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Comprendre les cris du nourrisson : Causes, interprétation et solutions

La communication entre les parents et leur nouveau-né prend du temps à se mettre en place. Les pleurs, au-delà des gestes et des mimiques, constituent le principal moyen d'expression du bébé. Il est essentiel de comprendre pourquoi votre bébé pleure, ce qu'il essaie de vous dire et s'il souffre.

Les signaux avant les pleurs

Dans de nombreux cas, les pleurs sont un signal tardif. Avant de pleurer, le bébé exprime ses besoins d'autres manières : il s'agite, bouge les bras et les jambes, tourne la tête rapidement ou émet de petits sons. Lorsqu'il a faim, il peut faire des mouvements de recherche avec sa tête, serrer les poings, les porter à sa bouche et les lécher, ou claquer la langue. Il indique aussi son besoin d'uriner ou de déféquer par des signaux physiques avant de pleurer lorsque la couche est mouillée.

Causes fréquentes des pleurs

De nombreuses raisons peuvent inciter un bébé à pleurer :

  • La faim et la soif : Le besoin de s'alimenter est une cause fréquente de pleurs chez les nourrissons.
  • La fatigue : Un bébé fatigué peut avoir du mal à s'endormir et exprimer son inconfort par des pleurs.
  • Le besoin d'excréter : Une couche mouillée ou souillée peut irriter la peau du bébé et provoquer des pleurs.
  • Le besoin de proximité : Les bébés ont besoin de contact physique et de câlins pour se sentir en sécurité et aimés.
  • Des vêtements inconfortables : Des vêtements trop serrés, irritants ou fabriqués dans une matière inconfortable peuvent gêner le bébé.
  • Des douleurs (maux de ventre) : Les coliques, les gaz ou d'autres problèmes digestifs peuvent causer des douleurs abdominales et des pleurs.
  • La peur : Un bruit fort, une lumière vive ou une situation nouvelle peuvent effrayer le bébé et le faire pleurer.
  • L'excès de stimulation : Un environnement trop bruyant, trop lumineux ou trop chargé en stimulations peut submerger le bébé et provoquer des pleurs.

Apprendre à décoder le langage de son bébé

Il est difficile de distinguer les différents signaux ou de différencier les pleurs de faim du besoin d'être changé, surtout au début. Pour comprendre le langage de votre bébé, passez beaucoup de temps avec lui et observez-le attentivement sur une période prolongée. Vous reconnaîtrez ainsi ses signaux plus rapidement.

L'importance de l'équilibre entre stimulation et détente

Un bon équilibre entre les stimulations et la détente est essentiel pour les bébés et les enfants. Les plus jeunes sont stimulés quotidiennement par ce qu'ils voient et entendent, par les caresses, les massages, le bain, les frères et sœurs. Les adultes ont parfois du mal à comprendre ce qui peut être stimulant, et il arrive que, sans le vouloir, ils submergent le bébé par un excès de stimulations au cours des premières semaines et des premiers mois. Les pleurs du bébé, surtout les cris prolongés du soir, lui permettent de traiter les événements de sa journée. Dans ce cas, vous pouvez réfléchir à ce qui a pu lui faire une impression particulièrement forte pendant la journée, afin de l'éviter à l'avenir. Certains bébés sont particulièrement sensibles et s'excitent plus rapidement, d'autres moins. Certains bébés pleurent simplement plus que d'autres. Ne comparez pas votre bébé à d'autres, car chaque enfant est différent, même entre frères et sœurs.

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Que faire face aux cris excessifs ?

Si les pleurs de votre bébé deviennent trop lourds à supporter, n'hésitez pas à demander de l'aide. Tenir un journal des pleurs et de leur fréquence peut être utile au début pour identifier des pistes de solutions : dans quelles situations pleure-t-il particulièrement souvent ? Que faisiez-vous avant qu'il ne commence à pleurer ? Qu'a-t-il mangé ? Il est important de noter que ce que ressentent les parents est primordial : les pleurs fréquents sont très éprouvants, et il est normal de se sentir dépassé.

