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Vaccination contre la COVID-19 et grossesse : Recommandations et informations essentielles

La vaccination contre la COVID-19 est un sujet d'importance mondiale, particulièrement pour les femmes enceintes. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur les recommandations actuelles concernant la vaccination contre la COVID-19 pendant la grossesse, en s'appuyant sur les données disponibles et les avis des autorités de santé.

Contexte de la vaccination contre la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a nécessité une vaccination rapide et urgente de millions de personnes. Un très grand nombre de doses de vaccins contre la COVID-19 a été administré dans le monde (13,5 milliards) au moment de la pandémie. Des études ont permis de confirmer l’efficacité du vaccin en termes de protection vis-à-vis de l’infection, notamment contre les formes graves. L’efficacité varie de 67 % à 98 % selon les vaccins. De plus, il a été démontré que les vaccins contre la COVID-19 ont un effet protecteur vis-à-vis du Covid long, tant chez les adultes que chez les enfants.

Types de vaccins contre la COVID-19

Les vaccins contre la COVID-19 ont été développés au moment de la pandémie, et plusieurs types ont été mis à disposition :

  • Vaccins à ARN messager (ARNm) sans adjuvant: Ces vaccins contiennent de l'ARN codant pour la protéine spike du virus SARS-CoV-2, encapsulé dans des nanoparticules lipidiques. Leurs formules originales (COMIRNATY et SPIKEVAX) ont été utilisées pour la primovaccination contre la COVID-19 et leurs formules bivalentes (COMIRNATY ORIGINAL/OMICRON BA.1, COMIRNATY ORIGINAL/OMICRON BA.4-5 ; COMIRNATY OMICRON XBB 1.5 ; SPIKEVAX BIVALENT ORIGINAL/OMICRON BA.1 ; SPIKEVAX BIVALENT ORIGINAL/OMICRON BA.4-5) pour le rappel des personnes de plus de 65 ans, et de celles à risque de formes graves.
  • Vaccins à ADN recombinant sans adjuvant: VAXZEVRIA et JCOVDEN (qui ne sont plus commercialisés). Ces vaccins ne sont recommandés en France que pour les personnes de plus de 55 ans du fait du risque d'accidents thromboemboliques, dont des thromboses veineuses cérébrales.
  • Vaccin protéique recombinant avec adjuvant: NUVAXOVID. Ce vaccin est recommandé en primovaccination pour les adolescents à partir de 12 ans, ou les adultes qui ont une contre-indication ou qui sont réticents à recevoir un vaccin à ARNm.

Évolution des recommandations vaccinales

Sur la base des données actuellement disponibles, la Haute autorité de santé (HAS) ne recommande plus la primovaccination contre la COVID-19 ni de rappel pour la population générale. Une campagne de vaccination pour ces personnes a eu lieu à l’automne 2023. La protection immunitaire apportée par le vaccin baisse plus rapidement dans le temps chez certaines catégories de personnes. Une dose supplémentaire de vaccin est recommandée au printemps 2024 pour les personnes âgées de 80 ans ou plus, patients immunodéprimés, quel que soit leur âge et résidents des établissements en EHPAD ou en unités de soins de longue durée, quel que soit leur âge. Cette campagne aura lieu du 15 avril au 16 juin 2024.

Recommandations spécifiques pour les femmes enceintes

La vaccination contre la COVID-19 est recommandée chez la femme enceinte. En France, seuls les vaccins à ARNm sont utilisés pendant la grossesse, comme lors de l'allaitement. Il n'y a aucun délai à respecter entre une vaccination contre la COVID-19 et le début d'une grossesse.

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Calendrier vaccinal pendant la grossesse

En 2025, les principales recommandations figurant dans le calendrier vaccinal 2025 du ministère de la Santé concernent quatre vaccins : la coqueluche, la grippe, le Covid-19 et le VRS responsable de la bronchiolite. D’autres vaccins peuvent être proposés selon la situation, comme un rappel contre le tétanos ou une vaccination avant un voyage.

  • COVID-19: La vaccination reste conseillée, quel que soit le trimestre. En 2025, la campagne a lieu entre le 14 octobre et le 31 janvier. Les vaccins à ARN messager utilisés sont considérés comme sûrs pour la mère et pour le bébé. Il est possible de faire le vaccin contre la grippe le même jour, un dans chaque bras.

Autres vaccinations recommandées pendant la grossesse

  • Coqueluche: Cette vaccination est recommandée à partir du 2e trimestre et de préférence entre les semaines d’aménorrhées 20 et 36. La vaccination contre la coqueluche doit être effectuée à chaque grossesse et peut être réalisée avec un vaccin tétravalent (dTcaP). Une femme ayant reçu un vaccin contre la coqueluche avant sa grossesse doit également être vaccinée pendant la grossesse afin de s'assurer que suffisamment d'anticorps soient transférés au fœtus pour le protéger dès sa naissance. Le vaccin contre la coqueluche pendant la grossesse est recommandé à chaque grossesse, même si un rappel a déjà été fait, selon Santé publique France. Il se fait en général entre 20 semaines d'aménorrhée et 36 semaines d’aménorrhée. Si le bébé naît avant que la protection soit efficace, les proches peuvent être vaccinés pour éviter de lui transmettre la maladie. Les vaccins utilisés sont sûrs et bien tolérés. Le vaccin contre la coqueluche est recommandé à chaque grossesse. Il aide le bébé à être protégé dès la naissance, grâce aux anticorps transmis par la mère. La période idéale pour le faire se situe entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée. Si besoin, il peut être administré dès 16 semaines. Cette fenêtre correspond au moment où la transmission d’anticorps est la plus efficace. Si l’accouchement a lieu avant que le vaccin ait eu le temps d’agir, les proches peuvent être vaccinés pour éviter de transmettre la maladie au nouveau-né. Ce vaccin peut être réalisé par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier.
  • Grippe saisonnière: Cette vaccination est recommandée chez la femme enceinte, quel que soit le trimestre de grossesse. Le vaccin contre la grippe est recommandé à tout moment de la grossesse. Il est proposé chaque année, entre octobre et mars. Il est pris en charge à 100 % et peut être réalisé par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien. Le vaccin contre la grippe se fait pendant la saison épidémique, en général d’octobre à mars. Peu importe le trimestre de grossesse, il est recommandé dès le début de la saison. Il est gratuit pour les femmes enceintes et peut être administré en pharmacie, chez le médecin ou par une sage-femme. La grippe peut provoquer des complications respiratoires, c’est pourquoi ce vaccin reste important. Il protège aussi le nourrisson pendant les premières semaines de vie. Ce vaccin peut être fait en même temps que celui contre la coqueluche ou le Covid-19, chacun dans un bras différent.
  • Bronchiolites / Infections à VRS: L'ensemble des femmes enceintes entre 32 et 36 semaines d’aménorrhées (entre septembre et janvier) peuvent se faire vacciner. Depuis 2025, la Haute Autorité de Santé recommande la vaccination contre le virus respiratoire syncytial (VRS) entre 32 semaine d'aménorrhée et 36 semaines d’aménorrhée, surtout pendant la période épidémique, de septembre à janvier. Ce vaccin permet à la mère de transmettre au bébé une protection naturelle avant sa naissance. Il ne doit pas être fait le même jour que celui contre la coqueluche, un délai de deux semaines est conseillé. Si la mère n’est pas vaccinée, le bébé peut recevoir une injection d’anticorps à la naissance, appelée nirsévimab. Le vaccin contre le virus respiratoire syncytial, responsable de la bronchiolite, est la grande nouveauté du calendrier 2025. Il est proposé entre 32 semaine d'aménorrhée et 36 semaines d’aménorrhée, pendant la période où la bronchiolite circule le plus, de septembre à janvier. L’objectif est de protéger le bébé dès la naissance, avant qu’il ne soit exposé au virus. Ce vaccin ne doit pas être fait le même jour que celui contre la coqueluche : un délai de deux semaines est conseillé entre les deux injections. Si la mère n’a pas pu être vaccinée, le bébé peut recevoir à la naissance une dose d’anticorps pour être protégé pendant toute la saison hivernale.
  • Vaccin antitétanique: Le vaccin contre le tétanos, souvent combiné avec celui de la coqueluche et de la diphtérie, reste important. Il protège contre une infection rare mais grave, transmise par certaines plaies. Si le dernier rappel date de plus de vingt ans, un professionnel de santé peut proposer un rattrapage pendant la grossesse ou juste après l’accouchement. Les vaccins Repevax et Boostrix assurent aussi cette protection.

