L'asthme est une maladie chronique fréquente chez l'enfant, et le tabagisme passif représente un facteur de risque environnemental significatif. Cet article explore la définition de l'asthme, sa prévalence, les symptômes, les méthodes de diagnostic, la gestion des crises, les traitements de fond, et l'impact du tabagisme passif et tertiaire sur les enfants.
Définition et Prévalence de l'Asthme chez l'Enfant
Définition de l'Asthme
La définition de l'asthme chez l'enfant est similaire à celle de l'adulte : il s’agit d’une maladie hétérogène, caractérisée par une inflammation chronique des voies aériennes. Si l’on exclut le nourrisson, la définition est la même que chez l’adulte « maladie hétérogène, généralement caractérisée par une inflammation chronique des voies respiratoires, responsable de symptômes récidivants tels que sifflement, dyspnée, toux et oppression thoracique, variables dans le temps et en intensité, et par une limitation des débits expiratoires, variable elle aussi ».
Prévalence de l'Asthme
L’asthme est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant. En France, la prévalence de l’asthme chez les enfants est d’environ 10 %. Chez le jeune enfant, elle est plus élevée chez les garçons que chez les filles. Sa prévalence a considérablement augmenté ces dernières décennies, atteignant actuellement 10 à 16 % des enfants d’âge scolaire. Cette hausse est parallèle à celle des sensibilisations allergiques et de la dermatite atopique. Cependant, on observe récemment une stagnation à des valeurs élevées dans les pays industrialisés. Les garçons sont plus à risque d’asthme précoce que les filles, mais la tendance s’inverse à l’adolescence, probablement à cause des hormones sexuelles féminines. L’étude ISAAC (International Study of Asthma and Allergy in Childhood) a montré une prévalence plus élevée chez les enfants de sexe masculin et des différences régionales (plus de cas à Bordeaux qu’à Strasbourg, Marseille, en Languedoc-Roussillon et dans l’ouest de la Marne). Plus généralement, la fréquence est accrue dans les zones à forte pollution.
Symptômes et Diagnostic de l'Asthme
Symptômes Cliniques
Les manifestations cliniques de l'asthme chez l'enfant sont variables. Il s’agit notamment des symptômes suivants : toux, dyspnée expiratoire, sifflements, sensation d’oppression thoracique. Les symptômes peuvent être typiques, incluant sifflements, toux, polypnée et distension thoracique. Mais la toux, signe le plus constant, est parfois isolée, sèche et quinteuse pendant la crise, devenant productive lorsque le spasme bronchique cède. Les exacerbations sont fréquentes, le plus souvent déclenchées par des infections virales ou bactériennes. Différents phénotypes sont donc décrits, selon la sévérité, les facteurs déclenchants, l’évolution attendue :- asthme léger viro-induit ;- léger mono-allergique aux acariens ;- exacerbateur pollinique (avec possible allergie croisée pollen-fruits) ;- sévère non allergique ;- polyallergique sévère.
Diagnostic
Le diagnostic de l'asthme repose sur une évaluation clinique et fonctionnelle (EFR). La réalisation d’épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) est importante dès que l’enfant est capable de coopérer, c’est-à-dire à partir de l’âge de 3 ou 4 ans. Avant cet âge, seuls les arguments cliniques et la réponse au traitement vont permettre d’affirmer le diagnostic d’asthme. Les EFR peuvent apporter des arguments positifs pour le diagnostic d’asthme. À partir de l’âge de 6 ans, l’enfant est capable de réaliser des manœuvres respiratoires forcées comme l’adulte. Une courbe débit-volume peut donc être effectuée. Entre les âges de 3 et 6 ans, l’enfant est le plus souvent incapable de réaliser des manœuvres respiratoires forcées. Une obstruction des voies aériennes peut néanmoins être recherchée, en situation spontanée ou après provocation, par la mesure des résistances des voies aériennes (techniques de pléthysmographie corporelle, interruption du débit aérien, oscillations forcées). Les EFR sont en faveur du diagnostic d’asthme en cas de mise en évidence d’un syndrome obstructif variable dans le temps. Le test de provocation à la métacholine est rarement utile au diagnostic lorsque les symptômes sont typiques et en l’absence d’argument pour un diagnostic différentiel. Il peut être utile pour aider au diagnostic d’asthme lorsque celui-ci est douteux. Si le diagnostic est douteux, les EFR peuvent l’étayer, montrant un trouble ventilatoire obstructif réversible (après bronchodilatation) ou une hyperréactivité bronchique lors d’un test de provocation. S’il est certain, elles apprécient l’atteinte fonctionnelle, participent à l’évaluation du degré de sévérité de la maladie. Un praticien expérimenté peut les réaliser chez un enfant dès l’âge de 4 ans.