Conseils pour apaiser les pleurs de bébé

  • Répondre aux besoins de base : Vérifiez si votre bébé a faim, soif, s'il a besoin d'être changé, s'il est fatigué ou s'il a froid.
  • Le contact physique : Prenez votre bébé dans vos bras, bercez-le doucement, faites du peau à peau.
  • La parole et le chant : Parlez à votre bébé d'une voix douce, chantez-lui une berceuse.
  • Le mouvement : Promenez votre bébé en poussette, en voiture ou dansez doucement avec lui.
  • Le bruit blanc : Diffusez un bruit blanc (aspirateur, sèche-cheveux, application dédiée) pour masquer les bruits environnants et apaiser votre bébé.
  • Le bain : Un bain tiède peut aider à détendre votre bébé.
  • Le massage : Massez doucement le ventre de votre bébé pour soulager les maux de ventre.
  • L'environnement : Maintenez une ambiance calme et apaisante, réduisez les stimulations.
  • La succion : Proposez une tétine ou laissez votre bébé téter votre doigt.

Les pleurs normaux vs les pleurs anormaux

Il est important de distinguer les pleurs normaux des pleurs anormaux. Un bébé normal pleure, et les pleurs ont tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie jusqu'à la sixième semaine, avec un pic allant jusqu'à 3 heures par jour. Par la suite, ils diminuent et se stabilisent vers l'âge de 4 mois, se limitant alors à une heure par jour en moyenne.

Les pleurs paroxystiques aigus

Certains pleurs sont alarmants, tels les pleurs paroxystiques aigus. Ces derniers sont rares, mais particuliers par leur début brutal et leur intensité. Ils nécessitent une consultation médicale rapide afin de rechercher une pathologie évolutive (infection ou hernie). Contactez votre médecin si votre bébé ne se conduit pas comme d'habitude, ne mange pas, ne dort pas, a de la fièvre, de la diarrhée ou vomit.

Les pleurs inexpliqués

Des pleurs inexpliqués qui se poursuivent plusieurs jours durant des heures sont plus rares. En Occident, ils sont présents chez 10 à 30 % des nourrissons de moins de 3 mois selon les définitions utilisées. Ils prédominent généralement en fin d'après-midi et en début de soirée. Les accès de pleurs sont souvent imprévisibles et inattendus, et durent longtemps (de 35 minutes à deux heures). L'enfant semble souffrir et être inconsolable. Ces sessions de pleurs sont parfois étiquetées "coliques". Ils suivent la même courbe que les pleurs normaux : à 3 mois, 60 % des nourrissons qui en souffraient n'en ont plus, et à 4 mois, cette statistique s'élève à 90 %. Plus de 95 % de ces enfants ne présentent aucune pathologie. Il n'existe pas de facteur augmentant le risque de pleurs inexpliqués.

Raisons possibles des pleurs inexpliqués

Certains pédiatres pensent qu'il n'y a pas de cause particulière aux pleurs inexpliqués. Ce qui les différencie des pleurs considérés comme "normaux" ne serait que leur durée en réponse à une situation donnée. Il faudrait surtout comprendre pourquoi l'enfant pleure plus longtemps plutôt que d'essayer d'expliquer ce qui les fait pleurer. Les pleurs, chez l'enfant, sont un signal, un moyen de communiquer avec l'adulte, plutôt que le symptôme d'une pathologie. La spécificité humaine est que ces cris peuvent persister même après la correction du facteur déclenchant.

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Certains chercheurs estiment que le mode de vie et de pensée occidental a sa part de responsabilité dans les pleurs inexpliqués du nourrisson. Même si les habitudes changent, le maternage "à distance" a longtemps été valorisé. On essayait d'offrir à l'enfant un meilleur sommeil en le laissant seul, de lui imposer des horaires, de ne pas le garder longtemps dans les bras, afin de ne pas le laisser prendre de "mauvaises habitudes". Un bébé pleurant beaucoup était (et est toujours) considéré comme difficile, capricieux ou manipulateur. C'est oublier la fonction de communication des pleurs et l'énergie que ceux-ci demandent à l'enfant. Des études auraient montré que dans certaines cultures traditionnelles, les pleurs déclenchent une réponse quasiment immédiate de la mère : l'enfant est davantage porté, et les enfants ne souffrent quasiment jamais de « coliques ».

