Les menstruations, bien que naturelles, peuvent parfois être perçues comme une contrainte. Que ce soit pour des raisons de confort, des impératifs professionnels, des événements spéciaux ou des conditions médicales, de nombreuses femmes cherchent des moyens d'arrêter ou de retarder leurs règles. Cet article explore les différentes options disponibles, des méthodes contraceptives hormonales aux solutions ponctuelles, tout en soulignant l'importance d'une approche éclairée et d'un suivi médical.
Pourquoi vouloir arrêter ou retarder ses règles ?
Plusieurs raisons peuvent motiver une femme à vouloir interrompre temporairement ou définitivement ses menstruations. Parmi les plus courantes, on retrouve :
- Le confort personnel : La fatigue, les douleurs et la logistique associée aux règles peuvent être pénibles.
- Les événements spéciaux : Vacances, compétitions sportives, mariages ou autres occasions importantes peuvent être gâchés par l'arrivée des règles.
- Les raisons médicales : Les femmes souffrant de règles très douloureuses (dysménorrhée) ou très abondantes (ménorragies) peuvent chercher à améliorer leur qualité de vie en arrêtant leurs règles.
- Les impératifs professionnels : Certaines professions peuvent être incompatibles avec les contraintes des menstruations.
Les méthodes hormonales : une solution fiable et encadrée
Les méthodes contraceptives hormonales sont les plus efficaces et les plus sûres pour arrêter ou retarder les règles. Elles agissent en modifiant le cycle hormonal, soit en empêchant l'ovulation, soit en modifiant la muqueuse utérine.
La pilule combinée : flexibilité et contrôle
La pilule combinée, qui contient à la fois des œstrogènes et un progestatif, offre une grande flexibilité pour gérer les règles.
- Prise en continu : En enchaînant les plaquettes sans faire de pause ni prendre les comprimés placebo, il est possible de supprimer les règles. Cette méthode est compatible uniquement avec les pilules œstroprogestatives, car les pilules progestatives seules (micro-pilules) ont un mode de fonctionnement différent et ne permettent pas de décaler les règles de la même manière.
- Décalage ponctuel : Il est également possible de retarder les règles en commençant une nouvelle plaquette immédiatement après avoir terminé la précédente, ou en sautant la dernière semaine de pilules placebo et en commençant une nouvelle plaquette.
Il est important de consulter un professionnel de la santé avant d'utiliser la pilule combinée pour retarder ses règles, afin de s'assurer que cette méthode est sans danger et adaptée au type de pilule utilisé. Des saignements intermenstruels peuvent survenir, car les corps réagissent différemment aux hormones.
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Autres contraceptions hormonales : des options à long terme
D'autres méthodes contraceptives hormonales peuvent entraîner une diminution de la fréquence ou de l'abondance des règles, voire une aménorrhée (absence de règles) complète.
- Le DIU hormonal (stérilet hormonal) : Ce dispositif intra-utérin libère des hormones progestatives directement dans l'utérus, réduisant l'abondance et la durée des règles. Chez de nombreuses utilisatrices, il entraîne une aménorrhée complète après quelques mois d'utilisation. Sa durée d'action est de plusieurs années (généralement 3 à 5 ans selon le modèle).
- L'implant contraceptif : Ce petit bâtonnet inséré sous la peau du bras libère également des progestatifs en continu. Il peut entraîner une absence de règles chez certaines personnes, ou des saignements irréguliers chez d'autres. Son efficacité contraceptive dure 3 ans.
- L'injection contraceptive : Administrée tous les trois mois, cette injection de progestatifs peut également entraîner une absence de règles.
- Le patch contraceptif et l'anneau vaginal : Ces méthodes, comme la pilule œstroprogestative, permettent de décaler les règles en prolongeant leur utilisation sans la période d'arrêt habituelle.
Ces méthodes sont plus adaptées à une utilisation à long terme, plutôt que comme moyen de retarder les règles ponctuellement.
Les progestatifs seuls : une solution ponctuelle
Pour les femmes qui n'utilisent pas de contraception hormonale mais souhaitent retarder leurs règles de manière occasionnelle (par exemple, pour des vacances), un médecin peut prescrire un traitement à base de progestatifs (comme la noréthistérone). Ce médicament doit être commencé quelques jours avant la date prévue des règles et pris pendant toute la durée souhaitée du décalage. Les règles reviennent généralement quelques jours après l'arrêt du traitement. Cette méthode est destinée à un usage occasionnel et ne doit pas être utilisée de manière régulière. Elle ne constitue pas une contraception et ne protège pas contre les grossesses. De plus, elle peut entraîner des effets secondaires tels que des nausées, des maux de tête ou des tensions mammaires.
Est-ce dangereux d'arrêter ou de retarder ses règles ?
Il n'y a aucun danger pour la santé à arrêter ou retarder ses règles sous surveillance médicale. Les saignements menstruels sont le résultat d'un cycle hormonal et non une nécessité physiologique pour la santé. Au contraire, pour les personnes souffrant de règles très douloureuses ou très abondantes, l'arrêt des règles peut considérablement améliorer leur qualité de vie. Cependant, il est important de signaler à son médecin tout effet secondaire indésirable ou toute inquiétude.