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Examens Complémentaires
- Radiographie de thorax : Une radiographie de thorax est effectuée chez tout enfant asthmatique. Elle doit être normale en période intercritique. Radio de thorax avec clichés en inspiration et expiration forcées, en période intercritique. Une distension ou un piégeage gazeux bilatéral en expiration sont parfois retrouvés, et devraient s’amender sous traitement. Toute autre anomalie (dont un piégeage gazeux unilatéral) évoque un diag- nostic différentiel (inhalation de corps étranger).
- Enquête allergologique : L’enquête allergologique doit être systématique chez l’enfant de plus de 3 ans. Elle vise à identifier les facteurs déclenchants et instaurer un traitement spécifique. Les sensibilisations allergéniques, a fortiori précoces, exposent au risque d’asthme persistant. En première intention, un test multi-allergénique (Phadiatop) est effectué. S’il est positif, l’enfant doit être référé à un allergologue pour compléter les explorations.
- Consultation ORL : Consultation ORL : une pathologie des voies aériennes supérieures est à évoquer quasi systématiquement, celle-ci pouvant aggraver l’asthme, voire en être le facteur déclenchant essentiel. L’ORL recherche donc un foyer infectieux chronique, une hypertrophie des végétations et/ou des amygdales mais également des signes indirects de rhinite allergique. Par ailleurs, l’examen peut orienter vers un diagnostic différentiel (rare dyskinésie ciliaire primitive par exemple).
Suivi de l'Asthme
Au cours du suivi, les EFR sont répétées 3 à 6 mois après la mise en route ou la modification d’un traitement, puis au moins une à deux fois par an selon la sévérité de l’asthme. La notion de contrôle tend à remplacer celle de sévérité, afin d’appréhender de façon plus dynamique l’activité de l’asthme sur une période récente. Le degré de contrôle varie selon les exacerbations et les symptômes intercritiques. Des questionnaires validés peuvent être remplis par l’enfant et ses parents avant la consultation : C-ACT (Childhood Asthma Control Test) ou celui proposé par le GINA. Outre le contrôle clinique, l’évaluation intègre les résultats des EFR. La sévérité est définie a posteriori par la dose de corticostéroïdes inhalés (CSI) nécessaire pour maintenir le bon contrôle de la maladie. Ainsi, un asthme est considéré comme léger s’il est bien contrôlé avec une faible posologie de CSI (≤ 200 μg/j équivalent fluticasone) ou des antileucotriènes seuls ; modéré s’il requiert une dose moyenne de CSI (250 μg/j équivalent fluticasone) ou une dose faible de CSI + des bêtamimétiques de longue durée d’action ; et enfin sévère pour tous les paliers thérapeutiques supérieurs (> 250 μg/j équivalent fluticasone), que la maladie soit contrôlée ou non. Par ailleurs, sont considérés comme sévères les asthmes à exacerbations particulièrement graves, souvent liées à l’exposition à un ou des allergènes, responsables de passages répétés aux urgences (avec hospitalisations au décours), voire en unités de soins intensifs (USI), alors que la fonction respiratoire est normale entre les crises.
Gestion de la Crise d'Asthme
Définition et Évaluation de la Crise
La crise d’asthme (ou exacerbation) représente une aggravation des symptômes et de la fonction respiratoire par rapport à l’état habituel du patient, suffisamment importante pour nécessiter une modification du traitement habituel. Les crises sont caractérisées par une augmentation plus ou moins brutale ou progressive des symptômes (toux, dyspnée, sifflements, oppression thoracique). La dyspnée est expiratoire, avec sibilants, récidivante, variable dans le temps, et partiellement ou totalement réversible sous bronchodilatateur. La crise, qu’elle soit inaugurale ou le reflet d’un asthme connu non contrôlé, est un accès paroxystique de dyspnée, de toux et/ou de sibilants, cédant spontanément ou sous bronchodilatateur. Les exacerbations sont définies par la persistance des symptômes au-delà de 24 heures.
