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Aménorrhée et Anorexie : Causes, Diagnostics et Traitements

L'aménorrhée, définie par l'absence totale de menstruations chez la femme en dehors des périodes physiologiques comme la puberté, la grossesse, l'allaitement ou la ménopause, et l'anorexie mentale, un trouble du comportement alimentaire sévère caractérisé par une restriction alimentaire volontaire et une peur intense de prendre du poids, sont deux conditions médicales souvent liées. Cet article explore en profondeur les causes, les diagnostics et les traitements de ces deux troubles, en mettant en lumière leurs interconnexions complexes.

Comprendre l'Aménorrhée

L’aménorrhée se définit par une absence totale de menstruations chez les femmes. Elle témoigne d’un trouble du cycle menstruel, lorsqu’elle survient en dehors de certaines périodes où l’absence de règles est physiologique (avant la puberté, pendant la grossesse, l’allaitement ou bien encore après la ménopause). L’aménorrhée désigne l’absence totale de règles (menstruations) chez les femmes. Elle est physiologique à certaines périodes de la vie, avant la puberté, pendant la grossesse et l’allaitement et après la ménopause. Mais elle traduit un trouble du cycle menstruel, lorsqu’elle survient en dehors des contextes précités.

Les Différents Types d'Aménorrhée

Il existe différents types d’aménorrhée, avec diverses causes. Les aménorrhées, qu’elles soient primaires ou secondaires, peuvent être définitives ou transitoires, en fonction de leur cause. Les aménorrhées secondaires sont beaucoup plus fréquentes que les aménorrhées primaires. L’aménorrhée est dite secondaire lorsqu’il y a interruption totale des règles (plus de 3 mois en général) chez une femme ayant déjà eu ses règles mais pas encore ménopausée. Parfois, la puberté est retardée chez des jeunes filles qui ne présentent aucun trouble, et les règles normales apparaissent tout simplement à un âge plus avancé.

Le Cycle Menstruel et son Importance

Les menstruations sont modulées par un puissant complexe hormonal, appelé neuro-hypothalamo-hypophysaire. Chaque mois, ce système agit en produisant des hormones qui préparent le corps et surtout l’utérus à une éventuelle grossesse. Comprendre les mécanismes du cycle menstruel est fondamental pour ainsi mieux assimiler les causes possibles de chaque type d’aménorrhée. Les menstruations - plus communément appelées les règles - sont un élément déterminant du cycle menstruel.

Diagnostic de l'Aménorrhée

Le diagnostic débute tout d’abord par un interrogatoire avec le médecin qui pose des questions sur les antécédents médicaux de la patiente, et plus précisément sur son historique menstruel (nature des cycles antérieurs : irrégularité, longueur, abondance des règles). La première question posée est souvent l’hypothèse d’un début de grossesse. Un examen clinique est ensuite envisagé pour approfondir la cause et la nature de l’aménorrhée et adapter les examens complémentaires réalisés ultérieurement.

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Concernant l’historique menstruel, le médecin détermine si l’aménorrhée est primaire ou secondaire, en demandant à la jeune fille ou à la femme si elle a déjà eu des règles. Si c’est le cas, il lui demande à quel âge elles sont apparues et quand les dernières menstruations ont eu lieu. Dans le cas où la jeune fille n’aurait jamais eu ses règles (aménorrhée primaire), le médecin va poser des questions relatives à l’apparition des caractères sexuels secondaires tels que le développement mammaire (seins), des poils pubiens et axillaires ou bien la poussée de croissance.

Ces informations vont permettre ainsi au médecin d’écarter certaines pistes et de savoir si la cause de l’aménorrhée est d’origine génétique ou non (après interrogation des membres de la famille). Par ailleurs, le médecin va aussi orienter son entretien sur d’autres symptômes pouvant suggérer une cause et sur l’usage médicamenteux, pratiques sportives, habitudes alimentaires et d’autres conditions susceptibles de provoquer une aménorrhée.