Vaccins à éviter pendant la grossesse

Certains vaccins ne doivent pas être faits pendant la grossesse, comme ceux contre la rougeole, la rubéole, les oreillons, la varicelle ou la tuberculose. Ils contiennent des virus vivants atténués, contre-indiqués chez la femme enceinte. Ces vaccins sont réalisés avant une grossesse ou après la naissance. Si une analyse de sang montre que la future mère n’est pas immunisée contre la rubéole ou la varicelle, un rattrapage sera prévu après l’accouchement. En cas de voyage à l’étranger, certains vaccins spécifiques, comme celui contre la fièvre jaune, peuvent être discutés avec un médecin selon la destination et les risques.

Lieux de vaccination

Les femmes enceintes peuvent se faire vacciner chez leur médecin traitant, leur sage-femme, un pharmacien ou un infirmier. Tous ces professionnels sont habilités à administrer les vaccins recommandés pendant la grossesse. Cela permet de choisir le lieu le plus pratique, sans attendre un rendez-vous spécifique. Certaines maternités proposent aussi la vaccination directement pendant les consultations prénatales. Le professionnel vérifie alors le statut vaccinal, propose les rappels nécessaires et note les vaccins réalisés dans le carnet de santé.

Sécurité des vaccins à ARNm pendant la grossesse

Les vaccins à ARNm utilisés contre la COVID-19 sont considérés comme sûrs pour les femmes enceintes et leurs bébés. La vaccination est aussi efficace pour prévenir le risque d’hospitalisation ou de décès chez les femmes enceintes que chez celles qui ne le sont pas. Aucun effet indésirable spécifique n’a été identifié chez les enfants et les jeunes. Aucun effet indésirable spécifique n’a été identifié sur la période avec le vaccin Comirnaty®.

Effets secondaires possibles

La plupart des vaccins recommandés pendant la grossesse sont bien tolérés. Ils sont étudiés depuis de nombreuses années et surveillés par les autorités de santé. Les effets secondaires sont rares et le plus souvent bénins. En revanche, certains vaccins restent contre-indiqués car ils contiennent des virus vivants, potentiellement risqués pour le fœtus.

Lire aussi: Gérer la fièvre après vaccin

  • Vaccin coqueluche enceinte: Le vaccin contre la coqueluche peut provoquer une légère douleur au bras, un peu de fatigue ou une fièvre modérée dans les jours qui suivent. Ces réactions sont normales et temporaires. Les études réalisées montrent qu’il n’y a pas de risque particulier pour la mère ou pour le bébé. Ce vaccin est largement utilisé dans de nombreux pays depuis plusieurs années. Les autorités de santé françaises et internationales confirment sa sécurité. Il permet surtout d’éviter des formes graves de coqueluche chez le nourrisson, qui peut être hospitalisé dès les premières semaines de vie.
  • Vaccin bronchiolite femme enceinte (VRS): Le vaccin Abrysvo, utilisé contre la bronchiolite, est récent mais déjà bien évalué. Les essais cliniques n’ont pas montré de complications graves chez les femmes enceintes ou leurs bébés. Les effets secondaires les plus courants sont une douleur au point d’injection, une légère fièvre ou des courbatures passagères. Ce vaccin reste surveillé de près par les autorités sanitaires, comme tous les nouveaux vaccins. Il apporte une protection importante pour les nourrissons, particulièrement vulnérables au virus respiratoire syncytial pendant leurs premiers mois.

