Introduction
Le cancer colique droit est une affection maligne qui se développe dans la partie droite du côlon. Il représente une part significative des cancers colorectaux, qui sont parmi les plus fréquents dans le monde. En France, le cancer du colon est le 3ème cancer le plus fréquent chez l’homme (après la prostate et le poumon), et le 2ème chez la femme (après le sein). Souvent asymptomatique à ses débuts, il est crucial de comprendre les symptômes potentiels, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles pour une prise en charge efficace. Le diagnostic peut être précoce grâce a son dépistage par FIT-TEST, tous les 2 ans, de 50 à 75 ans, consistant à la recherche de sang dans les selles.
Symptômes du Cancer Colique Droit
Les cancers colorectaux restent longtemps asymptomatiques. Ainsi, lorsque les symptômes apparaissent, ils sont souvent le signe d’une maladie déjà évoluée. Cette absence de symptômes précoces rend le dépistage particulièrement important. Cependant, certains signes peuvent alerter et nécessitent une consultation médicale :
- Changements dans les habitudes intestinales: Diarrhée persistante, constipation, ou une alternance des deux.
- Présence de sang dans les selles: Saignements rectaux ou selles noires (méléna) peuvent indiquer une tumeur.
- Douleurs abdominales: Crampes, ballonnements, ou douleurs persistantes.
- Fatigue: Une fatigue inexpliquée peut être un signe d'anémie due à des saignements chroniques.
- Perte de poids: Une perte de poids involontaire et inexpliquée.
Diagnostic du Cancer Colique Droit
Plusieurs méthodes sont utilisées pour diagnostiquer le cancer colique droit :
Examen Clinique et Toucher Rectal
Le toucher rectal permet de diagnostiquer un cancer du rectum s’il est situé à moins de 8 cm de l’anus. Il permet en particulier d’évaluer la taille d’une tumeur rectale et sa distance par rapport au sphincter. Bien qu'il ne détecte pas directement les tumeurs du côlon droit, il permet d'évaluer l'état général du rectum et de détecter d'éventuelles anomalies.
Coloscopie
La coloscopie a pour objectif de permettre au médecin de visualiser la muqueuse de la paroi intestinale du patient. La coloscopie classique consiste à introduire par l’anus, sous anesthésie générale de courte durée, un endoscope, qui est un tube souple muni d’une caméra vidéo et d’une pince permettant d’effectuer des prélèvements. L’examen ne peut être réalisé dans de bonnes conditions que si le côlon a été au préalable « préparé ». Afin de permettre une visualisation optimale des parois intestinales, il est important de nettoyer les intestins des matières qui s’y trouvent. Pour cela, deux jours avant l’examen, le patient doit adopter un régime sans résidus, c’est-à-dire sans fruits, sans légumes et sans viandes grasses. L’anesthésie générale pratiquée lors de la coloscopie permet que celle-ci soit indolore.
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La coloscopie est l'examen de référence pour diagnostiquer le cancer colorectal. Elle permet de visualiser l'ensemble du côlon et de prélever des biopsies pour analyse.
Coloscopie Virtuelle (Coloscanner)
La coloscopie virtuelle par scanner ou coloscanner est proposée lorsque la coloscopie classique n’est pas conclusive ou pas possible : personnes âgées et/ou fragiles, contre-indication à l’anesthésie générale, crainte du patient, troubles de la coagulation… Elle ne nécessite qu’une préparation colique légère la veille de l’examen, dure une dizaine de minutes et est réalisée sans anesthésie. Bien que le coloscanner soit aujourd’hui très performant, il n’est pas aussi efficace que la coloscopie classique, en particulier parce qu’il ne permet pas de geste chirurgical.
Analyse des Prélèvements (Biopsies)
Quel que soit le type de coloscopie réalisée, c’est l’aspect des anomalies observées et l’analyse des prélèvements qui permet de confirmer ou d’infirmer le diagnostic de cancer colorectal. L'analyse par un anatomopathologiste du prélèvement réalisé par coloscopie permet de confirmer le diagnostic de cancer, mais aussi de connaître les caractéristiques de la tumeur : par exemple, si c’est un adénocarcinome et de quel type, mais aussi s’il est « bien différencié » ou « indifférencié », ce qui détermine sa rapidité d’évolution. De plus, on recherche aujourd’hui certaines particularités génétiques favorisant les tumeurs colorectales comme une mutation des gènes RAS ou BRAF ou encore une instabilité microsatellitaire (MSI).
