L'absence de cheveux chez un nourrisson est une préoccupation fréquente chez les parents. Il est normal de s'interroger sur les causes possibles, notamment sur le lien avec l'anémie. Cet article aborde les causes de la perte de cheveux chez les nourrissons, le rôle de l'anémie et les solutions possibles.
Développement capillaire chez le nourrisson : une grande variabilité
De nombreux bébés naissent sans cheveux, et certains restent chauves pendant plusieurs mois. Au fil des mois, les parents scrutent le crâne de leur enfant, se demandant pourquoi les cheveux ne poussent pas, contrairement à d'autres bébés du même âge. Il est important de comprendre que la poussée des cheveux de bébé est très variable. Si certains nouveau-nés se voient affublés très vite d'une petite tignasse, d'autres restent chauves un certain temps.
Dans la plupart des cas, cette poussée des cheveux plus tardive est d'ordre génétique. Il suffit souvent d'interroger l'entourage familial pour découvrir des parents ou grands-parents nés avec un crâne bien lisse. La génétique est un facteur important dans la croissance des cheveux des bébés. Les caractéristiques capillaires, telles que la couleur, la texture et la densité, sont souvent héritées des parents. Cela signifie que si un parent avait des cheveux fins ou peu de cheveux à la naissance, l’enfant pourrait présenter des caractéristiques similaires.
Effectivement, certains types de cheveux sont plus longs à pousser que d'autres ! Il semblerait que les cheveux blonds, souvent plus fins par nature, ainsi que les cheveux crépus, soient plus longs à venir recouvrir le cuir chevelu de bébé.
Chute des premiers cheveux : un phénomène naturel
Au fur et à mesure que bébé grandit, il est fréquent que les premiers cheveux qui poussent tombent vers la dixième semaine suivant la naissance. C'est tout à fait normal ! Cette chute, qu’on appelle alopécie du nourrisson, touche beaucoup de bébés vers 2-3 mois. Elle résulte de la baisse des hormones maternelles dans le corps du bébé. Vous constaterez souvent cette perte au niveau de l’arrière du crâne. Les cheveux repousseront naturellement dans les mois suivants. Ce duvet sera ensuite remplacé par des cheveux plus épais et durables. Les parents doivent garder à l’esprit que cette phase de transition est naturelle et fait partie du processus de développement capillaire.
Lire aussi: Tout savoir sur l'anémie du nourrisson
Anémie et perte de cheveux : quel lien chez le nourrisson ?
On pense souvent que la faible densité de cheveux sur un bébé peut signifier, à l'instar des personnes adultes, une carence en fer. Chez les nourrissons, ce n'est pas un symptôme potentiel. Dans le doute, il ne faut cependant pas hésiter à consulter son pédiatre. Mais si le seul symptôme est une absence de cheveux, il y a peu de chances que le jeune enfant soit atteint de carence.
La carence en fer (ou anémie) chez le nourrisson se traduit par de nombreux symptômes. Un manque d'appétit, une fatigue constante ou une certaine irritabilité sont des éléments pouvant mettre la puce à l'oreille. Un bébé anémié aura aussi fréquemment des bronchites, des conjonctivites et des rhinopharyngites. En cas de carence en fer, des essoufflements et des vertiges peuvent aussi être constatés.
L'anémie ferriprive est la plus fréquente des anémies. Elles sont très nombreuses et varient selon l'âge et le sexe. Chez le nourrisson, la cause la plus fréquente est l'insuffisance d'apport alimentaire riche en fer.
Qu'est-ce que l'anémie ?
On parle d’anémie en dessous des valeurs de référence selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :
- hémoglobine < 13 g/dl chez l’homme ;
- hémoglobine < 12 g/dl chez la femme et < 11 g/dl pour la femme enceinte.
Une anémie est dite sévère lorsque l’hémoglobine est inférieure à 8 g/dl.