L’évaluation initiale permet de définir la gravité de la crise. Les éléments à évaluer sont : les symptômes et leur sévérité, leur moment d’apparition, leur cinétique d’aggravation, les facteurs déclenchants, la réponse aux bronchodilatateurs. La présence de signes de crise grave nécessite une évaluation médicale, hospitalière, avec surveillance de plusieurs heures pour juger de l’évolution. Une hospitalisation est nécessaire lorsqu’une amélioration franche n’est pas observée après une prise en charge thérapeutique aux urgences pédiatriques.
Traitement de la Crise
Le traitement doit être débuté le plus rapidement possible, dès les premiers symptômes et sans attendre l’installation de la crise. Rappelons que chez un asthmatique connu, toute toux doit être considérée comme de l’asthme jusqu’à preuve du contraire. En première intention : un bronchodilatateur de courte durée d’action (BDCA) : salbutamol (Ventoline, Airomir) ou terbutaline (Bricanyl). La voie inhalée est préférée (action sélective et effets secondaires moindres par rapport à l’injectable) ; la nébulisation n’est pas supérieure à l’aérosol-doseur avec une chambre d’inhalation adaptée. Attention : les autres dispositifs (poudre sèche) sont envisageables en cas de crise légère chez un enfant habitué à les manipuler, mais ils ne sont pas adaptés lors d’un épisode grave. Posologie : 1 bouffée (100 mg)/2 kg de poids, avec un maximum de 10 bouffées, à répéter si nécessaire. Pour les nébulisations : 2,5 mg si poids < 16 kg, et 5 mg au-delà. Elles devraient être réalisées avec un apport d’oxygène (gaz vecteur).
Traitements Complémentaires
- Bronchodilatateurs : L’administration est répétée toutes les 20 minutes pendant 1 heure.
- Corticothérapie générale : Les indications de la corticothérapie générale sont la persistance de la crise depuis 2 ou 3 jours ou la mauvaise réponse aux bronchodilatateurs, la cinétique d’aggravation rapide, les antécédents de crise brutales (GINA 2022). La voie préférentielle est la voie orale. La voie parentérale est utilisée chez les enfants incapables d’ingérer ce traitement (vomissements, troubles de la conscience). Les principales molécules utilisées sont : la bétaméthasone chez les nourrissons, la prednisolone chez les enfants plus âgés. Posologie : prednisolone (Solupred), 1 à 2 mg/kg, ou bétaméthasone (Célestène), 0,15 à 0,3 mg/kg (soit environ 12-15 gouttes/kg pour la solution buvable) en 1 prise/j, pendant 3 à 5 jours. Dans l’état actuel des connaissances, les corticoïdes inhalés n’ont pas de place dans la prise en charge de la crise.
- Autres traitements : Un anticholinergique (ipratropium, Atrovent) est recommandé en nébulisation, en association aux BDCA, dans les épisodes modérés et sévères. L’asthme aigu grave (AAG) impose parfois un traitement injectable, le bronchospasme sévère pouvant empêcher la déposition pulmonaire correcte des thérapies inhalées. Dans ce cas, la terbutaline est administrée à 10 mg/kg ; le salbutamol en IV est réservé aux unités de soins intentifs. Mais ces médicaments sont de moins en moins utilisés au profit du sulfate de magnésium qui a une action bronchodilatatrice via l’inhibition de la recapture du calcium par le muscle lisse bronchique. La posologie est de 25 à 75 mg/kg en IV sur 20 minutes. Une antibiothérapie n’est nécessaire qu’en cas de surinfection bactérienne documentée. Si le mycoplasme est en cause (crise sévère), l’azithromycine est la molécule de choix pour son action antibactérienne et anti-inflammatoire. L’adrénaline (150 mg jusqu’à 30 kg, 300 mg de 30 à 60 kg) est recommandée exclusivement dans la crise d’asthme avec anaphylaxie (déclenchée par exemple par une allergie alimentaire).
Traitements à éviter
La kinésithérapie respiratoire n’est pas indiquée dans la crise d’asthme. Les agents mucolytiques ne sont pas recommandés, et même contre-indiqués chez le nourrisson. Les sédatifs sont contre-indiqués. Sont contre-indiqués : les antitussifs, les sédatifs, les mucolytiques.
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Traitement de Fond de l'Asthme
Le traitement de fond vise le contrôle total de la maladie, défini par :- l’absence de symptômes diurnes et nocturnes, de limitation de l’activité physique, de recours aux BDCA (sauf en préventif) et aux soins urgents pour asthme ;- aucun absentéisme (école pour l’enfant, travail pour les parents) ;- une fonction respiratoire normale.