Les "méthodes naturelles" : mythes, inefficacité et dangers potentiels
Internet regorge de conseils et d'astuces pour retarder ou arrêter ses règles par des moyens "naturels" : boire du jus de citron, du vinaigre de cidre, prendre des bains chauds, consommer de la gélatine, ou encore des infusions de plantes diverses. Aucune de ces méthodes n'a prouvé son efficacité scientifiquement pour influencer le cycle menstruel, et certaines peuvent même présenter des risques pour la santé.
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Pourquoi ces méthodes sont-elles inefficaces ?
Le cycle menstruel est un processus complexe, finement régulé par un équilibre hormonal délicat. Les aliments ou les pratiques non médicales n'ont tout simplement pas le pouvoir d'interférer de manière significative avec ce mécanisme physiologique. Les témoignages d'efficacité que l'on peut trouver en ligne relèvent souvent de l'effet placebo, d'une coïncidence ou d'une mauvaise interprétation.
Les dangers potentiels des méthodes "naturelles"
Certaines de ces pratiques peuvent être dangereuses pour la santé :
- Consommation excessive de citron ou de vinaigre de cidre : Ces pratiques peuvent entraîner des brûlures d'estomac, des ulcères et, à long terme, des problèmes digestifs chroniques.
- Infusions de plantes sans avis médical : Certaines plantes ont des propriétés médicinales, mais leur utilisation doit être encadrée par un professionnel de la santé. La consommation à fortes doses peut être toxique, interagir avec des médicaments ou provoquer des effets secondaires indésirables.
- Bains très chauds ou efforts physiques intenses : Bien que le stress ou une activité physique intense puissent parfois influencer le cycle menstruel, les utiliser délibérément et de manière excessive pour tenter de stopper les règles peut être risqué. Les bains très chauds peuvent provoquer des malaises, et un surentraînement physique peut entraîner des déséquilibres hormonaux plus graves.
L'influence du mode de vie : un impact indirect mais réel
Certains facteurs liés au mode de vie peuvent influencer le cycle menstruel, mais de manière indirecte et non contrôlable :
- Le stress : Un stress intense peut perturber l'équilibre hormonal et entraîner un retard ou une absence temporaire de règles.
- L'alimentation et le poids : Des changements drastiques de poids, des régimes restrictifs ou des troubles alimentaires peuvent affecter la régularité du cycle menstruel.
- L'activité physique : Un entraînement sportif très intense et prolongé peut entraîner une aménorrhée.
Ces facteurs ne sont pas des leviers pour "arrêter" ses règles à volonté, mais des indicateurs de la sensibilité du corps aux déséquilibres.
Conclusion : Un choix éclairé et personnalisé
Le désir d'arrêter ou de retarder ses règles est une réalité pour de nombreuses femmes. Des solutions fiables et sécurisées existent, principalement basées sur les méthodes contraceptives hormonales. Il est crucial de se méfier des "méthodes miracles" ou "naturelles" qui circulent sur internet, car leur efficacité n'est pas prouvée et certaines peuvent être dangereuses.
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Il est vivement conseillé de consulter un professionnel de la santé avant d'entreprendre toute démarche visant à modifier son cycle menstruel. Que l'on choisisse de laisser ses règles suivre leur cours naturel, de les décaler ponctuellement ou de les arrêter durablement, l'essentiel est que ce choix soit éclairé, respectueux de son corps et de son bien-être.
Gérer les règles hémorragiques (ménorragies)
Si vous souffrez de règles hémorragiques, il est important de consulter un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. Plusieurs causes, le plus souvent bénignes, peuvent provoquer ce phénomène :
- Puberté : Pendant les premiers cycles, il peut ne pas y avoir d'ovulation, ce qui limite la production de progestérone et provoque une croissance excessive de l'endomètre.
- Préménopause : L'ovulation devient aléatoire, créant un déséquilibre entre progestérone et œstrogène.
- DIU en cuivre : La présence de cuivre peut engendrer une inflammation de l'utérus et donc de l'endomètre.
- Fibromes : Ces excroissances des parois de l'utérus peuvent entraîner des saignements.
Plusieurs traitements peuvent être proposés en fonction de la cause et des conséquences des ménorragies :
- Anti-inflammatoires non-stéroïdiens : Ils permettent de réduire le flux des menstruations ainsi que les douleurs.
- SIU (système intra-utérin) aux hormones : Ce type de contraceptif est assez efficace contre les règles hémorragiques.
- Traitements médicamenteux : D'autres traitements, type Danazol° ou Cyclomen°, peuvent être administrés si les autres solutions proposées ne fonctionnent pas.
- Solutions chirurgicales : Lorsque les traitements médicamenteux ne suffisent pas ou si la cause n'est pas trouvée, des solutions chirurgicales peuvent être recommandées.
En premier recours, il est conseillé de se reposer, de manger sainement et de faire de l'exercice régulièrement pour réduire les douleurs.
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