Que faire face aux pleurs inexpliqués ?

De nombreuses approches ont été tentées, mais elles sont parfois difficiles à évaluer scientifiquement. Pour chacune d'entre elles, on trouve facilement des témoignages d'efficacité comme des témoignages d'inefficacité.

  • Approche alimentaire : Sauf conseil médical, ne pas arrêter l'allaitement maternel ou artificiel et ne jamais le remplacer par des "laits" à base de plantes, car ils peuvent entraîner des carences graves. Les préparations sans lactose n'ont pas montré d'efficacité au cours des études. Les préparations à base de soja auraient une efficacité modérée, mais elles seraient susceptibles d'augmenter le risque d'allergies alimentaires. L'utilisation d'un lait sans protéine de lait de vache aurait montré une efficacité, mais son utilisation est limitée par son coût et son goût particulier, qui entraîne parfois un refus de la part des enfants. Pour les enfants allaités, on conseille parfois de donner des tisanes à base de fenouil, de mélisse, mais leur efficacité est peu étudiée, et des cas de convulsions chez les nouveau-nés ont été rapportés après la consommation de tisane à base d'anis étoilé (badiane).
  • Approche médicamenteuse : Il n'existe pas de médicament pour traiter les pleurs inexpliqués du nourrisson. L'utilisation de médicaments est maintenant abandonnée, car certains étaient inefficaces, et les autres avaient trop d'effets secondaires. Les probiotiques sont sans intérêt et ont de potentiels effets indésirables.
  • Massages, ostéopathie, psychologie : Certains parents ont recours à une prise en charge par un ostéopathe. Encore une fois, les études, difficiles à mettre en place, ne sont pas concluantes. Ce qui ne veut pas dire qu'au plan individuel cette approche soit inefficace. Le plus souvent, la méthode utilisée est comportementale. Les parents observent qu'ils parviennent à calmer les pleurs de leur enfant en le berçant, par un tour en poussette, en voiture, par l'utilisation d'un porte bébé. Chaque enfant réagit différemment à ces techniques.

Conseils pratiques

  • Recherchez les inconforts ou les causes de douleur.
  • Portez, parlez et bercez votre bébé.
  • Proposez le sein ou utilisez une tétine.
  • Donnez un bain tiède.
  • Frottez doucement le ventre de votre bébé.
  • Maintenez une ambiance apaisante et préservez son sommeil.

Comprenez que cette période difficile n'aura qu'une durée limitée. Il est parfois difficile d'admettre qu'un comportement aussi fatiguant de son enfant ne repose pas sur un diagnostic précis, mais vraisemblablement, votre enfant se porte bien ! Si vous êtes épuisé(e), confiez votre enfant à une personne de confiance quelques heures afin de pouvoir vous détendre et retrouver une certaine sérénité. Vous pouvez ensuite adopter différentes approches, tel que noter la durée des pleurs afin d’avoir une évaluation objective de leur efficacité. N’hésitez à porter davantage votre bébé : il ne deviendra pas "capricieux" pour autant. Enfin, il est important de consulter votre médecin traitant régulièrement.

Cris aigus : Stridor et laryngomalacie

Il arrive souvent qu'un nourrisson surprenne ses parents par des cris particulièrement aigus et intenses. Si ces vocalises font partie du développement normal de l'enfant, elles peuvent parfois dérouter, inquiéter ou fatiguer. Les cris stridents sont la plupart du temps une étape normale de l'acquisition vocale. À partir de 3-4 mois, les bébés découvrent les capacités de leur voix. Dans la majorité des cas, ils ne sont pas inquiétants et sont même un signe que l'enfant explore ses capacités. Cependant, certains cris peuvent signaler une douleur ou une pathologie.

