Il n'est pas toujours possible ou souhaitable de se faire avorter dans son propre pays. De nombreuses femmes et jeunes filles décident de recourir à un avortement à l'étranger. Cet article explore les options, les coûts et les conditions liés à l'avortement à l'étranger, en mettant en lumière des exemples concrets et des informations essentielles pour celles qui envisagent cette démarche.
Avortement sécurisé à l'étranger : où et jusqu'à quand ?
Plusieurs cliniques à l'étranger sont spécialisées dans l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Aux Pays-Bas, par exemple, la clinique orthogénique Bloemenhove est légalement autorisée à pratiquer des avortements jusqu’à la 22e semaine d’aménorrhée. Les centres d’orthogénie à Heemstede et Amsterdam sont spécialisés en IVG depuis plus de 50 ans. Le personnel de ces cliniques parle plusieurs langues, dont le français à la clinique Bloemenhove à Heemstede, et garantit la confidentialité des patientes. Il est impératif de prendre rendez-vous avant de se déplacer. En Espagne, le Centre Médical Aragon possède plus de 30 ans d'expérience pour les femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse non désirée jusqu'à la 22ème semaine.
Cadre légal aux Pays-Bas
Aux Pays-Bas, la procédure d’avortement est encadrée par la loi. Les cliniques et les hôpitaux qui proposent des IVG doivent être agréés. La clinique orthogénique Bloemenhove est légalement autorisée à pratiquer des avortements jusqu’à la 22e semaine d’aménorrhée. Les patientes sont soignées par une équipe de médecins et d’infirmières spécialisés et expérimentés.
Méthodes d'avortement
Il existe différentes méthodes d’avortement, déterminées en concertation avec le médecin :
- Si vous êtes enceinte de moins de 6,2 semaines : l’IVG immédiate est encore possible (sans lettre de liaison, ni délai de réflexion).
- De 5 à 9 semaines : l’IVG médicamenteuse.
- De 5 à 12 semaines : l’IVG chirurgicale par aspiration.
- De 13 à 22 semaines : l’avortement instrumental.
À la Clinique Bloemenhove et à la Clinique Amsterdam, la durée de l’hospitalisation ne dépasse jamais une journée. Il est recommandé de prévoir un hébergement dans les alentours, car le voyage retour pourrait être trop fatigant et la conduite est déconseillée.
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Coût d’un avortement à l’étranger
Si vous ne résidez ou ne travaillez pas aux Pays-Bas, un avortement à l’étranger vous sera facturé. Les tarifs maximums des interventions sont fixés par l’administration néerlandaise. Le règlement doit être effectué à l’accueil, avant la procédure d’avortement.
Remboursement en France et réalité du terrain
Officiellement, "l'IVG est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie dans le cadre d'un forfait ainsi que tous les actes médicaux associés depuis 2016" et ce "sans avance de frais", renseigne le site ameli.fr. L’IVG est gratuite pour toutes en France. Depuis 2016, l’interruption volontaire de grossesse et tous les actes associés comme les échographies ou visites médicales de contrôle sont remboursés intégralement. Ce remboursement se fait sur la base d’un tarif forfaitaire qui dépend de la méthode - médicamenteuse ou chirurgicale -, du type d'anesthésie, de l'établissement dans lequel l’IVG est pratiquée et de la durée d'hospitalisation. "Pratiquer des dépassements d'honoraires aux tarifs fixés par les forfaits afférents à l'IVG s'apparente à un refus de soins au sens de l'article L. 1110-3 du Code de la santé publique et est passible de sanction", précise ivg.gouv.fr.
La réalité est différente lorsque les Françaises doivent avorter à plusieurs kilomètres de leur domicile, voire dans un autre pays. Les disparités territoriales dans l’accès à l’IVG en France peuvent contraindre les femmes à se déplacer, engendrant des frais supplémentaires non remboursés.
Exemples de coûts
Pour illustrer ces coûts, prenons l'exemple d'Amélie (le prénom a été modifié), tombée enceinte sous pilule et se trouvant à 12 semaines de grossesse. N'ayant pas d'autre choix que d'avorter au-delà des frontières de son pays, elle a dû débourser 520 euros pour une intervention sous anesthésie générale, 130 euros la nuit pour l’hôtel et 77 euros pour le transport (essence et péages). Les repas sont aussi à prendre en compte.
