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Aménorrhée sans grossesse : Comprendre les causes de l'absence de règles

L'aménorrhée, définie comme l'absence de règles en dehors de la grossesse et de la ménopause, peut être source d'inquiétude pour les femmes. Cet article vise à explorer les différentes causes de l'aménorrhée, qu'elle soit primaire (absence de règles chez une jeune fille après l'âge de la puberté) ou secondaire (absence de règles pendant une période équivalente à trois cycles menstruels antérieurs ou six mois chez une femme antérieurement réglée).

Qu'est-ce que l'aménorrhée ?

L'aménorrhée est un terme médical qui désigne l'absence de menstruations chez une femme en âge de procréer. Elle est considérée comme un trouble du cycle menstruel. Il existe deux types d'aménorrhée :

  • Aménorrhée primaire : Absence de premières menstruations chez une jeune fille dont le cycle menstruel n'est pas encore régulier (entre 13 et 16 ans en moyenne). On parle d’aménorrhée primaire ou essentielle lorsqu’une adolescente n’a pas eu ses premières règles après l’âge de 15 ans. Les règles apparaissent le plus souvent entre 10 et 15 ans.
  • Aménorrhée secondaire : Absence de règles pendant plus de trois mois chez une femme jusque-là bien réglée. C’est la situation la plus fréquente. Elle survient chez une femme antérieurement réglée et se caractérise par l’absence de règles sur une période équivalente à trois intervalles de cycles menstruels antérieurs ou six mois sans menstruations.

Il est important de noter que l'aménorrhée est normale à certaines périodes de la vie d'une femme, comme pendant la grossesse, l'allaitement ou la ménopause.

Causes naturelles de l'aménorrhée

Dans certains cas, l'absence de règles est un phénomène naturel et ne doit pas être une source d'inquiétude.

  • Grossesse : L'arrêt des règles est l'un des premiers signes de grossesse.
  • Ménopause : Après 40 ans, la ménopause est la première cause d'absence de règles chez une femme. À l’approche de la ménopause, la production d’oestrogènes diminue peu à peu. Elle peut survenir dès 30 ou 35 ans.
  • Allaitement : Les suites d’un accouchement et d’un allaitement prolongé peuvent entraîner une aménorrhée. Les règles réapparaissent normalement quatre à huit semaines après l’accouchement ou la fin de l’allaitement, mais un état de fatigue ou de dépression peut les retarder.
  • Cycle anovulatoire : Un cycle anovulatoire, qui se caractérise par l'absence d'ovulation, peut aussi être une cause de règles irrégulières ou d'aménorrhée.
  • Préménopause : L’aménorrhée secondaire concerne les femmes ayant eu jusque-là un cycle menstruel normal. Cela peut avoir plusieurs causes : une préménopause.

Causes de l'aménorrhée primaire

Les raisons pour lesquelles une jeune fille de 16 ans peut présenter une absence de règles peuvent être multiples. Il peut s’agir de dysfonctionnements physiques ou psychologiques. La première cause d'aménorrhée primaire est le retard pubertaire.

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  • Retard pubertaire : Il s’agit du cas le plus commun. Le corps de la jeune fille est tout simplement en retard, il va effectuer sa croissance et sa puberté plus tardivement que les autres. Ce retard peut être d'origine héréditaire ou être la conséquence d'une maladie grave ou d'une anorexie. Parfois la puberté est retardée chez des jeunes filles qui ne présentent aucun trouble, et les règles normales apparaissent tout simplement à un âge plus avancé.
  • Malformations congénitales : Une malformation de l’utérus ou du vagin. Il est possible de déceler ce type d’anomalies grâce à un examen clinique ou une échographie pelvienne. Si la puberté s’est déroulée normalement, l’aménorrhée primaire est parfois liée à une malformation congénitale de l’utérus. Dans certains cas, il s’agit simplement d’un défaut de perforation de l’hymen, qui empêche l’écoulement des règles : ce problème est résolu par une petite intervention chirurgicale. Les organes reproducteurs sont mal formés, ce qui bloque le flux menstruel.
  • Anomalies génétiques : Certaines jeunes filles possèdent également des caractéristiques génétiques masculines. Une anomalie génétique. Les troubles qui provoquent une aménorrhée primaire sont peu courants, mais les plus fréquents sont : maladie génétique : syndrome de Turner, syndrome de Kallmann, surproduction d’hormones masculines par les glandes surrénales, troubles génitaux (hermaphrodisme).
  • Tuberculose génitale : Cette maladie se manifeste par une destruction de l’endomètre, cette muqueuse qui tapisse l’utérus et qui est évacuée pendant les règles. Sans endomètre, pas de menstruation, car il n’y a rien à évacuer.

