymphatiques et d'autres organes profonds (poumons, foie, cerveau). Les traitements utilisés sont selon les situations : la chirurgie, l'immunothérapie et les thérapies ciblées, la chimiothérapie, ou la radiothérapie.
Le traitement le plus souvent recommandé pour les formes localisées à la peau ou aux ganglions est la chirurgie avec une marge de sécurité plus importante que pour le carcinome basocellulaire. Les autres traitements possibles sont la radiothérapie et d'autres techniques plus rarement utilisées. Pour les carcinomes basocellulaires superficiels, des traitements locaux sont également possibles. Le traitement de première intention est chirurgical. Le carcinome épidermoïde doit être enlevé en totalité, avec des marges de tissu sain tout autour de la tumeur. En cas de métastases ganglionnaires, le traitement associe un traitement chirurgical et une radiothérapie. Le traitement est chirurgical : une exérèse large, dont les marges sont fonction de l'épaisseur du mélanome. L'analyse du ganglion sentinelle (ganglion lymphatique dans lequel confluent les vaisseaux lymphatiques correspondant à la zone où s'est développé le mélanome) peut être réalisée pour les mélanomes d'épaisseur supérieure à 0.8 mm).
La radiothérapie est un traitement local, consistant à irradier les cellules cancéreuses afin d’endommager leur ADN pour les empêcher de se réparer et de se multiplier. Ses avantages sont multiples, et c’est surtout son aspect non abrasif qui en fait un traitement à part, lui permettent d’être utilisée chez presque tous les patients, y compris non opérables. En effet, la radiothérapie n’est pas douloureuse et ne nécessite aucune anesthésie. Elle peut être pratiquée sans risques chez les patients âgés et/ou présentant des facteurs de comorbidités rendant une opération chirurgicale risquée. Dans le cadre de la prise en charge du cancer de la peau, la radiothérapie est le plus souvent pratiquée : soit de façon adjuvante, complémentaire, après une chirurgie dont les marges seraient insuffisantes et en cas de reprise chirurgicale non réalisable soit de façon exclusive chez des personne ne pouvant pas subir d’intervention chirurgicale (du fait de leur âge ou de leurs antécédents) ou en cas de chirurgie trop délabrante. Elle peut également intervenir pour soulager les symptômes provoqués par des carcinomes épidermoïdes qui se sont infiltrés aux tissus profonds, afin d’arrêter un saignement ou des douleurs notamment en cas d’infiltration osseuse. Enfin, la radiothérapie est également indiquée pour traiter des métastases disséminées dans l’organisme. Dans ce cas, elle adopte davantage une portée palliative, cherchant à soulager les symptômes.
Prévention
En raison du mauvais pronostic du mélanome à un stade généralisé, il est essentiel de le détecter à un stade précoce, localisé et traitable par chirurgie (intérêt du dépistage, de la surveillance des naevus). En outre, les conseils de photoprotection et de prévention solaire, en particulier chez les enfants, sont essentiels chez les sujets à risque de développer un mélanome. En effet, les sujets à peau claire, ne bronzant pas ou peu (brûlures solaires en début d'exposition), doivent être informés du risque augmenté de mélanome. Ainsi, il convient d'éviter les brûlures solaires et les expositions excessives chez les enfants et les adolescents.
Il est important de rappeler qu’une exposition excessive au soleil pendant l'enfance est la principale cause de mélanome à l'âge adulte. Il est à noter que plus de deux tiers des mélanomes de la peau sont provoqués par les rayons UV du soleil. Une protection solaire adaptée réduit donc considérablement les risques d’en souffrir un jour.
Après un cancer de la peau, il est plus important que jamais d’adopter une protection solaire efficace et de procéder régulièrement à des autoexamens de la peau.
Les mesures de prévention incluent :
- Éviter l'exposition excessive au soleil, surtout pendant les heures les plus chaudes (entre 10h et 16h).
- Utiliser une crème solaire avec un facteur de protection élevé (SPF 30 ou plus) et l'appliquer généreusement et régulièrement, même par temps nuageux.
- Porter des vêtements protecteurs, tels que des chapeaux à larges bords, des lunettes de soleil et des vêtements à manches longues.
- Éviter les cabines de bronzage.
- Examiner régulièrement sa peau à la recherche de nouvelles taches ou de changements dans les grains de beauté existants.
- Consulter un dermatologue en cas de doute ou d'apparition d'une lésion suspecte.
Suivi après traitement
Les mélanomes de la peau, comme toute pathologie cancéreuse, sont susceptibles de récidiver. Le suivi post-cancer est donc un axe particulièrement important de sa prise en charge. Les consultations de suivi sont planifiées au cas par cas, en fonction du type de cancer diagnostiqué, du risque de récidive, du profil du patient et des traitements mis en œuvre. Consultez sans attendre votre prochaine consultation de suivi si vous constatez l’apparition de toute nouvelle lésion cutanée suspecte ou de symptômes qui pourraient être associés au développement de métastases distantes (toux persistante, fatigue, douleurs osseuses, perte de poids, etc.).
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