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L'Hadith des 40 Jours de l'Embryon : Explications et Perspectives

L'embryogenèse humaine est un sujet fascinant, à la croisée des sciences biologiques et des considérations théologiques. Un hadith prophétique, rapporté par Ibn Mas’oud (rad), offre un aperçu des premières étapes du développement embryonnaire, suscitant des interprétations variées au fil des siècles. Cet article explore ce hadith en détail, en confrontant ses enseignements aux connaissances scientifiques modernes et aux différentes perspectives juridiques islamiques.

Le Hadith d'Ibn Mas’oud : Un Aperçu Traditionnel

Le hadith d'Ibn Mas’oud (rad) est une source importante pour comprendre la conception islamique du développement embryonnaire. Il décrit les étapes de la conception humaine, chacune durant quarante jours :

  • Notfa (semence) : La première phase, où le zygote est considéré comme une simple semence.
  • ‘Alaqa (adhérence) : La seconde phase, où l'embryon s'implante dans l'utérus et ressemble à une adhérence.
  • Modgha (morceau de chair mâché) : La troisième phase, où l'embryon prend une forme plus définie, évoquant un morceau de chair mâchée.

Après ces trois périodes de quarante jours, un ange est envoyé par Dieu pour insuffler l'âme à l'embryon et pour enregistrer quatre décrets divins :

  • Sa subsistance (biens matériels)
  • La durée de sa vie
  • Ses actions
  • Son destin (heureux ou malheureux)

Ce hadith soulève plusieurs questions importantes, notamment celle du moment précis où la vie humaine commence et des implications éthiques qui en découlent.

Interprétations du Hadith et Début de la Vie

La signification littérale de ce hadith suggère que la vie commence après la troisième période de quarante jours, c'est-à-dire au début du cinquième mois, au moment de l’insufflation de l’âme. Cette interprétation a conduit certains savants à considérer que l'avortement est permis avant cette étape, bien que cette opinion soit loin d'être unanime.

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D'autres hadiths, comme celui rapporté par Mouslim, précisent davantage le processus de formation de l'embryon. Ils mentionnent l'envoi d'un ange après quarante-deux jours pour façonner l'ouïe, la vue, la peau, la chair et les os de l'embryon, et pour déterminer son sexe et son destin. Ces hadiths ne parlent pas de l'insufflation de l'âme, mais mettent l'accent sur le développement physique de l'embryon.

Certains savants, comme Ibn al-Qayyim et Ibn Hajar, ont cherché des signes permettant de déterminer le moment de l'insufflation de l'âme, comme le mouvement volontaire du fœtus. Ils considèrent que le mouvement et la nutrition du fœtus avant cette étape sont comparables à ceux des plantes et ne relèvent pas d'une volonté propre.

Il est important de noter qu'il n'existe pas de consensus clair parmi les savants quant au moment précis de l'insufflation de l'âme. La majorité situe cet instant au 120ème jour, tandis que d'autres l'avancent au 40ème jour.

La Science Moderne et le Développement Embryonnaire

Les données scientifiques modernes offrent un éclairage précieux sur les étapes du développement embryonnaire décrites dans le hadith. Elles confirment que la formation des organes et des membres se produit bien au-delà de quarante jours après la fécondation.

  • Les membres se modèlent au quarantième jour, ou sensiblement après (42 ou 45 jours).
  • La glande sexuelle (gonade) se développe en ovaire ou en testicule après le quarante-deuxième jour.

Ainsi, entre 40 et 45 jours, les membres de l’embryon sont totalement modelés, son cœur bat, il bouge. L'activité cardiaque commence dès la quatrième semaine, et l'activité cérébrale est mesurable à partir de la septième semaine. Ces découvertes scientifiques suggèrent que la vie, au sens biologique du terme, commence bien avant les 120 jours mentionnés dans certains hadiths.

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Implications Juridiques et Éthiques

La question du moment où la vie humaine commence a des implications juridiques et éthiques importantes, notamment en ce qui concerne l'avortement. Les savants musulmans ont des opinions divergentes sur cette question, basées sur leurs interprétations des textes religieux et sur leur compréhension de la science.

  • Pour la majorité des savants, l’avortement est interdit avant l’insufflation de l’âme. Ceci est l’avis des hanbalites et l’avis prédominant au sein des malikites et shafi’ites. Ainsi l’avortement est interdit pendant les 40 premiers jours.
  • Après l’insufflation de l’âme : L’avortement est strictement interdit à l’unanimité des savants. Il n’y a aucune divergence à ce sujet.

Cependant, certains savants estiment que l'avortement peut être permis dans certaines circonstances, par exemple si la vie de la mère est en danger. La fatwa n° 140 éditée le 20/6/1407H édictée par le comité des grands savants en Arabie Saoudite confirme le respect de la vie de l’embryon dans ses différentes phases. 2- L’avortement n’est pas permis au cours des phases d’adhérence « ‘alaqa » et de « modgha » sauf si une commission médicale fiable stipule que la continuité de la grossesse présente un danger pour la santé de la mère, par exemple, si l’on craint pour sa vie.

Il est également important de noter que la vie de l'embryon est juridiquement considérée et donc inviolable à partir de la nidation, c'est-à-dire, à partir de la fixation de l'embryon sur la paroi utérine. Ceci se produit environ six jour après la fécondation.

En cas de fausse couche, les règles concernant les saignements post-partum (lochies) varient selon que l'embryon est formé ou non. Si la fausse couche survient durant les deux premières étapes de la grossesse (quatre-vingt premiers jours), les écoulements sanguins ne sont pas considérés comme des lochies, mais comme une métrorragie (istihada). Si la fausse couche survient après l'insufflation de l'âme, les saignements sont considérés comme des lochies.

Autres enseignements tirés du hadith

Outre les aspects liés au développement embryonnaire, le hadith d'Ibn Mas'oud contient également des enseignements importants sur la prédestination et la responsabilité humaine. La phrase "Par Dieu, en dehors duquel il n’est pas de divinité, l’un de vous accomplit des actes comme en font les gens du Paradis au point qu’il ne reste plus entre lui et le Paradis qu’une coudée ; c’est alors qu’il est devancé par le destin, et amené à commettre des actes dignes des gens de l’Enfer pour y pénétrer" souligne que la fin de l'homme dépend de ses dernières œuvres.

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Certains savants considèrent que ces propos sont ceux d'Ibn Mas'oud lui-même, et non du Prophète (saws). Quoi qu'il en soit, ce passage met en garde contre l'orgueil et l'ostentation, et rappelle que les apparences peuvent être trompeuses. Un homme peut accomplir de bonnes actions en apparence, mais son cœur peut être infesté par l'orgueil, ce qui le conduira à commettre de mauvaises actions en fin de vie. Inversement, un homme peut accomplir de mauvaises actions en apparence, mais son cœur peut être habité par l'amour de Dieu et le désir de se repentir, ce qui le conduira au Paradis.

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