Co-administration des vaccins

Il est possible de recevoir plusieurs vaccins le même jour, à condition qu’ils ne soient pas contre-indiqués ensemble. Par exemple, la vaccination contre la grippe et celle contre le Covid-19 peuvent être faites le même jour, un vaccin dans chaque bras. En revanche, il est recommandé d’espacer le vaccin contre la coqueluche et celui contre le VRS d’environ deux semaines. Cela permet au système immunitaire de bien réagir à chaque vaccin. Le professionnel de santé adapte toujours le calendrier en fonction de l’avancement de la grossesse.

Remboursement et prise en charge des vaccins

La plupart des vaccins recommandés pendant la grossesse sont pris en charge par l’Assurance maladie. Le vaccin contre la grippe est gratuit pour toutes les femmes enceintes. Les autres, comme ceux contre la coqueluche, le Covid-19 ou le VRS, sont également remboursés selon les recommandations officielles. À partir de 24 semaines d’aménorrhée, tous les soins liés à la grossesse sont pris en charge à 100 %. La vaccination entre donc dans ce cadre, sans avance de frais dans la plupart des cas.

Stratégie de cocooning

La stratégie de cocooning consiste à vacciner les proches du bébé pour réduire le risque de transmission de certaines maladies, surtout la coqueluche.

Suivi des effets secondaires des vaccins contre la COVID-19

A partir de la commercialisation de chaque vaccin, les agences sanitaires européennes et américaines suivent ces effets secondaires. En France, c’est l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM), en lien avec l’Agence Européenne du Médicament (EMA) qui suit régulièrement la survenue d’effets secondaires, à partir des signalements qui peuvent être réalisés sur le site du ministère de la Santé par les professionnels de santé ou par les patients eux-mêmes. En cas de doute sur l’existence d’un effet secondaire grave ou inattendu, l’ANSM met également en place des études dans le but de confirmer ou pas la relation entre la vaccination et cet évènement. Les vaccins contre le Covid-19 sont très sûrs. Cependant, comme pour tous les médicaments, des effets secondaires peuvent survenir après avoir reçu un vaccin. Actuellement, aucun de ces effets ne remet en cause le bénéfice de la vaccination. Il est courant de ressentir quelques effets indésirables d'intensité légère à modérée après avoir reçu un vaccin. Des effets secondaires plus graves ou plus durables sont possibles, mais ils sont extrêmement rares (<1 cas pour 100 000 injections).

Effets secondaires spécifiques et conduites à tenir

  • Vaccin à ARNm (Comirnaty® de Pfizer): hypertension artérielle, rares cas de myocardites et de péricardites.
  • Après l’injection du vaccin contre le Covid-19, en cas de difficultés respiratoires, de douleurs dans la poitrine, de palpitations, de gonflement des jambes, de douleur persistante au niveau du ventre, de mal de tête sévère ou de vision trouble, de l’apparition de petits points rouges au niveau de l’injection, de prise de poids brutale, les personnes devront consulter leur médecin.

Suivi spécifique chez les femmes

Les saignements menstruels abondants peuvent être considérés comme un effet indésirable du vaccin Comirnaty®. Plus largement, des troubles des règles ont été décrits (retard de règles, règles plus abondantes et saignements vaginaux). Il est également possible que des saignements surviennent entre deux cycles (métrorragie). L’ANSM a demandé le 19 juillet 2022 aux femmes présentant ces troubles graves de les signaler sur le portail des signalements du ministère de la santé, en donnant le plus de renseignements possibles, et a mis en ligne un guide et un tutoriel d’aide à la déclaration. Une étude publiée en janvier 2024 sur les saignements menstruels abondants ayant nécessité une prise en charge à l’hôpital en 2022 confirme l’existence d’un risque augmenté de saignements menstruels dans la période des 1-3 mois suivant la première injection de vaccin contre la Covid-19.

Lire aussi: Vaccins obligatoires et recommandés pour les nourrissons

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