Causes de l'aménorrhée secondaire

De nombreuses causes peuvent être à l'origine d'une aménorrhée secondaire.

  • Facteurs liés au mode de vie :
    • Perte de poids importante ou anorexie : Les causes les plus fréquentes sont la perte de poids importante ou l’anorexie.
    • Choc psychologique ou stress prolongé : Le choc psychologique, le stress prolongé. Un choc psychologique (décès, divorce, perte brutale d’emploi, etc.), une maladie prolongée, une douleur chronique, un état dépressif ou anxieux peuvent entraîner un arrêt plus ou moins long des cycles menstruels.
    • Pratique intensive d’activités sportives : La pratique intensive d’activités sportives. Un entraînement sportif trop intensif. D’après cette étude américaine parue dans la revue « la lettre du gynécologue », plus le volume et l’intensité des entraînements sont conséquents chez une jeune athlète, plus elle risque de développer une aménorrhée de la sportive. Par exemple, 90 % des gymnastes de moins de 18 ans évoluant en compétition internationale ont une absence de règles.
  • Problèmes hormonaux :
    • Sécrétion anormale de prolactine : Une sécrétion anormale de prolactine, une hormone sécrétée par l’hypophyse. La présence d’un adénome à prolactine. Une tumeur bénigne qui se développe dans l’hypophyse et produit une quantité excessive de prolactine.
    • Dysfonctionnement de l'hypothalamus ou de l'hypophyse : L’hypothalamus et l’hypophyse, qui se trouvent dans le cerveau, contrôlent la production de FSH et LH. Ils peuvent subir l’influence d’autres régions du cerveau, notamment celles où se forment les émotions. Le dysfonctionnement de l’hypothalamus, dû au stress ou à une activité physique intense, à une mauvaise nutrition, à des troubles mentaux (dépression, trouble obsessionnel compulsif), à une radiothérapie du cerveau ou une lésion cérébrale ; le dysfonctionnement de l’hypophyse ou de la glande thyroïde, dû à un trouble tel qu’une tumeur ou un traumatisme crânien, ou à un taux de prolactine élevé.
    • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : le syndrome des ovaires polykystiques.
  • Autres causes médicales :
    • Arrêt de la pilule contraceptive : L’absence de règles peut aussi être observée après l’arrêt d’une pilule contraceptive, et ce, pendant quelques mois. La prise ou l’arrêt d’une contraception. La pilule, l’implant ou le stérilet peuvent avoir un effet différent sur le corps de chaque femme. En effet, la prise ou l’arrêt de la pilule peut déclencher une perturbation du cycle menstruel. Il aura alors besoin d’un petit délai (jusqu’à 6 mois) avant de se caler à nouveau sur un rythme physiologique.
    • Maladies chroniques : Bien que moins courantes, certaines causes de l’aménorrhée secondaire sont également énoncées. Il s’agit entre autres : de maladies chroniques (des poumons, de l’appareil digestif, du sang, des reins ou du foie).
    • Certains médicaments : L’utilisation de certains médicaments (contraceptifs oraux, antidépresseurs, médicaments antipsychotiques).
    • Problèmes de thyroïde : Tu peux également regarder du côté de la thyroïde.
    • Maladies auto-immunes : de certaines maladies auto-immunes.
    • Cancer : du cancer.
    • Infection par le VIH : de l’infection par le VIH.
    • Radiothérapie : de la radiothérapie.
    • Traumatismes crâniens : des traumatismes crâniens.
    • Môle hydatiforme : de la môle hydatiforme (excroissance du tissu du placenta).
    • Syndrome de Cushing : du syndrome de Cushing.
    • Dysfonctionnement des glandes surrénales : du dysfonctionnement des glandes surrénales.
    • Polypes ou fibromes : des polypes ; des fibromes.
    • Avortement : les conséquences d’un avortement.

Quand s'inquiéter et consulter ?