Seuls les patients ayant un asthme intermittent (pas plus de 1 exacerbation par an, non sévère, pas de symptômes intercritiques et VEMS normal) ne traitent que les crises. Pour tous les autres, une thérapie de fond par corticothérapie inhalée est instaurée quel que soit l’âge de l’enfant. En 1re intention, un CSI à dose faible à moyenne est proposé, pendant au moins 3 mois (la prescription de posologies plus fortes, y compris en nébulisation, nécessite un avis spécialisé). Aux doses usuelles, peu d’effets indésirables :- locaux : essentiellement candidose (prévenue par le rinçage de la bouche après administration) et dermite péri-orale ;- systémiques (plus rares) : ralentissement transitoire de la vitesse de croissance (mais taille finale inchangée) et possible freinage biologique de l’axe corticotrope, sans retentissement clinique.
Principes du Traitement de Fond
La dose minimale efficace doit toujours être recherchée. Celle-ci dépend de l’âge de l’enfant et de la molécule utilisée. Les doses faibles à modérées permettent d’obtenir un bon contrôle de l’asthme chez l’immense majorité des enfants. Les effets secondaires locaux de la corticothérapie inhalée sont : la candidose (prévenue par le rinçage de la bouche après administration) et la dermite péri-orale. Les effets secondaires systémiques sont plus rares, en particulier aux doses faibles et modérées, en raison de la faible absorption systémique des corticoïdes inhalés. À partir de l’âge de 12 ans, la stratégie « fond et demande », reposant sur l’association corticoïde inhalé-formotérol, peut être utilisée comme chez l’adulte. Elle est recommandée comme la stratégie préférentielle par le GINA 2022.
Médicaments Utilisés
- Bronchodilatateurs à longue durée d’action (BDLA) : Les bronchodilatateurs à longue durée d’action (BDLA) sont préférés. Ce sont des médicaments inhalés, avec une AMM à partir de l’âge de 4 ans. Les principaux BLDA sont le salmétérol et le formotérol.
- Antileucotriènes (ALT) : Les antagonistes des récepteurs aux leucotriènes (ou antileucotriènes, ALT) peuvent être utilisés comme alternative aux BLDA. Les ALT sont disponibles sous forme orale. Le montélukast (Singulair), antileucotriène, est une alternative possible en cas d’impossibilité d’administrer les CSI (AMM). Il peut être prescrit en monothérapie dès l’âge de 2 ans, sous réserve d’une normalité des EFR chez les enfants de plus de 4 ans, et en l’absence d’exacerbation traitée par corticothérapie orale dans l’année précédente. Dès l’âge de 6 mois, on peut aussi l’associer à la corticothérapie inhalée en cas d’efficacité insuffisante.
Dispositifs d'Inhalation
Les médicaments de l’asthme sont contenus dans des dispositifs de type aérosol-doseurs pressurisés ou inhalateurs de poudre sèche. Le choix de la méthode d’inhalation est fonction de la molécule, de l’âge et des préférences de l’enfant. Le choix du bon dispositif, adapté à l’âge et aux compétences de l’enfant, est crucial :- jusqu’à 5 ans : aérosols-doseurs avec chambre d’inhalation et masque facial ;- entre 5 et 8 ans : aérosols-doseurs avec chambre d’inhalation et embout buccal (si respiration buccale correcte) ;- à partir de 8 ans : aérosols-doseurs autodéclenchés ; inhalateurs de poudre sèche.
Les chambres d’inhalation avec masque facial sont adaptées aux enfants de la naissance à l’âge de 3 ou 4 ans. Avec ce type de chambre, le dépôt nasal des médicaments est important, le dépôt bronchique limité. Les chambres d’inhalation avec embout buccal sont généralement utilisables à partir de 3 ou 4 ans. Dans les formes sévères, on peut recourir aux nébulisations (générateur pneumatique) avec masque facial ou embout buccal selon l’âge et les préférences du patient. La maîtrise de la technique d’inhalation (variable selon le dispositif) est à vérifier préalablement à toute prescription, puis au cours du suivi.