Bilan d'Extension
Afin d'évaluer l'étendue de la maladie, plusieurs examens complémentaires peuvent être prescrits :
- Scanner abdominal et thoracique: C’est une technique d’investigation utilisant les rayons X qui permet d’obtenir des images en coupes et en 3 dimensions de l’abdomen, y compris de l’intestin et du rectum, de la région pelvienne et du thorax. Réalisé de façon systématique, le scanner sert à bien repérer l’emplacement des lésions sur le tube digestif et surtout, à voir s’il existe des anomalies, même très petites, au niveau des organes voisins.
- TEP-scan (Tomographie à Émission de Positons): un TEP-scan (Tomographie à Émission de Positons) en cas de suspicion de cancer métastatique.
- Dosage de l’antigène carcino-embryonnaire (ACE): Une analyse appelée « dosage de l’antigène carcino-embryonnaire » (ACE) peut être prescrite dans le cadre du bilan d’extension. L’ACE est une protéine normalement présente dans l’organisme mais elle peut être produite en excès par certaines cellules cancéreuses. Ainsi, un taux normal d’ACE dans le sang n’exclut pas un cancer mais un taux anormalement élevé peut être corrélé à la présence d’une tumeur cancéreuse.
Recherche de sang dans les selles (FIT-TEST)
Le diagnostic peut être précoce grâce a son dépistage par FIT-TEST, tous les 2 ans, de 50 à 75 ans, consistant à la recherche de sang dans les selles.
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Traitement du Cancer Colique Droit
Le traitement du cancer colique droit dépend du stade de la maladie, de la localisation de la tumeur et de l'état général du patient. Plusieurs approches peuvent être utilisées, souvent en combinaison.
Chirurgie
TraitementLe traitement est chirurgical. Si la tumeur est profonde, le traitement curatif est la résection chirurgicale de la partie du côlon où siège cette tumeur. La chirurgie est souvent le premier traitement proposé pour retirer la tumeur et les ganglions lymphatiques avoisinants.
Chimiothérapie
Selon l’analyse de la pièce opératoire et en présence d’atteinte de ganglions (organes lymphatiques), une chimiothérapie adjuvante (postopératoire) peut être proposée. La chimiothérapie peut être administrée avant (néoadjuvante) ou après (adjuvante) la chirurgie pour détruire les cellules cancéreuses restantes ou réduire la taille de la tumeur.
Radiothérapie
La radiothérapie est moins fréquemment utilisée pour le cancer du côlon que pour le cancer du rectum, mais elle peut être envisagée dans certains cas spécifiques.
Thérapies Ciblées et Immunothérapie
Des thérapies ciblées et l'immunothérapie peuvent être utilisées dans certains cas de cancer colorectal avancé, en particulier si la tumeur présente des mutations spécifiques.
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Traitement des Métastases
En cas de propagation à distance, en particulier au niveau du foie et des poumons, les lésions appelées métastases peuvent être parfois traitées de manière curative par exérèse chirurgicale sous certaines conditions (faible nombre, petite taille, localisation facile), en plus du traitement de la tumeur primitive. Lorsqu’un traitement curatif est impossible, celui-ci devient palliatif.
Traitement Préventif
Le traitement préventif consiste en l’ablation au cours d’une coloscopie des polypes à un stade encore bénin pour éviter leur évolution vers le cancer.
Complications post-opératoires
L’hémorragie (< 3%) : se manifestant par des rectorragies, sensation de sueur et une chute de l’hémoglobine. Cela provient de l’anastomose réalisée, et le traitement est endoscopique (rectoscopie) pour arrêter le saignement. Une ré-intervention est exceptionnelle. La fistule ou fuite de l’anastomose (5 %) : elle se manifeste par des douleurs, de la fièvre. Une nouvelle intervention est souvent nécessaire pour réparer la fuite.
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