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Avortement et ses conséquences sur le cerveau de l'enfant : une analyse approfondie

L'avortement, un sujet complexe et sensible, est au cœur de nombreux débats de société. Si la légalisation de la contraception et de l'avortement a marqué une avancée significative dans les droits des femmes, il est essentiel d'examiner les conséquences potentielles de l'avortement, en particulier sur le développement du cerveau de l'enfant.

Contexte historique et légal de la contraception et de l'avortement en France

La légalisation de la contraception en 1967, suivie des lois facilitant son accès, a contribué de manière significative au développement des droits des femmes. En 1974, alors ministre de la Santé, Simone Veil présente le projet de loi visant à légaliser l’avortement. La loi est promulguée en 1975, un événement qui constitue un symbole de l’avancée des droits des femmes en France. Ces lois ont donné la possibilité au plus grand nombre de maîtriser leur corps au-delà des limites imposées par des moyens financiers insuffisants ou inhérentes à la transgression d’un interdit légal par exemple.

À partir de 1945, les droits des femmes en France évoluent. Cette année-là, les femmes obtiennent le droit de vote, en 1946 l'inscription de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution, ou encore en 1965 l'actualisation des régimes matrimoniaux qui permettent désormais aux femmes d'avoir une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.

Cependant, la contraception affiche une double dynamique : émancipatrice, conforme aux idéaux que jalonnent sa symbolique, et coercitive. Ses usages ont évolué, son accès n’est pas toujours garanti. Depuis quelques années, la contraception fait l'objet de débats dans le monde social. Les femmes ont dénoncé des effets secondaires parfois extrêmement graves liés à la contraception hormonale, ainsi que le modèle médical de la contraception en cours en France. Elles ont également souligné la charge mentale qu'occasionne la gestion de la santé sexuelle et reproductive, incluant la contraception.

En 1920, la politique nataliste post Première Guerre mondiale pousse le législateur à entériner une loi réprimant la provocation à l'avortement et la propagande anticonceptionnelle. En 1939, un service de police se spécialise dans la traque des « faiseuses d’anges ». En 1943, deux d’entre elles sont guillotinées : Marie-Louise Giraud et Désiré Pilogé. Pour autant, en 1956, année de commercialisation de la première pilule contraceptive en Allemagne, l'association Maternité heureuse devenue Planning Familial (PF) à partir de 1960 permet à des femmes d'accéder clandestinement à des moyens de contrôle des naissances (Sanseigne, 2010 ; Thomé, 2024). En 1967, la loi Neuwirth est votée et légalise la contraception en France. Il faudra attendre 1974 pour qu'une première loi portée par Simone Veil autorise le remboursement par la Sécurité sociale de certains moyens de contraception et leur délivrance anonyme, juste avant la loi de 1975 dépénalisant l'avortement. Entre-temps, en 1969, un décret réglemente la fabrication des produits contraceptifs et en 1972 les dispositifs intra-utérins (DIU), également appelés stérilets, sont autorisés. Une deuxième puis troisième génération de pilules sont progressivement mises sur le marché. Au milieu des années 1990, des études épidémiologiques démontrent que le risque vasculaire lié à cette troisième génération est plus important (Plu-Bureau et Raccah-Tebeka, 2020). Elle sera retirée du marché en 2013, puis rétablie en 2014 comme traitement en seconde intention de l’acné et de l’hirsutisme (ANSM, 2020). En 2001, la loi Aubry permet l'accès à la contraception et à l'avortement sans autorisation parentale pour les mineures.

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L'ensemble de ces évolutions sont notamment portées par les revendications et le travail des femmes et de leurs alliés dans la rue, dans les médias, dans les tribunaux et dans la littérature. Dès 1949, Simone de Beauvoir publie « Le Deuxième Sexe », un essai philosophique sur la condition des femmes après la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, le PF fait figure de tête de file en ce qui concerne la cause contraceptive. Il propose aux femmes un accès aux techniques de contraception et d’avortement, organise la distribution des moyens contraceptifs et abortifs via l’étranger et propose une éducation critique à la contraception. Jusqu’en 1967, année de légalisation de la contraception, les juristes du PF travaillent à l’interprétation de la loi pour entretenir une « juste distance à l’illégalité » (Sanseigne, 2010 : 21). Après avoir fait émerger la cause contraceptive par des scandales dans les médias, la contraception est progressivement médicalisée par l’objectivation scientifique et le discours est adapté au langage de l’État (Sanseigne, 2009). Cette stratégie permet l’ouverture du dialogue avec l’État. En 1971, la publication du manifeste des 343 dans le Nouvel Obs, dans lequel 343 femmes célèbres et inconnues déclarent avoir avorté, fait une nouvelle fois sortir de l’ombre cette pratique clandestine. Deux ans plus tard, en 1973, le manifeste des 331 répond à celui-ci. Il est signé par 331 médecins qui déclarent avoir pratiqué des avortements. La même année, Janine Niepce immortalise en photographie le Défilé des femmes pour obtenir le droit à la contraception et à l'avortement dans les rues de Paris (Niepce, 1973). Cette manifestation est l’une des nombreuses qui ont eu lieu en France dans les années 1970, portées notamment par les actions du MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), du MLF (Mouvement de libération des femmes) ou encore de « Choisir la cause des femmes ». Par ailleurs, une de ses fondatrices, Gisèle Halimi, plaide en 1972 pendant les procès de Bobigny pour défendre Marie-Claire, sa mère et les faiseuses d’anges qui sont inculpées d'avortement à la suite du viol de la jeune femme5. Son plaidoyer fait date et devient un des textes fers-de-lance dans la lutte pour la dépénalisation de l’avortement. Le travail législatif à l’œuvre entre les années 1970 et 1980 médicalise largement la contraception, dans le droit fil de la stratégie utilisée par le PF pour amener l’État à la légaliser et organiser sa distribution. Cependant, son institutionnalisation par la gynécologie médicale féminise la responsabilité contraceptive et lui donne un cadre normatif médical (Gaillard et al, 2021).

