Loading...

L'Âge Moyen des Premières Règles au Japon : Tendances et Implications Socioculturelles

L'âge moyen des premières règles, ou ménarche, est un indicateur important de la santé reproductive des femmes. Au Japon, comme dans d'autres pays développés, cet âge a connu des évolutions significatives au fil des décennies, influencées par des facteurs socio-économiques, culturels et nutritionnels. Cet article explore les tendances de l'âge moyen des premières règles au Japon, les facteurs qui y contribuent et les implications plus larges de ces changements.

Évolution de l'âge de la ménarche au Japon

Bien que les données spécifiques sur l'âge moyen des premières règles au Japon soient moins abondantes que pour certains autres pays, il est établi que l'âge de la ménarche a diminué au cours du XXe siècle. Cette tendance est observée dans de nombreux pays industrialisés et est généralement attribuée à l'amélioration des conditions de vie, notamment l'alimentation et les soins de santé.

Dans les pays riches, les jeunes filles deviennent pubères plus tôt qu’autrefois. Ce développement plus précoce est attribué notamment à l’amélioration de l’alimentation. À la fin du XXe siècle, l’âge moyen aux premières règles s’est stabilisé entre 12,5 et 13,5 ans dans plusieurs pays, comme les Etats-Unis ou le Japon. Il semble probable que cela se passe aussi en France.

Facteurs influençant l'âge de la ménarche

Plusieurs facteurs peuvent influencer l'âge auquel les jeunes filles ont leurs premières règles :

  • Nutrition: Une alimentation adéquate et équilibrée est essentielle pour le développement pubertaire. Les améliorations nutritionnelles au cours du XXe siècle ont contribué à une puberté plus précoce.
  • Conditions socio-économiques: Les filles issues de milieux socio-économiques plus favorisés ont tendance à avoir leurs règles plus tôt que celles issues de milieux défavorisés.
  • Indice de masse corporelle (IMC): L'obésité infantile et l'augmentation de l'IMC sont associées à une puberté plus précoce. L’étude a pu estimer que “46 % de cette baisse de l’âge des premières règles pouvaient être imputés à un IMC plus élevé”, notamment parce que la puberté a “besoin d’une certaine accumulation de masse adipeuse pour se déclencher”.
  • Exposition à des perturbateurs endocriniens: Certaines substances chimiques présentes dans l'environnement peuvent interférer avec le système hormonal et potentiellement influencer l'âge de la ménarche.
  • Origine ethnique: Les jeunes filles non blanches seraient plus concernées que les autres par cette précocité. Les participantes qui se sont identifiées comme “asiatiques, noires, hispaniques ou multiraciales”, mais aussi celles appartenant à un “statut socio-économique inférieur”, ont “systématiquement déclaré un âge moyen des premières règles plus précoce que les participantes blanches et/ou de milieu plus aisé”.

Implications socioculturelles et économiques

L'évolution de l'âge de la ménarche au Japon s'inscrit dans un contexte socio-économique et culturel spécifique, marqué par des transformations profondes au cours des dernières décennies.

Lire aussi: Vivre sa menstruation sereinement

Le rôle changeant des femmes japonaises

Si les femmes japonaises ont de tous temps travaillé dans les champs, le développement accéléré de l’économie les a fait revenir à la maison. Cette « juste » répartition des tâches entre les conjoints (ou yakuwari bungyô) faisait de la femme la gardienne du foyer, formatée à l’aune du concept confucéen de la bonne épouse et de la mère avisée (ryôsai kenbô). L’éclatement de la bulle économique a bouleversé cet équilibre qui reposait sur l’assurance de facto de l’emploi à vie (shûshin koyô) et de la promotion à l’ancienneté (nenkô joretsu).

Ce n’est qu’au moment du développement accéléré de l’économie que les femmes se sont retrouvées gardiennes du foyer. On ne répètera jamais assez que c’est en œuvrant dans les coulisses, en déchargeant les hommes de toutes les tâches matérielles, que les femmes ont eu largement leur part dans le développement accéléré de l’économie. La maison tournait autour du concept confucéen de la bonne épouse et de la mère avisée (ryôsai kenbô).

Dans les années 1970, les employeurs s’attendaient à ce que les femmes arrêtent de travailler à l’occasion de leur mariage. À cette époque, la fonction in fine des « Office Ladies » (OL) était d’être des épouses potentielles pour les travailleurs qui n’avaient guère le temps de tomber amoureux. Après dix ans d’absence du monde du travail et lorsque le deuxième et dernier enfant entrait à l’école primaire, elles reprenaient souvent un emploi à mi-temps tout en faisant bien attention à ne pas avoir de revenus imposables, qui leur ôteraient le bénéfice de l’assurance maladie de leur conjoint, sans parler de l’exonération d’impôts à laquelle donne droit le statut de dépendant.

Défis liés à la maternité et au travail

Les femmes contestent encore peu l’idée que mieux vaut qu’elles arrêtent de travailler pour se consacrer corps et âme à leurs enfants. Même si le plateau d’arrêt a été considérablement réduit au cours des dernières années, le graphique confirme le ralentissement de la baisse du taux d’activité des femmes au moment des naissances.

En 2013, 3 300 femmes se plaignaient d’avoir été victimes de harcèlement relatif à la maternité. En 2015, 16 % des femmes, soit un sixième, disent avoir été victimes de ce fléau. Osakabe Sayaka en est une triste illustration. Responsable des relations publiques dans un grand groupe, elle accuse l’entreprise qui l’a licenciée d’être responsable de ses deux fausses couches, imputables au rythme de travail inhumain auquel elle a été soumise. Attaquer son employeur en justice lui aura valu une lettre d’excuse plate et une compensation dérisoire. Sa triste expérience lui a donné l’idée de créer l’ONG Matahara.net qui donne la parole aux autres victimes de ce fléau national.

Lire aussi: Protéger sa santé du saturnisme

Le plan Abe vise par ailleurs à encourager les femmes (de 25 à 44 ans) à rester dans la vie active, en faisant progresser le taux d’activité de 68 % en 2012 à 73 % en 2020, et souhaite qu’en 2020, 55 % des femmes reviennent sur le marché du travail après avoir mis au monde leur premier enfant (38 % en 2010). Pour y parvenir, il promet de créer suffisamment de crèches pour répondre à la demande.

Évolution des mentalités et des politiques

Reste à savoir si les mentalités évolueront et si les objectifs du « Womenomics » pourront être atteints.

La loi sur les normes de travail (rôdô kijun hô) a beau disposer qu’il est légal de travailler huit heures par jour et 40 heures par semaine, le nombre d’heures supplémentaires réellement effectuées reste flou, pour la bonne raison qu’elles ne sont ni déclarées ni payées quand elles dépassent le contingent admis.

Actuellement, 26 % de la population a plus de 65 ans (10 % plus de 80 ans) et si l’indice de fécondité (retombé à 1,42 en 2014) n’augmente pas, on prévoit qu’en 2060 les plus de 65 ans représenteront 40 % de la population et les plus de 75 ans 27 %, la population passant de 127 à 87 millions durant le même laps de temps.

Lire aussi: Significations en Inde du Sud

tags: #âge #moyen #des #premières #règles #au

Articles populaires:

Share: