La grossesse est une période de changements physiologiques importants, ce qui nécessite une attention particulière à la prise de médicaments. L'automédication est déconseillée, et il est essentiel de consulter un médecin ou un pharmacien avant de prendre tout médicament, y compris les antitussifs, pendant la grossesse.
Risques liés à certains antitussifs pendant la grossesse
Certains antitussifs peuvent présenter des risques pour la mère et le fœtus. Il est crucial de connaître les contre-indications et les précautions à prendre.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et aspirine
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l'ibuprofène et le kétoprofène, ainsi que l'aspirine à forte dose (supérieure à 500 mg par jour), sont formellement contre-indiqués pendant les quatre derniers mois de la grossesse. Leur utilisation pendant cette période peut entraîner des effets néfastes pour la mère et l'enfant à naître, même en cas de prise unique. Les AINS topiques peuvent également présenter des risques similaires, en particulier lorsqu'ils sont appliqués sur une large surface de peau ou sous un pansement.
Dérivés de l'ergot de seigle
Les dérivés de l'ergot de seigle, utilisés pour traiter les crises de migraine, sont contre-indiqués pendant la grossesse en raison de leur effet vasoconstricteur sur le placenta et le cordon ombilical, ce qui peut être néfaste pour le fœtus.
Vasoconstricteurs décongestionnants
Les traitements contre le rhume contenant des vasoconstricteurs décongestionnants (pseudoéphédrine, phényléphrine) sont déconseillés pendant toute la grossesse.
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Antihistaminiques sédatifs
Les antihistaminiques sédatifs sont déconseillés au cours du premier trimestre de la grossesse et ne doivent être prescrits après cette période qu'en cas de nécessité absolue.
Antibiotiques de la famille des quinolones
Les antibiotiques de la famille des quinolones sont habituellement contre-indiqués ou déconseillés pendant la grossesse.
Isotrétinoïne et acitrétine
L'isotrétinoïne et l'acitrétine, utilisés dans le traitement de l'acné sévère, sont responsables de graves malformations chez l'enfant à naître en cas de prise pendant la grossesse. Une contraception rigoureuse est indispensable avant, pendant et après le traitement.
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et antagonistes de l'angiotensine II
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes de l'angiotensine II sont formellement contre-indiqués à partir du quatrième mois de la grossesse en raison de leur toxicité pour les reins du fœtus.
Anticoagulants oraux (antivitamines K)
Les anticoagulants oraux (antivitamines K) sont habituellement contre-indiqués chez la femme enceinte car ils exposent à des effets toxiques pour la mère et pour l'enfant à naître.
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Certains antidépresseurs
Des études suggèrent un possible risque de malformation cardiaque avec les antidépresseurs ISRS, notamment la paroxétine et la fluoxétine. Une étude a également suggéré une augmentation du risque de troubles autistiques chez les enfants nés de mères traitées par des ISRS pendant le deuxième et le troisième trimestre de la grossesse.
Acide valproïque et autres antiépileptiques
L'acide valproïque est l'antiépileptique qui a l'effet tératogène le plus important. D'autres antiépileptiques (carbamazépine, phénobarbital, topiramate par exemple) sont susceptibles d'induire des risques de malformations.
Lithium
Le lithium augmente le risque de malformations cardiaques et son utilisation est fortement déconseillée pendant la grossesse.
Codéine
La codéine, utilisée pour soulager les douleurs modérées à fortes, ne doit être prise qu'après avis médical. En effet, chez le nouveau-né d'une mère traitée par des doses élevées peu avant l’accouchement, une insuffisance respiratoire peut survenir. La codéine est transformée en morphine par une enzyme dans le foie. Certaines personnes possèdent des variantes de cette enzyme, ce qui peut avoir un impact différent selon les personnes. Ainsi chez certaines d’entre elles, la codéine n'est que très peu ou pas du tout transformée en morphine par l'organisme. La codéine administrée n’aura alors pas d'effet sur leur toux. D’autres personnes sont plus susceptibles de ressentir des effets indésirables graves, car une très grande quantité de morphine est produite. L’utilisation concomitante de codéine et de médicaments sédatifs comme les benzodiazépines ou les médicaments apparentés augmente le risque de sédation et de dépression respiratoire pouvant entraîner coma et décès.
Hélicidine
Bien que certaines sources indiquent qu'il n'y a pas de risque de malformation pour le fœtus avec l'Hélicidine, son efficacité n'a pas été prouvée.
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Antitussifs généralement considérés comme sûrs pendant la grossesse
Paracétamol
Le paracétamol est l'antalgique généralement conseillé pour traiter la douleur au cours de la grossesse, y compris pour soulager une crise de migraine.
Antihistaminiques non sédatifs
Les antihistaminiques non sédatifs (tels que la cétirizine) n'ont pas montré d'effet malformatif ou toxique chez l'animal, et les études publiées chez la femme enceinte sont rassurantes.
Alternatives et précautions
Hydratation
Une bonne hydratation peut aider à fluidifier les sécrétions et à soulager la toux.
Solutions nasales
L'utilisation de solutions d'eau de mer ou de sérum physiologique peut être préconisée en cas d'écoulement rhinopharyngé postérieur.
Tisanes
Certaines tisanes peuvent aider à soulager la toux sèche, mais il est important de vérifier que les plantes utilisées sont compatibles avec la grossesse. Certaines plantes recommandées contre la toux sèche, comme le bouillon blanc, le marrube ou le lavandin, sont interdites pendant la grossesse.
Oxomémazine
L'oxomémazine peut provoquer une somnolence. Il est préférable de le prendre le soir, surtout en début de traitement. Le traitement doit être court (quelques jours) et limité aux moments où survient la toux. Ne pas utiliser chez la femme enceinte sans avis médical.
Cas particuliers et interactions médicamenteuses
Il est important de signaler à tout médecin consulté la prise de médicaments, notamment en cas de traitement antidépresseur ou antipsychotique, afin d'éviter les interactions médicamenteuses potentiellement dangereuses.
Association d'antitussifs
Il est déconseillé d'associer plusieurs antitussifs, car ils peuvent contenir des substances similaires et entraîner un surdosage.
Antitussifs et troubles de la prostate
Les hommes souffrant d'hypertrophie bénigne de la prostate doivent être particulièrement vigilants quant à la prise d'antitussifs, car certains peuvent aggraver les troubles urinaires.
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