La maternité est une période de transformation profonde, marquée par des changements physiologiques, émotionnels et sociaux. Agir de manière éclairée sur cette expérience unique permet d'optimiser la santé de la mère et de l'enfant, de favoriser un développement harmonieux et de construire une relation parent-enfant solide. Cet article explore les différentes facettes de l'action sur la maternité, en s'appuyant sur des données scientifiques et des recommandations d'experts.
Importance de la santé environnementale pendant la grossesse et les premières années de l'enfant
De la période intra-utérine jusqu’aux deux ans de l’enfant, l’exposition à certains polluants de l’environnement intérieur peut accroître les risques sur la grossesse, le développement embryonnaire ou la santé. Sensibiliser les femmes enceintes et les parents de jeunes enfants à ces risques constitue ainsi une des priorités du PRSE3.
Mobilisation des maternités pour la santé environnementale
Dans cette optique, des initiatives sont mises en place pour mobiliser les maternités sur le thème de la santé environnementale. L’Agence Primum Non Nocere, spécialisée dans la santé et le développement durable, accompagne les établissements dans cette démarche. Un appel à candidatures a même été lancé et a dépassé les espérances : 12 maternités sur 23 ont candidaté! « Un chiffre qui montre bien que la question de la santé environnementale est aujourd’hui une véritable préoccupation des établissements et des soignants » souligne Gaëlle Violet.
Auto-diagnostic des établissements de maternité
Les établissements ont réalisé un autodiagnostic guidé portant sur 7 thématiques, dont les relations avec les parents et les nouveau-nés, la politique d’achat, l’hygiène des locaux, la qualité de l’air intérieur, l’alimentation, les déchets ou les risques professionnels.
Des marges de progression existent, comme le choix de produits cosmétiques limitant l’exposition aux perturbateurs endocriniens et des produits/techniques d’entretien peu émissifs, ou le renforcement des actions de prévention. Cependant, des points forts sont à souligner, comme la formation à l’allaitement maternel, la réduction des risques d’exposition professionnelle aux produits chimiques, ou le tri des déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI). Les établissements ont défini ensemble les priorités d’actions pour la première année, notamment le choix de produits cosmétiques limitant l’exposition aux perturbateurs endocriniens et de produits / techniques d’entretien des locaux peu émissifs.
Lire aussi: L'action dans le monde à l'école maternelle
Préparation à la naissance et à la parentalité : Un accompagnement essentiel
La perspective de l’accouchement peut être angoissante. Pour la plupart des femmes enceintes, même celles qui ont déjà eu un enfant, l’approche du travail et de l’accouchement peut être une période où se mêlent à la fois impatience et appréhension. Heureusement, un accompagnement est proposé aux couples pour se préparer à la naissance et à la parentalité.
Les séances de préparation à la naissance et à la parentalité
Dès sa déclaration de grossesse, la femme enceinte a droit à des séances de préparation à la naissance et à la parentalité, en plus du suivi médical. Cet accompagnement débute par l’entretien prénatal précoce, de préférence au cours du premier trimestre. C’est lors de cet entretien notamment qu’on pourra discuter et programmer les 7 séances de préparation à la naissance et à la parentalité. On peut choisir de les faire avec le professionnel qui suit notre grossesse, ou un autre. Elles sont souvent collectives, ce qui favorise les échanges entre futurs parents, mais peuvent parfois être individuelles.
Contenu et objectifs des séances
Ces séances de préparation permettent aux futurs parents de mieux se préparer à l’arrivée du bébé. Elles abordent divers sujets, tels que :
- L’entretien prénatal précoce : Une consultation individuelle pour parler de votre projet de naissance, du déroulement de la grossesse, de vos questions et difficultés. Le médecin ou la sage-femme peut vous orienter vers d’autres professionnels si besoin.
- Les sept séances de préparation à la naissance et à la parentalité : Elles permettent d’évoquer quand venir à la maternité, le travail, le déroulement de l’accouchement, l’organisation de l’équipe médicale, les suites de couches, l’éventualité d’une césarienne, l’allaitement, la valise pour la maternité, le retour à la maison. Le coparent est toujours le bienvenu.