Un stridor est un bruit aigu perçu lors de l'inspiration, provenant du larynx. Il se manifeste dès la naissance ou dans les premières semaines de vie du bébé. Il est important de savoir que le stridor est un signe clinique, pas une maladie. Ce bruit, plus ou moins aigu, peut être permanent ou intermittent et avoir plusieurs causes sous-jacentes dont la plus fréquente, chez le jeune enfant, est la laryngomalacie.

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Laryngomalacie

La laryngomalacie est la malformation laryngée congénitale la plus fréquente et par conséquent la première cause de stridor chez le nouveau-né, le nourrisson et le petit enfant. Elle correspond à un excès de muqueuse dans la région sus-glottique. Dans sa forme habituelle, le stridor apparait dès la naissance ou dans les premiers jours suivants. La sévérité de la laryngomalacie n'est pas corrélée à l'intensité du stridor. L'évolution est favorable spontanément dans la majorité des cas.

Diagnostic et traitement

Tout bruit à l'inspiration nécessite de consulter son médecin traitant ou son pédiatre. En fonction du diagnostic et de l'étiologie du stridor, celui-ci pourra vous orienter vers un ORL. Le diagnostic est réalisé en passant un petit fibroscope souple par le nez afin de visualiser le larynx et de repérer tout collapsus des tissus.

Le traitement dépend de la cause du stridor (infectieuse, congénitale, etc.). En l'absence de signes de gravité (difficultés respiratoires, fièvre élevée, etc.), le traitement s'effectuera à domicile. Le pédiatre ou le médecin traitant prescrira des corticoïdes par voie orale afin de diminuer l'inflammation du larynx. En parallèle, il est recommandé d'humidifier l'air intérieur des pièces.

Les symptômes sont souvent légers et disparaissent spontanément quand l'enfant grandit. En effet, avec l'âge, les tissus mous se raffermissent et leur relâchement ne vient plus obstruer les voies aériennes. Dans la grande majorité des cas (80 à 90 %), un stridor lié à une laryngomalacie disparaît spontanément vers l'âge de 12 à 24 mois. En revanche, si l'état du bébé se dégrade ou s'il éprouve des difficultés pour s'alimenter et que sa courbe de poids ralentit, une intervention chirurgicale sera nécessaire. Celle-ci consiste à supprimer une partie des tissus mous pour qu'ils obstruent moins le larynx.

Autres causes de stridor

  • Laryngite aiguë : Inflammation du larynx le plus souvent d'origine virale, elle affecte particulièrement les enfants âgés de 6 à 36 mois.
  • Paralysie des cordes vocales : Elle peut être congénitale ou survenir après une opération du thorax ou du cou.
  • Inhalation d'un corps étranger : Morceau de nourriture, petit objet, etc.

Les bruits de grognement pendant le sommeil

Au retour de la maternité, les parents sont souvent surpris de découvrir qu’un bébé peut faire beaucoup de bruit quand il dort. Il n’est pas rare que les nourrissons fassent des bruits de grognement la nuit. Un phénomène très courant qui nécessite néanmoins un peu de surveillance pour s’assurer que tout va bien. Les fosses nasales du nourrisson sont encore très petites, ce qui peut causer du bruit lorsque l’air est inspiré et expiré. Les reflux gastro-œsophagiens sont très fréquents chez les jeunes enfants et peuvent aussi être à l’origine de certains bruits, dont des grognements. Dans les cas de bronchiolites ou d’asthme du nourrisson, les bronches peuvent aussi émettre des sons. Les grognements chez les jeunes bébés au cours de la nuit sont un phénomène très courant et tout à fait normal. C’est lorsqu’ils sont associés à d’autres signes qu’il est de mise de s’inquiéter comme une détresse respiratoire, de la fièvre ou des bruits persistants. Dès lors, il est recommandé de consulter sans attendre. En cas de doute, n’hésitez donc pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé ou à composer le 15 si vous avez l’impression que votre enfant est en détresse.

