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Vaccins contre la COVID-19 et leurs Effets Potentiels sur le Cycle Menstruel et l'Ovulation

La vaccination contre la COVID-19 a été un sujet de discussion mondiale, non seulement en raison de son efficacité dans la prévention des formes graves de la maladie, mais aussi en raison des effets secondaires potentiels signalés. Parmi ces effets, les perturbations du cycle menstruel ont suscité l'inquiétude chez de nombreuses femmes. Cet article se penche sur les données disponibles, les études menées et les conclusions tirées jusqu'à présent concernant le lien entre les vaccins contre la COVID-19 et les changements menstruels.

Perturbations Menstruelles Signalées : Un Aperçu

Après avoir été vaccinées contre la Covid-19, des femmes se sont inquiétées de voir leur cycle menstruel perturbé. De nombreuses femmes ont signalé des irrégularités menstruelles après la vaccination contre la COVID-19, notamment des retards, des avances, des saignements plus abondants ou plus douloureux. Ces signalements ont conduit à des enquêtes et des études pour déterminer s'il existe un lien de causalité entre la vaccination et ces perturbations.

Témoignages et Premières Observations

D’ordinaire, Imene, 26 ans, est « réglée comme une horloge ». Atteinte d’endométriose, elle les sent toujours arriver une semaine avant. Après avoir été vaccinée contre le Covid-19, elle a pourtant eu la surprise de voir débarquer ses règles dix jours plus tôt que prévu.

Études et Recherches Scientifiques

Plusieurs études ont été menées pour évaluer l'impact des vaccins contre la COVID-19 sur le cycle menstruel. Les résultats de ces études ont parfois été discordants, mais certaines tendances se dégagent.

Premières études et essais cliniques

Lors des essais cliniques menés sur les vaccins, aucun impact sur le cycle menstruel n’avait été relevé.

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Étude de cohorte américaine

Plus tard, une étude de cohorte menée sur 4 000 Américaines, vaccinées ou non, avait conclu à un allongement de la durée du cycle menstruel de moins d’un jour en moyenne, sans changement dans le flux menstruel.

Étude rétrospective sur près de 20 000 femmes

Dans l’étude qui a été publiée récemment, les chercheurs ont mené une étude rétrospective sur 19 622 femmes, âgées de 18 à 45 ans avec des cycles menstruels d’une durée habituellement comprise entre 24 et 38 jours. Les femmes ayant été vaccinées présentaient finalement un cycle menstruel allongé en moyenne de moins d’un jour, par rapport aux femmes non vaccinées. Un cycle après la vaccination contre la Covid-19, la durée du cycle menstruel était similaire à celle observée avant l’administration des doses de vaccins, hormis pour les femmes ayant reçu deux doses au cours du même cycle menstruel.

D’après ces nouvelles données, la vaccination contre la Covid-19 pourrait être associée à un changement mineur et temporaire du cycle menstruel, sans impact sur les menstruations. Les chercheurs concluent qu’une information des femmes avant la vaccination pourrait permettre de les rassurer par rapport à leur cycle menstruel.

Étude Epi-Phare

Une étude de l'organisation Epi-Phare, qui associe l'autorité du médicament et la Sécurité sociale, met en avant « une augmentation de 20 % du risque de saignements menstruels abondants ayant nécessité une prise en charge à l'hôpital dans un délai de 1 à 3 mois », après une première injection de vaccin Pfizer ou Moderna. Les scientifiques estiment en revanche que « le risque n'apparaît pas augmenté au-delà de 3 mois après la primo-vaccination, ni après l'administration d'une dose de rappel ».

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques se sont basés sur plus de 4.600 cas de femmes de 15 à 50 ans hospitalisées pour des saignements menstruels abondants de mai 2021 à août 2022. Leurs données ont été comparées à celles de près de 90.000 autres femmes.

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Le risque de troubles menstruels est ainsi particulièrement marqué chez les femmes les plus défavorisées et chez celles n'utilisant pas de contraception hormonale (+28 %).

« En faisant l'hypothèse d'une relation causale, le nombre estimé de cas de saignements abondants ayant nécessité une prise en charge à l'hôpital attribuable à la primo-vaccination […] était de 103, soit un taux de 8 cas pour un million de femmes vaccinées », note l'étude.