À titre de comparaison, une Française qui effectuerait le même voyage en 2025 devrait débourser environ 280 euros pour l’hôtel, 90 euros pour le transport et près de 1000 euros pour l’opération.
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Aides financières
Face à ces coûts, des aides financières existent. En France, le Planning Familial a mis en place des caisses de solidarité pour les femmes hors délais, alimentées grâce au soutien financier des membres de l’association et des particuliers. Des associations comme le Planning Familial ou Abortion Support Network peuvent également conseiller aux femmes de faire appel à des proches, ce qui ne garantit pas toujours l’anonymat. Des subventions peuvent être accordées, avec une subvention moyenne d’environ 1100 euros, selon Lana, une bénévole de la ligne d’appel.
Avortement au Maroc
Au Maroc, l’avortement est puni par la loi d’une peine de prison ferme. Il n’est autorisé que si la vie de la femme enceinte est en danger. Certaines sont effectuées par des herboristes ou « faiseuses d’anges », mais la plupart se font sous le manteau dans les cliniques et cabinets de gynécologie. Le prix d'un avortement clandestin par aspiration peut atteindre 4 000 dirhams (368 euros).
Témoignages
Meriem (le prénom a été changé), une jeune Marocaine, a réussi à trouver un gynécologue qui a accepté de pratiquer un avortement par aspiration, contre 4 000 dirhams (368 euros) en liquide. Elle a été choquée par le prix, hors consultations.
Complications et risques
La mortalité maternelle ou les complications ne sont pas rares, liées à des blessures de l’utérus, des hémorragies internes ou des infections dues à des méthodes artisanales, moins chères qu’un avortement médical. En mai, six personnes ont été arrêtées pour avoir pratiqué des avortements clandestins à Marrakech.
Accès à l'avortement médicamenteux
Pour avorter de façon médicamenteuse, les femmes se débrouillent seules. Mais les choses se sont compliquées depuis que le médicament abortif, l’Artotec, qui est à l’origine un anti-inflammatoire, a été interdit à la vente en 2018. Certaines pharmacies ont gardé des stocks, mais le vendent plus cher. Sinon, il faut en trouver à l’étranger ou passer par le marché noir.
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Tarifs et forfaits en France
En France, l’Assurance Maladie prend en charge à 100 % l’IVG et tous les actes qui y sont associés. Les tarifs sont fixés par l’Arrêté du 1er mars 2024 modifiant l'arrêté du 26 février 2016 relatif aux forfaits afférents à l'interruption volontaire de grossesse. Aucun dépassement d’honoraires ne peut être pratiqué.
IVG instrumentales en établissement de santé
Les tarifs varient en fonction de l'établissement de santé (hôpital ou clinique), du type d'anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l'hospitalisation :
- Forfait pour une interruption volontaire de grossesse instrumentale sans anesthésie générale pour un séjour sans nuitée : 579,06 euros.
- Forfait pour une interruption volontaire de grossesse instrumentale avec anesthésie générale pour un séjour sans nuitée : 754,49 euros.
- Forfait pour une interruption volontaire de grossesse instrumentale sans anesthésie générale pour un séjour comportant au moins une nuitée : 632,90 euros.
- Forfait pour une interruption volontaire de grossesse instrumentale avec anesthésie générale pour un séjour comportant au moins une nuitée : 830,06 euros.
IVG médicamenteuse en établissement de santé
Forfait pour une interruption volontaire de grossesse par mode médicamenteux réalisée par un médecin ou une sage-femme : 353,64 euros.
IVG instrumentale en centre de santé
Les professionnels de santé pratiquant des IVG instrumentale en centre de santé ou en centre de santé sexuelle facturent tout ou partie du montant global forfait en fonction des actes qu’ils ont réalisés.
IVG médicamenteuse en ville, en centre de santé ou en centre de santé sexuelle
Les professionnels de santé pratiquant des IVG médicamenteuses en cabinet de ville, en centre de santé ou en centre de santé sexuelle facturent tout ou partie du montant global forfait en fonction des actes qu’ils ont réalisés.
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