Anorexie Mentale : Un Aperçu

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire sévère qui affecte principalement les adolescents, mais touche également les adultes. Elle se caractérise par une perte de poids intentionnelle et une peur intense de la prise de poids, souvent liée à une perception déformée de l’image corporelle, sans qu’il y ait une cause liée à une pathologie organique. L’anorexie mentale est définie par une restriction alimentaire volontaire qui conduit à un poids corporel anormalement bas, en l’absence de cause dite somatique ou organique.

Prévalence et Manifestations

L’anorexie mentale (AM) est un trouble du comportement alimentaire d’origine multifactorielle qui touche de 0,5 à 2,2 % des jeunes femmes. L’anorexie mentale apparaît souvent à l’adolescence, une période de changements corporels et psychologiques intenses. Les adolescents, particulièrement les filles, sont souvent exposés à des pressions sociales concernant l’apparence physique, ce qui peut contribuer au développement de l’anorexie mentale. Bien que rare, l’anorexie mentale chez les hommes adultes se manifeste souvent par une préoccupation excessive pour un corps maigre et musclé. Chez les femmes adultes, l’anorexie mentale peut être exacerbée par des facteurs professionnels ou personnels, comme les hauts standards de beauté dans certains secteurs professionnels. Elle peut aussi être déclenchée par des événements de la vie tels que le deuil ou le divorce.

Symptômes et Complications

Les symptômes physiques incluent une perte de poids sévère, un indice de masse corporelle (IMC) extrêmement bas, des troubles hormonaux comme l’aménorrhée, et des complications telles que l’ostéoporose et l’anémie. D’autres manifestations incluent une peau sèche, des cheveux cassants, et une sensibilité au froid. L’anorexie mentale peut conduire à des complications graves. La dénutrition est une conséquence majeure de l’anorexie mentale, résultant d’une insuffisance nutritionnelle prolongée. Elle affecte la santé globale, entraînant une fatigue extrême, une diminution de la masse musculaire, ainsi que des déficiences vitaminiques et minérales.

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Sur le plan psychologique, on observe des obsessions alimentaires, une peur intense de prendre du poids, et des conduites compulsives, souvent accompagnées de dépression et d’anxiété. Les patients peuvent développer des rituels alimentaires complexes et un surinvestissement dans le travail ou les études pour compenser leur faible estime de soi.

Facteurs de Risque

Les études suggèrent qu’il existe des prédispositions génétiques chez certaines personnes favorisant l’anorexie mentale. Des anomalies biologiques, comme un dysfonctionnement des neurotransmetteurs, sont également impliquées. Les facteurs psychologiques incluent le perfectionnisme, une faible estime de soi, et des troubles anxieux. L’environnement social et culturel, avec ses idéaux de minceur, joue un rôle crucial, tout comme les événements traumatisants de la vie. Des périodes de stress intense précoce, tels que des abus sexuels, des violences, ou la maltraitance, peuvent également être des facteurs déclenchants.

Diagnostic de l'Anorexie Mentale

Le diagnostic repose sur les critères du DSM-5, qui incluent les symptômes de restriction alimentaire, une peur intense de prendre du poids, et une perception corporelle altérée. Un IMC inférieur à 17,5 kg/m² est souvent un indicateur clinique, bien que d’autres critères soient également pris en compte. Des outils comme le questionnaire SCOFF-F ou le Yale Food Addiction Scale (YFAS) peuvent aider à identifier un trouble alimentaire, mais un diagnostic professionnel par un psychiatre ou un psychologue est essentiel. Ces outils ne remplacent pas une évaluation complète par un professionnel de santé.

Lien Entre Aménorrhée et Anorexie

L’aménorrhée hypothalamique est un des effets que peut engendrer l’anorexie, ou plus largement une relation restrictive avec l’alimentation. Dans cet épisode, je reçois Florence Gillet, fondatrice de « Beyond Body Image », qui a participé à la publication du livre de référence « Je n’ai plus mes règles ». Lorsqu’il y a un lien entre aménorrhée et anorexie, il s’agit d’une aménorrhée hypothalamique. « Cette aménorrhée hypothalamique, elle fonctionne sur un diagnostic d’exclusion. On exclut les autres raisons potentielles de ne pas avoir de cycle. Et pourquoi elle s’appelle hypothalamique ? C’est parce qu’en fait, elle vient de l’hypothalamus.

