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Anorexie du Nourrisson : Causes, Manifestations et Solutions

L'anorexie du nourrisson, bien que rare, est une source d'angoisse importante pour les parents. Elle se manifeste par un refus alimentaire persistant chez le bébé, pouvant impacter sa croissance. Il est crucial de comprendre les causes, les signes et les solutions pour accompagner au mieux l'enfant et sa famille.

Définition et Distinction

L'anorexie du nourrisson se définit comme un trouble du comportement alimentaire touchant les enfants de 0 à 12 mois, voire jusqu'à 6 ans. L'enfant refuse la nourriture qui lui est proposée et plus on essaie de le forcer à manger, plus il se braque. Il est important de souligner que ce trouble est distinct de l'anorexie mentale observée chez les adolescents, qui est liée à une préoccupation concernant le poids et l'image corporelle. Chez le nourrisson, il n'y a pas cette motivation liée au poids ou à l'apparence.

Certains pédiatres préfèrent le terme de "sous-alimentation" qui englobe l'anorexie du nourrisson, mais aussi d'autres troubles comme la sélectivité alimentaire, le fait de manger extrêmement lentement ou le fait d'imposer aux parents des conditions pour être nourri.

Il est essentiel de différencier l'anorexie infantile d'un simple refus alimentaire transitoire, qui peut être lié à une infection, une poussée dentaire ou un reflux gastro-œsophagien. L'anorexie infantile se caractérise par la durée du refus alimentaire, la pauvreté progressive du régime alimentaire, le retentissement sur la courbe de poids et de taille, et la tension importante autour des repas.

Causes de l'Anorexie du Nourrisson

Les causes de l'anorexie du nourrisson sont multifactorielles et peuvent inclure :

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  • Facteurs psychologiques : L'anxiété de séparation, les difficultés d'autonomie ou de régulation émotionnelle peuvent transformer le repas en un espace d'expression du mal-être de l'enfant. Certains enfants peuvent utiliser le refus alimentaire comme un moyen de contrôle, notamment lorsqu'ils ont du mal à exprimer leurs émotions.

  • Facteurs familiaux et environnementaux : Les tensions répétées autour des repas, l'inquiétude parentale excessive, les injonctions à manger ou les rapports de force peuvent renforcer le trouble. Les changements de routine (entrée en crèche, déménagement, naissance d'un autre enfant) sont également des facteurs déclenchants fréquents.

  • Causes médicales : Il est impératif d'éliminer une cause médicale avant de poser un diagnostic d'anorexie infantile. Le reflux gastro-œsophagien, les troubles digestifs chroniques ou une allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peuvent provoquer une douleur associée à l'alimentation, entraînant un refus secondaire de manger. Les affections aiguës comme la bronchiolite ou une maladie pulmonaire sévère, entraînant une hospitalisation de quelques jours avec la pose d’une sonde gastrique, peuvent générer du stress chez le nourrisson et être la cause de son refus de se nourrir.

Dans certains cas, l'anorexie du nourrisson peut être associée à des anomalies comportementales ou du lien d'attachement avec les parents. Outre le refus de s'alimenter, les enfants se renferment sur eux-mêmes, sourient peu et ont l'air tristes.

Il est important de noter que certains parents, ayant peur que l'enfant ne mange pas assez et que cela ait des conséquences sur sa santé, peuvent involontairement adopter des comportements qui aggravent le problème.

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Signes d'Alerte

Plusieurs signes peuvent alerter les parents et les inciter à consulter un médecin :

  • Signes alimentaires : Refus répété de manger, sélectivité extrême, quantités très faibles, rejet de certaines textures ou aliments essentiels.
  • Signes physiques : Stagnation ou perte de poids, ralentissement de la prise de poids, fatigue inhabituelle, pâleur, diminution du niveau d'activité.
  • Signes comportementaux : Repas sources de conflits, irritabilité, anxiété, opposition au moment de manger, anticipation anxieuse du repas.