Les conséquences potentielles de l'avortement sur le cerveau de l'enfant

Bien que l'avortement soit une procédure médicale courante, il est crucial de comprendre ses implications potentielles sur le développement du cerveau de l'enfant si la grossesse est menée à terme après une tentative d'avortement médicamenteux.

Risque tératogène des médicaments utilisés dans l'IVG médicamenteuse

Les médicaments utilisés dans l’IVG médicamenteuse, tels que la mifépristone (Mifégyne) et le misoprostol (Gymiso ou MisoOne), sont tératogènes, c’est-à-dire qu’ils peuvent provoquer des malformations graves chez les enfants exposés pendant la grossesse (au niveau des membres, de la face, du cerveau).

Si une femme décide de poursuivre sa grossesse après avoir pris ces médicaments, il est impératif de l'informer du risque tératogène. L’exposition prénatale au misoprostol ou à la mifépristone a été associée à une augmentation du risque malformatif multipliée par trois par rapport aux enfants dont les mères n’ont pas été exposées à l’une de ces molécules pendant la grossesse. Ces malformations graves peuvent notamment toucher les membres, la face, le cerveau.

Suivi particulier en cas de poursuite de la grossesse

Si une femme choisit de poursuivre sa grossesse jusqu’à son terme après une tentative d'IVG médicamenteuse, un suivi particulier du futur enfant devra être effectué. Ce suivi permettra de détecter précocement d'éventuelles malformations et de mettre en place une prise en charge adaptée.

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La double dynamique de la contraception : émancipation et coercition

Bien que la contraception soit un outil d'émancipation pour les femmes, elle peut également revêtir une dynamique coercitive.

Émancipation

La contraception permet aux femmes de contrôler leur fertilité et de planifier leur famille, ce qui leur donne plus de liberté et d'autonomie. La légalisation de la contraception en 1967 puis les lois facilitant l’accès à celle-ci ont résolument contribué au développement des droits des femmes.

Coercition

Cependant, la contraception peut également être utilisée de manière coercitive, par exemple, lorsque les femmes sont contraintes de l'utiliser contre leur volonté ou lorsqu'elles sont confrontées à des difficultés d'accès à la contraception. De l'emblème de l'émancipation des femmes en 1975, elle semble aujourd'hui revêtir une dynamique coercitive contributive d’un recul du respect du droit des femmes.

L'importance de l'éducation à la contraception

Compte tenu de la complexification dont elle fait l’objet, l’évolution de la cause contraceptive nous invite à envisager des pistes éducatives pour permettre à la contraception de préserver sa dimension émancipatrice.

En 2017, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes constate des insuffisances en matière d’éducation des femmes à la contraception en raison de connaissances incomplètes des professionnels (cité par Dalmat, 2020). Les sage-femmes ont plus tendance à poursuivre leur formation continue que les gynécologues, principaux prescripteurs, permettant dès lors des présentations de panels de contraception plus complets aux femmes par les sage-femmes (Fonquerne, 2024). Si l’éducation à la santé passe par l’accès aux connaissances à la faveur d’un choix éclairé en matière de contraception, dans ce cas l’émancipation des femmes est entravée car elles n’ont pas toutes la possibilité de choisir. Certaines options pouvant ne pas exister à leurs yeux ou ne pas être comprises, l’éducation à la contraception reste parcellaire, la visée émancipatrice de l’éducation à la santé est donc incomplète.

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Témoignages et expériences personnelles

Il est important de souligner que l'avortement peut être une expérience difficile et traumatisante pour certaines femmes. Une femme témoigne : « Je témoigne aujourd’hui que l’avortement dans notre société est un acte tellement banalisé mais que PERSONNE dans le milieu du médical qui m’a entouré n’a prononcé une seule fois le terme de Traumatisme post-abortif. »

Une autre femme raconte son expérience : « Nous sommes une famille heureuse avec deux enfants de 3 et 6 ans. Au mois d'octobre 2020, j'apprends que je suis enceinte. On en discute. Nous n'avons pas la même vision des choses. Je ne veux pas le forcer à avoir un enfant, alors nous allons ensemble voir le gynécologue pour que je prenne ces fichus médicaments de la mort… Nous repartons à la maison et je sens vraiment qu'il m'en veut de ne pas réussir à accepter cette décision. Je reprends rendez-vous et j'y retourne seule comme si j'étais actrice dans un film. J'ai l'impression d'évacuer tout en même temps: mon bébé, mon cœur, mes sentiments… Je n'en ai parlé à personne mis à part à mes parents et ma sœur. Il en a parlé à ses parents aussi. J'ai remonté la pente… Depuis mi-avril, me voilà en train de rechuter. Je me suis construit une énorme carapace et j'ai enterré tout cela, mais tout remonte à la surface et je suis sur le point d'exploser. Je ne profite plus de rien, je me morfonds, je broie du noir. Je souffre tellement… J'ai besoin qu'il me dise qu'il veut un troisième enfant avec moi. Il me soutient, fait son possible pour m'aider, mais rien ne marche… Je regrette de l'avoir suivi dans sa décision… »

Ces témoignages soulignent l'importance d'un accompagnement psychologique et médical adapté pour les femmes qui envisagent ou ont subi un avortement.

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