C’est une petite glande qu’on a dans le cerveau, qui fonctionne un petit peu comme un centre de contrôle, qui reçoit des signaux du corps et des signaux hormonaux en fonction de comment on vit, comment on mange, comment on bouge, etc. Et qui, à son tour, du coup, juge de la disponibilité énergétique dans le corps. Pour faire simple, en fait, elle juge combien on a d’énergie disponible pour faire fonctionner toutes les fonctions du corps. En fonction de ça, elle envoie des ordres aux différents organes et aux différentes hormones dans le corps. […] Normalement, il déclenche un signal qui va à l’hypophyse, une autre glande du cerveau, et l’hypophyse, elle, déclenche le travail des organes sexuels. Cet hypothalamus, il réagit de manière négative à un déficit énergétique chronique. […] Le déficit énergétique, […] c’est ça qu’on cherche à atteindre pour perdre du poids. Mais ce qui se passe, c’est que si on est dans ce déficit chronique d’énergie, il y a un moment où l’hypothalamus décide : « Nous n’avons pas assez d’énergie disponible pour faire fonctionner des fonctions non-essentielles à la survie. ».

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Aménorrhée Hypothalamique

L’aménorrhée hypothalamique est un type d’aménorrhée directement lié à un déficit énergétique chronique, souvent observé chez les personnes souffrant d’anorexie. L’hypothalamus, une glande située dans le cerveau, agit comme un centre de contrôle qui reçoit des signaux du corps et des hormones, évaluant la disponibilité énergétique pour les fonctions corporelles. En cas de déficit énergétique prolongé, l’hypothalamus cesse d’envoyer des signaux à l’hypophyse, une autre glande du cerveau, interrompant ainsi le cycle menstruel.

Importance du Diagnostic et de la Prise en Charge

Face à l’aménorrhée hypothalamique, en France, plusieurs difficultés se posent. Tout d’abord, le diagnostic n’est pas toujours correctement posé. Et même quand il l’est, il n’est pas toujours clairement donné et expliqué à la patiente. « Elles sont dans une errance médicale énorme parce qu’en fait, parfois, on leur dit « ce n’est pas grave », donc quelque part, elles ne s’en inquiètent pas. Mais c’est grave. Le cycle menstruel, dans la vie d’une femme, en fait, c’est un signe vital. Un traitement à base d’hormones de substitution peut aussi être proposé pour protéger les os. « Quand le corps n’a pas assez d’énergie pour faire des fonctions qui sont non essentielles, c’est là où on commence à avoir un certain nombre de problèmes, pas seulement de fertilité. J’ai [aussi] parlé de la densité osseuse, qui est le gros souci de l’aménorrhée hypothalamique. En fait, on peut se retrouver dans une situation d’ostéoporose très très jeune. […] Vivre avec une ostéoporose, c’est littéralement mettre le pied pas tout à fait droit sur un trottoir et se casser le pied. C’est se taper la main contre un tiroir et se casser la main.

Traitements et Prise en Charge

Traitement de l'Anorexie Mentale

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est l’une des approches les plus efficaces pour traiter l’anorexie mentale, en aidant les patients à modifier leurs pensées et comportements alimentaires. La thérapie familiale a également montré son efficacité, en particulier chez les adolescents, en impliquant les membres de la famille dans le processus de guérison. Bien que les antidépresseurs puissent être prescrits pour traiter les symptômes associés comme l’anxiété ou la dépression, ils ne remplacent pas la prise en charge psychologique. Une approche multidisciplinaire, incluant le soutien médical et psychologique, est souvent nécessaire pour traiter efficacement l’anorexie mentale.