- Les ateliers collectifs : Organisés par les caisses primaires d’assurance maladie ou la maternité, ils permettent aux futurs parents d’échanger et de poser leurs questions sur la parentalité, l’accouchement, la naissance, l’éducation, etc. La maternité propose en général des ateliers collectifs également qui sont gratuits et ne prennent pas sur vos 7 séances de préparation (visite de la maternité, massage bébé, prépa pour papa, etc…)
Les cours de préparation à la naissance
Animées par une sage-femme, les cours de préparation à la naissance sont l’occasion d’apprendre aux futures mamans à gérer leur douleur, leur stress, et comment s’occuper de leur bébé après la naissance. La plupart de ces cours reposent sur des exercices de respiration et des exercices corporels qui favorisent la relaxation. Utilisés pendant le travail, ces exercices pourront ainsi aider à mieux gérer la douleur. Ces cours sont souvent collectifs, ce qui vous donnera l’opportunité de rencontrer d’autres futurs parents, de partager ces moments avec votre partenaire et de poser vos questions sur l’accouchement et les suites de l’accouchement. Ces séances sont remboursées à 100 % par l’assurance maladie.
Diversité des méthodes de préparation à l'accouchement
Au-delà des méthodes les plus classiques, il existe aujourd’hui de nombreux types de préparation à l’accouchement. Celles-ci ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, et vous devrez les régler intégralement. La gamme des méthodes de préparation à l’accouchement est large et variée. Vous pouvez aussi vous préparer à la naissance grâce au chant prénatal, à la sophrologie, au yoga prénatal, à l’haptonomie - technique facilitant la communication avec le bébé à l’intérieur du ventre de la maman, grâce à la voix et au toucher. Certaines méthodes ont fait récemment leur apparition en France, comme le watsu, qui utilise les techniques du shiatsu dans l’eau.
Lire aussi: Informations Essentielles Flagyl Ovule
Préparation physique à l'accouchement
Outre les exercices corporels qui permettent de préparer votre corps à l’accouchement, vous pouvez également mettre en place quelques bonnes habitudes pour arriver au jour J dans la meilleure des formes possibles.
- Sommeil : Même s’il peut être difficile d’avoir un sommeil réparateur, essayez toutefois de dormir suffisamment pendant le troisième trimestre de grossesse. Couchez-vous un peu plus tôt, faites la sieste lorsque vous en avez besoin. Lorsque votre enfant sera né on vous conseillera de suivre le rythme de votre enfant aussi n’hésitez pas à dormir la journée, tant que cela ne perturbe pas votre sommeil.
- Alimentation : L’alimentation de la femme enceinte est également une clé pour se préparer physiquement à l’accouchement. Optez pour des menus sains et équilibrés, qui vous apportent tous les nutriments essentiels, à vous et à votre bébé. Misez sur les viandes maigres, les légumineuses, les yaourts, les poissons gras, les légumes et les céréales complètes. L’important est de diversifier votre alimentation tout au long de votre grossesse pour éviter les carences vitaminiques ainsi que de minimiser l’anémie de la grossesse (manque de fer).
Le projet de naissance
Vous pouvez réfléchir au projet de naissance dès l’entretien prénatal précoce. Un projet de naissance résume par écrit la manière dont vous souhaiteriez être accompagnée et prise en charge pendant le travail et l'accouchement. Le document écrit du projet de naissance permet ainsi à votre gynécologue obstétricien de connaître vos souhaits en ce qui concerne votre position de travail, la personne qui vous accompagnera en salle de travail, le recours à des aides à la naissance (forceps, ventouse, spatule) ou à une anesthésie locale (péridurale ou rachianesthésie), etc.
Il ne s’agit pas de rédiger votre projet de naissance seule ou avec l’autre parent : parlez avec votre gynécologue de vos désirs longtemps avant la date prévue pour l’accouchement. Il pourra ainsi vous indiquer ce qui est possible ou impossible au sein de la maternité dans laquelle il exerce, mais aussi en fonction de votre état de santé, de l’évolution de votre grossesse, etc.