Étude suédoise

Une étude de vaste ampleur réalisée en Suède et publiée au printemps 2023 avait estimé qu'aucun élément solide n'avérait un lien entre vaccination Covid et troubles menstruels.

Les chercheurs français soulignent notamment que l'étude suédoise prenait en compte une période à risque qui commençait à peine plus d'une semaine après la vaccination des patientes. Un tel choix « a pu conduire à masquer une éventuelle augmentation du risque survenant dans un délai un peu plus tardif », explique à l'AFP l'épidémiologiste Rosemary Dray-Spira.

Interprétations et Avis d'Experts

Plusieurs experts ont commenté ces observations et études. Joëlle Belaisch-Allart, présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), est du même avis : ​« Le cycle menstruel des femmes est très fragile. Avoir deux ou trois jours de retard ou d’avance de règles, c’est extrêmement fréquent. Et Joëlle Belaisch-Allart de souligner : « ça ne perturbe en rien la fertilité.

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Antoine Pariente, responsable du Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Bordeaux, note : « Il est difficile de déterminer le rôle de la vaccination dans la survenue de ces troubles menstruels et saignements utérins », note-t-on pour le vaccin Comirnaty. « Néanmoins, ces cas méritent attention. Il faut toutefois préciser que « tous les événements indésirables ne donnent pas lieu à des déclarations de pharmacovigilance », mesure Antoine Pariente, responsable du Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Bordeaux. « Les troubles rapportés sont banals, assez communs, ajoute-t-il, faire la différence entre ceux qui pourraient être relatifs à la vaccination et ceux qui arrivent dans la vie de tous les jours, même si ce n’est pas régulier, c’est compliqué ».

« Dans les facteurs habituels favorisant les troubles du cycle, la fatigue, la fièvre et d’autres réactions qu’on peut avoir à une infection en font partie. Dire que la vaccination, en elle-même, pourrait favoriser la survenue de troubles du cycle assez banals, ça ne paraît pas être quelque chose à écarter complètement.

Facteurs de confusion

Les scientifiques soulignent que le cycle menstruel des femmes peut être perturbé par de multiples facteurs liés à l’environnement et au mode de vie.

Les connaissances scientifiques évoluant rapidement, il est possible que de nouvelles données viennent modifier une partie des conclusions mises en avant dans cet article.

Mécanismes possibles

A ce jour, les données disponibles ne permettent pas de décrire le mécanisme de survenue de ces troubles du cycle menstruel. La réactogénicité (fièvre, maux de tête, nausées, etc.) provoquée par la vaccination. Un stress ou une anxiété importante, engendré par l’acte de vaccination et/ou le contexte de pandémie.

Impact sur la Fertilité

Une question importante soulevée par les femmes est l'impact potentiel des vaccins contre la COVID-19 sur la fertilité. Les données disponibles à ce jour sont rassurantes.

À ce jour, il n’a pas été démontré que la Covid-19 affectait la fertilité des femmes d’un point de vue physiologique.

Études sur la fécondation in vitro (FIV)

Une étude observationnelle publiée en mai 2021 a par exemple évalué l’influence du vaccin anti-SARS-CoV-2 à ARNm sur le processus de fécondation in vitro (FIV). Les chercheurs ont étudié des couples qui passaient par cette procédure, avant et après l’injection du vaccin. Sur 36 couples qui avaient repris le processus de FIV entre 7 et 85 jours après avoir reçu le vaccin, aucune différence n’a été observée au niveau de l’activité ovarienne, ni aucune modification des caractéristiques des embryons.

Recommandations pour les traitements de fertilité

La Société britannique de fertilité a recommandé en février 2021 que les personnes suivant un traitement contre l’infertilité (FIV, congélation des ovules, insémination intra-utérine), bien qu’elles puissent sans risque se faire vacciner en cours de traitement, prennent en compte les potentiels effets secondaires qui peuvent survenir quelques jours après l’injection (fièvre, fatigue…). Ainsi, il peut être plus judicieux d’attendre quelques jours après la vaccination pour commencer ou reprendre un traitement pour la fertilité, afin que les effets secondaires du vaccin ne soient pas attribués par erreurs aux effets du traitement. C’est pourquoi, il est également conseillé d’avoir reçu les deux doses de vaccin avant de commencer ou reprendre le traitement.