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Gestion des Facteurs Déclenchants
La persistance d’expositions à des allergènes ou à des polluants/irritants augmente le risque de crise d’asthme. Si le contrôle n’est pas obtenu au bout de 3 mois, avant de majorer les thérapeutiques, il faut vérifier la bonne compréhension de la technique d’inhalation, évaluer l’observance, rechercher un environnement défavorable. La gestion des facteurs déclenchants allergiques est essentielle : antihistaminiques, traitements locaux de la rhinite, immunothérapie spécifique (désensibilisation par l’allergologue), anti-IgE (Xolair, asthme sévère non contrôlé à partir de 6 ans ; en centre expert).
Le sevrage tabagique de l’entourage doit être fortement encouragé. Il faut être drastique : pas de tabac à l’intérieur du domicile, ni dans la voiture, même en l’absence de l’enfant ; bannir feux de cheminée, bougies et encens, sprays désodorisants et huiles essentielles, qui contiennent des irritants. Difficile d’éviter la pollution dans une grande agglomération, mais il faut tenter de s’éloigner des voies à fort trafic (périphérique, boulevard très passant, arrêt de bus à moins de 50 m…). Par ailleurs, la pollution est moindre au-delà du 3e étage. En cas d’asthme allergique, la diminution de l’exposition aux acariens réduit l’hyperréactivité bronchique : aérer…
Évaluation de la Sévérité de l'Asthme
Le niveau de sévérité de l’asthme est évalué rétrospectivement à chaque consultation par le niveau de traitement médicamenteux nécessaire à l’obtention d’un bon contrôle. Un asthme est qualifié de léger s’il est bien contrôlé au palier 1 ou au palier 2 de l’escalade thérapeutique. Il est qualifié de modéré s’il est bien contrôlé aux paliers 3 ou 4. Une démarche systématique doit être respectée devant un asthme qui reste symptomatique : évaluation de l’observance et de la technique d’inhalation, contrôle de l’environnement et des comorbidités. Un avis spécialisé doit aussi être demandé en cas d’asthme sévère. La fréquence des consultations est fonction de la sévérité de l’asthme et de son contrôle.
Impact du Tabagisme Passif et Tertiaire
Effets du Tabagisme Passif
Les effets toxiques de l’exposition à la fumée de tabac ne sont plus à démontrer tant les études sont nombreuses à les mettre en lumière. Il est également prouvé que l’exposition à la fumée de cigarette a un impact important sur le risque d’otite mais aussi plus grave sur la survenue d’affections cardiovasculaires, de troubles neurologiques et l’apparition de cancers pédiatriques (tumeurs du cerveau et lymphomes). Des chercheurs de l’université américaine de Cincinatti ont démontré les effets de la fumée de tabac sur les enfants. Dans cette étude publiée dans PLOS ONE, il est prouvé que les enfants exposés à la fumée de tabac se rendent plus fréquemment aux services d’urgence pédiatrique que les enfants non exposés. Les chercheurs expliquent également que sur une année, les enfants exposés au tabagisme passif aurait près de deux fois plus de risque d’être hospitalisés que les autres enfants. Selon la chercheuse de l’étude, environ 40% des enfants sont encore exposés à la fumée de tabac - alors que les progrès dans la lutte antitabac sont importants - avec la problématique d’enfants qui peuvent clairement développer de multiples pathologies en raison de leur exposition. L’étude dans sa conclusion met en avant l’impérative nécessité de mener des campagnes de prévention très ciblées sur la famille afin de mieux sensibiliser sur les risques et réduire l’exposition à la fumée de tabac. Les chercheurs invitent aussi à réfléchir à des politiques volontaires d’interdiction de fumer dans les maisons et les voitures pour permettre de faire baisser l’exposition à la fumée de tabac.
DNF milite depuis plusieurs années pour une sensibilisation importante des familles qui semblent sous informées des risques liés à l’exposition tabagique pour leurs enfants. Une récente étude de DNF démontrait en 2019 que les parents fumeurs continuaient pour certains à fumer en voiture et dans le domicile. Bien entendu, l’existence d’une atopie chez l’enfant lui-même (dermatite atopique, rhinite allergique) le prédispose à cette affection. Les facteurs environnementaux sont nombreux. Le tabagisme passif durant la grossesse ou la première année serait responsable d’une augmentation de la perméabilité de la muqueuse des voies aériennes de l’enfant (ce qui favoriserait le passage des allergènes et donc la sensibilisation), et d’une réduction du calibre bronchique en cas d’exposition fœtale. Chez les adolescents, le tabagisme actif est associé à l’asthme, mais également aux autres allergies.