Conseils pour un sommeil paisible

  • Hygiène nasale : Le maintien d’une bonne hygiène nasale est essentiel chez les tout-petits. Il est d’ailleurs recommandé par les professionnels de santé. Le lavage nasal permet de parfaitement nettoyer le nez de bébé. En effet, le nourrisson ne sait respirer que par le nez, il est donc indispensable de le libérer de ses sécrétions. Il est recommandé de le réaliser plutôt avant le repas et avant le coucher. Pour nettoyer le nez de bébé au quotidien et lorsqu’il n’est pas obstrué, vous pouvez utiliser un mouche-bébé.
  • Position de sommeil : Pour éviter les ronflements, la position de sommeil de bébé peut aussi avoir un impact.
  • Environnement de sommeil : Pour éviter l’inconfort qui peut être à l’origine des grognements, l’environnement de sommeil de bébé doit être à la fois calme, sûr, sain et rassurant.

Les cris des bébés en crèche : Comprendre et gérer

Au retour des vacances d’été, le programme est, en règle générale, assez chargé, car il faut gérer de nombreuses adaptations en même temps. Des adaptations de grands, mais aussi de bébés. Ces dernières peuvent être un peu plus complexes à certains moments, notamment quand ces bébés ont un besoin de réconfort affectif plus intense. Les cris sont alors plus présents, plus réguliers et/ou plus conséquents.

Pourquoi les bébés crient-ils ?

Le cerveau du bébé grandit extrêmement vite durant les deux premières années de sa vie. La masse de son cerveau va tripler permettant ainsi d’enregistrer de nouvelles choses. C’est durant la période allant du premier au sixième mois que le développement cérébral est le plus important. Les cris sont le seul moyen de communication du bébé. Ceux-ci ont le pouvoir de déclencher chez l’adulte un état de stress et de générer un encombrement cognitif poussant ainsi à s’occuper du bébé. Notre cerveau se décentre de sa tâche initiale pour prioriser la réponse au bébé. C’est ainsi que ce dernier assure sa survie.

Le cri du bébé est un réflexe. À cet âge, il n’y a aucune intention, car il n’a pas la capacité de chercher à vous manipuler, vous le savez bien. Si un bébé crie, c’est qu’il a besoin de vous, il cherche à communiquer par ce biais. Gardez en tête que le bébé n’a aucun autre moyen à sa disposition pour communiquer. Le cri va lui permettre d’exprimer un inconfort (froid, sommeil, faim,…) ou un besoin de réconfort (être dans les bras, en peau à peau). Cela peut aussi être lié à des douleurs (coliques, rot). Le bébé va avoir besoin que l’on apaise ses cris, il a un besoin vital de se sentir en sécurité affective pour bien grandir.

Comment accompagner les cris des bébés en crèche ?

  • Le portage : Un bébé porté est souvent un bébé rassuré, il se sent moins seul du fait de la proximité corporelle que vous lui offrez.
  • La parole : Accompagner les cris des bébés par la parole. Des mots juste posés sur ce que l’on observe du jeune enfant : « Je vois que ça ne va pas, je vais essayer de t’aider », « tu as faim ? Ça y est, c’est l’heure ? On va aller préparer ton biberon », « je vois que tu as sommeil, je t’emmène te reposer dans ton lit », ….
  • La contenance : Contenir l’enfant physiquement, c’est tout d’abord aider l’enfant à ressentir son corps, à intégrer les limites de celui-ci. En le portant, mais aussi en lui changeant sa couche, en le berçant, en donnant son biberon… C’est ce que Winnicott nomme le Holding. C’est toute l’attention psychique et physique que vous portez à l’enfant qui lui permettra de se développer sereinement. La contenance physique permet à l’enfant de se détendre, de se détresser. Gardez en tête que sept secondes de contenance physique permettent à l’enfant de libérer de l’ocytocine, l’hormone qui contribue au bien-être, à la détente.

