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Avortement après contraception : causes, méthodes et considérations

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est une procédure légale en France depuis la loi Veil de 1974, modifiée en 2001. Elle permet de mettre fin à une grossesse non désirée, dans un délai maximal de 14 semaines d'absence de règles. Malgré l'utilisation croissante et l'efficacité des méthodes de contraception hormonale, le nombre d'IVG n'a pas significativement diminué en France au cours des trente dernières années. Cet article explore les causes potentielles de ce paradoxe, les différentes méthodes d'IVG disponibles, ainsi que les considérations importantes entourant cette procédure.

Causes de l'avortement malgré la contraception

Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a souligné que, paradoxalement, 72 % des IVG sont pratiquées sur des femmes qui utilisent une méthode de contraception. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation :

  • Échec de la contraception : Aucune méthode contraceptive n'est efficace à 100 %. L'oubli de pilule, la rupture du préservatif ou une utilisation incorrecte peuvent entraîner une grossesse non désirée.
  • Choix contraceptif inadapté : Le rapport de l'IGAS met en cause le "modèle contraceptif français", soulignant que la prescription d'un contraceptif ne résulte pas toujours d'un choix éclairé et partagé entre le médecin et la patiente. Certaines femmes peuvent ne pas être pleinement informées des différentes options contraceptives disponibles et de leur efficacité respective.
  • Charge contraceptive : La contraception repose principalement sur les femmes, ce qui peut être perçu comme une charge lourde. Le manque d'implication des hommes dans la contraception peut également contribuer à des échecs contraceptifs.
  • Contraception d'urgence mal utilisée : La contraception d'urgence, telle que la pilule du lendemain, ne joue pas toujours pleinement son rôle de "rattrapage". Des difficultés d'accès ou des informations erronées peuvent limiter son efficacité.
  • Maladies chroniques et violences conjugales : Certaines femmes ayant recours à des IVG répétées sont atteintes de maladies chroniques ou ont subi des violences conjugales, ce qui peut affecter leur capacité à utiliser efficacement la contraception.

Méthodes d'interruption volontaire de grossesse (IVG)

Deux méthodes d'IVG sont disponibles en France : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale.

IVG médicamenteuse

  • Délai : L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) en cabinet de ville, ou jusqu'à la 9e semaine d'aménorrhée à l'hôpital.
  • Procédure : Elle consiste en la prise de deux médicaments : la mifépristone (MIFEGYNE), qui bloque l'action de la progestérone, et le misoprostol (GYMISO ou MISOONE), qui provoque des contractions utérines pour expulser l'œuf. Les médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification, dans un centre de santé ou en téléconsultation. Ils peuvent être pris dans un centre de soins ou, si la femme le souhaite, à domicile.
  • Étapes :
    • Première consultation : évaluation de la situation, information sur les méthodes d'IVG, recueil du consentement.
    • Prise de la mifépristone.
    • 36 à 48 heures plus tard, prise du misoprostol.
    • Consultation de suivi 14 à 21 jours après l'intervention pour vérifier que la grossesse a bien été interrompue.
  • Contre-indications : Grossesse extra-utérine, allergie aux médicaments utilisés, insuffisance rénale chronique, porphyrie héréditaire.
  • Effets indésirables : Douleurs (similaires à des règles douloureuses), saignements importants, troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées).
  • Complications rares : Hémorragie, infection, douleurs persistantes.
  • Taux de succès : 95 %

IVG chirurgicale

  • Délai : L'IVG chirurgicale peut être pratiquée jusqu'à la 14e semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).
  • Procédure : Elle consiste en l'aspiration du contenu de l'utérus sous anesthésie locale ou générale. L'aspiration est précédée d'une préparation du col de l'utérus par la prise de mifépristone ou de misoprostol. Une courte hospitalisation est nécessaire.
  • Étapes :
    • Consultation préalable : évaluation de la situation, information sur la procédure.
    • Préparation du col de l'utérus.
    • Aspiration du contenu utérin sous anesthésie.
    • Visite de contrôle 2 à 3 semaines après l'intervention.
  • Effets indésirables : Fièvre, douleurs, saignements.
  • Complications rares : Perforation de l'utérus, infection, hémorragie.
  • Taux de succès : 99,7 %

Comparaison des deux méthodes

CaractéristiqueIVG médicamenteuseIVG instrumentale
Délai7 semaines de grossesse (9 SA)14 semaines de grossesse (16 SA)
ProfessionnelMédecin ou sage-femmeMédecin ou sage-femme (sous conditions)
LieuCabinet, centre de santé sexuelle, centre de santé, établissement de santéÉtablissement de santé, certains centres de santé
ProcédurePrise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile.Introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.
AnesthésiePas d'anesthésie, mais prescription d'anti-douleurs systématiqueAnesthésie locale ou générale (selon le souhait de la patiente et l'accord du professionnel de santé)
Durée totaleVariable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h.L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.
Consultation de suivi14 à 21 jours après l’IVG14 à 21 jours après l’IVG
Taux de succès95%99,7%
Effets indésirablesDouleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours.Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
TéléconsultationToutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. A noter que toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode.

Contraception d'urgence

La contraception d'urgence est une méthode utilisée pour prévenir une grossesse après un rapport sexuel non protégé. Elle doit être utilisée le plus tôt possible après le rapport, idéalement dans les 72 heures. Il existe deux types de contraception d'urgence :

  • Contraception hormonale : Elle se présente sous la forme de pilules contenant du lévonorgestrel (Norlevo) ou de l'ulipristal acétate (EllaOne). Ces pilules agissent en bloquant ou en retardant l'ovulation.
  • Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre : L'insertion d'un DIU au cuivre dans les cinq jours suivant le rapport sexuel non protégé peut empêcher l'implantation de l'ovule.

Idées reçues sur l'IVG

  • "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" : FAUX. L'IVG, réalisée dans de bonnes conditions, n'a pas d'impact sur la fertilité.
  • "L'IVG produit un dérèglement hormonal" : FAUX. L'IVG modifie temporairement l'équilibre hormonal, mais le cycle menstruel reprend normalement après quelques semaines.
  • "L'avortement provoque des troubles psychiques" : FAUX. Il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG. L'impact psychologique varie d'une femme à l'autre.
  • "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" : FAUX. Au contraire, dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné.
  • "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" : FAUX. Une femme mineure peut demander une IVG sans l'accord de ses parents.
  • "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" : FAUX. Chaque méthode présente des avantages et des inconvénients qui doivent être discutés avec un professionnel de santé.

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tags: #avortement #après #contraception #causes

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