Lire aussi: L'anémie chez les mères allaitantes
L'hémoglobine est une protéine faisant partie des globules rouges contenus dans le sang, elle est chargée du transport de l’oxygène et de sa livraison aux cellules du corps. L’oxygène peut être considéré comme un carburant pour nos cellules et est donc indispensable à leur bon fonctionnement.
Symptômes de l'anémie
Indépendamment de sa cause, deux tableaux cliniques sont spécifiques à l’anémie :
- La pâleur de la peau et des muqueuses, variable d’une personnes à l’autre et selon la sévérité de l’anémie ;
- Les manifestations liées au manque d’oxygène (rappelons que l’hémoglobine est le transporteur et distributeur de l’oxygène dans notre corps) avec fatigue, essoufflement, vertige, maux de tête, accélération du rythme cardiaque, souffle cardiaque. La gravité de ces manifestations dépend de l’importance de l’anémie et de sa rapidité d’installation. Elle dépend également de leur retentissement sur nos organes nobles : cœur, cerveau, appareil digestif et poumons.
D’autres symptômes peuvent compléter le tableau d’anémie : sécheresse cutanée, lèvres sèches et fissurées, ongles aplatis, cheveux secs et cassants.
Causes de l'anémie
L’anémie est une conséquence dont les causes sont multiples. Elles peuvent être classées en fonction de l’origine de l’anémie centrale ou périphérique.
Anémie centrale
On parle d’anémie centrale lorsqu’il y a un défaut de production de l’hémoglobine au niveau de la moelle épinière par :
Lire aussi: Recommandations pour l'anémie après l'accouchement
- manque de « matière première » : fer, vitamine B12, acide folique ;
- disparition des cellules souches de la moelle osseuse par exemple après chimiothérapie ;
- cellules souches présentes mais défaillantes en cas de syndrome dit myélodysplasique ;
- envahissement de la moelle osseuse par des cellules anormales par exemple en cas de cancer ;
- anomalie de la structure de la moelle osseuse ;
- diminution de la stimulation hormonale de la fabrication des cellules sanguines (déficit en érythropoïétine par exemple) ;
- production de facteurs sabotant la production de cellules sanguines, par exemple en cas d' inflammation.
Anémie périphérique
Les anémies dites périphériques sont, quand à elles, dues à un excès de perte de l’hémoglobine dans les cas de :
- pertes sanguines aiguës, par exemple hémorragies digestives ;
- pertes sanguines chroniques, telles que les règles abondantes, l'ulcère de l’estomac, le cancer du côlon, etc ;
- destruction des globules rouges dans l'organisme due à une malformation de ces derniers (drépanocytose, thalassémie) ou à leur attaque par un agent infectieux (paludisme) ou encore par nos propres anticorps.
L’anémie par carence en fer
Le manque de fer constitue la principale cause d’anémie. Il est dû à trois principales causes.
- Des pertes lors de saignements. Les saignements peuvent être faibles (donc invisibles) mais prolongés en cas de problème gastro-intestinal : ulcère gastrique, polype du côlon ou cancer colorectal, en cas de pathologie gynécologique comme un fibrome utérin, ou encore de problèmes urologique comme un cancer de la vessie. Ces saignements peuvent également être plus évidents, c’est le cas de règles abondantes ou d’une coloration noire des selles et l'émission de sang rouge par l’anus en cas d'origine gastro-intestinale.
- Un manque d’apport dans l’alimentation, aggravé en cas de régime végétarien ou végétalien strict. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement sujets à une anémie par carence en fer : les femmes du fait de l'augmentation du volume sanguin et des besoins pour la croissance foetale, surtout en fin de grossesse, et les enfants du fait de leur croissance rapide nécessitant des apports en fer plus importants non satisfaits par une alimentation peu diversifiée.
- Un trouble de l’absorption du fer par le tube digestif à cause d’une affection de la paroi digestive comme dans le cas d’une maladie de Crohn ou d’une maladie coeliaque. Le trouble de l’absorption est beaucoup plus rare que les pertes par saignement et la carence d’apport.
