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Leila Ben Ali : Biographie, Enfance et Controverses

L'histoire de Leila Ben Ali est un récit complexe, mêlant ascension sociale, influence politique et controverses. De ses origines modestes à son rôle de Première dame de Tunisie, en passant par son exil en Arabie saoudite, sa vie a été marquée par des événements qui ont contribué à façonner l'histoire de la Tunisie.

Enfance et Origines

Leila Ben Ali est née à Tunis, dans une famille nombreuse résidant au cœur de la médina, la vieille ville de Tunis. Son éducation, à la fois traditionnelle et ouverte, lui a inculqué un sens de l'humanité et une sensibilité qui l'ont toujours poussée à aider les autres. Elle garde de son enfance le souvenir de moments heureux.

Mariage et Famille

À l'âge de 18 ans, Leila rencontre Khelil Maaouia, qui deviendra son premier mari et avec qui elle aura une fille, Nesrine, née le 16 janvier 1987. Plus tard, en 1992, elle épouse Zine el-Abidine Ben Ali, qui deviendra le président de la Tunisie. De cette union naîtront d'autres enfants. Comme toutes les mères tunisiennes, Leila Ben Ali accorde une grande importance à l'éducation de ses enfants et à leur inculquer l'amour de la patrie, ainsi que les valeurs spirituelles, culturelles et sociales du peuple tunisien, tout en les ouvrant à la culture et aux valeurs humaines universelles.

Rôle de Première Dame et Activités Sociales

En tant que Première dame, Leila Ben Ali s'est impliquée dans de nombreuses activités sociales et caritatives. Elle a fondé l'association Basma le 7 mars 2000, dédiée à la promotion de l'emploi des personnes handicapées, une initiative largement médiatisée par le gouvernement tunisien. Ses efforts dans ce domaine ont été reconnus internationalement, notamment par l'attribution du Prix mondial de la famille en mai 2000 et sa désignation comme personnalité de la famille mondiale pour l'année 2000. En outre, elle a reçu la médaille d'or de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences le 12 août 2003, en reconnaissance de son rôle dans l'amélioration de la condition de la femme arabe.

Leila Ben Ali a également présidé l'Organisation de la femme arabe (OFA) à partir du 1er mars 2009, pour une période de deux ans. Elle a souvent accompagné le président de la République lors de ses visites officielles dans les pays frères et amis. Lors d'une réunion du Conseil supérieur de l'OFA à Abou Dhabi le 27 mai 2007, elle a appelé à la mise en œuvre des recommandations de l'organisation concernant la situation des femmes arabes immigrées.

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Elle a souligné que le projet de civilisation du changement a ancré ses fondements intellectuels dans le domaine de la consolidation des droits de la femme sur le principe de la communication avec le courant réformateur, et l'a élevé au rang de choix stratégique, et que ces droits sont devenus une composante essentielle des composantes du concept global des droits de l'homme, et une partie intégrante d'un projet de civilisation ambitieux.

Elle se consacre à des activités sociales et caritatives, loin des projecteurs. Elle rend souvent visite aux personnes âgées dans les centres d'accueil pour alléger le fardeau des années et apaiser les soucis de la vieillesse.

Accusations de Corruption et Exil

La situation privilégiée de Leila Ben Ali et de sa famille, notamment les Trabelsi, a suscité la colère de nombreux Tunisiens. Des câbles diplomatiques américains divulgués par WikiLeaks en juin 2008 ont révélé que l'ambassade des États-Unis à Tunis considérait que de nombreux membres de la famille Ben Ali avaient profité de leur position pour accumuler des richesses. Les Trabelsi étaient accusés de prédation économique, contrôlant des secteurs clés tels que la grande distribution, l'import-export, l'immobilier, les banques, la téléphonie, les médias et les douanes.

La révolution de 2011, déclenchée par le ras-le-bol de la population face à la corruption et à l'inégalité, a conduit au renversement du régime de Ben Ali. Comme son mari, Leila Ben Ali a été contrainte de s'exiler en Arabie saoudite, où elle réside toujours, malgré un mandat d'arrêt international émis à son encontre.

Dix ans après la révolution, le clan de Ben Ali est dispersé dans le monde avec des fortunes diverses. La plupart n'ont pas répondu de leurs actes devant la justice. Ils captaient notamment 21 % des bénéfices du secteur privé tunisien en 2010, selon la Banque mondiale.