Étude sur le sperme

Par ailleurs, une étude publiée dans Jama Network datant de juin 2021 a analysé le sperme d’un petit échantillon de 45 hommes en bonne santé avant et après l’injection des deux doses du vaccin à ARNm contre la Covid. Aucune différence n’a été observée au sein du liquide séminal. Il n’est donc, à ce jour, pas contre-indiqué de se faire vacciner si l’on souhaite donner son sperme, de même qu’il n’y a pas de contre-indication pour les femmes souhaitant faire don de leurs ovules.

Études sur modèles animaux

Des études sur modèles animaux apportent aussi quelques pistes pour évaluer l’impact des vaccins sur la santé reproductive. Ainsi, des données ont montré que le vaccin ARNm testé chez 44 souris femelles n’avait eu aucun effet sur leur performance reproductive, leur fertilité ou leurs paramètres ovariens et utérins en général. Le développement fœtal avant et après la naissance était également normal.

Déclarations des sociétés savantes

L’American Society for Reproductive Medicine a d’ailleurs déclaré que les vaccins ARN « ne causent pas un risque élevé d’infertilité, de fausse couche au premier et second trimestre ou d’anomalies congénitales ». L’agence américaine des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a également confirmé que « pour tous les vaccins, il n’y a pas de preuve suggérant qu’ils causent des problèmes de fertilité ».

Surveillance et Pharmacovigilance

Les troubles menstruels déclarés après la vaccination par un vaccin à ARNm font l’objet d’une surveillance attentive au niveau national (ANSM/CRPV) et européen (EMA) depuis leur détection.

Actualisation au 21/07/2022 : mise à disposition d’un guide pour améliorer le recueil des renseignements indispensables lors de la déclaration de troubles menstruels. Seule la déclaration la mieux documentée possible des troubles menstruels graves permet de contribuer à l’évaluation au niveau national et européen.

Pour rappel, une enquête de pharmacovigilance est une évaluation continue des cas d’événements indésirables suspectés d’être en lien avec la vaccination ou le traitement. Elle a pour objectif de détecter des signaux de sécurité en vue de prendre des mesures de réduction du risque.

L'ANSM continue ses actions avec les parties prenantes afin de faciliter le recueil des effets indésirables graves et renforcer l’information à destination des femmes concernées et des professionnels de santé. Nous invitons les professionnels de santé à déclarer les troubles menstruels graves post-vaccination, conformément à leur obligation légale de signalement des effets indésirables s’agissant des médecins, dentistes, sages-femmes et des pharmaciens.

Recommandations et Informations Utiles

Face aux inquiétudes exprimées, il est essentiel d'informer les femmes sur les effets potentiels de la vaccination sur le cycle menstruel.

Antoine Pariente conseille de prendre ses précautions (en prenant des protections, par exemple), au cas où. Toujours « déréglée », Imene aurait « aimé être prévenue » d’un effet potentiel de la vaccination.

Les équipes de recherche se sont notamment penchées sur l’impact des vaccins sur le succès des traitements de l’infertilité.

Impact de la Pandémie sur la Santé Sexuelle et Reproductive

La pandémie de covid 19 a eu d’importantes répercutions dans tous les pays et dans de multiples domaines. L’infection et les mesures mises en œuvre pour la contrôler ont eu de nombreuses conséquences.

Un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), repris par The Lancet en avril 2020, a montré que la priorité donnée à la Covid-19 perturbait les services de santé liés à la sexualité, la reproduction et la fertilité. Cela expose les femmes les moins favorisées à des difficultés pour accéder à la contraception, à l’avortement, et fait obstacle à l’accompagnement des futures mères dans leur grossesse.

Quant au nombre de naissances, l’Institut national d’études statistiques a enregistré une baisse de 13 % entre janvier 2020 et 2021, attribuée à la pandémie et à un sentiment d’incertitude chez les couples concernant l’avenir, mais pas à une chute généralisée de la fertilité.

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