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Avorter Deux Fois de Suite : Risques, Réalités et Accompagnement

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes en France. Cependant, le recours répété à l'IVG suscite des interrogations légitimes quant aux risques potentiels pour la santé physique et psychologique. Cet article vise à démêler le vrai du faux concernant les risques liés à des IVG répétées, en s'appuyant sur des études scientifiques et des recommandations médicales.

IVG : Droit et Réalité en France

En France, l'IVG est autorisée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles. Seule la femme concernée peut en faire la demande, qu'elle soit majeure ou mineure. Les mineures peuvent avorter sans le consentement de leurs parents, mais doivent être accompagnées d'une personne majeure de leur choix. L'IVG est prise en charge à 100% par l'Assurance maladie, et l'anonymat est garanti si la femme le souhaite.

Il n'y a pas de nombre maximal d'IVG autorisé au cours d'une vie. La loi reconnaît le droit des femmes à disposer de leur corps et à faire des choix éclairés concernant leur santé reproductive.

Idées Reçues et Réalités Scientifiques

De nombreuses idées reçues circulent au sujet de l'IVG, notamment concernant son impact sur la fertilité et la santé mentale. Il est crucial de distinguer les faits avérés des mythes véhiculés par des mouvements anti-IVG.

L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité : FAUX

L'avortement (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pour cette raison que l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin. Toutes les études qui ont évalué le risque d'infertilité ultérieure suggèrent qu'il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où l'IVG est légale. Une sage-femme affirme qu'il n'y a pas de risque de stérilité, que ce soit par la méthode médicamenteuse ou chirurgicale, et que la fertilité revient assez rapidement. Il est donc important d'anticiper un moyen de contraception dès le jour de l'intervention.

Lire aussi: Stérilet et interruption de grossesse : informations

L'IVG produit un dérèglement hormonal : FAUX

L’IVG médicamenteuse repose sur deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol. La mifépristone bloque la progestérone, une hormone essentielle à la poursuite de la grossesse, et le misoprostol déclenche des contractions pour expulser l'embryon. Ce processus modifie temporairement l'équilibre hormonal, mais le cycle menstruel reprend normalement après quelques semaines. L’IVG chirurgicale, qui consiste en une aspiration du contenu utérin, n'a pas d'impact direct sur les hormones. Toutefois, l'arrêt de la grossesse entraîne, de facto, une baisse des hormones de la grossesse (comme l'hCG et la progestérone), ce qui peut temporairement influencer le cycle menstruel. Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.

L'avortement provoque des troubles psychiques : FAUX

Comme le précisent la Haute Autorité de santé, il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG. L'impact psychologique de l'avortement est difficile à évaluer puisque l'IVG est vécue de manière différente par chacune. Si l'on en ressent le besoin, avant ou après l'IVG, il est possible de demander à bénéficier de la consultation psycho-sociale proposée (et obligatoire pour les mineures). Il est également possible de se tourner vers les associations qui peuvent apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place.

L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception : FAUX

Au contraire, dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné (rupture de préservatif, oubli de pilule, etc.).

Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents : FAUX

En France, une femme mineure, enceinte et qui souhaite interrompre sa grossesse, peut demander une IVG auprès d'un médecin ou d'une sage-femme. Aucune justification n'est nécessaire et aucun accord d'une autre personne (parent ou conjoint) que la femme elle-même n'est requis. La seule obligation pour les femmes mineures est d'être accompagnée d'une personne majeure de son choix.

L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale : FAUX

Pas pour toutes les femmes. En effet, chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé. En l'absence de contre-indication médicale, les femmes doivent pouvoir choisir la méthode de l'IVG, en fonction du terme de la grossesse, et recevoir une information détaillée pour faire ce choix de manière éclairée.