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Leïla Trabelsi, surnommée la « coiffeuse » en raison de sa profession passée supposée, seconde épouse du dictateur et l'une des personnes les plus haïes du régime, continue de profiter de son exil doré saoudien malgré une myriade de condamnations. Elle réside à Jeddah avec leur fils et leur fille cadette Nessrine.

Les frères de Leïla Trabelsi, 64 ans, sont accusés d'avoir été les moteurs de la mainmise sur les biens nationaux, qui ont permis au clan de régner sur un empire s'étendant de la grande distribution à l'immobilier en passant par la téléphonie, les médias ou l'automobile. Parmi eux, Belhassen Trabelsi, 58 ans - le frère fugitif. Richissime homme d'affaires considéré comme le chef du clan, il s'est enfui en yacht vers l'Italie le 14 janvier 2011, et a rejoint le Canada où il a résidé dans un appartement cossu de Montréal jusqu'en 2016. Débouté de sa demande d'asile, il a pris la fuite. Après trois ans de cavale, il est arrêté en mars 2019 dans le sud de la France. La justice française examine actuellement une demande d'extradition vers la Tunisie.

Vient ensuite, Imed Trabelsi, 46 ans, le prisonnier. Le plus connu des membres du clan Trabelsi, neveu de Leïla Ben Ali, est emprisonné en Tunisie depuis le 14 janvier 2011, jour de la chute du président. Arrêté alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour la France, il a été condamné notamment pour fraude et corruption à 100 ans de prison au total. Il a livré le 22 mai 2017 un témoignage public inédit sur le système de corruption bien huilé impliquant des douaniers, des hauts fonctionnaires et des ministres.

Deux frères de Leïla Trabelsi sont décédés en prison : Moncef Trabelsi, mort d'une tumeur au cerveau en 2013 à 69 ans, et Mourad Trabelsi, qui souffrait de maladies chroniques et s'est éteint en avril 2020 à 65 ans - selon sa famille, par manque de soins pendant une décennie de détention.

Le clan compte également, Sakher El Materi ou le fantôme, 39 ans. Premier époux de Nessrine, souvent qualifié de « gendre préféré » de Ben Ali et présenté comme son potentiel dauphin, il s'est réfugié au Qatar avant d'être éconduit fin 2012 et de s'exiler aux Seychelles.

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Quant à Marouane Mabrouk, plus discret, il est l'ex-époux de Cyrine Ben Ali, fille du premier mariage de Ben Ali, cet homme d'affaires de poids a gardé un rôle de premier plan bien que discret. Avec ses frères, il codirige l'un des principaux conglomérats du pays, présent dans la grande distribution (Monoprix, Géant), des concessions automobiles (Fiat, Mercedes) ou encore la banque. Accusé d'avoir fait fructifier ses affaires grâce aux largesses de son ancien beau-père, il a vu certains de ses biens être gelés en 2011. Il a pu en récupérer une partie, dont la participation dans le groupe de téléphonie français Orange en 2019 à la suite d'une levée contestée des sanctions par l'Union européenne, qui ouvre la voie à un rachat de cette part par Orange.

Le sort n'a pas non plus épargné Slim Chiboub, 61 ans, on le surnomme le repenti. Époux de Dorsaf, la seconde fille du premier mariage de Ben Ali, ex-dirigeant du très populaire club de football de l'Espérance à Tunis, il est rentré d'exil pour solder ses comptes avec la justice. Après avoir mis fin en novembre 2014 à son exil aux Émirats arabes unis, il a passé un an en prison et s'est engagé, en échange de la suspension de poursuites, à restituer les sommes perçues indûment assorties d'une amende.

Controverses Récentes

Récemment, Leila Benali, actuelle ministre marocaine de la transition énergétique, a été au centre d'une controverse en raison d'une suspicion de conflit d'intérêts. Des photos publiées dans la presse la montraient en compagnie d'Andrew Forrest, fondateur d'un groupe minier australien, Fortescue Metals, qui avait annoncé en avril son intention de s'associer avec l'Office chérifien des phosphates, un géant marocain des engrais.

Cette situation a soulevé des questions sur un possible conflit d'intérêts, étant donné que Leila Benali siège au conseil d'administration de l'Office chérifien des phosphates et joue un rôle clé dans la stratégie du Maroc en matière d'hydrogène vert. La ministre a nié être la personne sur la photo et a assuré respecter les bonnes mœurs. Cependant, cette affaire a suscité des réactions parmi les cercles progressistes, qui dénoncent un traitement inégalitaire envers les femmes en matière de conflits d'intérêts.

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