L'année a été marquée par des discussions cruciales sur le féminisme, la maternité et la représentation des femmes, notamment dans l'industrie cinématographique. Des figures comme Ovidie et Camille Froidevaux-Metterie apportent des perspectives éclairantes sur ces sujets, en s'appuyant sur leurs propres expériences et leurs œuvres respectives. Leurs analyses mettent en lumière les défis persistants auxquels les femmes sont confrontées, tout en soulignant les progrès réalisés et les voies à suivre pour un avenir plus égalitaire.
Rencontres et réflexions féministes
L'écrivaine Ovidie, connue pour son travail explorant les thèmes de la sexualité et du féminisme, a publié un nouveau livre intitulé Assise, debout, couchée!, établissant un parallèle entre l'asservissement des femmes et celui des chiens. De son côté, la philosophe Camille Froidevaux-Metterie s'apprête à sortir Patriarcat, la fin d'un monde, un ouvrage qui fait suite aux révélations de Judith Godrèche et s'inscrit dans la continuité de ses réflexions sur le renouveau du féminisme.
Ces deux figures du féminisme contemporain se rencontrent et échangent sur les enjeux actuels, notamment la lutte contre les violences sexuelles et les inégalités de genre. Leurs analyses croisées permettent de mieux comprendre les défis auxquels les femmes sont confrontées et d'identifier les pistes d'action pour un avenir plus égalitaire.
L'impact des révélations de Judith Godrèche
Ovidie a collaboré avec Judith Godrèche sur le tournage de la saison 2 de Des gens bien ordinaires, une série qu'elle a créée et diffusée sur Canal+. Elle avait perçu un "grondement" se préparer avant le tumulte et la sortie de la série de Godrèche, Icons of French Cinema. Ovidie souligne le courage de Godrèche, qui a affronté des réactions d'une rare violence, mais qui a finalement fait trembler les "vieux slips" de l'industrie cinématographique, permettant ainsi au cinéma français de rattraper son retard par rapport aux États-Unis en matière de lutte contre les violences sexuelles. Elle espère que Judith Godrèche restera bien entourée, car elle considère son action comme un véritable sacrifice.
Camille Froidevaux-Metterie souligne la réticence, voire l'hostilité, du milieu du cinéma français à tirer toutes les conséquences de ces révélations. Elle explique que la parole de Judith Godrèche a été entendue parce qu'elle intervient dans le sillage d'une série d'affaires, notamment celle concernant Depardieu. Ce moment paroxystique s'inscrit dans une séquence féministe qui dépasse de beaucoup la dénonciation des violences sexuelles, et plus largement, dans une dynamique de réappropriation des corps et de politisation de l'intime.
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Froidevaux-Metterie met en garde contre un possible reflux, car historiquement, tous les grands moments de conquête féministe ont été suivis d'un recul. Elle souligne le succès des mouvements conservateurs ou réactionnaires et le fait que les droits des femmes sont directement menacés, y compris dans nos démocraties.
La mythologie du "doux commerce entre les sexes"
Camille Froidevaux-Metterie critique la déclaration d'Emmanuel Macron, qui a suscité une levée de boucliers, et la "tribune Deneuve" de 2018, qui renvoient à la tradition du "doux commerce entre les sexes" et entretiennent une mythologie galante. Selon cette vision, les rapports entre les femmes et les hommes seraient régis par des mœurs policées, placés sous le signe de la séduction, hors de toute domination. Les féministes seraient perçues comme des "viragos acharnées", détestant les hommes et la sexualité, mettant en œuvre un tribunal populaire et une justice expéditive.
Cependant, Froidevaux-Metterie souligne que l'illusion selon laquelle l'"esprit français" nous protégerait de ces abus vacille. Elle estime que le fait de voir Depardieu exposer à l'écran son sexisme ordurier et réduire obsessionnellement les femmes à leur corps a produit un ébranlement. Cet acteur est l'incarnation même de la logique patriarcale d'appropriation.
L'intime comme outil d'émancipation
Axelle Jah Njiké, créatrice du podcast Me, My Sexe and I, prône l'émancipation par l'intime. Cette approche rejoint la dynamique de réappropriation des corps et de politisation de l'intime soulignée par Camille Froidevaux-Metterie. En explorant les questions de sexualité, de plaisir et de consentement, les femmes peuvent se libérer des injonctions sociales et s'affirmer comme sujets de leur propre vie.
Violences obstétricales : un tabou brisé par Ovidie
Le documentaire d'Ovidie sur les violences obstétricales, diffusé sur Arte, a permis de briser un tabou et de donner la parole aux femmes qui ont subi des maltraitances durant leur accouchement. Les témoignages réunis dans ce documentaire montrent la volonté des femmes de rendre publiques les violences subies durant l'accouchement, longtemps tues. En France comme dans le reste de l'Europe, leurs voix s'élèvent pour les dénoncer, amplifiées par les réseaux sociaux et une forte mobilisation militante.
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Ovidie analyse la situation sans manichéisme, en interrogeant tous les acteurs concernés : des victimes, des militantes, des experts, des sages-femmes mais aussi des gynécologues qui dénoncent le manque cruel de moyens du système de santé publique.
Maternité et société : au-delà des clichés
La question de la maternité est également abordée dans les réflexions d'Ovidie et de Camille Froidevaux-Metterie. Elles dénoncent les clichés et les injonctions qui pèsent sur les femmes en matière de maternité, et plaident pour une vision plus libre et épanouissante de la maternité.
Les articles de presse et les actualités diverses mentionnés dans le document fournissent un aperçu des préoccupations actuelles liées à la maternité et à l'enfance : violences éducatives, harcèlement scolaire, sécurité des enfants, égalité salariale des parents, etc.
Le sperme : entre fantasmes et réalité
Dans un épisode de sa série Stop aux diktats sexuels!, Ovidie déconstruit les idées reçues sur les prétendus bienfaits du sperme. Elle souligne l'absurdité des théories selon lesquelles le sperme serait bon pour la peau, antirides, antidépresseur, riche en vitamines, etc. Elle s'interroge sur l'origine de cette obsession maladive pour le sperme et dénonce les publicités mensongères qui promettent d'augmenter la quantité de sperme pour augmenter le plaisir ou la fertilité.
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