Prise en Charge de l'Aménorrhée

La prise en charge de l’aménorrhée passe par une renutrition. Mais la question du traitement estroprogestatif, notamment pour la protection osseuse, reste débattue. Dans la littérature, les estroprogestatifs par voie transdermique semblent être à privilégier par rapport à la voie orale. Heureusement, il existe une autre solution que la PMA ou la pilule pour celles qui souhaitent retrouver leurs règles naturellement et sortir de l’aménorrhée. Il s’agit de la méthode All in, dont Florence est l’une des ambassadrices en France. « Je dirais qu’aujourd’hui, même si, officiellement, la méthode dit « 6 mois en moyenne », moi je pense que ça descend plutôt vers les 3-4 mois. Pour bien appréhender ce en quoi consiste la méthode All in, je vous conseille d’écouter l’épisode et de faire un tour sur le site et le compte Instagram de Florence. Cependant, nous pouvons dire qu’en résumé, il s’agit de lâcher le contrôle, de recommencer à se nourrir correctement et diminuer (voire supprimer) le sport - seulement pendant un temps 😉. « All in vient du terme de poker [qui parle] de mettre tout ce qu’on a sur la table, donc de ne pas retenir. [C’est] quelque chose [qui implique de] vraiment tout donner. Tout cela étant, bien sûr, réalisé dans un certain cadre, avec un accompagnant, et uniquement avec des personnes dont la situation le permet.

Importance de la Renutrition

La renutrition est essentielle pour restaurer un cycle menstruel normal. L’absence ou la trop faible quantité de masse grasse et les effets du déficit énergétique chronique (tels que, par exemple, l’altération des capacités cognitives) empêchent les signaux corporels de s’exprimer correctement. Quand on souffre d’anorexie, il est tout à fait possible de ne sincèrement pas ressentir de sensation de faim, même si le corps a désespérément besoin d’être nourri.

Approche Multidisciplinaire

Le plan de traitement de la personne anorexique est établi par des équipes multidisciplinaires comme le médecin généraliste, le médecin spécialiste, le pédiatre, le psychiatre et/ou le psychologue et la diététicienne. La prise en charge et le suivi sont multidisciplinaires, psychologique (soutien, thérapies comportementales et familiales) et somatique. Un traitement médicamenteux peut être mis en place pour soulager les troubles psychiatriques associés ou les complications somatiques.

Méthode "All In"

Il existe une autre solution que la PMA ou la pilule pour celles qui souhaitent retrouver leurs règles naturellement et sortir de l’aménorrhée. Il s’agit de la méthode All in, dont Florence est l’une des ambassadrices en France. Pour bien appréhender ce en quoi consiste la méthode All in, il s’agit de lâcher le contrôle, de recommencer à se nourrir correctement et diminuer (voire supprimer) le sport - seulement pendant un temps 😉. « All in vient du terme de poker [qui parle] de mettre tout ce qu’on a sur la table, donc de ne pas retenir. [C’est] quelque chose [qui implique de] vraiment tout donner. Tout cela étant, bien sûr, réalisé dans un certain cadre, avec un accompagnant, et uniquement avec des personnes dont la situation le permet.

Alimentation Intuitive

Pour que les résultats soient pérennes, il est important de réapprendre à prendre soin de son corps, mais aussi de se pencher sur ce qui nous a fait en arriver là. « Pour moi, l’objectif c’est que mes clientes, après la sortie de l’aménorrhée, elles aillent vers l’alimentation intuitive. On partage avec l’alimentation intuitive les valeurs, par exemple, de rejet de la culture des régimes ou du culte de la minceur.

Prévention

La prévention passe par l’éducation sur les risques des régimes restrictifs et la promotion d’une image corporelle positive. Les programmes de sensibilisation dans les écoles peuvent être bénéfiques pour informer les jeunes des dangers de l’anorexie mentale et des troubles alimentaires en général. Le soutien familial est crucial pour la prévention et le rétablissement. Les familles peuvent aider en encourageant des habitudes alimentaires saines et en évitant les commentaires négatifs sur le poids. La thérapie familiale peut également être un outil précieux pour renforcer les dynamiques familiales positives et soutenir le patient dans son parcours de guérison.

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