Diagnostic et Prise en Charge

Avant de s'inquiéter outre mesure concernant le manque d'appétit de l'enfant, l'étude de sa courbe poids/taille et son examen clinique par un médecin sont primordiaux. Le médecin traitant ou le pédiatre sont les premiers interlocuteurs.

La prise en charge est pluridisciplinaire et peut impliquer :

  • Un pédiatre : pour une première évaluation, l'analyse de la croissance et l'élimination d'une cause organique.
  • Un pédopsychiatre ou un psychologue : pour explorer les facteurs psychologiques et relationnels.
  • Un nutritionniste : pour assurer un apport nutritionnel adéquat et diversifié.
  • Un orthophoniste spécialisé dans les troubles de l'oralité : si des difficultés de succion, de déglutition ou de mastication sont présentes.

L'objectif de la prise en charge n'est pas de forcer l'enfant à manger, mais de restaurer une relation sereine à l'alimentation, sans pression ni conflit. Il est important de feindre de ne pas accorder d'importance au refus de s'alimenter de l'enfant, en ne faisant pas de commentaire et en réagissant de façon neutre lors de ses refus. Il faut également nourrir l'enfant en essayant des jeux, le laissant manger salement s'il le souhaite et aux heures qu'il préfère.

Conseils aux Parents

  • Ne pas forcer l'enfant à manger : Cela risque d'aggraver son blocage face à la nourriture.
  • Proposer des aliments variés et colorés : Pour stimuler son intérêt.
  • Instaurer une routine : Les tout-petits sont sensibles à la notion de routine.
  • Aborder les repas sans anxiété et dans la bonne humeur : Une ambiance sereine rassurera l'enfant.
  • Ne pas transformer le moment du repas en instant jeu : L'attention doit être focalisée sur l'alimentation.
  • Éviter de donner des aliments entre les repas : Pour que l'enfant ait faim à l'heure du repas.
  • Être patient et persévérant : Il faut parfois présenter un aliment plusieurs fois avant qu'il ne soit accepté.
  • Consulter un médecin : En cas de doute ou d'inquiétude, il est important de demander l'avis d'un professionnel de santé.

En consultation, les pédiatres reçoivent des parents qui présentent leur enfant comme manquant d’appétit, alors que c’est en fait un enfant « difficile », « qui n’aime rien » et très sélectif. Après 6 ans, cela résulte généralement d’une mauvaise gestion de la phase de néophobie (un refus de tout nouvel aliment par peur). Pour familiariser votre enfant avec les aliments refusés et l’aider à dépasser sa peur, vous pouvez les lui présenter de façon répétée au fil du temps (sans le forcer à les manger, mais sans substituer systématiquement en cas de refus) et sous des formes différentes. Si la néophobie est large (refus de plusieurs aliments et/ ou si elle dure dans le temps) il peut s’agir d’un problème à considérer sous l’angle psychologique et des consultations spécifiques sont recommandées.

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Il est également important de se poser la question de la répartition des aliments dans la journée et du grignotage. Un enfant qui boit du lait plusieurs fois par jour ou des boissons sucrées, ou qui grignote entre les repas, a un apport calorique élevé qui par ailleurs qui lui “coupe l’appétit” aux repas. Les sodas et jus de fruits contiennent jusqu’à 20 morceaux de sucre par litre ! De même, boire du lait n’est pas boire mais manger.

Le Cas Spécifique de Charlie

L'histoire de Charlie Cuenot, un nourrisson souffrant d'anorexie du nourrisson et de trouble de l'oralité, illustre la complexité de ce trouble. Née prématurément, Charlie a eu des difficultés à s'alimenter dès le début de sa vie. Après 16 mois, elle ne pesait que 6,740 kilogrammes. Face à l'absence de solutions en France, ses parents ont envisagé un traitement spécialisé en Autriche, basé sur un sevrage de la gastrostomie et une rééducation à l'alimentation orale. Ce cas souligne l'importance d'une prise en charge précoce et adaptée, ainsi que le rôle essentiel du soutien aux familles.

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