Traitement de l'anémie
Le traitement de l’anémie est avant tout celui de sa ou ses causes. La prise en charge de l’anémie débutera toujours par une recherche de cette cause.
Le traitement de l’anémie la plus fréquente, c'est-à-dire par carence d’apport ou apports inappropriés en fer commencera par la correction alimentaire de la carence à l’aide d’une alimentation variée et équilibrée couvrant les besoins en fer. En 2016, les références nutritionnelles des apports en fer de la population adulte ont été mises à jour et sont estimées à 11 mg/j pour l’homme, la femme ayant des pertes menstruelles faibles ou normales (80% de la population féminine non ménopausée) ainsi que la femme ménopausée, et à 16 mg/j pour la femme non ménopausée ayant des pertes menstruelles élevées. Les aliments à privilégier sont viandes maigres, volailles, poissons, œufs, légumineuses et tofu, légumes verts comme les épinards, le brocoli, les choux de Bruxelles, les petits pois et les haricots. On n'oubliera pas d’y associer des aliments riches en vitamine C (oranges, clémentines, kiwis, tomates et poivrons), car ils aideront votre corps à absorber le fer. À l’inverse, on évite le thé et le café qui contiennent des inhibiteurs potentiels de l'absorption du fer.
Si la correction des carences par l’alimentation ne suffit pas, une supplémentation par sels de fer sera prescrite pour 3 à 6 mois en fonction de l'importance de la carence. Elle fait appel pour l'essentiel au traitement oral, en une ou plusieurs prises par jour, si possible à jeun pour en améliorer l'absorption, ou à défaut pendant les repas pour en améliorer la tolérance.
Les indications à une transfusion de sang sont exceptionnelles et limitées aux anémies profondes et/ou mal tolérées.
Quand consulter en cas d'anémie ?
Toute découverte d’anémie suite à une prise de sang ou devant des symptômes d’anémie doit conduire à une consultation avec un médecin. Les médecins déconseillent toutefois de prendre une supplémentation en fer sans s’être assuré de l’origine de la carence auprès d’un médecin.
Chez l’enfant de moins de cinq ans, en dehors des signes classiques de l’anémie, la survenue de trouble de la croissance ou d’infections à répétition doit conduire à une consultation à la recherche d’une anémie.
Comment favoriser la croissance des cheveux de bébé ?
L'absence de cheveux sur le crâne de leur bébé peut quelquefois engendrer une réelle inquiétude chez les parents ! Parfois, ceux-ci sont même tentés de "donner un coup de pouce" à la nature. Ce n'est pourtant pas souhaitable !
Voici quelques conseils pour prendre soin du cuir chevelu de bébé et favoriser une croissance saine des cheveux :
- Prenez soin du cuir chevelu de bébé sans utiliser de produits chimiques pour éviter les irritations. Un nettoyage doux à l’eau tiède et un léger massage du cuir chevelu suffisent généralement à maintenir une bonne hygiène.
- Vous pouvez masser doucement le cuir chevelu de votre bébé pour stimuler la circulation sanguine. N’utilisez que des produits spécifiquement formulés pour les nourrissons. Évitez les produits capillaires pour adultes qui contiennent des ingrédients agressifs.
- Variez les positions de sommeil de votre petit pour limiter ces frictions. Les frottements peuvent contribuer à la perte de cheveux localisée chez les nourrissons. Vous observerez ce phénomène particulièrement à l’arrière du crâne. Les bébés qui bougent peu la tête y sont plus sujets.
- Bien que les nourrissons ne consomment pas encore d’aliments solides, l’alimentation peut avoir un impact sur la santé capillaire du bébé, surtout s’il est allaité. Une alimentation riche en vitamines et minéraux essentiels, comme les vitamines A, C et E, ainsi que les acides gras oméga-3, peut contribuer à un développement capillaire sain.
tags: #anémie #nourrisson #causes #perte #cheveux