Même si vous avez rédigé et remis un projet de naissance à l’équipe qui vous prendra en charge pour l’accouchement, gardez en tête que rien ne garantit que votre accouchement pourra se dérouler selon vos plans. Des circonstances inattendues peuvent arriver qui nécessiteront de déroger à votre projet de naissance. Si c’est le cas, ne soyez pas déçue.
Impact des soins irrespectueux en maternité sur la dépression post-partum
Une étude récente a mis en lumière un problème préoccupant : un quart des nouvelles mères seraient concernées par des soins irrespectueux en maternité en France, avec un risque accentué de développer une dépression post-partum.
Lire aussi: Tout savoir sur le Misoprostol
Prévalence de la dépression post-partum
La naissance d’un enfant peut être source de stress, d’anxiété et de changement de l’humeur pour les parents. Près de deux femmes sur dix en France sont touchées par une dépression post-partum dans les semaines qui suivent leur accouchement. Les troubles psychiques associés sont notamment une tristesse profonde et persistante, une perte de la capacité à ressentir le plaisir, un sentiment d’incapacité à créer un lien maternel, de même que des changements d’appétit ou de poids, des perturbations du sommeil, une fatigue intense, ou des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions.
L’OMS souligne notamment l’impact de l’expérience lors de l’accouchement dans la survenue d’une dépression post-partum. En France, le nombre de femmes concernées par ce phénomène restait obscur. Aucune donnée épidémiologique sur la prévalence des soins irrespectueux en maternité n’existait jusqu’à maintenant.
Soins irrespectueux : un facteur de risque
Les résultats d'une enquête montrent que, parmi les nouvelles mères qui ont répondu aux questions sur ces thématiques, un quart (24,9 %) répondaient positivement à la question « Est-ce que vous avez vécu des paroles, des gestes ou des comportements de soignants qui vous ont blessée, choquée ou qui ont mise mal à l’aise ? » Parmi ces dernières, les chercheuses rapportent une prévalence plus importante de femmes éprouvant des symptômes de dépression post-partum. Plus d’une femme sur cinq (21,8 %) ayant vécu des soins irrespectueux, présentait des symptômes de dépression du post-partum, alors qu’en population générale, cela concerne une femme sur 6 (16,6 %).
Il est possible de conclure que les soins irrespectueux en maternité apparaissent comme un facteur de risque de la dépression du post-partum. Ils seraient ainsi associés à une augmentation de 37 % du risque de développer des symptômes dépressifs après la naissance d’un enfant.
Agir pour humaniser les soins
« Le respect des femmes enceintes doit être vu comme un véritable levier pour agir contre la prévalence de la dépression post-partum », ajoute la chercheuse. « Nos résultats appuient le fait qu’il faut s’atteler à humaniser les soins et à essayer de mieux prendre en considération les besoins des femmes - d’un point de vue des soignants, mais aussi institutionnel.
Littératie en santé en périnatalité : Améliorer l'accès à l'information et la communication
La littératie en santé représente la capacité d’accéder à l’information, de la comprendre, de l’évaluer et de la communiquer ; ceci afin de promouvoir, maintenir et améliorer sa santé dans divers milieux et tout au long de sa vie. L’étude de la littératie en santé souligne que nous ne sommes pas égaux dans notre capacité à agir face à un système de santé complexe. Renforcer la littératie en santé constitue un enjeu majeur de santé publique pour que chaque individu puisse prendre en charge au mieux sa santé. Ce concept constitue une opportunité pour aborder la question des inégalités sociales de santé, tant du point de vue des usagers que du point de vue des professionnels de santé.
Agir en faveur de la littératie en santé en périnatalité
L’Agence a positionné la périnatalité comme une thématique prioritaire du Plan Régional de Santé, notamment en renforçant la capacité d’agir en périnatalité, en réaffirmant le rôle des usagers comme acteurs de leur parcours de santé et en les associant à la gouvernance du système de santé.
Le projet de littératie en santé en périnatalité comporte deux caractéristiques :
- Agir pour l’amélioration du suivi de grossesse des femmes du territoire qui rencontrent des difficultés dans leurs parcours et la réduction des inégalités sociales de santé
- Améliorer l’expérience patient de compréhension des informations relatives au système de santé
Il s’agit ainsi de permettre à chaque femme enceinte d’accéder plus facilement à l’information en santé, de faciliter sa communication avec les professionnels de santé et in fine d’utiliser au mieux les ressources dont elle dispose. Le projet vise par ailleurs à adapter les prises en charge et à faire évoluer, au besoin, les organisations du système de santé.