Si vous n’avez pas eu vos règles 1 ou 2 mois, il n’y a pas encore de raison de s’inquiéter outre-mesure. Cependant, il est conseillé de consulter un médecin dans les cas suivants :

  • Aménorrhée primaire :
    • Absence de signes de puberté avant l’âge de 13 ans.
    • Absence de règles 3 ans après le début du développement des seins.
    • Absence de règles avant l’âge de 15 ans chez les filles qui grandissent normalement et ont développé des caractères sexuels secondaires.
  • Aménorrhée secondaire :
    • Absence de règles depuis trois cycles.
    • Moins de neuf règles par an.
    • Changement brusque dans le schéma des règles.
  • Autres symptômes : Une absence de règles provoque parfois une sensibilité dans les seins, un écoulement des seins, une perte de poids et des maux dans le bas ventre.

Après avoir constaté l’absence de vos règles, vous devez faire un test de grossesse et s’il est négatif, le médecin pourra alors se diriger vers un autre diagnostic. Au bout de 3 mois sans avoir vos règles (et si vous n’êtes pas enceinte) ou si l’aménorrhée est trop fréquente, le médecin pourra être amené à vous prescrire des examens pour en rechercher la cause.

Diagnostic de l'aménorrhée

L’examen clinique et les tests complémentaires visent à identifier et à localiser l’organe responsable de l’aménorrhée. Pour poser le diagnostic de l’aménorrhée, le médecin procède à une consultation médicale au cours de laquelle il pose des questions à la patiente sur ses antécédents médicaux, plus précisément sur l’historique de ses menstruations. Un examen clinique est ensuite réalisé. Cela permet au médecin de déterminer si les caractères sexuels secondaires sont bien développés. Les observations faites pendant le relevé des antécédents et l’examen clinique aident le professionnel de santé à mettre en évidence la cause de l’aménorrhée.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits, à savoir :

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  • Un test de grossesse (il peut être effectué même chez les filles qui n’ont pas eu de règles ou qui n’ont aucune activité sexuelle).
  • Des analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones.
  • Des examens d’imagerie permettant d’examiner le système reproducteur (échographie, hystéroscopie, IRM).

Bon à savoir : certains médecins vont prescrire des médicaments hormonaux aux patientes, afin de vérifier s’ils peuvent déclencher les règles.

Traitements de l'aménorrhée

La plupart du temps, aucun traitement médical n’est requis. Les thérapies reposent essentiellement sur le traitement de la maladie sous-jacente. Le traitement de l’aménorrhée passe par la prise en charge de sa cause :

  • Surveillance de la puberté : Si la jeune fille n’a pas encore eu des règles et que tous les examens cliniques sont normaux, une surveillance de sa puberté est réalisée tous les 3 à 6 mois. Pour stimuler la puberté, des progestatifs ou des œstrogènes peuvent être prescrits afin de déclencher les premières règles ainsi que l’apparition des caractères sexuels secondaires, tels que les seins.
  • Chirurgie : Si l’aménorrhée est due à une anomalie congénitale qui affecte l’appareil génital, une chirurgie peut être envisagée pour rétablir l’écoulement du flux menstruel.
  • Traitement oncologique : Si une tumeur est à l’origine de l’aménorrhée, une prise en charge oncologique est nécessaire.
  • Psychothérapie : Si l’aménorrhée est provoquée par un choc, un traumatisme ou des troubles d’ordre psychologique, une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire. Lorsque l’aménorrhée est causée par un traumatisme psychologique ( viol, deuil..), des troubles psychiques ou une maladie mentale, la psychothérapie apparaît comme la solution de référence.
  • Arrêt de certains médicaments : Si l’aménorrhée est causée par la prise de certains médicaments, leur arrêt peut permettre le retour des règles.
  • Traitement hormonal : Un court traitement hormonal est parfois nécessaire pour relancer les cycles. Certains médicaments permettent de déclencher artificiellement les règles. Cette option est souvent utilisée pour traiter les aménorrhées primaires.

Complications possibles de l'aménorrhée

Même si l’aménorrhée en elle-même n’apparaît pas grave, sa cause, elle, peut être sérieuse et doit être prise en charge. Les possibles conséquences à moyen et long terme sur la santé des femmes atteintes sont :

  • Difficultés à devenir enceinte (infertilité). Chez la plupart des femmes atteintes d’aménorrhée, les ovaires ne libèrent pas d’ovule. Ces femmes ne peuvent donc pas tomber enceintes.
  • Diminution de la densité osseuse.
  • Sécheresse vaginale.
  • Risque accru de maladies cardiaques et vasculaires.
  • Pilosité corporelle excessive.

L’aménorrhée peut également avoir un grand impact psychologique (stress, anxiété, dépression) sur les femmes, lié à l'absence de menstruations et aux implications sur la fertilité.

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