Lire aussi: Procédures d'avortement

Risques Potentiels des IVG Répétées

Bien que l'IVG en elle-même ne cause pas de stérilité, des études suggèrent qu'il existe un risque accru de certaines complications en cas d'IVG répétées, en particulier les IVG chirurgicales. Un travail de recherche de 2012 explique que le risque d’hypotrophie et de prématurité est majoré pour les femmes ayant fait trois avortements ou plus, surtout dans le cas d’IVG chirurgicales. Avec un seul ou deux avortements, il y a déjà une augmentation du risque, mais encore faible. Le risque devient significatif à partir de trois avortements. L’explication serait que les femmes ayant avorté par aspiration ont un plus grand risque de contracter des infections, et peuvent avoir l’endomètre (la paroi de l’utérus) ou le col de l’utérus endommagés par l’IVG chirurgicale.

Il est important de noter que ces risques restent faibles et que la plupart des femmes ayant subi plusieurs IVG n'auront pas de problèmes de fertilité ou de complications lors de grossesses ultérieures. Cependant, il est essentiel d'être informée de ces risques potentiels et d'en discuter avec un professionnel de santé.

Une étude a révélé que les femmes ayant eu plus de deux IVG sont confrontées à un risque relatif de x 4,92 fois supérieur d’avoir un cancer du col utérin (donc d’infertilité), par rapport aux femmes sans antécédents d’avortement.

Causes du Recours Répété à l'IVG

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le recours répété à l'IVG. Une étude a interrogé dix femmes ayant recours d’une manière répétée à l’avortement (entre 2 et 7 IVG au moment de l’entretien). Les raisons invoquées pour faire le choix de l’avortement ne diffèrent selon que les femmes ont déjà fait des IVG ou non.

  1. Problèmes liés à la contraception : Plusieurs femmes ont été confrontées à des effets indésirables avec différentes méthodes de contraception hormonales ou avec le DIU au cuivre (stérilet), et ont décidé d’arrêter ces méthodes. Certaines se sont tournées vers le préservatif masculin, qui est peu fiable, ou vers la méthode du calendrier, qui est l’ancêtre des méthodes naturelles de régulation des naissances actuelles, mais qui est très peu fiable, contrairement aux méthodes de régulation naturelle des naissances actuelles (parfois appelées à tort « contraception naturelle »), lorsqu’on les apprends avec l’aide de conseillers en fertilité. La charge de la contraception repose presque entièrement sur les femmes, qui peuvent trouver cela très lourd. Souvent, les hommes tiennent pour acquis que la contraception est l’affaire des femmes, et souvent aussi, les conséquences d’un échec de contraception sont l’affaire des femmes. Les moyens de contraception proposés aux femmes sont soit néfastes pour la santé, soit peu efficaces.
  2. Maladies chroniques : Plusieurs des femmes suivies pour ce travail de recherche étaient atteintes de maladies chroniques, physiques ou psychiques (deux femmes souffrant de dépression).
  3. Violences conjugales : Sur les dix femmes interrogées pour ce travail de recherche, cinq ont subi des violences conjugales.

Il est crucial d'identifier les causes sous-jacentes du recours répété à l'IVG afin de proposer un accompagnement adapté et des solutions de contraception efficaces.

Lire aussi: La loi française sur l'avortement : les délais expliqués

Accompagnement et Prévention

Face à un recours répété à l'IVG, il est essentiel de proposer un accompagnement personnalisé aux femmes concernées. Cet accompagnement peut inclure :

  • Un conseil personnalisé en matière de contraception : Il est important de discuter des différentes options contraceptives disponibles, de leurs avantages et inconvénients, et d'aider la femme à choisir la méthode la plus adaptée à sa situation et à ses préférences.
  • Un soutien psychologique : L'IVG peut être une expérience difficile sur le plan émotionnel, et il est important d'offrir un espace d'écoute et de soutien aux femmes qui en ressentent le besoin. Un accompagnement psychologique par un professionnel peut être mis en place si nécessaire.
  • Une prise en charge des problèmes de santé sous-jacents : Si la femme souffre de maladies chroniques ou de troubles psychiques, il est important de les prendre en charge de manière appropriée.
  • Un accompagnement social : Si la femme est victime de violences conjugales ou se trouve dans une situation de précarité, il est important de lui apporter un soutien social et de l'orienter vers les structures adaptées.

La prévention du recours répété à l'IVG passe par une meilleure information sur la contraception, un accès facilité aux méthodes contraceptives, et une prise en charge globale de la santé des femmes.

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