La difficulté à concevoir un enfant est un problème courant qui représente un défi important pour de nombreux couples. L'augmentation croissante de l'infertilité est une préoccupation majeure des autorités publiques, qui cherchent à mieux prévenir et à agir. Heureusement, il existe des solutions pour aider les couples infertiles à surmonter leurs difficultés et à réaliser leur désir d'avoir un enfant.
Infertilité : Définition et Prévalence
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'infertilité est une maladie du système reproducteur masculin ou féminin, définie par l'incapacité d'obtenir une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés. Contrairement à la stérilité, qui est une incapacité totale à concevoir, l'infertilité n'est pas irréversible. Elle touche environ 1 personne sur 6 et 1 couple sur 4 dans le monde.
Causes de l'infertilité
Les causes de l'infertilité peuvent être masculines, féminines ou mixtes, et parfois rester inexpliquées. En France et dans la majorité des pays industrialisés, on observe une hausse significative de l'infertilité, principalement due au recul de l'âge à la maternité. L'âge moyen des femmes à la première naissance a augmenté de 5 ans entre 1975 et 2020, approchant actuellement 30 ans. Il est prouvé que la fertilité des femmes diminue à partir de 30 ans et que ce déclin s'accélère après 35 ans.
Facteurs de risque liés au mode de vie
Les premières recommandations pour traiter l'infertilité concernent le mode de vie. Il est recommandé de :
- Cesser la consommation de tabac et de drogue.
- Avoir un poids satisfaisant, car l'obésité et la maigreur extrême diminuent les chances de grossesse.
- Avoir une alimentation saine.
- Pratiquer une activité physique régulière.
- Avoir des rapports sexuels environ 1 jour sur 2 pendant la période de fertilité.
Bilan de fertilité
Si, malgré le suivi de ces règles hygiéno-diététiques et au moins 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés, un couple n'arrive pas à concevoir un enfant, il est conseillé d'effectuer un bilan de fertilité auprès d'un spécialiste. Ce bilan permettra de déterminer les causes de l'infertilité et de trouver le plan de traitement le plus adapté. Le spermogramme est un élément clé du bilan de fertilité masculine, analysant le volume de sperme, le nombre, la mobilité, la viabilité et l'aspect morphologique des spermatozoïdes.
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Traitements de l'infertilité
Les options de traitement proposées reposent avant tout sur les résultats du bilan de fertilité, mais également sur les volontés du couple. Il est primordial d'être accompagné par une équipe médicale spécialisée et à l'écoute. Un accompagnement émotionnel peut également être nécessaire pour gérer cette situation de façon plus sereine.
Traitements hormonaux
Les traitements hormonaux, ou stimulation ovarienne, sont proposés pour des anomalies hormonales, notamment des troubles du cycle ou de l'ovulation. De façon générale, les solutions proposées visent à augmenter les chances d'ovulation par des traitements médicamenteux appelés "inducteurs de l'ovulation".
- Inducteurs de l'ovulation : Selon les patientes, il peut s'agir d'hormones ayant une activité similaire aux hormones naturelles (FSH et/ou LH) injectées en sous-cutané, ou de citrate de clomifène, une substance chimique qui va agir sur le cerveau pour stimuler la production de LH et FSH. Le citrate de clomifène permet notamment de rétablir une ovulation chez 60 à 80% des patientes et d’obtenir un taux de grossesse de 15 à 25% par cycle.
Une surveillance accrue est nécessaire lors de la prise de ces traitements pour contrôler les taux sanguins de LH et FSH, qui ne doivent pas être trop élevés au risque d'entraîner une sur-ovulation et une grossesse multiple. Des échographies régulières sont réalisées afin de surveiller la date d'ovulation et ainsi d'optimiser la date des rapports sexuels ou de la ponction des ovocytes. Ces traitements présentent des effets secondaires fréquents : maux de ventre, prise de poids, bouffées de chaleur.
La voie chirurgicale
Si la patiente présente une anomalie anatomique, notamment une obstruction, un traitement chirurgical peut être proposé afin de restaurer la perméabilité et de rendre la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovocyte possible. En cas d'endométriose, le chirurgien enlève les fragments de muqueuse utérine qui se trouvent dans les trompes ou autour des ovaires.
Insémination Artificielle (IA)
L’insémination artificielle (IA) fait partie des techniques d’AMP (assistance médicale à la procréation) aux côtés de la FIV (Fécondation In Vitro) avec ICSI ou non, et de l’accueil ou transfert d’embryon. C’est la plus ancienne et la plus simple à mettre en œuvre. Elle peut être proposée après un bilan de fertilité complet.
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Dans quels cas l’insémination artificielle est-elle adaptée ?
L’insémination artificielle consiste à déposer le sperme du conjoint ou d’un donneur directement dans l’utérus de la femme, au moment de son ovulation. On parle d’insémination artificielle in vivo car la fécondation a lieu dans l’utérus. Elle reproduit donc les conditions d’un rapport sexuel naturel, mais sous contrôle médical en optimisant les chances de fécondation. En effet, elle est généralement précédée d’un traitement de stimulation de l’ovulation pour la femme.
Peu invasive et facile à réaliser, l’insémination artificielle réunit toutes les conditions pour rapprocher au maximum l’ovocyte et le spermatozoïde.
L’insémination intra-utérine (IAC) : les spermatozoïdes sont introduits directement dans l’utérus. L’IAC désigne une insémination artificielle avec le sperme du conjoint, frais ou congelé sous forme de paillettes.
Selon les résultats des différents examens du bilan de fertilité, l’insémination artificielle peut être proposée aux couples hétérosexuels, aux femmes célibataires et aux couples de femmes.