Gérer les cris de plusieurs bébés en même temps

Quand en tant que professionnel, vous êtes seul avec plusieurs bébés qui crient en même temps, respirez profondément, apaisez en premier lieu les bébés dont vous connaissez leur besoin immédiat. Cela va permettre de diminuer le volume sonore des cris et l’inconfort éventuel qui va avec. Ensuite, avancez au cas par cas, rassurez par la parole, par le portage si besoin ou par la proximité immédiate de votre présence.

Aménager l'espace

Créez un espace dédié aux bébés et rien qu’à eux. Positionnez de préférence le coin bébé dans un angle de mur, comme cela, il y a déjà deux côtés sécurisés. Distinguez bien l’espace des bébés, des autres espaces et inculquez très vite aux autres enfants que cet espace-là ne leur ait pas accessible. Sécurisez le(s) bébé(s), en permettant à un professionnel d’être assis au sol près d’eux (dans leur champ de vision) autant que possible.

L'importance de l'équipe

La continuité de soins sur la journée pour les bébés est très importante ; cependant, posez-vous une autre question. Est-ce que la continuité d’accueil des bébés sur une journée pour le professionnel référent n’est pas trop conséquente ? Évidemment, les besoins des bébés sont une de nos priorités, c’est indéniable. Cependant, un professionnel fatigué des cris de bébés est-il plus apte à s’occuper des bébés, qu’un autre qui prendrait le relais à la mi-journée et serait plus détendu ? Le fait de se relayer permet une meilleure attention du professionnel, moins de fatigue psychologique donc plus de disponibilité et moins de stress renvoyé vers le bébé. Surtout quand les cris sont longs et répétés.

Gérer le groupe d'enfants

Le professionnel en charge du groupe de moyens-grands se doit d’être attentif de l’impact des cris des bébés sur les autres enfants. C’est le moment de proposer des choses à l’écart des bébés, des ateliers, des jeux, des moments dans le jardin pour leur permettre d’évacuer les tensions potentielles qu’ils ressentent. Cette période-là est aussi favorable pour échanger avec les grands sur le « pourquoi un bébé pleure », expliquer comment vit un bébé, qu’il n’a pas la capacité de faire comme eux qui sont déjà grands…. La verbalisation est également très importante pour les grands afin de les aider à comprendre ces petits êtres qui font beaucoup de bruit dans la crèche et font l’objet de beaucoup d’attentions de la part des professionnels. C’est aussi le bon moment pour leur expliquer le « prendre soin de l’autre ».

Décrypter les pleurs de bébé : La méthode Dunstan

Certains auteurs ont tenté de décrypter les pleurs de bébé : c’est ce qu’a essayé de démontrer la méthode Dunstan. Musicienne et cantatrice, l’auteure Priscilla Dunstan aurait identifié une dizaine de pleurs différents chez les bébés grâce à son oreille absolue. Davantage pour s’amuser, et reprenant le principe de cette méthode, des produits dérivés tels que des applications pour smartphone permettent d’enregistrer les pleurs de l’enfant. Selon cette méthode, chaque son correspond à un besoin spécifique :

  • Nèh « j’ai faim » : le bébé colle sa langue au palais et la redescend, il simule la succion en pleurant.
  • Eh, « j’ai besoin de faire un rot » : après la tétée, de l’air peut rester bloqué dans l’œsophage, les muscles se contractent pour essayer d’expulser l’air, d’où ce bruit guttural.
  • Aoh « je suis fatigué » : ce son s’échappe lors d’un bâillement, bouche ouverte en forme ovale. Il tourne sa tête de gauche à droite.
  • Eerh « j’ai des gaz » : le bébé sert les poings et se contracte, le ventre se durcit.
  • Guèn « j’ai mal aux dents » : le bébé salive beaucoup, il met ses doigts à sa bouche comme s’il voulait se masser les gencives.
  • Nah « j’ai soif » : le bébé a la bouche sèche, il essaie de déglutir pour la mouiller.
  • Ouin, « je n’en peux plus » : le bébé a le corps tout contracté seul la bouche est grande ouverte. Il tremble un peu et fait des mouvements saccadés.
  • Lelaol « je me sens seul » : ce sont de petits cris plaintifs, le bébé a simplement besoin de votre présence.

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