Il est connu que la fumée de tabac contient plus de 4 000 substances chimiques parmi lesquelles la nicotine, des irritants, des produits toxiques (monoxyde de carbone…) et plus de 50 cancérogènes. Si celle-ci est extrêmement nocive pour le fumeur, elle l’est également pour le non-fumeur. En effet le tabagisme passif est aussi classé comme cancérigène par l'OMS car il aggrave des pathologies existantes et en crée de nouvelles.
Danger du Tabagisme Tertiaire
À la fumée primaire exhalée par le fumeur s’ajoutent deux autres types de fumées : secondaire et tertiaire. La fumée tertiaire est quant à elle moins connue du public et correspond à « une fumée de tabac ambiante qui s’est oxydée avec l’acide nitreux présent dans l’environnement pour créer des agents cancérigènes inconnus des ingrédients de la cigarette ou de la fumée de tabac. », explique le Comité National contre le Tabagisme (CNCT). Ce tabagisme tertiaire concerne de multiples surfaces telles que les murs, moquettes, rideaux, vêtements, meubles, véhicules, draps, jouets…et subsiste même après que les fumeurs ont éteint leur cigarette. Cette alerte concerne notamment les jeunes enfants, qui ont tendance à jouer au sol alors qu'une grande partie de la fumée tertiaire se retrouve sur les planchers et dans la poussière de maison. Mais le danger ne concerne pas uniquement le domicile. « Dans la voiture d’un fumeur, leur concentration sur les sièges arrière est dix fois plus élevée que dans celle d’un non-fumeur. Et cette pollution apparaît même dans des endroits où personne n’a fumé. », précise 60 millions de consommateurs. Autant d'éléments chimiques apportés via les vêtements, les cheveux ou encore l’haleine des fumeurs.
Même pour un fumeur, l’odeur de tabac froid incrustée dans les cheveux ou les draps peut être très désagréable. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que ces relents sont également nocifs. Ces particules vont rester en suspension dans l’air pendant plusieurs semaines et déposer sur les tissus, les sols ou encore les murs des traces de goudrons, de métaux lourds, de dérivés de nitrate et de produits radioactifs. Plus surprenant encore, ces particules toxiques peuvent être véhiculées dans l’atmosphère par nos cheveux, nos vêtements, nos objets et même notre haleine. Elles sont donc retrouvées dans des lieux où personne n’a pourtant jamais fumé. Il faut savoir que la fumée tertiaire contient autant de substances cancérigènes que les fumée primaire et secondaire.
Conséquences sur la Santé de l'Enfant
Or, chez les enfants, le tabagisme passif peut augmenter la gravité des symptômes de l'asthme et conduire à de nouveaux cas. Il peut aussi occasionner de la toux et une respiration sifflante et d'autres maladies, telles que des problèmes de l'oreille moyenne, mais aussi un risque aggravé de syndrome de mort subite du nourrisson. Les femmes non fumeuses qui y sont exposées ont par ailleurs deux à quatre fois plus de risques de donner naissance à un enfant de faible poids. L’exposition aux fumées secondaire et tertiaire augmente le risque de cancers divers, de décès suite à une crise cardiaque, de faible poids et de mort subite chez le nourrisson, d’allergies, d’asthme, de BCPO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), de difficultés de cicatrisation et enfin de troubles neurologiques comme l’hyperactivité. Un enfant jouant par terre ou un bébé se déplaçant à quatre pattes sont donc exposés aux particules toxiques déposées sur le sol. Les habitacles de voiture, peu ventilés, sont d’autres lieux où l’on relève une forte concentration de particules toxiques.
Recommandations et Prévention
Contre cette fumée tertiaire, 60 millions de consommateurs recommande d'appliquer quelques règles d'usage. A commencer par le fait de bannir l’usage du tabac en présence d’enfants et dans les lieux où ils évoluent. « Non seulement cela les protège, mais cela évite la banalisation du tabac. », précise l'organisme. Il convient également de fumer dehors et non pas à l'intérieur avec une fenêtre d'ouverte, de vider régulièrement les cendriers et de shampouiner les canapés, tapis et moquettes pour se débarrasser des poussières, et d'utiliser un aspirateur doté de filtre HEPA. Fumer en voiture doit donc être évité autant que possible. Sachez également que fumer à la fenêtre ou aérer un habitat ne suffit malheureusement pas à évacuer toutes les particules toxiques.
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