- La femme souffre de troubles de l’ovulation, d’altération de la glaire cervicale.
- L’homme est porteur d’une maladie génétique héréditaire ou souffre d’azoospermie, détectée par le spermogramme.
- Il n’y a pas de partenaire masculin : la femme est soit célibataire soit en couple avec une autre femme.
Il faut par ailleurs qu’elle dispose d’une réserve ovarienne suffisante de qualité et qu’une trompe soit perméable.
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Comment se déroule une insémination artificielle ?
En pratique, l’insémination artificielle suit un processus en plusieurs étapes visant à optimiser l’ovulation chez la femme et à faciliter le cheminement des spermatozoïdes de l’homme jusqu’à l’ovocyte.
- À partir du 3ème ou du 5ème jour de son cycle, la femme reçoit quotidiennement pendant 10-12 jours un traitement médicamenteux par injection sous-cutanée afin de stimuler le développement d’1 à 3 follicules. Une femme ne produit généralement qu’un seul follicule au cours d’un cycle naturel, qui se développe pour devenir un ovocyte. La stimulation permet donc de multiplier les chances avec plusieurs follicules.
- La surveillance des follicules : À partir du 10ème jour du cycle, les effets de la stimulation de l’ovulation sont suivis toutes les 24-48 h avec prises de sang et échographie pour surveiller la maturation des follicules. L’ovulation sera déclenchée par une injection d’hormone hCG lorsqu’ils auront atteint la bonne taille. Les autres traitements sont stoppés.
- Le sperme du conjoint est recueilli par masturbation au laboratoire, 2 h avant l’intervention et préparé pour l’insémination artificielle. S’il s’agit d’un don de sperme, les paillettes sont décongelées. La préparation du sperme en laboratoire consiste à recréer les modifications naturelles observées lorsque les spermatozoïdes traversent la glaire cervicale lors d’un rapport sexuel.
- L’insémination elle-même ne fait pas mal, elle est réalisée sans hospitalisation et ne nécessite pas d’anesthésie. Le médecin dépose les spermatozoïdes à l’intérieur de l’utérus par les voies naturelles grâce à un cathéter très fin. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre de l’ovocyte. La femme peut alors rentrer chez elle et il ne reste plus qu’à attendre 14 jours avant de faire un test de grossesse.
De très nombreux paramètres jouent un rôle sur les chances de réussite, notamment l’âge, l’état de la réserve ovarienne, le profil médical et le nombre de tentatives. Il faut laisser au moins un cycle de repos entre chaque tentative.
Fécondation In Vitro (FIV)
La FIV est la solution de PMA la plus utilisée et permet de reproduire in vitro la fécondation.
- Après une stimulation ovarienne par un traitement hormonal, les ovocytes de la patiente sont ponctionnés et placés dans un incubateur.
- Le même jour, le sperme de l'homme est recueilli.
- Ensuite, les ovocytes et les spermatozoïdes préparés, sont placés ensemble dans une boîte de culture afin de permettre la fécondation in vitro.
- Si un développement embryonnaire est observé, un transfert d'embryon est réalisé dans l'utérus de la patiente 2/3 jours après la ponction afin de permettre le développement in vivo.
Les taux de réussite de la FIV dépendent de l'âge de la femme et des causes de l'infertilité mais globalement à chaque cycle, une femme a environ 25% de chances de tomber enceinte. Après 40 ans, environ 5 % seulement des tentatives de fécondation in vitro aboutissent à une naissance.
En cas d’incompatibilité entre les sécrétions du col de l’utérus et les spermatozoïdes, il est possible de pratiquer une insémination avec le sperme du partenaire, directement dans l’utérus, au plus près de l’ovocyte.
Don d'ovocytes
Lorsque qu’une femme ne produit pas d’ovocytes malgré la stimulation hormonale, il est possible de faire appel à une donneuse. Les ovocytes sont alors congelés grâce à de l’azote liquide par des laboratoires spécialisés. Dans ce cas, il est possible de pratiquer une fécondation in vitro à partir du sperme du partenaire masculin et d’ovocytes obtenus auprès d’une donneuse anonyme (qui a déjà eu au moins un enfant). Malheureusement, en France, les donneuses d’ovocytes sont rares et le délai d’attente pour bénéficier de ce traitement est long.
Importance d'un accompagnement global
Le parcours de soins en AMP représente un moment important et parfois bouleversant. Votre activité professionnelle peut continuer : un arrêt de travail n’est pas systématiquement proposé. Toutefois, vous bénéficiez d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires à l’AMP. Si votre employeur le demande, vous devrez présenter un justificatif médical de votre absence qui ne laissera pas deviner le motif de la consultation. Ces absences sont considérées comme du temps de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés et pour l’ancienneté.
Préserver votre qualité de vie : quelle que soit votre situation (couple hétérosexuel, couple de femmes ou femme célibataire), vous pouvez ressentir du stress ou de l’angoisse au cours du processus d’AMP. N’hésitez pas à faire des pauses, essayez de ne pas tout sacrifier pour le suivi de votre AMP dans votre vie de tous les jours. Vous pouvez avoir une vie sexuelle épanouie : si vous êtes un couple hétérosexuel, on peut vous demander une planification très cadrée de vos rapports sexuels avant certains examens et parfois une abstinence de quelques jours. Cela peut entraîner des difficultés dans votre sexualité.
Il est primordial d'être accompagné par une équipe médicale spécialisée et à l'écoute. Il peut également être nécessaire d'être accompagné au niveau émotionnel afin de gérer cette situation de façon plus sereine. Pour cela, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue et à intégrer des associations de patients.
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