Outil d'évaluation de la littératie en santé
Ce projet s’appuie pour cela sur un outil d’évaluation du niveau de littératie mis à disposition par l’ARS, le Health Literacy Questionnaire (HLQ). Ce questionnaire inclut une dizaine de questions socio-démographique et permet au public de s’interroger autour des 9 échelles suivantes :
- Se sentir compris et soutenu par les professionnels de santé
- Disposer d'informations suffisantes pour gérer la santé
- Gestion active de la santé
- Soutien social pour la santé
- Évaluation de l'information sanitaire
- Capacité à s'engager activement avec les professionnels de santé
- Navigation dans le système de santé
- Aptitude à trouver des informations de santé de bonne qualité
Diagnostic et plan d'action
Le questionnaire a été administré auprès de femmes enceintes volontaires suivies au sein des structures participant au projet, en veillant à intégrer les femmes les plus vulnérables. Les patientes ont été accompagnées si besoin par des médiatrices en santé, des personnels médico-administratifs ou des soignants formés pour administrer le questionnaire. Le questionnaire était à disposition dans plusieurs langues.
Après une étude statistique, il est apparu que plusieurs groupes de femmes concentrent des difficultés en termes de littératie et présentent divers profils ayant des forces et des défis variés. Ces profils ont servi de base pour la phase suivante du projet, qui a consisté à associer des partenaires de chaque territoire (santé, social, associatifs…) pour dresser les pistes envisageables d'actions.
Agir à l'échelle mondiale : L'engagement de la Chaîne de l'Espoir
Depuis 1990, la mortalité maternelle a reculé de 45 %. Cependant, pour les femmes vivant dans des zones isolées, l’accès à des soins médicaux est quasiment inexistant. Une situation particulièrement marquée en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où le nombre de professionnels de santé est très réduit. Des millions d’enfants voient ainsi le jour dans des conditions précaires, sans la présence d’une sage-femme, d’un médecin ou d’une infirmière.
La Chaîne de l’Espoir s’engage depuis 2016 pour améliorer la prise en charge médicale des femmes avant, pendant et après leur grossesse. L'organisation se mobilise pour renforcer les compétences des médecins, chirurgiens, sages-femmes et équipes médicales pour leur permettre d’offrir des soins de la plus haute qualité aux futures et aux nouvelles mères.
Formation des personnels de la maternité de Bingerville (Côte d'Ivoire)
La Chaîne de l'Espoir accompagne les équipes médicales de l’hôpital Dominique Ouattara de Bingerville depuis son ouverture en 2018 pour la mise en place de protocoles et la formation des personnels : monitoring fœtal, rééducation périnéale, soins du cordon, prise en charge en urgence d’une femme enceinte, etc.
Accès à l'échographie
Parmi les soins recommandés aux femmes enceintes, l’OMS préconise une échographie avant la 24e semaine de grossesse. Pourtant, dans les pays en développement, le manque de médecins qualifiés et d’équipement ne permet pas à toutes les femmes de bénéficier d’un suivi échographique optimal. Via la plateforme dédiée grâce au programme echoesGYN-OBS, les experts médicaux de La Chaîne de l’Espoir peuvent participer à des sessions de consultations depuis leur lieu de travail.
Adopter de bonnes habitudes pendant la grossesse
Attendre un bébé offre l’opportunité de changer d’habitudes alimentaires peu propices au bon développement de l’enfant et de son environnement. Votre alimentation, de part la qualité et quantité de nutriments apportés à votre corps, peut impacter son devenir futur à plus ou moins long terme. Pendant la grossesse, une activité physique « adaptée » vous apporte un bien être tant sur le plan physique que psychologique. La maternité s’est engagée dans une démarche de prévention et de promotion de la santé environnementale de la femme enceinte et du nouveau-né.Les “ateliers nesting” vous y sensibiliseront. Pendant votre grossesse, certains vaccins sont autorisés et recommandés pour vous protéger.
tags: #agir #sur #la #maternité